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Haïtiens: le Canada risque d’être perçu comme le vilain, avertit un avocat

MONTRÉAL — Le Canada et le Québec risquent d’être perçus comme les vilains — et non pas le président américain Donald Trump — s’ils sont contraints de séparer des familles haïtiennes qui verront leur demande d’asile refusée, avertit l’avocat spécialisé en immigration Stéphane Handfield, qui enjoint Ottawa à agir rapidement pour régler la crise et éviter des drames humains. Des milliers de citoyens haïtiens ont traversé la frontière américaine pour formuler une demande de statut de réfugié au Canada depuis quelques semaines. Il s’agit souvent de personnes ayant vécu aux États-Unis depuis quelques années, en vertu d’un statut de protection temporaire accordé après le terrible tremblement de terre de 2010 qui a dévasté Haïti. Leur statut vient à échéance d’ici quelques mois et ils craignent de ne pas avoir l’autorisation de rester aux États-Unis et d’être renvoyés dans leur pays. Plusieurs ont reçu des lettres du gouvernement américain les avisant de se préparer à rentrer en Haïti. Tentant d’éviter ce retour forcé, ils demandent la protection du Canada, mais ne restera pas qui veut. «C’est sûr que pour une très grande majorité de ces individus qui sont demeurés aux États-Unis pendant une période assez longue, ça pourrait être difficile, probablement, de faire la démonstration qu’ils sont toujours à risque», a dit Me Handfield. Car pour obtenir le statut de réfugié, ils doivent démontrer une crainte bien fondée, actuelle et personnelle d’être persécutés dans leur pays. L’avoir quitté pour trouver du travail et améliorer leur condition économique ne satisfera pas aux critères de la loi, a expliqué l’avocat en point de presse à Montréal, mercredi, avec la chef du Bloc Québécois, Martine Ouellet, et le député bloquiste Mario Beaulieu. Les familles risquent de vivre des situations difficiles et de devoir faire des choix déchirants, a fait valoir Me Handfield. Par exemple, les enfants nés aux États-Unis de parents haïtiens sont citoyens américains. Si la demande de statut de réfugié de la famille est refusée, le Canada doit renvoyer les gens dans leur pays de citoyenneté, donc les parents en Haïti, mais les enfants aux États-Unis, une situation intenable, explique-t-il. Et comme ils auront déjà quitté le territoire américain quand la déportation aura lieu, «ce n’est pas Donald Trump qui va passer pour le gros méchant, ça va être le Canada et le Québec». Le Bloc québécois demande ainsi au gouvernement fédéral de mettre en place le personnel et les ressources nécessaires pour traiter rapidement les demandes d’asile afin que tous ces gens soient fixés sur leur sort le plus rapidement possible. Sinon, ils vont poireauter au pays, avant de voir leurs illusions détruites. Actuellement, le délai de traitement d’une demande est d’environ un an, et de deux ans si un processus d’appel de la décision est entamé, a souligné Me Handfield. Et les refus sont nombreux: l’an dernier, près de 50 pour cent des demandes de statut de réfugié de ressortissants haïtiens ont été refusées. Pendant tout ce temps, le Canada et le Québec paient la facture. Québec signe notamment les chèques d’aide sociale pour le logement et la nourriture et offre les soins de santé pour tous et d’éducation pour les enfants. Ottawa débourse entre autres les frais de tout le processus administratif et d’appel, et ultimement les coûts de déportation, s’il y a lieu. Plus les délais de traitement des demandes sont longs, plus il en coûtera cher au gouvernement, en plus d’imposer des délais inacceptables aux demandeurs d’asile, souligne Mme Ouellet. Mercredi, la ministre québécoise de l’Immigration, Kathleen Weil, a d’ailleurs accru la pression sur le gouvernement fédéral pour que les demandes d’asile soient traitées plus rapidement. Selon la chef du Bloc québécois, «Justin Trudeau est un marchand d’illusions». Son gouvernement et lui-même créent de faux espoirs en se pavanant dans le monde en disant que le Canada ouvre ses bras à tous, mais ce n’est pas le cas, a-t-elle accusé. «Ils ne font pas leur travail et la situation se détériore de jour en jour à la frontière», a dit Mme Ouellet. Me Handfield et le Bloc demandent aussi au gouvernement fédéral de suspendre temporairement l’Entente sur les tiers pays sûrs avec les États-Unis. Cet accord prévoit que les demandeurs d’asile doivent présenter leur demande dans le premier pays sûr où ils mettent les pieds après avoir quitté leur pays d’origine. S’ils sont arrivés aux États-Unis en premier, ils sont automatiquement refoulés à la frontière canadienne quand ils demandent l’asile à un poste frontière, ce qui explique pourquoi ces gens la traversent en passant par la forêt. Cela a pour effet de créer deux systèmes parallèles, a dénoncé Mme Ouellet.

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Éric Tétrault a été très dur contre Philippe Couillard, selon Legault

QUÉBEC — Le candidat libéral à l’élection complémentaire imminente dans Louis-Hébert, Éric Tétrault, a déjà été «très dur, très négatif» à l’encontre de Philippe Couillard et de sa stratégie économique. C’est ce qu’a soutenu mercredi le chef caquiste François Legault, qui a confirmé l’avoir rencontré pour le recruter comme candidat. Ex-président de Manufacturiers et exportateurs du Québec issu des rangs libéraux, Éric Tétrault est attaqué sur son intégrité et des ministres du gouvernement ont tenté de le défendre mercredi. En conférence de presse mercredi après-midi à Laval pour présenter des candidats en vue des élections générales de 2018, François Legault a raconté les circonstances dans lesquelles il a rencontré M. Tétrault. C’est son conseiller Mychel Saint-Louis qui a fait les approches et M. Tétrault lui avait dit qu’il était intéressé à devenir candidat caquiste. En compagnie de son chef de cabinet, le chef de la CAQ dit s’être entretenu une heure et demie avec lui et il avait apparemment été dur envers le régime libéral. La CAQ a précisé que l’entretien avait eu lieu lors de la dernière session parlementaire. «Bien honnêtement, Éric Tétrault a été très dur, très négatif contre Philippe Couillard, contre sa stratégie économique, a affirmé M. Legault. Donc on lui a demandé de réfléchir à la possibilité d’être candidat sur la Rive-Sud de Montréal, là où il habite, et il nous a dit qu’il y réfléchirait.» M. Legault a toutefois soutenu qu’il ne s’était pas encore rendu à l’étape des vérifications des antécédents du candidat potentiel. Le chef caquiste en a donc profité pour faire allusion au passé d’Éric Tétrault, qui défraie actuellement les manchettes. En entrevue radiophonique à la station CHOI à Québec mercredi, M. Tétrault a admis avoir déjà été critique des libéraux, mais bien avant la période évoquée par M. Legault. «Oui, ça m’est arrivé de critiquer le gouvernement pour sa performance, il y a un an et demi. Je sentais que l’économie tardait à lever. (…) Mais depuis un an et demi, la situation a été complètement renversée.» Le candidat libéral a par ailleurs affirmé que quand on est président d’une association économique, «ça arrive qu’on pose des questions» à des partis, «comme n’importe qui qui se présente en politique», en ajoutant avoir toujours eu des échanges courtois avec le chef caquiste. Autrefois chef de cabinet du ministre de la Sécurité publique Jacques Dupuis, dans le gouvernement libéral de Jean Charest, il se trouvait dans la loge de Lino Zambito avec l’ex-ministre Nathalie Normandeau à un concert de Céline Dion en 2008, un événement révélé par la commission Charbonneau. M. Tétrault s’était aussi apparemment fait donner des billets par M. Zambito, l’ex-entrepreneur en construction condamné pour fraude. En entrevue mardi au FM93, une station de Québec, M. Tétrault avait laissé entendre qu’il avait probablement payé son billet et celui de sa conjointe au spectacle de Céline Dion. M. Zambito a toutefois affirmé dans d’autres médias qu’il avait donné gracieusement les billets, tout comme à Nathalie Normandeau. M. Tétrault a aussi indiqué avoir été interrogé par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) dans le cadre d’une enquête sur le financement politique. En point de presse en matinée avant d’entrer à la séance du conseil des ministres, la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, a condamné ce qui s’apparente selon elle à des basses oeuvres des partis d’opposition. «Je suis fier que M. Tétrault se présente avec nous et si cela suscite autant de commentaires, de salissage, je vais le dire, c’est probablement parce qu’on n’a plus d’autre argument», a-t-elle déclaré. Son collègue, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, abonde dans le même sens. Selon lui, les partis d’opposition sont désarmés devant le bilan reluisant du gouvernement. «Les oppositions sont très malheureuses des succès que nous avons et elles essaient de construire des histoires les plus négatives possible», a-t-il dit. Éric Tétrault a été présenté par le chef libéral Philippe Couillard mardi comme candidat pour succéder à Sam Hamad, qui a démissionné de son siège dans Louis-Hébert, une circonscription traditionnellement libérale de la région de Québec. L’élection sera vraisemblablement déclenchée sous peu par le premier ministre.

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La mobilisation de l’extrême droite nuit au Québec, selon St-Pierre

QUÉBEC — La mobilisation de l’extrême droite nuit au Québec et à son image dans le monde, estime la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre. Elle a ainsi réagi mercredi aux manifestations de plus en plus visibles de courants xénophobes, particulièrement à Québec. Une banderole anti-immigration a été accrochée au-dessus d’une autoroute de la capitale, lundi, tandis qu’une manifestation de groupes d’extrême droite est prévue dimanche. Un groupe veut également ouvrir un «club de combat identitaire» dans les prochaines semaines. La présence de plus en plus visible de ces mouvements au Québec coïncide avec la montée de la droite extrémiste «alt right» aux États-Unis, ainsi qu’avec l’afflux à la frontière québécoise de demandeurs d’asile haïtiens en provenance des États-Unis. En point de presse mercredi matin à Québec avant de se rendre à la séance du cabinet, la ministre St-Pierre a commenté nommément la manif prévue dimanche à Québec. Elle y voit une expression de haine à condamner. «Je ne suis pas certaine que ce genre de manifestation est bonne, non pas pour l’image du Québec, mais pour l’ensemble du Québec, a-t-elle déclaré. Travailler sur la haine des autres n’est pas mon credo et n’est pas le credo de mon gouvernement.» Elle a soutenu que le Québec doit toujours montrer une «image d’ouverture», l’image d’une «société paisible et ouverte». Mardi, le premier ministre Philippe Couillard avait affirmé qu’il était préoccupé par la présence de ces groupes d’extrême droite, mais qu’il ne voulait pas leur accorder plus d’importance qu’ils ne le méritent. Traitement des demandes d’asile Mercredi, sa ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, a pour sa part accru la pression sur le gouvernement fédéral. Ottawa est en effet responsable du traitement des demandes d’asile, et en partie responsable de l’accueil des personnes qui arrivent à la frontière. Mme Weil s’inquiète des délais de traitement et de leurs conséquences. Par exemple, des personnes en attente d’une décision des autorités sur la recevabilité de leur requête pourraient passer des mois, voire des années au pays, s’installer et refaire leur vie ici, pour ensuite apprendre qu’elles seront renvoyées en Haïti. «La machine gouvernementale fédérale est énorme, a-t-elle déploré en point de presse à la sortie du conseil des ministres. On demande au gouvernement fédéral d’accélérer les processus.» Elle réclame par ailleurs la mise sur pied d’un grand centre d’hébergement temporaire du fédéral qui servirait à l’accueil avant que les personnes soient transférées dans les centres d’accueil du Québec.

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ALÉNA: une brèche à prévoir dans la gestion de l’offre, selon Jean Charest

OTTAWA — Le Canada ne pourra probablement faire autrement que d’ouvrir une brèche dans le système de gestion de l’offre en renégociant l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), d’après l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest. C’est ce qu’il a prédit, mercredi, alors que les pourparlers s’amorçaient à Washington, rappelant qu’Ottawa a cédé du terrain sur la gestion de l’offre tant dans l’accord Canada-Union européenne que dans le Partenariat transpacifique (PTP), qui a avorté avec le retrait des États-Unis. «Dans les deux cas, la gestion de l’offre a été préservée, et dans les deux cas, nous avons fait une ouverture de marché pour les produits laitiers ou la volaille. Alors c’est un compromis qui, pour le Canada, serait un compromis avec lequel on serait capables de vivre», a-t-il exposé. Il ne croit toutefois pas «que les Américains vont se battre bec et ongles pour démanteler la gestion de l’offre», d’autant plus qu’ils ont de leur côté un système de subventions «qui est très, très généreux et qui serait remis en question s’ils voulaient forcer un démantèlement». L’ex-premier ministre estime par ailleurs que le mécanisme de règlement des différends peut être sauvé et qu’il y existe «un espace d’amélioration» pour le chapitre 19, dont l’application est de toute façon déjà «dysfonctionnelle parce que les Américains ne collaborent pas». Le Canada pourrait effectivement «quitter la table là-dessus», a suggéré M. Charest en entrevue avec La Presse canadienne, mais la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a eu raison selon lui de ne pas parler d’une condition sine qua non pour Ottawa. «Mme Freeland n’est pas allée aussi loin, et je ne crois pas qu’elle doit, à cette étape, aller aussi loin que ça, mais on a clairement laissé entendre que pour nous, le chapitre 19 est essentiel», a-t-il soutenu. S’il y a une chose qui paraît un brin irréaliste aux yeux de l’ex-politicien, c’est l’objectif de terminer les travaux dans les premiers mois de 2018. On a raison de vouloir appuyer sur l’accélérateur, a-t-il souligné, mais il serait étonnant qu’un traité aussi complexe puisse être renégocié aussi vite. «Pour les négociations commerciales, la meilleure analogie que je connais, c’est comme les rénovations d’une maison: on sait quand ça commence, on ne sait pas quand ça va finir, et on est chanceux si on est encore avec notre partenaire à la fin», a-t-il illustré. Une entente serait plus difficile à obtenir plus tard en 2018, car des élections doivent avoir lieu au Mexique (la présidentielle se tient en juillet) et aux États-Unis (les élections de mi-mandat, en novembre), ce qui pourrait compliquer la donne. Il reste que «les probabilités jouent contre ce scénario-là, parce qu’il y a simplement trop de sujets sur la table pour arriver à une entente aussi rapidement», a analysé Jean Charest à l’autre bout du fil, depuis les bureaux montréalais du cabinet d’avocats McCarthy Tétrault. Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, a donné le coup d’envoi aux négociations en prévenant que la Maison-Blanche souhaitait des changements majeurs et non de simples ajustements au traité. Ce ton n’a pas étonné M. Charest. «Au bout du compte, il faut revenir à l’essentiel: les Américains sont sur l’offensive, et nous sommes sur la défensive, essentiellement, parce que c’est eux qui sont en demande», a résumé celui qui avait participé aux négociations du premier accord, il y a 25 ans. «Une bonne partie de la stratégie canadienne sera une stratégie d’évitement. On veut éviter du Buy America, on veut éviter des règles plus contraignantes, on cherche à moderniser plutôt qu’être obligés de concéder», a-t-il analysé. Et ce que visent Ottawa et Mexico, c’est «un résultat qui permettrait à (M. Trump) de dire ‘J’ai gagné’ — parce qu’il faut absolument qu’il puisse dire ‘J’ai gagné’ — et à la partie canadienne et mexicaine de dire ‘On n’a pas perdu’», selon l’ex-politicien. Le Canada cherche à conclure un accord «plus progressiste», a signalé lundi à Ottawa la ministre Chrystia Freeland, à qui le premier ministre Justin Trudeau a confié le mandat de renégocier le traité commercial. Parmi les objectifs qu’elle a dévoilés figurent l’ajout de mécanismes de protection du travail et de mesures de protection de l’environnement. La ministre a souvent cité comme modèle l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne. Aux États-Unis, on a évoqué la possibilité de reprendre ce qui avait été entendu dans le PTP et de l’incorporer dans l’entente de l’ALÉNA, ce qui pourrait permettre d’améliorer les chances d’en arriver à un résultat rapide. «Je pense que le Canada et le Mexique seraient d’accord avec cela pour des enjeux qui ne sont pas des sujets de discorde», a offert Jean Charest, qui ne jouera pas de rôle officiel dans ces pourparlers de l’entente tripartite, mais qui «est consulté par différents clients là-dessus».

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L’Université de Toronto refuse d’accueillir des «nationalistes blancs canadiens»

TORONTO — L’Université de Toronto a refusé à un groupe canadien de «nationalistes blancs» l’accès à son campus pour une activité en septembre. Le «Parti nationaliste canadien» indique sur sa page Facebook qu’il tiendra un rassemblement à l’Université de Toronto le jeudi 14 septembre, en soirée, pour discuter «du mouvement nationaliste au Canada et de l’avenir de notre pays». La porte-parole de l’université, Althea Blackburn-Evans, a cependant précisé mercredi que le groupe avait été prévenu qu’il ne serait pas le bienvenu sur le campus. Dans un communiqué qui ne fait pas allusion directement au groupe «nationaliste canadien», le président de l’université, Meric Gertler, indique que l’intolérance, la haine et la violence n’ont pas leur place sur le campus. Alors que l’institution s’apprête à accueillir les étudiants et le personnel pour la nouvelle année scolaire, il a estimé qu’il était important de «réaffirmer l’engagement collectif et indéfectible de la communauté universitaire envers la diversité, l’équité et l’inclusion». M. Gertler soutient que ces valeurs d’ouverture constituent la pierre angulaire de l’enseignement et de la vie universitaires. Le président a par ailleurs condamné les affrontements sanglants qui ont opposé des suprémacistes blancs et des militants antiracisme à Charlottesville, en Virginie, la fin de semaine dernière. Ces événements rappellent selon lui à quel point il faut dénoncer les actes de violence. L’Université de Toronto précise que le «Parti nationaliste canadien» n’avait pas demandé à réserver un espace sur le campus pour tenir son rassemblement en septembre. L’université a par ailleurs demandé à Facebook d’effacer la page de l’événement — mais elle s’y trouvait toujours mercredi après-midi. L’invitation sur Facebook avait provoqué un tollé dans les médias sociaux. «Suppression du peuple fondateur» Travis Patron, leader du groupe, a affirmé ne pas renoncer à l’organisation de l’événement et a dit envisager d’autres lieux, sans donner plus de détails. Lorsque questionné à savoir s’il se considérait «suprémaciste», M. Patron a référé La Presse canadienne à une vidéo qu’il a publiée mercredi sur le site web du groupe. «Nous ne sommes pas un mouvement suprémaciste blanc, nationaliste blanc ou d’extrême-droite. Nous ne représentons pas exclusivement une seule race. Nous ne croyons pas qu’une race en particulier est supérieure ou inférieure à n’importe quelle autre», dit M. Patron dans la vidéo. Il a ajouté que le groupe est opposé à l’homosexualité, au transgénérisme, à l’«islamisation du pays» et au mondialisme. «En 1971, 97 pour cent de la population du Canada était d’appartenance ethnique européenne. Par conséquent, nous demandons que la suppression de la population canadienne fondatrice, un ordre du jour mis de l’avant par Pierre Trudeau et accéléré par Justin Trudeau, soit stoppée immédiatement», indique l’une des demandes du groupe. Dans l’invitation sur Facebook, le «Parti nationaliste canadien» prévenait les sympathisants que lors du rassemblement à Toronto, «on ne tolérerait aucune menace verbale ni aucun geste d’intimidation envers les orateurs, les hôtes ou des membres de l’assistance. Notre politique est très claire: quiconque voudra enfreindre la liberté d’expression ou l’intégrité physique d’un participant sera immédiatement escorté vers la sortie et confié aux forces de l’ordre». Ailleurs à Toronto ? Le groupe pourrait tout de même tenir son rassemblement sur des terrains de la Ville pourvu qu’il obtienne une autorisation et qu’il s’engage par écrit à respecter les règlements municipaux contre la discrimination et le harcèlement. La porte-parole Wynna Brown a affirmé que la Ville de Toronto «ne tolérera pas, n’ignorera pas et ne cautionnera pas la discrimination et le harcèlement illégal, et est engagée à promouvoir le respect, la tolérance et l’inclusion dans le cadre de l’autorisation de l’usage de l’espace public et des installations de la Ville». À Ottawa, un porte-parole du chef conservateur, Andrew Scheer, ardent défenseur de la liberté d’expression, a soutenu mercredi que l’Université de Toronto était en droit de refuser l’accès au Parti nationaliste canadien. Lors de la campagne à la direction du Parti conservateur, puis encore le jour de son élection, M. Scheer a promis de priver de financement fédéral toute université qui ne garantirait pas le droit à la liberté d’expression sur son campus. Le chef conservateur souhaitait surtout éviter que de petits groupes puissent empêcher la tenue d’événements auxquels ils seraient opposés. M. Scheer n’a pas précisé comment cette politique s’appliquerait concrètement, et l’incident de l’Université de Toronto pourrait constituer un test pour déterminer les limites de ce droit fondamental. Son porte-parole, Jake Enright, n’a pu expliquer précisément mercredi les critères qui ont guidé M. Scheer dans le dossier de l’Université de Toronto.

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Les incendies de forêt détruisent encore plus de résidences en C.-B.

KAMLOOPS, C.-B. — Le même incendie qui a détruit des dizaines de résidences près d’Ashcroft, en Colombie-Britannique, il y a six semaines, a maintenant ravagé d’autres immeubles dans la région de Green Lake environ 100 kilomètres plus loin. La porte-parole du district de Thompson-Nicola, Debbie Sell, explique que l’incendie est toujours actif et qu’il atteint 1680 kilomètres carrés. Elle précise que les lignes électriques effondrées ajoutent à la dangerosité de la situation et que les autorités n’ont pas encore eu accès au site afin de constater l’ampleur des dommages. Debbie Sell assure que les propriétaires des bâtiments affectés seront informés dès que l’inventaire des dommages sera disponible. Le service de lutte contre les incendies de forêt rapporte qu’au moins 10 foyers d’incendie ont pris naissance au cours des 24 dernières heures, dont six sont soupçonnés d’avoir été causés par une intervention humaine. L’un de ces brasiers a été observé dans la région de Naramata, juste au nord de Penticton. Le directeur du service d’incendie de Naramata, Tony Trovao, estime que son équipe a été chanceuse d’avoir réussi à l’éteindre aussi rapidement puisqu’il aurait pu menacer des maisons à proximité. Dans le district régional de Cariboo, le poste de la Gendarmerie royale du Canada à Williams Lake indique avoir procédé à l’arrestation de cinq hommes, mardi, après que des résidents eurent aperçu des gens tenter d’allumer des feux. L’inspecteur Jeff Pelley confirme que personne n’a été blessé et qu’aucun bâtiment n’a été endommagé. Des incendies de forêt ont forcé l’évacuation de Williams Lake le mois dernier, mais les résidants sont déjà retournés à la maison. Selon le porte-parole du service de lutte contre les incendies de forêt de la Colombie-Britannique, Kevin Skrepnek, 154 incendies de forêt sont actifs dans la province. Le coût des effectifs chargés de combattre les flammes aurait atteint 309 millions $. Environ 9300 personnes sont toujours évacuées alors que 40 ordres d’évacuation sont toujours en vigueur.

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Affichera-t-on un jour l’efficacité énergétique des maisons mises en vente?

OTTAWA — Une coalition de groupes environnementaux souhaite que la description des maisons offertes à la revente au Canada affiche dorénavant la consommation énergétique. Dix organisations, dont le Pembina Institute et Équiterre, demandent en fait au gouvernement fédéral de mettre en oeuvre plus d’une vingtaine de mesures qui permettraient de réduire la consommation d’énergie dans les édifices commerciaux et résidentiels. Dans une lettre à la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, et au ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, la coalition soutient que cette consommation d’énergie est à elle seule responsable de près du quart des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada. Les environnementalistes souhaitent qu’Ottawa pose rapidement des gestes concrets alors que le Canada veut réduire de 200 millions de tonnes ses émissions annuelles de GES d’ici 2030. On propose notamment d’obliger d’ici 2030 les constructeurs d’habitations à offrir des nouvelles maisons qui pourraient être autosuffisantes au chapitre de l’énergie, grâce au solaire ou à d’autres sources. Ils recommandent par ailleurs que les maisons remises en vente affichent leur consommation d’énergie. Karen Tam Wu, directrice du programme habitat et urbanisme au Pembina Institute, soutient que de telles mesures donneraient déjà aux futurs acheteurs une bonne idée de ce qui resterait à faire pour améliorer l’efficacité énergétique d’une maison. La lettre aux ministres fédéraux a été signée notamment par l’Association québécoise pour la maîtrise de l’énergie et par Architecture Canada.