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Thomas Mulcair inquiet quant à un Canadien tireur d’élite en Irak qui a fait feu

OTTAWA — La nouvelle voulant qu’un Canadien en Irak ait battu le record de distance de tir pour un tireur d’élite, atteignant sa cible à plus de 3,5 kilomètres, inquiète grandement le chef du NPD, Thomas Mulcair. Selon le ministère de la Défense nationale, le tireur d’élite est un membre de la Deuxième Force opérationnelle interarmées (FOI2). Cette force est présentement déployée dans le cadre de la mission canadienne pour combattre le groupe extrémiste Daech. Sur le site du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes, on peut lire que la «FOI2 protège les intérêts canadiens et lutte contre le terrorisme au pays et à l’étranger». Si la nouvelle a fait le tour du monde, elle ne réjouit pas Thomas Mulcair, qui se questionne quant au rôle des militaires du Canada dans cette région du monde. Le chef néo-démocrate a écrit au premier ministre Justin Trudeau pour lui faire part de ses inquiétudes quant au tir et ce qu’il symbolise pour la mission du Canada en Irak. Selon M. Mulcair, le tir «soulève de sérieuses questions sur la prétention de votre gouvernement à l’effet que les forces canadiennes ne sont pas impliquées dans les combats directs en Irak». Le gouvernement a longtemps soutenu que les militaires canadiens déployés en Irak ne sont pas impliqués dans les combats, même si leur mission d’appui leur permet de faire feu sur des combattants de Daech et de tuer ceux-ci. Le record du Canadien s’établit à un kilomètre de plus que l’ancien record qui était détenu par un Britannique. Ce dernier avait tué un combattant taliban, en Afghanistan, en 2009. Les responsables ont refusé de fournir d’autres détails, incluant où et quand ce tir à distance a eu lieu, citant des raisons de sécurité. Mais ils maintiennent que le soldat a agi à l’intérieur des limites établies de la mission canadienne en Irak qui vise à «former, conseiller et aviser les forces irakiennes». Ces limites ont toutefois été remises en question plusieurs fois depuis le début de la mission de presque quatre ans, alors que le débat concerne souvent ce point chaud: les troupes sont-elles engagées dans des opérations de combat? Alors que la nouvelle du tir s’est propagée à la vitesse de l’éclair, générant des félicitations ou de l’incrédulité dans le monde, M. Mulcair a saisi l’occasion pour demander des réponses au premier ministre Trudeau. «Allez-vous maintenant confirmer que les troupes canadiennes ont été impliquées dans des combats au sol depuis que votre gouvernement est au pouvoir?», a-t-il écrit. «Pourquoi n’avez-vous pas déclaré que l’actuelle mission militaire est désormais une mission de combat? Pourquoi n’y a-t-il pas eu de débat à la Chambre des communes au sujet de ce changement?», poursuit-il dans la missive. Les partis d’opposition ont accusé à répétition les libéraux d’avoir induit en erreur le public au sujet de la nature de la mission en Irak. Mais le porte-parole de la Défense, Daniel Le Bouthillier, a maintenu cette position vendredi, réaffirmant que les soldats canadiens en Irak ne participent pas aux combats, malgré le tir qui a fracassé des records. «Les membres des Forces opérationnelles canadiennes n’accompagnent pas les éléments combattants principaux mais facilitent les efforts des forces de sécurité irakiennes qui sont en difficile mission de combat». «Cela prend la forme de conseils pour la planification de leurs opérations et de l’aide pour battre Daech avec les ressources de la coalition». Le mandat de l’actuelle mission en Irak doit prendre fin la semaine prochaine. Les libéraux ont déclaré que le Canada va maintenir une présence en Irak mais les responsables affirment qu’aucune décision n’a été prise quant à allonger la mission actuelle ou la modifier. Le Canada a envoyé environ 200 soldats dans le nord de l’Irak, incluant à Mossoul, soutenus par un hôpital militaire, un détachement d’hélicoptères, un avion de surveillance militaire et un aéronef de ravitaillement en vol.

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Feu vert des gouvernements pour une mine à ciel ouvert de tungstène au N.-B.

FREDERICTON — Un projet de mine à ciel ouvert de tungstène au Nouveau-Brunswick a obtenu l’aval de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale. Sisson Partnership prévoit construire et exploiter une mine à ciel ouvert près de Stanley, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Fredericton. Il s’agirait de la seule mine de tungstène en Amérique du Nord; ce marché est actuellement dominé par la Chine. Le tungstène est utilisé dans la fabrication des tubes de rayons X et des écrans de téléphones intelligents. Le projet de mine Sisson, proposé par Northcliff Resources, prévoit aussi la construction d’une usine de traitement du minerai sur place. L’entreprise doit cependant réunir le financement requis pour tout le projet, évalué à 579 millions $. Les promoteurs estiment que 500 emplois seront créés pour la construction et 300 autres pour l’exploitation de la mine, qui devrait s’échelonner sur 27 ans. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick s’attend à percevoir pendant toute cette période des redevances de 280 millions $ et des recettes fiscales de 245 millions $. Le ministre fédéral responsable de la région, Dominic LeBlanc, a soutenu vendredi en conférence de presse à Fredericton que ce projet est le fruit d’une évaluation environnementale et scientifique rigoureuse des deux ordres de gouvernement. Le gouvernement provincial avait conclu en février dernier une entente avec six Premières Nations malécites. Cette entente accorde aux Malécites 9,8 pour cent des recettes fiscales provinciales tirées de la taxe sur le minéral valorisable, a indiqué Rick Doucet, ministre provincial du Développement de l’énergie et des ressources. Le chef Tim Paul, de la communauté malécite de Woodstock, a prévenu qu’il veillera à ce que les préoccupations environnementales soient prises en compte pendant tout le processus. Mais Lois Corbett, directrice du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, a encore des inquiétudes, notamment sur le bassin de rétention et ses impacts potentiels sur la rivière Nashwaak. Mme Corbett aurait aussi aimé que les gouvernements obligent le promoteur à créer un fonds de prévoyance en cas d’accident écologique. Le ministre LeBlanc a estimé que la construction de la mine devrait commencer le printemps prochain et durer deux ans.

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Ottawa ajoute deux juges à la Cour supérieure du Québec

Après avoir nommé quatre nouveaux juges pour la Cour supérieure du Québec en mai, le gouvernement fédéral en a ajouté deux de plus, vendredi. La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a aussi procédé à certains remaniements. Ainsi, deux juges de la Cour d’appel — Étienne Parent et Jean-François Émond — sont nommés à la Cour supérieure, et deux de la Cour supérieure sont nommés à la Cour d’appel: Simon Ruel et Jocelyn F. Rancourt. Les deux ajouts sont Peter Kalichman et Marie-France Vincent. Peter Kalichman, associé au sein du cabinet Irving Mitchell Kalichman, est nommé juge de la Cour supérieure du Québec, dans le district de Montréal. En tant qu’avocat, il se spécialisait en litige civil et commercial. Marie-France Vincent, associée au sein du cabinet Baribeau Vincent, est nommée juge de la Cour supérieure du Québec, dans le district de Québec. Durant sa carrière, elle s’est spécialisée en droit de la famille. Le juge Parent s’ajoutera aux magistrats de Shawinigan et le juge Émond, à ceux de Québec. En mai, en procédant à la nomination des juges Karen M. Rogers, Christine Baudouin, Frédéric Bachand et Daniel Royer, la ministre Wilson-Raybould avait promis de nommer des magistrats pour les deux sièges vacants au Québec, ce qui est maintenant chose faite. La ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, estimait à ce moment les besoins de la Cour supérieure à 14 juges. Il lui en manque donc toujours huit. Vendredi, elle dit évidemment accueillir favorablement les deux nominations du jour. «Mais il faut continuer les efforts pour combler tous les postes de juges à la Cour supérieure créés en 2012 (3) et en 2016 (5) par le gouvernement du Québec», a-t-elle ajouté dans un courriel transmis par son bureau. Mme Vallée estime ces juges nécessaires pour raccourcir les délais des procès criminels et éviter qu’ils avortent. Depuis l’arrêt Jordan rendu par la Cour suprême du Canada en juillet 2016, qui fixe des délais maximaux pour la durée des procédures criminelles, plusieurs accusés se sont prévalus d’une requête en arrêt des procédures — et l’ont obtenu, y compris deux accusés pour meurtre.

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Le pays a besoin de sous-marins, dit le patron de la marine canadienne

OTTAWA — Le chef de la marine canadienne dit que le pays a besoin de sous-marins pour savoir ce qui se passe sous ses eaux — bien qu’il ne veuille pas révéler si des sous-marins étrangers s’infiltrent bel et bien dans le territoire maritime du Canada. La nouvelle politique de défense du gouvernement Trudeau inclut le plan d’allonger la durée de vie de ses quatre sous-marins afin qu’ils puissent naviguer jusque dans les années 2030, ce qui devrait coûter environ 2,5 milliards $, selon des sources. Le vice-amiral Ron Lloyd affirme que l’investissement est nécessaire, puisque d’avoir des sous-marins est la meilleure façon de repérer ceux qui s’approchent ou qui ont même pénétré dans les eaux canadiennes, ou encore, ceux des alliés de l’OTAN. Il a ajouté que le fait que des pays étrangers construisent des sous-marins plus rapidement que n’importe quelle autre arme, particulièrement en Asie, ne fait que souligner leur importance pour les forces militaires un peu partout dans le monde. Mais M. Lloyd ne veut pas dire si la Russie, la Chine, ou un autre pays a effectué des opérations sous-marines dans, ou aux alentours, des eaux canadiennes, citant le besoin de garder cette information secrète. Pareil silence n’est pas nouveau. Mais cela met en lumière ce que soutiennent des experts: il s’agit d’un réel défi pour l’armée et le gouvernement de réellement démontrer le besoin de sous-marins. Les sous-marins canadiens ont été achetés de l’Angleterre en 1998.

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Les soldats canadiens seront invités à marcher pour la fierté gaie en uniforme

OTTAWA — Le chef d’état-major de la défense nationale, le général Jonathan Vance, devrait formuler une directive dans les prochains jours afin d’encourager les membres des Forces armées canadiennes à prendre part aux prochaines marches de la fierté gaie en étant vêtus de leur uniforme. Selon des sources consultées par La Presse canadienne, ces mesures incitatives s’inscrivent dans un effort plus vaste visant à projeter l’image d’une armée plus diversifiée et inclusive. La directive de M. Vance surviendrait peu après celle du commandant de la Marine royale canadienne, le vice-amiral Ron Lloyd, statuant que les marins peuvent porter leur uniforme aux événements de la fierté gaie sans avoir à demander une permission. Les employés des FAC doivent généralement demander une autorisation pour porter leur uniforme dans le cadre d’événements publics. M. Lloyd a pris part à la marche de la fierté gaie de Toronto, l’an dernier. Il a en outre affirmé avoir récemment rencontré des membres de la communauté LGBT qui lui ont signifié que l’obligation de demander une permission pour le port de l’uniforme nuit à favoriser une relation de plus grande proximité de part et d’autre. L’armée sera plus forte, à long terme, si elle se montre plus ouverte aux Canadiens issus de diverses origines, pratiquant différentes religions ou d’orientations sexuelles variées, a soutenu M. Lloyd.

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Soins aux enfants autochtones: Ottawa demande des «éclaircissements» à la cour

OTTAWA — Le gouvernement libéral de Justin Trudeau demande à la Cour fédérale de «clarifier» deux aspects d’une nouvelle ordonnance du Tribunal canadien des droits de la personne sur les soins de santé à offrir aux enfants autochtones. Dans une déclaration commune, la ministre de la Santé, Jane Philpott, et sa collègue aux Affaires autochtones, Carolyn Bennett, expliquent que cette requête en Cour fédérale est fondée sur leur «expérience et expertise en tant que médecins». Le Tribunal canadien des droits de la personne a notamment statué le 26 mai dernier que les demandes de services de soins de santé pour les enfants autochtones devaient être traitées dans un délai maximal de 48 heures, et sans recourir à de longues «conférences de cas». Les deux ministres fédérales admettent que cette approche est nécessaire — et tout à fait réalisable — dans certains cas, mais que des cas plus complexes exigent davantage de consultations entre professionnels de la santé, afin que les enfants obtiennent les soins les plus appropriés. Par ailleurs, une décision prise rapidement, dans les 48 heures, n’est pas nécessairement souhaitable pour la santé même des jeunes patients, plaident les ministres, qui sont aussi médecins. La ministre Philpott soutient que depuis juillet dernier, le gouvernement fédéral a approuvé environ 8800 demandes pour des services de santé, des services sociaux et des services en éducation destinés aux enfants autochtones. En vertu du «principe de Jordan» (à ne pas confondre avec l’arrêt Jordan), tous les enfants des Premières Nations devraient bénéficier du même soutien et des mêmes services que les autres enfants canadiens, qu’ils vivent ou non au sein d’une réserve. Ce principe prévoit la marche à suivre en cas de litige entre deux ordres de gouvernements ou ministères, afin de déterminer lequel devra payer. En vertu de ce principe, le premier à être contacté doit payer, et le litige est réglé ultérieurement. Or, dans sa décision de mai dernier, le Tribunal concluait qu’Ottawa n’avait toujours pas donné suite à son ordonnance de janvier 2016, qui l’enjoignait à respecter pleinement ce principe de Jordan. Cindy Blackstock, qui se bat depuis 10 ans pour les enfants autochtones, se disait déçue mais pas surprise, vendredi, de cette requête d’Ottawa en Cour fédérale. Elle soutient par ailleurs que ni le Tribunal des droits de la personne ni son organisme, la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, n’a voulu exclure les «conférences de cas» lorsque la santé de l’enfant l’exigeait. Par contre, l’organisme s’oppose toujours aux retards causés par de simples litiges de compétences. «C’est absurde: pourquoi ils ne nous ont simplement pas demandé notre consentement?, s’est étonnée Mme Blackstock en entrevue, vendredi. Ils tentent de trouver toutes sortes de faux-fuyants.» Le député Romeo Saganash, porte-parole néo-démocrate en matière d’affaires autochtones, a qualifié de «dégoûtante» la requête du gouvernement libéral. Le cabinet de la ministre de la Justice indiquait plus tôt ce mois-ci qu’Ottawa avait dépensé 707 000 $ en honoraires juridiques depuis l’ordonnance accablante du Tribunal canadien des droits de la personne en janvier 2016.

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La Cour suprême donne son feu vert à une poursuite contre Facebook

OTTAWA — Une femme qui entend poursuivre Facebook pour son utilisation d’«histoires commanditées» («sponsored stories»), une forme de placement publicitaire, pourra aller de l’avant avec sa bataille judiciaire en Colombie-Britannique, a tranché la Cour suprême du Canada, vendredi. Deborah Douez souhaite lancer une action collective contre le réseau social, alléguant que ce dernier a utilisé son nom et sa photo de profil pour une publicité faisant la promotion d’une entreprise dont elle avait «aimé» le contenu Facebook. Ces publicités ont été générées pour des entreprises qui ont payé pour le format de publications commanditées et apparaissaient parfois sur le fil de nouvelles des amis de Mme Douez, soutient cette dernière. La poursuite en action collective vise à obtenir une forme d’indemnisation en vertu d’une plainte voulant qu’un tel format de publicités aille à l’encontre de la loi de la Colombie-Britannique en matière de protection de la vie privée. La Cour suprême de la Colombie-Britannique avait donné son aval à la poursuite, mais la Cour d’appel de la province avait ensuite suspendu le dossier, faisant valoir qu’une telle question devait être formellement résolue en Californie, où se trouve le bureau mère de Facebook. La Cour d’appel a dit que les usagers potentiels de Facebook doivent donner leur accord aux conditions d’utilisation, lesquelles stipulent dans une clause attributive de juridiction ainsi que de choix du droit applicable que «toute plainte, action en justice ou contestation afférente à (la) Déclaration (des droits et responsabilités) ou à Facebook» doit être adressée devant un tribunal américain du Northern District de Californie ou une cour d’État du comté de San Mateo. Quoi qu’il en soit, la Cour suprême du Canada statue, dans sa décision entérinée par quatre juges contre trois, qu’une telle clause est inapplicable. «Mme Douez a établi de fortes raisons de ne pas appliquer la clause en question dans ce cas-ci», avance-t-on. «Le pouvoir de négociation largement injuste entre les parties et l’importance de trancher sur les droits relatifs à la protection de la vie privée quasi-constitutionnels dans la province sont des éléments de politique publique impérieux qui, lorsque considérés ensemble, sont décisifs dans ce dossier.» «Ça vient confirmer le droit des provinces et du fédéral, éventuellement, de faire des lois claires qui disent: « C’est la loi canadienne qui va prévaloir même sur les conditions d’utilisation, même sur les conditions que Facebook ou qu’un autre réseau social voudrait imposer »»,a souligné le professeur à la faculté de droit de l’Université de Montréal, Pierre Trudel, précisant que la loi de la Colombie-Britannique n’était pas claire à ce chapitre. Ce dernier, qui se spécialise en droit rattaché à l’utilisation d’Internet, estime qu’une telle décision fera jurisprudence pour d’autres cas similaires qui pourraient survenir concernant Facebook, mais aussi d’autres réseaux sociaux. «La majorité des juges utilise un langage suffisamment large pour laisser penser que ça va faire jurisprudence. C’est-à-dire que c’est un arrêt qui va s’imposer chaque fois qu’un simple usager sur Internet, un simple abonné, va vouloir contester une clause des conditions d’utilisation qui lui impose un fardeau très lourd», a-t-il dit en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, mentionnant notamment la contrainte de devoir engager une poursuite loin de chez soi. Juges dissidents La juge en chef Beverley McLachlin et la juge Suzanne Côté ont écrit, au nom des trois magistrats dissidents, que ceux-ci ne voyaient aucune raison de s’écarter du droit international qui maintient les clauses attributives de juridiction. «Nous sommes d’accord avec la Cour d’appel de la Colombie-Britannique qu’aucun argument solide n’a été démontré et que l’action (judiciaire) doit être menée en Californie (comme) le contrat le prévoit», ont écrit les magistrats. La poursuite retourne donc en Colombie-Britannique pour la procédure sur le fond.

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Francophonie: peu de concret à l’issue de la rencontre des ministres

OTTAWA — La question de la nomination du prochain commissaire aux langues officielles n’a pas été abordée lors de la rencontre des ministres responsables de la francophonie du fédéral, des provinces et des territoires qui s’est terminée à Gatineau vendredi. L’ex-ministre libérale ontarienne Madeleine Meilleur s’était récusée le 7 juin en raison de la controverse soulevée par sa désignation, qui avait fait les choux gras de l’opposition. La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a répété qu’elle donnerait des détails sur le processus de nomination ultérieurement. «Je pense que mes collègues sont rassurés du fait qu’on a une commissaire (par intérim) présentement aux langues officielles et qu’au cours des prochaines semaines, j’aurai l’occasion d’annoncer le nouveau processus», a-t-elle dit. Trois ministres étaient absents de la rencontre annuelle, soit ceux du Manitoba, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique. Les discussions semblent avoir mené à peu de mesures concrètes. Les ministres présents se sont entendus pour bonifier «progressivement» l’offre de services gouvernementaux en français, «examiner les mesures à prendre» afin d’améliorer l’accès à la justice en français, particulièrement en droit de la famille, et à «poursuivre le dialogue et la collaboration» sur l’immigration francophone. «La bonne nouvelle est qu’on s’est donné une date : le 31 décembre 2021 pour arriver avec davantage de services gouvernementaux qui sont offerts, a affirmé la ministre Joly. Et bien entendu j’espère qu’ensemble, on va pouvoir démontrer d’ici cette date qu’on aura pris des actions.» Les ministres ont également discuté de la création du corridor touristique francophone et du besoin d’enseignants en français à l’extérieur du Québec. «Il y a une volonté d’avoir davantage de professeurs qui sont capables d’enseigner le français de bonne qualité à nos étudiants partout au pays», a remarqué Mélanie Joly, ajoutant qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle. Le ministre responsable de la francophonie du Yukon, John Streicker, a illustré que la moitié des enfants d’âge scolaire dans son territoire fréquentent les écoles d’immersion française. Le Québec tentera d’aider la Saskatchewan à ce chapitre, afin que la province puisse répondre à la demande dans un avenir rapproché, a indiqué le ministre responsable de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier. C’est cette province qui a soulevé le problème de pénurie d’enseignants de français lors de la rencontre. «De voir que le français à l’extérieur du Québec a un accueil renouvelé, une légitimité nouvelle, honnêtement, ça fait du bien de voir ça, a-t-il remarqué. «Maintenant, est-ce qu’on peut faire quelque chose pour s’assurer que cette demande-là soit satisfaite plutôt qu’en attente, non résolue, et qu’on perde une opportunité?», a-t-il continué. Pour la première fois, la rencontre annuelle a été organisée par le gouvernement fédéral en cette année du 150e anniversaire de la Confédération. La ministre Joly a souligné qu’elle présentera son plan d’action sur les langues officielles d’ici le 1er avril 2018, qui contribuera à «soutenir la vitalité des communautés linguistiques en situation minoritaire». La pérennité des médias francophones communautaires et le développement économique seront à l’ordre du jour de la prochaine rencontre de la Conférence ministérielle sur la francophonie canadienne, qui aura lieu à Iqaluit, au Nunavut, les 20 et 21 juin 2018.

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Un transgenre voulant un certificat de naissance neutre se tourne vers la cour

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Un militant transgenre luttant pour la mise en place de certificats de naissance neutres prend des moyens judiciaires contre le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador. Gemma Hickey a rempli une requête devant la Cour suprême de sa province, à Saint-Jean, pour contester la portion de la loi sur les statistiques de l’état civil portant sur la désignation d’un changement de sexe. Gemma Hickey fait valoir que les dispositions en question sont anticonstitutionnelles et qu’elles vont à l’encontre des lois provinciales et fédérales en matière de droits de la personne. Gemma Hickey a fait la demande pour un certificat de naissance «non-binaire» en avril et il pourrait bien être le premier au Canada. Seulement deux options figurent dans le formulaire de désignation de changement de sexe, homme ou femme. Le militant transgenre a pour sa part inscrit la mention «non binaire» et a coché cette option. La demande de Gemma Hickey est toujours considérée et ce dernier ne dispose d’aucun certificat de naissance en attendant, puisque l’original a été soumis avec le formulaire. La question sera étudiée par la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador, le 28 juillet.

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Bono et The Edge monteront sur la scène à la fête du Canada, à Ottawa

OTTAWA — Bono et The Edge, deux membres du groupe U2, seront au nombre des artistes qui monteront sur scène à l’occasion du spectacle de la fête du Canada, la semaine prochaine, à Ottawa. Un porte-parole de Patrimoine canadien a annoncé que les musiciens irlandais interpréteront une chanson vers midi, le 1er juillet, à l’occasion des célébrations marquant le 150e anniversaire de la fédération canadienne. La ministre du Patrimoine Canadien a d’ailleurs écrit le message suivant sur Twitter vendredi: «Wow! La Fête du Canada sera formidable! Très hâte de voir U2 sur la Colline du Parlement!». Selon les responsables, jusqu’à 450 000 personnes pourraient converger vers la Colline du Parlement et vers les autres lieux des festivités. Parmi les autres artistes qui seront du spectacle on retrouve notamment Gordon Lightfoot, Walk Off the Earth, Lisa Leblanc, Marie Mai et Louis-Jearn Cormier. U2 doit aussi monter sur scène à Cleveland le soir du 1er juillet dans le cadre de la tournée «The Joshua Tree».

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Muskrat Falls: Les estimations de coûts augmentent d’un milliard de dollars

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Les estimations de coûts entourant le controversé projet de développement hydroélectrique Muskrat Falls, dans le Labrador, augmentent une fois de plus, cette fois d’un milliard de dollars. Le président et chef de la direction de la société d’énergie Nalcor, Stan Marshall, a fait savoir vendredi que le nouveau coût évalué passait à 12,7 milliards $, somme qui inclut le financement du projet. C’est bien au-delà des 11,7 milliards $ estimés l’an dernier et environ cinq milliards de plus que les dépenses mentionnées quand le projet a été entériné, il y a cinq ans. M. Marshall a pris les rênes de Nalcor, l’an dernier. Il avait dit, à ce moment, que le projet Muskrat Falls de la société d’État était un «gâchis» dont il tenterait de rectifier le tir. Vendredi, le président a souligné qu’il savait que ce projet, qui, selon lui, n’aurait jamais dû être lancé, était un gâchis. Il a assuré qu’il allait «faire de (son) mieux» tant et aussi longtemps qu’il serait en poste, avançant que le projet pouvait «toujours se conclure avec éclat». «Le seul moyen de résoudre cela aurait été de ne pas l’avoir construit à l’origine…Il était trop tard pour arrêter. Nous ne pouvions obtenir un remboursement.» Les coûts ont été initialement sous-estimés de façon notable, a-t-il fait valoir, «intentionnellement ou non intentionnellement». M. Marshall a pointé du doigt des augmentations concernant des litiges, des frais de fonctionnement plus élevés que prévu, des fuites émanant du batardeau — un barrage temporaire —, et des délais encourus par la présence de manifestants qui dénonçaient une possible hausse du niveau de méthylmercure. M. Marshall a indiqué que 75 pour cent de la construction est effectuée, alors que 48 pour cent de celle-ci avait été faite en mai. Muskrat Falls devrait produire ses premiers mégawatts en 2019 à un coût de 23,3 cents le kilowatt-heure, avant taxe. Ce prix dépasse de 8,2 cents celui qui avait été évoqué quand Muskrat Falls avait été approuvé et constitue plus du double de ce que payaient les consommateurs récemment. M. Marshall et le premier ministre Dwight Ball se sont engagés à évaluer les moyens d’alléger ces éventuels tarifs. Sans cela, la facture mensuelle des consommateurs pourrait augmenter de plus de 150 $ par mois. L’ancien gouvernement des progressistes-conservateurs a donné son feu vert à Muskrat Falls, en partenariat avec la société néo-écossaise Emera. «Muskrat Falls a comporté ses surprises. Je ne dirai pas qu’il n’y en aura pas d’autres», a ajouté M. Marshall. Il a en outre affirmé que Nalcor travaille auprès des leaders autochtones pour se pencher sur leurs craintes entourant le méthylmercure. «Je ne cherche pas à faire quoi que ce soit qui pourrait mettre des gens en danger.»

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Accès à l’information: la réforme fédérale déçoit dans certains milieux

OTTAWA — La réforme de la Loi sur l’accès à l’information proposée cette semaine par le gouvernement Trudeau ne permettrait pas au Canada de marquer beaucoup de points au palmarès mondial de l’ouverture et de la transparence. Selon le Centre pour le droit et la démocratie, le Canada passerait de la 49e à la 46e place sur l’échiquier international s’il adoptait le projet de loi déposé cette semaine. Le pays se situerait alors entre le Pérou et la Bulgarie dans ce palmarès des 111 pays qui se sont dotés d’une loi sur l’accès à l’information. En fait, le projet de loi ne ferait gagner au Canada que trois points, au chapitre des procédures d’appels, mais lui en ferait perdre un en matière de promotion de la loi, selon l’organisme de Halifax. La note du Canada passerait alors de 90 à 92 — sur 150. L’organisme sans but lucratif estime que les Canadiens méritaient mieux que cette réforme attendue depuis une génération — la loi a été promulguée en 1983. Le Centre pour le droit et la démocratie soutient que le projet de loi ne prévoit à peu près rien pour éliminer ou du moins réduire les nombreuses exceptions qui permettent à des ministères et agences gouvernementales de refuser l’accès à certaines informations. Et contrairement à ce qu’avaient promis les libéraux en campagne électorale, le projet de loi n’étendrait pas la portée de la Loi aux cabinets ministériels, rappelle le Centre pour le droit et la démocratie.