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Le coût des terres explose au Québec

Le prix des terres agricoles a augmenté de 27% l’an dernier au Québec, ce qui inquiète l’économiste en chef à l’Union des producteurs agricoles. 

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Le coût des terres explose au Québec, dont ici, dans le Bas-Saint-Laurent. (Photo: Design Pics/Alamy)

Le prix des terres agricoles a augmenté de 27 % l’an dernier au Québec, ce qui fait que le coût d’un hectare est passé de 12 332 à 15 657 dollars. Charles-Félix Ross, économiste en chef à l’Union des producteurs agricoles, s’inquiète.

Le prix des terres de culture a quintuplé depuis 1995. À quoi cette hausse est-elle attribuable ?

Des promoteurs immobiliers et des groupes financiers investissent le secteur agricole. Ils achètent de grandes superficies de terres à des prix que les agriculteurs locaux ne peuvent concurrencer. Ces transactions élevées font augmenter la valeur foncière, particulièrement dans les régions très agricoles, comme Lanaudière, la Montérégie et le sud des Laurentides.

En quoi cela est-il inquiétant ?

Ces gros investisseurs ne s’intéressent pas nécessairement à l’agriculture. Chaque année, ils participent à la reconversion de 4 000 hectares de terres agricoles à d’autres fins, comme du développement immobilier. Nous craignons la disparition des producteurs locaux, qui peuvent difficilement accéder à la propriété et qui doivent payer cher la location d’une terre à cultiver. Sur les 30 000 fermes recensées au Québec, 100 en moyenne disparaissent chaque année. Cela nuit à la richesse et à la diversité de l’agriculture québécoise.

Comment ralentir la tendance ?

Nous suggérons de limiter l’acquisition de terres à 100 hectares par acheteur par année, ce qui freinera la progression des gros investisseurs, et de délivrer moins de permis de construire. Le tout accompagné de réglementations pour soutenir les agriculteurs québécois. Mais pour l’heure, l’État ne partage pas nos inquiétudes.