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Les doctorants en psycholologie font pression pour être rémunérés

MONTRÉAL – Les patients qui bénéficiaient de consultations offertes par des résidents en psychologie n’auront plus accès à ce service cet automne pendant une durée indéterminée.

La Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie (FIDEP) avait annoncé en décembre dernier que ses quelque 700 membres boycotteraient leur formation clinique en septembre.

Des pourparlers ont commencé au début du mois d’août, et la FIDEP a proposé une offre à court terme au gouvernement. Québec devait répondre en l’espace de deux à trois semaines, mais la fédération n’avait toujours rien reçu mardi, selon son président, Eddy Larouche.

Même si la FIDEP et le gouvernement parvenaient à s’entendre bientôt, les patients devront attendre encore longtemps, puisque les stages n’ont même pas été répartis parmi les doctorants — le résultat d’un moyen de pression des psychologues eux-mêmes. Les stages sont généralement distribués plus tôt dans l’année en prévision du mois de septembre.

Environ 12 000 patients par année consultent les doctorants en psychologie à de moindres coûts ou gratuitement, selon la FIDEP.

Le Québec est le seul État en Amérique du Nord qui ne verse pas de salaire à ses doctorants en psychologie, selon Eddy Larouche. Au Canada, la rémunération moyenne des résidents est évaluée à environ 31 000 $.

Jointe par téléphone, l’attachée de presse du ministre de la Santé Gaétan Barrette, Julie White, n’a pas voulu préciser quand le ministère répondrait à cette offre.

Elle a souligné que le ministère évaluait ses options «dans le cadre» d’un groupe de travail mis sur pied cet été conjointement avec le ministère de l’Enseignement supérieur.

Le comité, présidé par l’ancien vice-président de l’Ordre des psychologies Luc Granger, devrait déposer son rapport en octobre.

La rémunération des résidents est une revendication récurrente depuis dix ans, lorsqu’il est devenu obligatoire d’obtenir un doctorat en psychologie au Québec. Selon M. Larouche, les moyens de pression sont plus intenses cette fois-ci parce que la fédération a pu avec le temps documenter ses arguments et, cette année, elle a bénéficié du mouvement lancé par l’Association des psychologues du Québec (APQ).

L’APQ a annoncé il y a un an qu’elle annulait le processus de sélection des stages et la supervision de ceux-ci, réclamant elle-même de meilleures conditions de travail. L’APQ est d’ailleurs toujours en moyens de pression et elle a une fois de plus justifié son boycott dans un communiqué transmis mardi.

«Nous sommes conscients que les choses ont changé depuis la signature de la dernière convention collective, mais la surcharge actuelle de travail et la pénurie de main-d’oeuvre rendent parfois impossible la supervision des internats», a déclaré le président de l’APQ, Charles Roy.