Actualités

Euthanasie: l’avocate d’un Montréalais accusé de meurtre souhaite sa libération

MONTRÉAL – L’avocate d’un Montréalais accusé d’avoir tué sa femme dans un centre de soins de longue durée, le mois dernier, estime que ce sera à la société et au tribunal de décider s’il s’agit d’un meurtre ou d’une aide à mourir.

Michel Cadotte, âgé de 55 ans, a été accusé de meurtre au deuxième degré à la suite du décès de Jocelyne Lizotte, âgée de 60 ans, morte d’un arrêt cardiaque le 20 février. Ce jour-là, le conjoint de Mme Lizotte a écrit sur Facebook, en attendant les policiers, qu’il avait «craqué» et «consenti à sa demande d’aide à mourir».

Elfriede-Andrée Duclervil a indiqué vendredi qu’elle comptait demander sous peu, en Cour supérieure, la remise en liberté sous caution de son client pour la suite des procédures. L’avocate soutient que M. Cadotte ne représente aucun risque pour la société et que certains peuvent même voir dans son geste allégué une preuve de compassion.

Michel Cadotte a comparu brièvement, vendredi, au palais de justice de Montréal. Me Duclervil a cependant demandé plus de temps au tribunal afin de préparer la cause car la preuve, a-t-elle dit, est incomplète. Il manque notamment un élément crucial dans ce dossier: le rapport médical de Mme Lizotte, que la Couronne devrait déposer au début du mois d’avril.

Ce sera ensuite à la défense de démontrer au tribunal que M. Cadotte devrait être remis en liberté pour la suite des procédures — le fardeau de la preuve est inversé pour de telles requêtes.

«Si on parle de l’aide médicale à mourir, on parle de compassion, on parle d’empathie, on parle de tolérance, on parle de compréhension, on parle de dignité. Et lorsqu’on additionne tout ça, ça n’amène pas à un meurtre, a soutenu Me Duclervil à sa sortie de la salle d’audience. À cette étape-ci, ou à un moment futur, le tribunal, la société, le législateur va devoir mettre une étiquette sur les actions alléguées qu’on reproche à mon client.»

Me Duclervil a par ailleurs ajouté que l’accusé, encore sous le choc, est reconnaissant du soutien apporté non seulement par ses proches mais aussi par la famille de la défunte.

La cause reviendra devant le tribunal le 18 avril.