Actualités

Privatisation des aéroports: il n’y aura rien dans le budget fédéral de mercredi

OTTAWA – La privatisation des aéroports ne figurera pas dans le budget fédéral qui sera déposé mercredi, a confirmé une source gouvernementale à La Presse canadienne.

Selon ce qu’a indiqué cette source au ministère des Finances, lundi en fin d’après-midi, aucune décision n’a encore été prise dans ce dossier, et elle «ne le sera pas plus mercredi».

Par conséquent, il n’y aura «rien dans le budget là-dessus», a tranché cette même source à l’issue d’une journée où l’opposition a talonné le gouvernement libéral sur cette question.

Ni les conservateurs ni les néo-démocrates n’avaient obtenu de réponse claire de la part du premier ministre Justin Trudeau lors de la période de questions en Chambre.

Les deux formations ont dit redouter qu’à l’issue d’une telle opération, la facture soit tout simplement refilée aux voyageurs canadiens.

Le chef adjoint du Parti conservateur, Denis Lebel, a accusé le gouvernement libéral de vouloir «vendre au rabais» les aéroports du pays dans le seul objectif de financer les déficits qu’il enregistre.

Interpellé, Justin Trudeau s’est contenté de répondre à son interlocuteur que ce dernier allait «voir mercredi comme tous les Canadiens que dans ce budget, nous allons aider la croissance de la classe moyenne et nous allons investir dans l’avenir de notre pays».

Le refus du premier ministre de clarifier les velléités libérales a été interprété comme un signe que la privatisation des aéroports serait dévoilée dans l’exercice financier de mercredi, ce qui ne sera finalement pas le cas.

L’absence d’une mesure sur la privatisation des aéroports dans le deuxième budget du ministre des Finances Bill Morneau ne signifie cependant pas que le gouvernement a fait une croix sur cette option.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, a en main depuis février 2016 un rapport sur la modernisation de la Loi sur les transports dans lequel on suggère au gouvernement d’étudier l’idée de privatiser les aéroports du Canada.

Le fédéral s’y fait recommander de songer à faire «la transition, d’ici trois ans, vers une structure à capital-actions pour les aéroports importants, avec un financement par capitaux propres d’investisseurs de grands établissements».

Si les libéraux allaient de l’avant avec la privatisation, ce serait une «honte», car le premier ministre Trudeau «n’a jamais évoqué lors de la campagne électorale la possibilité de vendre nos aéroports», a tranché le chef néo-démocrate Thomas Mulcair.

Et selon lui, «il a fort à parier que M. Trudeau (…) a toutes les intentions du monde de commencer à vendre cet avoir, ce bien public qui sont les aéroports qui appartiennent aux Canadiens».

Dans une analyse publiée en février, l’Institut C.D. Howe a conclu que la privatisation des aéroports du pays pourrait rapporter de 7,2 à 16,6 milliards $ au gouvernement fédéral.

Le rapport qui contient la recommandation de privatiser les aéroports avait été commandé par l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper.

L’examen avait été présidé par l’ex-ministre David Emerson, qui a été titulaire de plusieurs portefeuilles sous ce même gouvernement, notamment ceux du Commerce international et de l’Industrie.