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Le monde applaudit les frappes américaines en Syrie

La Russie a toutefois estimé que les frappes américaines représentent une «agression» et elle a décidé de suspendre sa collaboration.

BEYROUTH — La communauté internationale s’est rangée vendredi derrière les États-Unis, après qu’ils eurent lancé environ 60 missiles sur la Syrie en représailles à l’emploi d’armes chimiques contre des civils de ce pays.

Le Canada, qui avait précédemment condamné l’attaque chimique et indiqué qu’il appuyait tous les efforts pour «faire cesser ces atrocités», estime que les «attaques de cette semaine dans le sud d’Idlib et la souffrance des Syriens constituent un crime de guerre et sont inacceptables», a dit le premier ministre Justin Trudeau par voie de communiqué.

Il a ensuite ajouté que le Canada «appuie pleinement l’intervention limitée et ciblée que les États-Unis ont menée pour affaiblir la capacité du régime Assad de perpétrer des attaques aux armes chimiques contre des civils innocents, dont de nombreux enfants».

La Russie a toutefois estimé que les frappes américaines représentent une «agression» et elle a décidé de suspendre sa collaboration avec les États-Unis dans le ciel de la Syrie.

Quelque 60 missiles Tomahawk ont été tirés à partir depuis de navires de guerre en Méditerranée en direction de la base aérienne de Shayrat, au sud-est de Homs, d’où avaient décollé les avions qui ont mené l’attaque chimique. Les États-Unis affirment que la base et ses infrastructures ont été lourdement endommagées. Moscou prétend, en revanche, que moins de la moitié des missiles ont touché la cible, que les deux pistes de la base sont intactes, et que seulement six avions de chasse ont été détruits.

Sept personnes auraient été tuées et neuf autres blessées, selon l’armée syrienne. L’Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, évoque également un bilan de sept morts, dont un général et trois soldats.

Vendredi, la Russie a qualifié les frappes d’agression contre un État souverain qui viole les lois internationales. Moscou a ensuite annoncé qu’elle aidera la Syrie à renforcer ses défenses antiaériennes.

L’Arabie saoudite et la Turquie, qui appuient l’opposition syrienne, ont applaudi la frappe américaine. Riyad a estimé qu’il s’agissait d’une «décision courageuse» de la part de M. Trump. Le Royaume-Uni, la France, l’Italie, l’Allemagne, le Japon, l’Australie, le Danemark et Israël se sont également rangés derrière les États-Unis.

Washington avait informé la Russie, l’OTAN et ses alliés dans la région avant de lancer ses missiles.

Dans son communiqué, Justin Trudeau déclare que le «recours aux armes chimiques par le président Assad et les crimes que le régime syrien a commis contre sa propre population ne peuvent pas passer sous silence. Nous ne pouvons pas permettre que ces horribles attaques puissent continuer de se produire en toute impunité».

«Le Canada condamne toute utilisation d’armes chimiques (et) (…) continuera de soutenir les efforts diplomatiques en vue de résoudre la crise en Syrie», a dit le premier ministre.