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La campagne de la SAAQ sur les effets du cannabis au volant fait beaucoup réagir

La SAAQ dépensera cette année 700 000 $ pour ses deux campagnes de sensibilisation.

QUÉBEC — Des publicités de la SAAQ sur les effets du cannabis au volant ont été visionnées plus de 90 000 fois sur Facebook et YouTube en 24 heures, selon l’organisme, qui se réjouit des réactions suscitées, même si elles sont souvent virulentes.

Un premier message publicitaire de 30 secondes, qui met en vedette un capitaine qui compte «Un bateau, deux bateaux, trois bateaux, quatre bateaux…» pour démontrer que le cannabis allonge le temps de réaction, a été visionné plus de 40 000 fois sur les réseaux sociaux et a provoqué 365 commentaires, ainsi que 1100 réactions («likes» et divers émojis).

Les deux autres messages, de 15 secondes chacun, ont été quant à eux visionnés 11 000 et 7000 fois, respectivement, et ont généré ensemble environ 350 commentaires et 900 réactions.

«La drogue, ça fait beaucoup réagir. On savait que ça allait créer cet effet-là», a déclaré le porte-parole de la SAAQ, Gino Desrosiers.

La SAAQ dépensera cette année 700 000 $ pour ses deux campagnes de sensibilisation sur les effets du cannabis au volant. Un autre blitz publicitaire est prévu à la fin octobre. 

Cette semaine, plusieurs centaines d’internautes se sont dits outrés que le Québec «gaspille» autant d’argent à faire des annonces «exagérées» et «à rire du monde».  

«Quand les gens disent qu’on est à côté de la ‘track’, que c’est carrément tout faux ce qu’on dit, ça nous permet de venir relativiser tout ça, d’expliquer sur quoi on s’est basé», a poursuivi M. Desrosiers, en ajoutant qu’il essaie de répondre à tous les commentaires avec des faits et des données scientifiques.

«On a tous eu des oncles qui disaient: ‘Non, ça fait des années que je conduis avec une bière entre les deux jambes, je ne vois pas pourquoi ce serait dangereux.’ On a un peu ce même réflexe-là chez les consommateurs de cannabis et c’est ce qu’on essaie de changer avec nos campagnes de sensibilisation», a-t-il dit.

Toujours selon M. Desrosiers, ces campagnes publicitaires sur les dangers de conduire après avoir fumé du «pot» étaient déjà dans les cartons, bien avant le dépôt du projet de loi fédéral qui propose de légaliser cette drogue.   

Mais dans ce nouveau contexte, la société d’État pourrait vouloir durcir le ton et «choquer» davantage les Québécois, comme elle le fait couramment dans ses publicités contre l’alcool et les textos au volant.  

«On leur dit que la consommation du cannabis est incompatible avec la conduite, mais on n’a pas encore été jusqu’à montrer des accidents, avec des victimes et du sang, a dit M. Desrosiers. Peut-être qu’on va en arriver là; il y a comme une gradation dans les angles à aborder, dans le ton.»

La campagne de sensibilisation de la SAAQ, qui se déroulera jusqu’au 14 mai sur différentes plateformes numériques et à la télévision, vise un public principalement masculin, âgé entre 16 et 44 ans.

Selon la société d’État, de 2011 à 2015, 18 pour cent des conducteurs décédés avaient du cannabis dans le sang. Durant la même période, la présence de cannabis dans le sang a été constatée chez 30 pour cent des conducteurs âgés de 16 à 24 ans décédés dans un accident de la route au Québec.

La capacité de conduite affaiblie par la drogue est une infraction criminelle. Les sanctions peuvent inclure une amende, la perte du permis de conduire et l’emprisonnement.