Actualités

Les décès liés à des surdoses atteignent un sommet en Colombie-Britannique

VICTORIA — Un plus grand nombre de personnes sont décédées de surdoses de drogues illicites en Colombie-Britannique dans les huit premiers mois de 2017 que pendant toute l’année dernière.

Selon le bureau du coroner de la province, pas moins de 1013 personnes sont décédées d’une surdose de janvier à août, comparativement à 982 décès pour l’ensemble de 2016.

Les plus récentes données pour 2017 démontrent que le fentanyl a été détecté, seul ou mélangé à une autre drogue, dans plus de 80 pour cent des décès. En 2012, le fentanyl n’avait été détecté que dans quatre pour cent des cas de surdoses mortelles.

La province a déclaré l’an dernier un état d’urgence et entrepris une série de mesures pour tenter de réduire le nombre de surdoses.

La coroner en chef, Lisa Lapointe, juge que l’augmentation du nombre de décès témoigne de la complexité des problématiques liées à la dépendance aux drogues.

«Il est déchirant de voir le nombre élevé et soutenu de décès dans la province, malgré les nombreuses initiatives et mesures de réduction des dommages mises en place», a affirmé Mme Lapointe dans un communiqué.

«Il faut que les gens sachent qu’aucune substance illicite dans cette province ne peut être considérée comme sécuritaire, même si vous connaissez votre revendeur.»

Selon elle, toute personne qui consomme une drogue illicite devrait être préparée au risque de surdose et être en présence d’une autre personne prête à l’aider.

Dans le cadre de son état d’urgence, la Colombie-Britannique a lancé un programme pour la prise de naloxone à la maison, qui offre de la formation pour prévenir les surdoses chez les personnes les plus à susceptibles d’en faire. Cette drogue, qui permet de renverser les effets d’une surdose, est aussi disponible dans les pharmacies de la province.

Selon les statistiques, 91 pour cent des personnes qui sont décédées cette année étaient âgées de 19 à 59 ans. Quatre personnes sur cinq qui ont fait une surdose mortelle étaient des hommes.

Le bureau du coroner a noté qu’aucun décès n’était survenu dans les sites d’injection supervisée ou de prévention de surdose. Environ 89 pour cent des victimes se trouvaient à l’intérieur d’une maison privée lors de leur décès, tandis que les autres 11 pour cent se trouvaient dans un véhicule ou à l’extérieur.

Le fentanyl, un puissant antidouleur, semble être responsable de l’augmentation des décès par surdose puisque depuis 2012, le nombre de décès pour lesquels cette drogue n’est pas en cause est resté stable à environ 300 par année.