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Beverley McLachlin plaide pour une justice accessible pour tous

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — La juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverley McLachlin, considère que l’accès à la justice pour les citoyens démunis ou marginalisés représente le plus grand défi du système judiciaire au pays.

Mme McLachlin a déclaré dans une allocution publique à l’université Memorial de Saint-Jean à Terre-Neuve-et-Labrador, jeudi, qu’il n’y a rien de plus précieux que la liberté d’un individu.

Elle a ajouté que le Canada compte sur un système judiciaire dont il peut être fier, mais qu’il ne fait pas toujours le travail pour lequel il a été créé, évoquant les «critiques du système pour la production occasionnelle de condamnations injustifiées».

Cette allocution lors de la deuxième édition des discours de droit Francis Forbes était l’une des dernières apparitions publiques de la juge McLachlin, qui s’apprête à prendre sa retraite en décembre après 28 ans de service à la Cour suprême, dont près de 18 ans à titre de juge en chef.

Beverley McLachlin a souligné qu’au fil des augmentations des budgets en santé et en éducation ces dernières décennies, les investissements dans le système judiciaire ont stagné ou régressé à travers le Canada.

Pourtant, a-t-elle relevé, de nombreuses études montrent que la réinsertion des contrevenants a un impact positif sur l’économie.

La juge en chef a énuméré les cinq principaux défis du système de justice criminel selon elle: l’accès à une aide juridique professionnelle, la possibilité de procès rapides, l’accès à une sentence juste, l’accès à un système qui répond aux attentes raisonnables des victimes et l’accès à un système adapté à la culture.

Ce dernier enjeu est particulièrement crucial pour les Autochtones, dont les individus sont surreprésentés dans les établissements de détention, a-t-elle fait valoir.