Denis Coderre a fait ses adieux à la mairie de Montréal
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Denis Coderre a fait ses adieux à la mairie de Montréal

MONTRÉAL — «Le peuple a toujours raison» et jugera de nos réalisations, a déclaré le maire de Montréal sortant, Denis Coderre, lors de sa dernière conférence de presse, mercredi, alors qu’il estime pouvoir dire «mission accomplie».

M. Coderre a été défait dimanche dernier par la candidate de Projet Montréal, Valérie Plante.

Il a tiré sa révérence médiatique mercredi, en rencontrant les journalistes à l’hôtel de ville de Montréal.

«J’ai Gerry Boulet dans la tête: « Pour une dernière fois, avant de m’en aller »», a-t-il dit en s’approchant du lutrin, récitant le début de la célèbre chanson québécoise.

Après avoir fait les remerciements d’usage à toute son équipe, aux employés de la Ville et à divers politiciens, le maire sortant a tracé le bilan de son mandat de quatre ans.

Il affirme avoir mis de l’ordre dans les affaires municipales et débarrassé la ville de la corruption, avoir assaini ses finances, réglé les régimes de retraite et avoir atteint «la paix syndicale». Il se félicite d’avoir obtenu de Québec des pouvoirs supplémentaires pour Montréal, avec son nouveau statut de métropole et d’avoir attiré des investisseurs pour de nombreux projets. Il se réjouit des développements au niveau des transports, notamment avec le Réseau électrique métropolitain (REM), et d’avoir réglé le dossier du prolongement de la ligne bleue du métro. Il est satisfait des nombreux chantiers qui ont permis de récupérer une partie du retard accumulé au niveau des infrastructures, même si «les cônes oranges, ce n’est pas toujours drôle».

«Montréal a donné un coup de barre important», juge-t-il.

Il a salué «son ami Régis» (Labeaume), le maire de Québec, parce que «l’un des éléments importants, c’est qu’il n’y ait plus de chicane au bout de la 20. Que Montréal et Québec se soient retrouvées».

Celui qui a passé trois décennies en politique concède que la défaite n’est pas facile, mais offre toute sa collaboration à la nouvelle mairesse et assure qu’il sera toujours là pour Montréal.

«Il est clair que ce n’est pas toujours facile de vivre une défaite, mais le peuple a toujours raison. Le peuple jugera ce qu’on a fait dans les quatre dernières années, mais j’ai vraiment le pressentiment qu’on peut dire: mission accomplie.»

Il promet d’ailleurs de tout faire pour le retour des Expos à Montréal, un projet que l’amateur de baseball en lui n’a jamais abandonné.

Il s’estime «privilégié» de s’être retrouvé dans le siège ayant été occupé dans le passé par Jean Drapeau et Camillien Houde, d’autres qui l’ont précédé à la mairie de Montréal. «Et d’avoir été un acteur du changement», a-t-il ajouté.

Le maire sortant n’était pas dans un état d’esprit d’autocritique de sa campagne électorale.

«Je ne me ferai pas du mauvais sang avec ça», a-t-il répondu lorsqu’il s’est fait demander pourquoi les Montréalais ne l’ont pas réélu.

«Les gens ont préféré passer à autre chose, c’est correct, j’ai pas de problème avec ça, mais je pense qu’on a quand même mis les jalons pour l’après.

«Il faut regarder vers l’avant», a-t-il martelé, affirmant ne pas avoir de regrets. 

M. Coderre veut prendre les prochaines semaines pour s’occuper de sa santé, lire et aller au cinéma. Il n’a pas reçu d’offre d’emploi, dit-il, ne planifie pas une autre vie en politique pour le moment et écarte d’emblée un emploi dans les médias.

Lors de l’élection de dimanche, il a obtenu 45,66 pour cent des votes alors que Valérie Plante en a récolté 51,42 pour cent.

Biographie de Denis Coderre

Il a été élu maire de Montréal le 3 novembre 2013.

Il avait auparavant été député libéral de Bourassa, une circonscription fédérale montréalaise, qu’il a représentée sans interruption durant 16 ans, de 1997 jusqu’au mois de juin 2013, quand il a annoncé qu’il quittait la politique fédérale pour se lancer dans la course à la mairie de Montréal.

Durant cette période à Ottawa, sous le premier ministre Jean Chrétien, il a occupé tour à tour les postes de secrétaire d’État au Sport amateur et ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration. Le premier ministre libéral Paul Martin le nomme ensuite président du Conseil privé de la Reine, Interlocuteur fédéral pour les Métis et les Indiens non inscrits, responsable de la Francophonie et du Bureau du Canada sur le règlement des questions des pensionnats autochtones.

Né en 1963 à Joliette, l’homme a également été conseiller spécial du premier ministre Martin pour Haïti.

Dans ses fonctions de secrétaire d’État au Sport amateur, il a contribué entre autres à l’établissement à Montréal de l’Agence mondiale antidopage.

Il avait été battu trois fois en tentant de remporter un siège au Parlement: en 1988, il est candidat libéral et perd face au candidat progressiste-conservateur Gaby Larrivée dans la circonscription électorale de Joliette. Il essaie ensuite de se faire élire en 1990 dans une élection complémentaire dans la circonscription électorale de Laurier—Sainte-Marie à Montréal, mais est battu par Gilles Duceppe, l’ancien chef du Bloc québécois, qui s’était fait élire à ce moment comme indépendant. Lors des élections générales de 1993, il se présente dans la circonscription électorale de Bourassa, mais perd face à Osvaldo Nunez, du Bloc québécois.

M. Coderre est diplômé en sciences politiques de l’Université de Montréal et détient une maîtrise en administration pour cadres de l’Université d’Ottawa.