Loi: les futurs anciens premiers ministres vont perdre des privilèges
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Loi: les futurs anciens premiers ministres vont perdre des privilèges

Les privilèges dont ils pouvaient bénéficier durant les trois années suivant leur départ de la vie politique vont donc prendre fin à l’avenir après seulement un an.

QUÉBEC — Le gouvernement Couillard a décidé de couper les vivres aux futurs ex-premiers ministres du Québec.

On cherche ainsi à éviter que leur train de vie adopté après avoir quitté la politique paraisse excessif aux yeux des contribuables, qui devront acquitter les factures.

Les privilèges dont ils pouvaient bénéficier durant les trois années suivant leur départ de la vie politique vont donc prendre fin à l’avenir après seulement un an.

Cependant, pour des questions de sécurité, la protection accordée aux ex-premiers ministres pourrait être prolongée pendant une année supplémentaire, voire plus au besoin, sur recommandation du ministère de la Sécurité publique.

La protection offerte se limitera au territoire québécois, sauf exception.

C’est là l’essentiel du projet de loi 140 déposé mardi par la ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Kathleen Weil.

La législation déposée, après au moins deux ans de cogitations, vise à mieux encadrer et uniformiser les services de transition offerts à un ancien premier ministre du Québec.

Jusqu’à maintenant, les anciens chefs du gouvernement négociaient de gré à gré une entente de services de trois ans avec l’entourage du nouvel occupant des lieux au conseil exécutif.

Désormais, «plus de gré à gré, c’est fini!», a résumé la ministre Weil, en point de presse.

Après leur départ, les ex-premiers ministres ont droit notamment à la location d’un bureau avec fournitures, à l’embauche d’un employé, à la voiture avec chauffeur faisant office aussi de garde du corps.

Dans le passé, les conditions offertes aux anciens premiers ministres ont parfois semé la controverse.

En novembre 2015, l’ex-première ministre Pauline Marois avait soulevé un tollé lorsqu’elle s’était servie de son allocation pour commander une étude à Dominique Payette sur les médias de la région de Québec. Professeure à l’Université Laval, Mme Payette avait été candidate du Parti québécois. 

Une motion avait d’ailleurs été adoptée à l’unanimité à l’époque demandant au gouvernement d’encadrer davantage ces services.

Toujours en 2015, La Presse canadienne rapportait, à la suite d’une demande d’accès à l’information, que l’ex-premier ministre Jean Charest avait facturé de grosses sommes à l’État, pour un total de 368 566 $, en additionnant les frais de transport, de location d’espaces à bureau et les contrats octroyés pour embaucher du personnel.

D’ailleurs, les dépenses facturées au gouvernement par M. Charest dépassaient, et de loin, celles effectuées par les deux derniers premiers ministres péquistes, Pauline Marois et Bernard Landry.

Le premier ministre Philippe Couillard avait réagi alors en disant qu’il avait demandé au secrétaire général du gouvernement de réévaluer les divers privilèges offerts aux anciens premiers ministres.

En parlant de ces privilèges, il avait promis «de ramener ça à un niveau plus raisonnable».