La Nouvelle-Écosse se souvient de l'«explosion de Halifax», il y a 100 ans
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La Nouvelle-Écosse se souvient de l’«explosion de Halifax», il y a 100 ans

HALIFAX — Poète, politiciens et citoyens ont tourné leurs pensées, mercredi, vers les milliers de victimes de la gigantesque explosion qui a littéralement soufflé une partie du port de Halifax il y a 100 ans.

La déflagration et l’incendie qui a suivi ont fait quelque 2000 morts et 9000 blessés. La catastrophe a été causée par la collision entre deux navires dans ce port très animé de l’Atlantique au coeur de la Première Guerre mondiale — une époque déjà funeste. L’explosion, qui a projeté des éclats de verre dans un vaste rayon, a aussi laissé plusieurs personnes aveugles.

Mercredi matin, par une froide pluie d’automne, une foule nombreuse est venue rendre hommage aux victimes, au parc commémoratif de Fort Needham, pas très loin du lieu où le navire français Mont-Blanc a explosé après une collision avec le bateau norvégien Imo. La déflagration a décimé le secteur nord de la ville ainsi qu’un village micmac situé de l’autre côté du port.

Le glas a été sonné mercredi à 9 h 04, moment précis de la déflagration initiale, et le canon de la Citadelle a retenti pour annoncer une minute de silence. George Elliott Clarke, le poète officiel de l’Assemblée législative, a évoqué les minutes qui ont pu précéder la tragédie — comme les derniers au revoir de bambins qui se rendaient à l’école en ce petit matin du 6 décembre 1917, dans le quartier de Richmond.

Le poète néo-écossais a aussi rappelé l’acte héroïque du répartiteur des chemins de fer Vince Coleman, qui a réussi à alerter par télégraphe le conducteur d’un train qui se dirigeait vers le port, inconscient de la tragédie qui se jouait là-bas. Un geste d’altruisme qui a coûté la vie au répartiteur Coleman. Son petit-fils Jim, avocat à Calgary, a rappelé mercredi dans une allocution comment plusieurs familles avaient jusqu’ici préféré tourner la page, pour ne pas ressasser des souvenirs trop douloureux.

Aujourd’hui, après 100 ans, a-t-il soutenu, il est bon de se remémorer les histoires comme celles de son grand-père Coleman.

Le maire de Halifax, Mike Savage, a aussi demandé à l’auditoire recueilli de se souvenir «de ceux qui ont vécu il y a 100 ans, de ceux qui sont morts, ceux qui ont survécu aussi, et ceux qui ont rebâti».

L’«explosion de Halifax» demeure la pire catastrophe provoquée par l’humain dans toute l’histoire du pays.