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Une vingtaine de corps policiers autochtones à risque de fermer dans 4 mois

OTTAWA — Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a tenu à rassurer les corps de police autochtones en fin de journée mercredi.

«Nous allons trouver un arrangement pour qu’il n’y ait aucune interruption de service», a-t-il affirmé en entrevue.

Une vingtaine de corps de police autochtones du Québec craignent de devoir fermer après le 31 mars 2018.

Ils dépendent du Programme des services de police des Premières Nations (PSPPN), subventionné par le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral, qui arrivera alors à échéance.

L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) a réussi à s’entendre avec le gouvernement québécois qui assume 48 pour cent des coûts, mais pas encore avec Ottawa qui finance l’autre portion.

Ces polices autochtones ne savent donc pas si elles auront l’argent nécessaire pour continuer de payer leurs agents dans quatre mois.

«Des situations d’incertitude comme celles vécues par les Premières Nations seraient inacceptables n’importe où au pays pour n’importe quelle municipalité», a dénoncé le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, lors d’une conférence de presse tenue en marge de l’assemblée extraordinaire des chefs de l’Assemblée des Premières Nations.

L’APNQL réclame un financement stable et comparable à celui des services policiers municipaux ou provinciaux pour les services policiers autochtones. Un agent autochtone gagne environ 40 000 $ de moins annuellement qu’un agent de la Sûreté du Québec et a accès à moins de ressources pour faire son travail.

«Souvent il faut se poser la question si cette année, est-ce qu’on priorise l’achat d’un deuxième véhicule ou pas, de vestes pare-balles, a donné en exemple le chef de police de Pikogan, Gerry Mapachee, qui exerce ce métier depuis 24 ans. Notre priorité, ça va être le service à la population.»

La plupart des communautés au Québec choisissent de faire des déficits pour financer adéquatement leur service de police autochtone.

Ghislain Picard demande au ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, de mettre fin à cette incertitude.

Il s’agit d’une requête «tout à fait légitime», selon le ministre Goodale qui s’engage à trouver une solution pour financer ces corps de police adéquatement et à long terme.

«Le programme n’a pas connu de hausse budgétaire depuis 2009 et je travaille très fort pour en obtenir une», a-t-il affirmé.

Il promet d’entamer les négociations avec les communautés autochtones en janvier et d’arriver à une entente «bien avant avril».

«Mon objectif est de combler autant de lacunes possibles», a-t-il signalé. M. Goodale ne s’attend pas à pouvoir régler tous les problèmes à court terme, mais il promet à long terme de trouver une formule qui assurerait la pérennité des services de police autochtones.

Le ministre n’a toutefois pas voulu dire s’il s’attendait à conclure des ententes durables avec les communautés autochtones avant la prochaine élection fédérale prévue en octobre 2019.

Le PSPPN inclut 186 ententes pour des services de police dans 455 communautés autochtones et inuites à la grandeur du pays. Ces services ont coûté 120 millions $ en 2014-2015, selon le site web de Sécurité publique Canada.