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L’opposition dénonce la prise de contrôle de la CSeries par Airbus

QUÉBEC — Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont dénoncé en choeur, mardi, la prise de contrôle de la division CSeries de Bombardier par le géant européen Airbus, tandis que le premier ministre Philippe Couillard a estimé qu’elle était devenue inévitable. Les points de vue divergeaient, au lendemain de l’annonce, qui a pris tout le monde par surprise. Chose certaine, l’impact négatif de cette transaction sera tant politique qu’économique, selon les partis d’opposition, pessimistes quant à la suite des choses. Maintenant qu’Airbus est devenu l’actionnaire majoritaire de la CSeries, le premier ministre Couillard a perdu le contrôle du «plus beau produit de génie québécois», a déploré le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée. «C’est un jour noir pour le nationalisme économique québécois», a-t-il tranché. En 2015, a rappelé M. Lisée en point de presse, lorsque le premier ministre a annoncé une prise de participation du Québec à hauteur de 1,3 milliard $ dans la CSeries, ce devait être pour que Bombardier puisse faire partie des ligues majeures, sur la scène internationale. Or, cela ne s’est pas produit, conclut-il de la transaction annoncée la veille. «Comment a-t-il pu dire oui à ça?», s’est-il interrogé, constatant que la transaction indiquait à quel point Bombardier était placé dans une situation de vulnérabilité devant les grands joueurs mondiaux de l’aéronautique. Et cette faiblesse tire son origine dans le fait que Québec a choisi de miser uniquement sur la CSeries, au lieu d’investir dans Bombardier dans son ensemble, une erreur stratégique selon le chef péquiste. Lors d’une mêlée de presse, le premier ministre n’a pas caché une certaine déception, devant la tournure des événements. «On aurait rêvé que Bombardier devienne aussi gros que Boeing, mais en pratique ça ne pouvait pas se produire», a-t-il dit, réaffirmant que toutes les décisions prises par le gouvernement dans ce dossier avaient pour but principal de maintenir les milliers d’emplois en cause au Québec. Vendredi, M. Couillard a annulé une mission prévue à Windsor et Detroit sur l’avenir du transport maritime, pour aller rencontrer une nouvelle fois les travailleurs de Bombardier à Mirabel, comme il avait fait fin septembre quand les États-Unis avaient annoncé des droits compensatoires exorbitants pour les avions de Bombardier. «C’est Airbus qui va tout décider de ce qui va arriver avec la Série C» désormais, a renchéri le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault. Lui aussi estime que le premier ministre Couillard a fait un pari risqué en investissant massivement des fonds publics dans la CSeries et il a perdu son pari, conclut M. Legault. Dans ce contexte, le maintien du siège social au Québec n’est que de la poudre aux yeux, car dorénavant «toutes les décisions importantes vont être prises par Airbus», prédit M. Legault. Le Québec vient donc de perdre encore une fois un centre de décision, le siège social de la CSeries étant promis à devenir une «coquille vide», selon lui. «C’est un jour triste pour le Québec», a ajouté M. Legault, disant souhaiter que le Vérificateur général fasse le point sur la diminution de valeur de la participation gouvernementale de 1,3 milliard $ placée dans l’aventure. Mais selon le premier ministre, les chances du Québec de récupérer son investissement sont, au contraire, meilleures qu’auparavant. M. Couillard estime que la CSeries demeure un fleuron québécois, même en appartenant à des intérêts étrangers. «Notre fleuron, notre créativité, notre génie québécois, il va voler partout dans le monde» désormais, a-t-il illustré. Le porte-parole de Québec solidaire, le député de Mercier, Amir Khadir, conclut pour sa part que la participation des Québécois sous forme d’une participation de 1,3 milliard $ servira «à subventionner des jobs d’Airbus en Alabama».

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Vallée enverra un vérificateur externe à la Commission des droits de la personne

QUÉBEC — La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, enverra un vérificateur externe à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) pour faire toute la lumière sur la crise qui secoue l’organisme. Depuis la fin août, plusieurs employés ont accusé, anonymement, la présidente Tamara Thermitus d’abus d’autorité et de mauvaise gestion. Cette dernière fait d’ailleurs l’objet d’une enquête du Protecteur du citoyen. Mardi, trois commissaires ont de plus confié à La Presse se sentir mis à l’écart depuis l’arrivée en poste de Mme Thermitus. La présidente et 11 commissaires sont nommés par l’Assemblée nationale, mais la CDPDJ est un organisme indépendant du gouvernement. «La situation actuelle fera l’objet d’une évaluation, a tranché Mme Vallée, mardi. Il est important d’aller au fond des choses, d’obtenir de la part de quelqu’un, d’un expert complètement indépendant un diagnostic.» La ministre a affirmé s’être entretenue avec Mme Thermitus mardi, et celle-ci aurait donné son aval à une vérification indépendante. «Il y a des échanges. Il y a une volonté de la présidente aussi d’aller de l’avant avec cette démarche-là», a souligné Mme Vallée. «On en est venu aux mêmes conclusions: qu’il est important d’avoir un diagnostic. Maintenant, vous dire qui sera mandaté, les recherches se font, les travaux se font actuellement pour trouver le bon expert», a-t-elle ajouté. La présidente doit se retirer, martèlent le PQ et la CAQ Les allégations sont nombreuses, selon la Coalition avenir Québec (CAQ): climat de travail malsain, atmosphère de suspicion et de terreur, intimidation et attitude méprisante de la part de la présidente, trois plaintes pour abus de pouvoir, mauvaise gestion et attitude irrespectueuse déposées au Protecteur du citoyen, détresse psychologique, souffrance, maladie et départs à répétition. Plusieurs employés ont quitté la commission depuis la nomination de la nouvelle présidente, notamment son adjoint et ses deux secrétaires de direction, a énuméré le porte-parole caquiste en matière de justice, Simon Jolin-Barrette. C’est pourquoi Mme Thermitus doit se retirer durant les enquêtes, a-t-il martelé, faisant écho aux propos de la députée péquiste Véronique Hivon. «Permettons-nous d’aller au fond des choses, de ne pas travailler exclusivement avec des bribes provenant des médias, mais d’obtenir une information éclairée, adéquate, sur la nature du malaise», a pour sa part plaidé la ministre Vallée. Par ailleurs, le Parti québécois (PQ) et la CAQ ont de nouveau demandé à ce que la consultation sur la discrimination systémique et le racisme, que mène la CDPDJ, cesse immédiatement. Le climat n’est pas assez «sobre, digne et respectueux», selon la députée du PQ, Carole Poirier.

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Agropur demande à Ottawa de défendre la gestion de l’offre comme il l’a promis

MONTRÉAL — Agropur appelle le gouvernement fédéral à respecter intégralement son engagement à défendre le système de gestion de l’offre dans le cadre de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Au lendemain de la demande des États-Unis d’abolir le système canadien de gestion de l’offre d’ici dix ans, le président de la coopérative, René Moreau, a averti mardi que «pour aucune considération» ses membres, les producteurs laitiers et les 120 000 personnes qui oeuvrent dans l’industrie laitière au Canada, «n’accepteront de devenir une monnaie d’échange dans les négociations en vue du renouvellement de l’ALÉNA». S’adressant à quelque 300 convives réunis à l’invitation du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), M. Moreau a soutenu que la fin du système de gestion de l’offre, qui régit la production laitière, des oeufs et de la volaille, aurait des conséquences potentiellement catastrophiques pour ses membres. M. Moreau a rappelé les conclusions d’une étude du Boston Consulting Group, réalisée en 2015, qui estimait que l’élimination de la gestion de l’offre se traduirait notamment par une perte de 2 milliards $ à 3,5 milliards $ pour le produit intérieur brut du Canada et mettrait à risque quelque 24 000 emplois, en plus de placer entre 6 milliards $ et 7 milliards $ de financement bancaire dans le secteur agricole à risque d’être en défaut. De plus, il affirme qu’il est illusoire de faire miroiter des baisses de prix pour les consommateurs puisque les pays ayant procédé à une forme de déréglementation de leur industrie laitière ont vu les revenus de leurs producteurs agricoles chuter sans que les prix ne connaissent de baisse significative à quelques exceptions près. L’expérience de l’Australie, dont les réformes de l’industrie agricole sont les plus près d’une véritable déréglementation, est «un échec complet», selon René Moreau. Malgré un soutien gouvernemental important (2 milliards $ AUS sur 8 ans) «l’expérience australienne s’est soldée par une baisse du nombre de fermes laitières, une baisse de la production de lait et une baisse des exportations de produits laitiers», a-t-il noté, soulignant que l’industrie laitière australienne avait subséquemment encaissé plusieurs pertes d’emplois et que, si le prix du lait était demeuré stable, les prix du beurre et du fromage avaient augmenté à un rythme supérieur à celui de l’inflation. Le système de gestion de l’offre au Canada, implanté dans les années 1970, «a donné de bons résultats non seulement pour les producteurs laitiers mais pour toute la chaîne de valeur, jusqu’au consommateur, et tout ça en maintenant un prix juste et équitable autant pour les producteurs que pour les consommateurs», a-t-il fait valoir. M. Moreau a cité le premier ministre Justin Trudeau, qui a affirmé que «tous les pays protègent pour une bonne raison leur industrie agricole» et que le système de gestion de l’offre «fonctionne très bien ici au Canada». Il a aussi rappelé que les députés fédéraux avaient adopté de façon unanime aux Communes, le 26 septembre dernier, une motion exprimant la volonté du Canada «de maintenir intégralement la gestion de l’offre dans le cadre des négociations de l’ALÉNA». Agropur, l’américaine La coopérative Agropur, fondée en 1938 à Granby en Montérégie, comptait 109 membres en 1940 et avait un chiffre d’affaires d’un peu moins de 170 000 $. Elle compte aujourd’hui 3345 producteurs laitiers répartis dans cinq provinces et son chiffre d’affaires dépasse les 6 milliards $. Sa croissance, qui s’est accélérée au cours des dernières années, en a fait le 20e transformateur mondial dans le secteur laitier. Au fil des ans, la coopérative a réalisé pas moins de 140 fusions et acquisitions et, chose peu connue dans le grand public, près de la moitié de son chiffre d’affaires est désormais réalisé au sud de la frontière. L’entreprise s’est ainsi montrée extrêmement active aux États-Unis depuis 2008 afin de survivre dans un contexte mondial de consolidation. «Nous devons le faire si nous voulons demeurer compétitifs face aux grands joueurs mondiaux et ainsi assurer la pérennité de notre entreprise. Ces multinationales ont jusqu’à quatre fois notre taille et sont très présentes sur le marché canadien», a fait valoir M. Moreau. Aujourd’hui, des 39 usines de transformation détenues par Agropur, 12 sont au Québec, 16 se trouvent ailleurs au Canada et 11 sont aux États-Unis. La coopérative emploie environ 8000 personnes, soit 3300 au Québec, 2200 dans le reste du Canada et 2500 au sud de la frontière. Avec une telle présence aux États-Unis, il serait tentant de croire qu’elle serait lentement devenue un apôtre du libre-échange sans contraintes. Un tel raisonnement ferait toutefois abstraction d’une réalité qui lui est propre, soit qu’il s’agit d’une coopérative appartenant à ses membres qui, eux, sont ici au Canada. Mais Agropur ne voit aucune contradiction ou tension interne entre ses filiales dans le système actuel. «Nous sommes convaincus que l’ALÉNA a été — et demeure — un accord bénéfique tant pour le Canada que les États-Unis», a fait savoir l’entreprise par voie de courriel à la suite de l’allocution de M. Moreau. «Le Canada est le deuxième plus important marché d’exportation des produits laitiers des États-Unis. Et les exportations des États-Unis vers le Canada ont connu une croissance stable depuis l’entrée en vigueur de l’ALÉNA», précise-t-on. Le courriel ajoute qu’«Agropur croit que ce système (ALÉNA et gestion de l’offre) procure une stabilité aux exploitants agricoles et aux transformateurs, et des prix équitables aux consommateurs, en plus de contribuer au développement économique des régions rurales canadiennes».

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Fiducie: Morneau veut réexaminer sa situation avec la commissaire à l’éthique

OTTAWA — Le ministre Bill Morneau veut être sûr que sa situation financière ne contrevient à aucune règle. Il a donc demandé une rencontre avec la commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique pour en avoir le coeur net — et pour tenter d’apaiser la tempête politique qui s’abat sur lui. Dans une lettre envoyée mardi à la commissaire Mary Dawson, celui qui est sur la sellette depuis quelques jours en raison de révélations médiatiques au sujet de sa situation financière écrit qu’il souhaite obtenir un nouvel éclairage. Car même s’il assure avoir «suivi à la lettre» les recommandations précédemment formulées par la commissaire, le ministre fédéral des Finances note que celles-ci «ont récemment fait l’objet de diverses critiques de la part du public». C’est pourquoi celui qui dirigeait la firme Morneau Shepell avant de faire le saut en politique demande à la commissaire Dawson «une nouvelle rencontre» afin de «solliciter d’autres conseils» et de discuter de ceux offerts précédemment. «Si, à la lumière de cette discussion, vous déterminez que des mesures supplémentaires s’imposent, comme une fiducie sans droit de regard, c’est avec plaisir que je me conformerai à vos nouvelles recommandations», indique le grand argentier du pays. Sans vouloir s’étendre sur les circonstances spécifiques à Bill Morneau, la commissaire Mary Dawson a confirmé mardi qu’elle avait conclu qu’il n’était pas tenu de placer ses actifs dans une fiducie sans droit de regard. «Je lui ai dit que ce n’était pas exigé (en vertu de la Loi sur les conflits d’intérêts)», a-t-elle cependant précisé en mêlée de presse à l’issue d’un témoignage devant un comité parlementaire. «Nous suivons ce qui est prévu dans la loi. La loi exige une fiducie pour les actifs contrôlés», a-t-elle souligné. Lorsqu’on lui a demandé s’il pourrait être pertinent ou nécessaire de resserrer ladite loi, Mme Dawson a répondu par l’affirmative. «Je pense que cela permettrait de ratisser plus large», a-t-elle offert. Les députés de l’opposition ont encore fait leurs choux gras de cette affaire, mardi, lors de la période de questions en Chambre. Le ministre étant absent pour une seconde journée consécutive, c’est son secrétaire parlementaire Joël Lightbound qui s’est porté à sa défense. La veille, en marge d’une annonce à Stouffville, en Ontario, Justin Trudeau a voulu décourager les journalistes de poser des questions à son ministre, allant jusqu’à exiger de l’un d’eux qu’il lui en soumette une d’abord, histoire de saisir «l’occasion de parler avec le premier ministre». Le ministre Morneau, qui a fait fortune sur Bay Street, s’est retrouvé dans l’embarras après que le Globe and Mail eut rapporté dans son édition de lundi qu’il n’avait pas placé ses actifs dans une fiducie sans droit de regard. Quelques jours auparavant, CBC révélait que l’ancien homme d’affaires avait attendu deux ans avant d’informer la commissaire Dawson qu’il était partenaire d’une compagnie qui possède et gère une villa en France. Le ministre avait déjà été ébranlé dans les semaines précédentes dans la foulée du dépôt de sa réforme fiscale pour les petites et moyennes entreprises. Face au mécontentement exprimé par des entrepreneurs et aux vigoureuses récriminations de l’opposition, il a dû reculer. Cela l’a placé dans une position politiquement fragile — si fragile qu’un journaliste lui a même demandé mardi s’il remettait en question son choix de faire le saut en politique. «Absolument pas», a tranché Bill Morneau, qui se trouvait à Montréal.

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Harcèlement sexuel: la ministre David invite les femmes à dénoncer

QUÉBEC — La culture des rapports hommes-femmes doit changer, selon la nouvelle ministre de la Condition féminine, Hélène David. Contrairement à sa prédécesseure, Lise Thériault, Mme David ne craint pas de s’afficher «clairement féministe», une prise de position qui devrait se traduire par des gestes tangibles. «Et plus je vieillis, plus je suis féministe», dit la ministre, qui se montre très inspirée par le mouvement mondial de dénonciation des agressions sexuelles qui a cours présentement sur les réseaux sociaux, autour du mot-clic #MoiAussi — #MeToo, en anglais. «C’est énorme ce qui se passe en ce moment. C’est mondial», a commenté la ministre David à ce propos, mardi, lors d’une mêlée de presse, en invitant les femmes à dénoncer publiquement tout geste répréhensible dont elles seraient victimes. Ce mouvement mondial d’indignation et de dénonciation a été amorcé récemment par de nombreuses actrices de Hollywood, déterminées à briser le silence sur les agissements déplacés du producteur Harvey Weinstein. Selon le voeu de Mme David, l’impulsion ainsi créée doit devenir «un point tournant» en vue de corriger les travers des relations hommes-femmes, dans tous les milieux. Plus particulièrement, à court terme, elle fera en sorte que les universités et les cégeps se dotent d’une politique en la matière. Ils ne seront pas obligés d’aller en ce sens, mais ceux qui ne le feront pas pourraient s’exposer à des sanctions financières. Mme David, également responsable de l’Enseignement supérieur, devrait déposer dans les prochaines semaines un projet de loi qui mijote depuis l’hiver dernier et visera à mieux prévenir et contrer les cas d’agressions sexuelles perpétrées sur les campus universitaires et collégiaux. Le projet de loi devrait par ailleurs obliger les établissements d’enseignement supérieur à compiler des statistiques sur les cas de violence à caractère sexuel survenus sur leur campus. Il faut «que la culture du viol éclate une fois pour toutes», a commenté pour sa part la députée solidaire Manon Massé, cherchant à débarrasser le Québec des «vieux mon’oncles cochons». En point de presse, elle a dit préparer un projet de motion à déposer mercredi, dans l’espoir que l’Assemblée nationale prenne position unanimement pour dénoncer toute forme de harcèlement sexuel.

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Mitch Garber: le projet de loi 62 est «raciste» et contre les femmes musulmanes

MONTRÉAL — L’homme d’affaires et ancien «dragon» Mitch Garber a livré un discours qui n’a laissé personne indifférent, mardi, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, et lors d’un point de presse qui a suivi. Neutralité religieuse Le projet de loi 62 du gouvernement Couillard sur la neutralité religieuse de l’État est «raciste» et contre les femmes musulmanes, s’est-il exclamé en anglais et en français. Il n’y est pas allé de main morte pour qualifier le projet de loi 62, qui stipule qu’un membre du personnel des organismes publics doit exercer ses fonctions à visage découvert, tout comme celui qui reçoit le service public doit avoir le visage découvert. L’homme d’affaires, qui a souligné son origine juive, s’est même dit «gêné», embarrassé, parce que les Québécois ne sont pas racistes. Après avoir dit que la Charte des valeurs du précédent gouvernement péquiste aurait été «la balle dans la tête de la croissance économique et culturelle de Montréal et du Québec», il a ajouté que «la loi 62, une version diluée, se trouve sur la table, et je suis contre, parce que c’est un projet de loi anti-femmes musulmanes qui essaie de se déguiser en autre chose». Interrogé après son allocution, il a réitéré ses propos, en ajoutant même le qualificatif de raciste. «Moi j’aime la transparence. Si c’est une loi contre les femmes musulmanes, contre le fait qu’elles couvrent leur face, dis-le et appelle-le comme il faut. Je suis contre les façons indirectes de faire des choses qui devraient être faites de façon plus transparente et directe. Je trouve que c’est une loi qui me paraît raciste aujourd’hui, de la façon dont c’est présenté et écrit», a-t-il critiqué. Salaire minimum à 15 $ Interrogé sur le salaire minimum à 15 $, l’homme d’affaires a tenu des propos nuancés. Dans son allocution, il s’était justement inquiété du fait que le revenu familial médian au Québec était le plus faible au pays et qu’il fallait trouver des moyens de le rehausser. Trop d’emplois sont peu qualifiés et faiblement rémunérés au Québec, a-t-il déploré. «J’ai plus peur du nombre d’occupations qui peuvent être remplacées par l’automatisation. Oui, le salaire minimum, c’est une chose à discuter, parce que si on a le revenu des ménages le plus bas au Canada, c’est mauvais. Et avec un taux d’emploi qui est haut, aujourd’hui, on a trop d’emplois qui sont à bas salaires. Et ce sont les premiers qui vont être remplacés par l’automatisation», a-t-il fait valoir. «Il faut discuter de beaucoup de choses en même temps: le salaire minimum, pour qu’il y ait moins de gens qui sont pauvres, ou sur le bord de la pauvreté, mais aussi sécuriser les occupations pour que ces gens-là ne perdent pas leur occupation et se retrouvent sur le chômage, parce que leur occupation a été automatisée», a ajouté le président du conseil d’administration du Cirque du Soleil. Netflix L’homme d’affaires est aussi allé à contre-courant de bien des commentaires entendus jusqu’ici au sujet de l’entente négociée par la ministre fédérale du Patrimoine, Mélanie Joly, au sujet de Netflix qui n’est pas soumis à la Taxe sur les produits et services, contrairement à ses concurrents comme Bell et Vidéotron. Cette entente n’est pas parfaite, a-t-il opiné, en ajoutant que s’il avait eu à la négocier, il aurait probablement procédé différemment. Mais il s’est empressé d’ajouter qu’«il est important d’avoir de grands noms sous contrat au Québec, au Canada, à Montréal, parce que ça attire d’autres grands noms». Et même parfois, dans de grands immeubles à bureaux, des locataires sont attirés parce que de tels grands noms viennent y élire domicile. «Netflix va attirer d’autres compagnies», a-t-il opiné. Droit de vote élargi M. Garber a également plaidé pour un élargissement du droit de vote aux élections municipales, qu’il juge trop limitatif parce que lié aux frontières de la ville. Il vit à Westmount et trouve illogique de ne pouvoir voter à Montréal, alors que Westmount y est enclavé. Il souhaiterait même que toutes les municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal puissent faire de même. «Pour moi, c’est ridicule. Est-ce que je dis que je viens de Montréal? Oui. Quand quelqu’un me demande qui est mon maire, je dis ‘c’est le maire Coderre’. Je travaille au centre-ville. Je paie la moitié de mes impôts municipaux à Montréal, la moitié à Westmount», a-t-il relevé. Il s’est dit d’avis que «ça doit prendre un très petit changement de loi provinciale» pour modifier ainsi le droit de vote.

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Un Montréalais au Pérou n’a pas donné signe vie depuis plus de deux semaines

Une Montréalaise s’est envolée pour le Pérou, mardi, dans l’espoir de retrouver son fils de 22 ans qui n’a pas donné signe de vie depuis plus de deux semaines. Alisa Clamen raconte que son fils Jesse Galganov a quitté Montréal le mois dernier pour un «périple sac à dos» de huit mois en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est. Il semble toutefois que son voyage se soit interrompu au Pérou, où on l’a vu pour la dernière fois monter dans un autobus pour une randonnée pédestre en montagne. Le jeune homme avait séjourné quelques jours dans la capitale, Lima, avant de prévenir sa mère, le 28 septembre, qu’il ne pourrait plus communiquer avec ses proches un certain temps parce qu’il partait en randonnée dans la cordillère des Andes. La randonnée dans le sentier Santa Cruz, long de 50 kilomètres, dure habituellement trois ou quatre jours, mais deux semaines plus tard, les proches du jeune homme étaient toujours sans nouvelles de lui. Au début, Mme Clamen croyait que son fils avait simplement pris son temps et savouré le moment. Mais après deux semaines, elle a commencé à s’inquiéter sérieusement, car à sa connaissance, son fils ne transportait pas de matériel pour survivre plus de 10 jours en montagne. Mme Clemen a finalement contacté l’ambassade du Canada au Pérou, son député fédéral et le Service de police de la Ville de Montréal, qui ont alerté les autorités péruviennes. Des recherches seraient en cours dans ce pays, et Mme Clemen a tenu à se rendre sur place afin de s’assurer que les efforts pour retrouver son fils soient maintenus. Elle a obtenu la confirmation que son fils était monté dans un autobus à Huaraz, mais elle ignore la suite des choses. Elle croit savoir que son garçon voyageait seul et elle soutient que ce n’est certainement pas son genre de couper tout contact avec ses proches — que ce soit sa mère ou ses amis.

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Les parents de tout-petits réclament que les municipalités les desservent mieux

MONTRÉAL — Les parents de jeunes enfants souhaiteraient que les municipalités offrent de meilleurs services à leur marmaille, indique un sondage de l’Observatoire des tout-petits, et selon la directrice de l’organisation, ces aménagements ne seraient pas très coûteux pour les avantages qu’ils procureront aux familles. «Les municipalités disposent de plusieurs leviers pour agir sur l’environnement du tout-petit, de plein d’opportunités d’influencer son développement et son bien-être», a souligné Fannie Dagenais, directrice de l’Observatoire des tout-petits, un projet de la Fondation Lucie et André Chagnon qui a pour objectif de mettre les intérêts des enfants à l’avant-plan des débats au Québec Le sondage de la firme Léger a été réalisé en septembre et en octobre, à l’aube des élections municipales, auprès de 1000 parents d’enfants âgés de 0 à 5 ans. Comme le sondage a été réalisé en ligne, la marge d’erreur ne s’applique pas. Selon l’enquête, 91 pour cent des répondants voudraient plus de services pour leurs tout-petits, dont des parcs, des activités sportives ou des événements organisés spécifiquement pour les plus jeunes. «Cette donnée exprime un réel besoin et un souhait des parents d’être soutenus pour favoriser le développement et le bien-être de leurs tout-petits», a indiqué Mme Dagenais. Les données du sondage indiquent que ce pourcentage grimpe à 94 pour cent auprès des résidants des municipalités de 100 000 habitants et plus — et auprès des femmes. Parmi les facteurs qui les pousseraient à utiliser ces services, on retrouve notamment la gratuité ou le coût abordable (75 pour cent) et l’horaire adapté aux heures de travail de parents (52 pour cent). Mme Dagenais a aussi relevé que plusieurs parents n’étaient même pas au courant de l’offre de leur ville — plus d’un sur cinq disait ignorer les services consacrés aux jeunes enfants. «Peut-être y a-t-il un travail à faire de ce côté-là pour s’assurer que l’offre soit connue et utilisée», a-t-elle suggéré. Moyens limités Fait intéressant, toutefois, les parents reconnaissent que ce sont les gouvernements provincial et fédéral qui sont les mieux outillés pour répondre à la demande. Plus d’un répondant sur deux juge que c’est le gouvernement provincial qui est le meilleur pour «améliorer le bien-être et le développement (des) enfants», alors que le quart des parents estime que c’est le gouvernement fédéral. Seulement 15 pour cent d’entre eux ont répondu que leur municipalité était mieux outillée pour satisfaire à leurs besoins. Bien qu’elles aient moins de marge de manoeuvre, Mme Dagenais croit que les municipalités peuvent améliorer leurs services aux plus jeunes sans trop de coûts. «La plupart des municipalités offrent déjà certaines activités sportives, culturelles, donc l’idée est peut-être juste de repenser l’offre, ou de la bonifier en ayant en tête les enfants âgés de 0 à 5 ans», a-t-elle précisé. Mme Dagenais souligne que les bénéfices pour les enfants en valent la chandelle. «Si on pense par exemple aux parcs, aux aires de jeu, s’ils ont été adaptés aux enfants plus jeunes, c’est certain que ça peut avoir une influence, par exemple sur le développement moteur de l’enfant», a-t-elle déclaré. «C’est d’avoir des installations qui lui permettent de bouger au quotidien, de se développer sur le plan moteur, de se développer aussi socialement. Ce sont dans ces endroits-là que des tout-petits rencontrent d’autres enfants de leur âge.»

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ALÉNA: le chapitre sur les Autochtones demeure essentiel, dit Bellegarde

OTTAWA — Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations prévient qu’un chapitre de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) sur les Autochtones ne doit pas être jeté aux oubliettes, peu importent les obstacles et les échéanciers serrés auxquels font face les négociateurs. Perry Bellegarde, qui fait aussi partie d’un comité consultatif sur les négociations, affirme à La Presse canadienne qu’il veut que les personnes impliquées comprennent l’importance d’inclure les intérêts des peuples autochtones, soulignant qu’ils ont été mis de côté lors des premières négociations de l’ALÉNA, dans les années 1990. M. Bellegarde a prononcé un discours, mardi, au Congrès national des Indiens d’Amérique, dans le Wisconsin, dans l’espoir de rallier les Premières Nations des États-Unis à sa revendication. Selon lui, il est critique que l’enjeu d’un chapitre autochtone soit soulevé avec les États-Unis et le Mexique à un moment approprié, rappelant que d’autres dossiers urgents — incluant la gestion de l’offre et les pièces d’automobiles — ont déjà été abordés. La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a demandé l’inclusion d’éléments «progressistes» dans un ALÉNA renégocié, notamment le renforcement des normes de travail et des protections environnementales, de même que des chapitres sur l’égalité des sexes et les droits des Autochtones. Ottawa a exploré la façon dont des provisions de l’accord pourraient appuyer le développement économique autochtone tout en s’assurant qu’il respecte la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.