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L’inflation canadienne a avancé à 1,5 pour cent en janvier

OTTAWA – L’inflation a pris de la vitesse en janvier, l’indice des prix à la consommation ayant atteint 1,5 pour cent comparativement à l’an dernier, son plus grand bond depuis l’été 2012. Statistique Canada a indiqué vendredi que ce gain se comparait à une hausse de 1,2 pour cent de l’indice des prix à la consommation pour décembre. L’inflation de base, telle que calculée par la Banque du Canada, a pour sa part avancé à 1,4 pour cent en janvier, après s’être établie à 1,3 pour cent en décembre. Les économistes attendaient un gain de 1,3 pour cent, tant pour l’indice des prix à la consommation que pour l’indice de base de la banque centrale, selon Thomson Reuters. Selon l’économiste en chef de RBC Gestion mondiale d’actifs, Eric Lascelles, le fait que l’inflation soit plus forte permet de faire un deuil de la faible possibilité de voir la Banque du Canada réduire ses taux d’intérêt pour stimuler la croissance. «La banque reste en position neutre depuis un certain temps, mais en exprimant son inquiétude quant à la faiblesse de l’inflation. On peut croire que cette inquiétude commence à se replier maintenant», a estimé M. Lascelles. Dans ses plus récentes prévisions, la Banque du Canada a dit s’attendre à ce que l’inflation reste en deçà de sa cible de deux pour cent pendant environ deux ans, ce qui fait craindre à certains observateurs que l’économie sera trop faible pour faire grimper les prix. «Les inquiétudes au sujet de la faiblesse de l’inflation commencent peut-être à s’atténuer. Elles ne sont pas complètement parties, mais elles commencent à s’atténuer et notre hypothèse de travail veut que l’inflation ait probablement plus d’espace pour grimper», a poursuivi M. Lascelles. La hausse de l’inflation survient alors même que Statistique Canada indique que les ventes au détail ont plus reculé que prévu en décembre. Les ventes au détail ont chuté de 1,8 pour cent par rapport au mois de novembre pour s’établir à 40,2 milliards $, les tempêtes hivernales ayant convaincu certains consommateurs de rester à la maison. Neuf des onze sous-secteurs étudiés par Statistique Canada ont montré des reculs. La baisse la plus importante au chapitre de la valeur en dollar a été celle des véhicules automobiles et de leurs pièces, qui ont cédé 3,2 pour cent, les ventes des concessionnaires de véhicules neufs ayant diminué de 3,6 pour cent. En excluant les ventes d’automobiles, les ventes au détail ont reculé de 1,4 pour cent. «Le déclin des ventes est conforme avec le principe, et certains indicateurs, voulant que le mois de décembre ait été faible en ce qui a trait à l’activité économique», a noté l’économiste Connor McDonald, de la Banque TD. L’institution financière a noté que les ventes au détail devraient commencer à prendre du mieux avec le dégel printanier et, même si le niveau d’endettement reste un facteur limitatif, les dépenses des consommateurs devraient rester un catalyseur clé pour l’économie. Sept des huit principales composantes de l’indice des prix à la consommation ont progressé par rapport à l’an dernier. En plus des coûts du logement, qui ont progressé de 2,1 pour cent par rapport à l’an dernier, ceux du transport ont avancé de 2,0 pour cent et ceux des aliments, de 1,1 pour cent. En excluant les prix de l’énergie et des aliments, l’indice des prix à la consommation a avancé de 1,2 pour cent comparativement à l’an dernier. La hausse des prix de l’électricité, de 4,7 pour cent par rapport à l’an dernier, a contribué à la progression des coûts du logement, tandis que les loyers ont avancé de 1,6 pour cent et que les coûts d’assurance habitation et hypothécaire ont pris 5,4 pour cent. Les coûts d’intérêt hypothécaires ont chuté de 0,6 pour cent en un an, leur plus petit recul depuis mai 2012. Une hausse de 4,6 pour cent des prix de l’essence a contribué à la croissance des coûts du transport. Les prix des aliments ont avancé de 1,1 pour cent — ceux vendus en magasins ont vu leurs prix prendre 1,0 pour cent tandis que les mets vendus au restaurant ont progressé de 1,3 pour cent. La composante des soins de santé et des soins personnels a été la seule à reculer, avec une diminution de 0,2 pour cent par rapport à l’an dernier. Du côté des provinces, le rythme de l’inflation s’est accéléré dans six provinces par rapport à décembre. L’inflation de l’Alberta s’est établie à 2,7 pour cent, alors qu’elle était de 2,1 pour cent en décembre. La hausse des prix a ralenti au Nouveau-Brunswick, où l’inflation s’est fixée à 1,6 pour cent le mois dernier, contre 1,9 pour cent en décembre. En Colombie-Britannique, l’indice des prix à la consommation n’a pas bougé sur une base annuelle pour un deuxième mois consécutif.

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La CSN déplore l’annonce de compressions imposées au casino de Montréal

MONTRÉAL – La Société des casinos confirme que des compressions de personnel sont à venir au casino de Montréal et probablement aussi à celui du Lac Leamy. L’employeur refuse cependant de confirmer le chiffre avancé par la CSN, qui parle d’une réduction d’heures totalisant l’équivalent de 123 postes à temps plein au casino de Montréal, qui emploie environ 2800 personnes. Le porte-parole de la Société, Patrick Howe, affirme qu’il est prématuré d’avancer de tels chiffres. «On ne peut pas confirmer les chiffres avancés par le syndicat parce qu’on fait cet exercice avec eux en ce moment et c’est avec eux qu’on va regarder comment va s’articuler cette réduction des heures, a-t-il indiqué. Certains employés réguliers vont devenir occasionnels. On confirme qu’il y aura quand même des mises à pied, mais on ne peut vous dire à ce moment-ci combien.» Le président du Syndicat des employés de la Société des casinos (CSN), Stéphane Larouche, précise pour sa part que toutes les accréditations syndicales du casino seront touchées et prévient que le nombre d’emplois précaires sera en nette progression et que les compressions affecteront surtout le service direct aux clients. «Le casino n’est pas à l’écoute de sa clientèle», a affirmé Stéphane Larouche, selon qui les personnes plus âgées sont négligées par les dirigeants du casino. M. Howe explique que les casinos sont confrontés à une baisse de l’investissement des citoyens dans l’industrie du divertissement à travers le Canada, un ralentissement qui touche également les restaurants, les cinémas, salles de spectacle et autres, et que la concurrence est plus féroce que jamais tant par d’autres casinos que par le jeu en ligne. «Ça nous oblige à revoir nos façons de faire, à revoir nos horaires en fonction de l’achalandage prévu, mais également ça nous oblige à nous redéfinir et à nous réinventer. (…) Ça veut dire introduire des nouveaux jeux et s’adapter aux demandes de la clientèle. Par exemple, on introduit davantage de jeux électroniques, ce qui veut dire qu’il y aura moins de postes aux tables de jeux traditionnels mais il faudra d’autres postes pour les jeux électroniques», a expliqué le gestionnaire. Selon la CSN, les syndicats des trois autres casinos de Loto-Québec craignent également des mauvaises nouvelles prochainement. Bien que le même exercice de révision des horaires soit effectivement en cours dans tous les établissements, Patrick Howe précise toutefois qu’à ceux de Charlevoix et de Mont-Tremblant, le travail de réduction des heures en vue d’atteindre la rentabilité a déjà été complété et que la révision des horaires dans ces établissements ne devrait pas mener à des compressions de personnel. Les syndiqués, eux, estiment qu’ils font les frais d’une gestion déficiente et de risques mal calculés qui visent à compenser de récentes pertes de revenus et à répondre aux exigences de dividendes supplémentaires du gouvernement Marois. « Le ministre (Nicolas) Marceau exige des revenus supplémentaires à Loto-Québec, mais il y a un coût humain à ça», a déploré Stéphane Larouche.

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L’UNICEF a besoin de 2,2 milliards $ US pour apporter de l’aide humanitaire

TORONTO – L’UNICEF lance un appel pour venir en aide aux populations qui sont victimes de crises humanitaires dans le monde. L’agence de l’ONU demande ainsi près de 2,2 milliards $ US pour apporter une aide essentielle à 85 millions de personnes, dont 59 millions d’enfants. Ces personnes vivent dans une cinquantaine de pays touchés par un conflit, une catastrophe naturelle ou une situation d’urgence. En Syrie et aux alentours, l’UNICEF dit avoir besoin de 835 millions $ US pour de la vaccination, de l’eau, de l’assainissement, de l’éducation et de la protection. Dans son rapport d’action humanitaire pour cette année, l’UNICEF attire également l’attention sur la République centrafricaine où 2,3 millions d’enfants ont besoin de protection. Parmi les crises humanitaires citées figurent la malnutrition qui sévit au Sahel, le manque d’eau potable et d’assainissement adéquat au Yémen, le choléra en Haïti, la recrudescence des attaques contre les enfants en Afghanistan et la sécheresse en Angola.

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Agressions à l’arme blanche et à l’arme à feu vendredi à Montréal: 3 blessés

MONTRÉAL – Trois hommes ont été blessés en début de nuit, vendredi, probablement lors d’un même événement survenu dans un restaurant du nord de Montréal. Il semble que les blessures subies par ces trois personnes ne mettent pas leur vie en danger. Vers 00h45, un homme âgé dans la cinquantaine a essuyé un coup de feu au haut du corps tandis qu’un autre a été frappé de coups de couteau à la tête dans le restaurant de cuisine japonaise situé sur la rue Jean-Talon Est, dans l’arrondissement Saint-Léonard. Les deux hommes ont été transportés à l’hôpital. Une trentaine de minutes plus tard, vers 1h15, les enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont été informés qu’un homme blessé par un projectile d’arme à feu venait d’être admis dans un hôpital. La police croit possible que les trois personnes aient été blessées lors du même événement. Cependant, personne n’a encore été arrêté. Il semble que plusieurs clients étaient au restaurant lorsque les agressions se sont produites; ils seront rencontrés par les policiers.

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Affaire Dziekanski: nouvelles accusations de parjure contre deux policiers

VANCOUVER – De nouvelles mises en accusation ont été déposées contre deux policiers de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), qui auraient menti lors de leur témoignage devant la commission d’enquête sur la mort de Robert Dziekanski en prétendant ne pas avoir discuté de ce qui s’était passé après le décès de l’immigrant polonais. M. Dziekanski arrivait de Pologne et se trouvait à l’aéroport de Vancouver lorsqu’il est décédé, en octobre 2007, des suites de plusieurs décharges d’un pistolet Taser administrés par des agents de la GRC. Les quatre policiers impliqués dans l’intervention ont été accusés de parjure. L’un d’entre eux, Bill Bentley, a déjà été jugé et acquitté. La Couronne souhaite par ailleurs faire appel de ce jugement, mais on ignore encore si la Cour d’appel de la Colombie-Britannique acceptera d’entendre l’affaire. Le procès de l’agent Kwesi Millington commencera en mars tandis que ceux de l’ex-caporal Benjamin Robinson et de Gerry Rundel auront lieu plus tard cette année. La Couronne a rempli des mises en accusations amendées la semaine dernière contre MM. Millington et Robinson. Les documents, qui contiennent des allégations non prouvées en cour, détaillent les circonstances précises de leur témoignage devant la commission d’enquête publique en 2009. La ressemblance avec les documents d’accusations précédents est très forte, à l’exception d’une nouvelle allégation selon laquelle les deux hommes auraient menti lorsqu’ils ont affirmé ne pas avoir parlé de l’affaire en détails au lendemain de la mort de Robert Dziekanski. Les quatre policiers de la GRC s’étaient rendus à l’aéroport de Vancouver après avoir été avisés qu’un homme jetait des objets au sol dans le terminal des arrivées internationales. Quelques secondes après son arrivée, l’agent Millington avait immobilisé M. Dziekanski avec son pistolet Taser en tirant à plusieurs reprises. La victime, qui ne parlait pas l’anglais, était décédée sur les lieux.

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Un homme met le feu à plusieurs voitures de police à Ahuntsic

MONTRÉAL – Un poste de police montréalais a été le théâtre d’un incident, jeudi soir, alors qu’un individu a mis le feu à plusieurs voitures de police. Le suspect, un homme âgé de 26 ans, s’est introduit dans le stationnement du poste de police 27, dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, où il a incendié au moins deux véhicules. Avant de pouvoir prendre la fuite, il a été intercepté par des policiers et arrêté, a confirmé le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Dany Richer. Le SPVM n’a pas voulu préciser de quelle manière l’individu s’y était pris pour commettre son méfait. Les voitures ont subi des dommages importants et une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de l’événement.

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M. Obama a fait peu de cas du sommet des «Trois amigos», selon des observateurs

TOLUCA, Mexique – Entre l’atterrissage et le décollage de son avion, le président américain Barack Obama aura passé environ huit heures en sol mexicain pour le sommet des «Trois amigos». En excluant les déplacements, les réunions privées bilatérales, les brefs discours à une audience de gens d’affaires et les prises de photos, environ 90 minutes ont été consacrées, mercredi, à une véritable rencontre à trois entre M. Obama, le premier ministre Stephen Harper et leur hôte, le président mexicain Enrique Pena Nieto. M. Harper a passé pour sa part près de trois journées complètes au Mexique, incluant une rencontre en tête à tête avec le président mexicain. Pour certains, cela reflète l’attitude de Barack Obama à l’égard des sommets des dirigeants nord-américains en général et la raison pour laquelle le club des «Trois amigos» a subi un tel déclin: le président Obama n’y voit que peu d’intérêt. «Son passage éclair à ce sommet envoie le message clair qu’en ce qui a trait à l’Amérique du Nord, le Canada et le Mexique sont des danseurs sans partenaire», a déclaré Fen Hampson du Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale, à Waterloo, en Ontario. Carlos Gutierrez, un ancien secrétaire au Commerce pour George W. Bush et un homme d’affaires ayant oeuvré dans les trois pays au sein du secteur privé et dans le cadre d’initiatives gouvernementales des «Trois amigos», a participé au sommet de 2005 sur le ranch de M. Bush à Crawford, au Texas. Il a soutenu qu’il y régnait beaucoup d’optimisme, un sentiment qui a éventuellement été balayé par la politique. Les objectifs étaient modestes, mais malgré tout, ils ont suscité des mises en garde excessives au sujet de présumés stratagèmes pour une nouvelle devise commune et d’une possible perte de souveraineté, s’est rappelé M. Gutierrez. «Ils avaient même un nom pour (cette devise): l’amero», a-t-il indiqué. Avec les élections de mi-mandat aux États-Unis qui approchent, Barack Obama a aussi d’autres préoccupations en sol américain. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), dont le 20e anniversaire a été souligné à Toluca, ne sera pas un atout pour recueillir des votes, a avancé M. Hampson. «L’ALÉNA n’a jamais été populaire auprès de la base démocrate et est généralement perçu comme un facteur de pertes d’emploi, plutôt que de gains, a-t-il fait valoir. Plusieurs démocrates livrent une dure bataille en prévision des prochaines élections au Congrès et M. Obama a plus à perdre qu’à gagner en se montrant trop amical avec les deux autres amigos.»

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Politique

Marois et Blanchet forcés de comparaître en commission parlementaire

QUEBEC – La première ministre Pauline Marois et son mari Claude Blanchet devront témoigner en commission parlementaire au sujet d’un mystérieux investissement du Fonds de solidarité FTQ dans une société que dirigeait M. Blanchet il y a plusieurs années. La motion caquiste et libérale visant à faire comparaître le couple a été adoptée jeudi à l’Assemblée nationale par 60 voix contre 52, avec une abstention, celle de la députée de Gouin et coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David. M. Blanchet et Mme Marois auront droit chacun à un exposé d’une durée maximale de 15 minutes devant la commission des finances publiques. Les deux principaux partis d’opposition espèrent braquer les projecteurs sur une entente présumée liant M. Blanchet, la FTQ et la chef péquiste, évoquée dans des écoutes téléphoniques et divulguée à la commission Charbonneau. L’audience d’une durée de six heures portera sur l’investissement d’un peu moins de 3 millions $ du Fonds de solidarité dans la société Capital BLF en juillet 2008. L’opposition cherchera notamment à savoir comment le Fonds de solidarité a pu payer des actions de cette société à un prix trois fois supérieur à celui qu’avait déboursé M. Blanchet. En principe, la comparution doit avoir lieu après la relâche parlementaire dans deux semaines et le rapport de la commission est attendu au plus tard le 18 mars. Le déclenchement possible des élections dans la semaine du 10 mars épargnerait cependant le couple Marois-Blanchet de cet exercice de reddition de comptes.

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Un projet de loi pour remettre sur les rails les régimes de retraite municipaux

QUEBEC – À quelques semaines du déclenchement probable des élections, le gouvernement Marois a déposé jeudi son projet de loi pour remettre sur les rails les régimes de retraite muncipaux. Présenté par la ministre du Travail, Agnès Maltais, le projet de loi 79 prévoit une période de 18 mois à compter de juillet prochain pour prendre les mesures nécessaires à la survie des régimes de retraite à prestations déterminées. Tous les régimes de retraite avec un taux de capitalisation inférieur à 85 pour cent au 31 décembre 2013 devront obligatoirement être restructurés, tout comme ceux qui offrent une subvention pour retraite anticipée avant l’âge de 55 ans. Des négociations entre employeurs et travailleurs pourront s’étendre sur une période de six mois. À défaut d’un accord, le ministère du Travail nommera un conciliateur pour une autre période de six mois. Si aucune entente n’est conclue à l’issue de cet exercice, la Commission des relations du travail disposera encore de six mois pour rendre une décision «exécutoire et sans appel», a expliqué la ministre Maltais en point de presse. Le projet de loi obligera tous les régimes à intégrer un partage des coûts à parts égales entre employés et employeurs et prévoit le financement d’une provision pour mettre les régimes à l’abri des coups durs. Les économies réalisées au terme du processus devront être utilisées exclusivement pour assainir la situation financière des régimes et en assurer la stabilité. Désormais, toute bonification à un régime de retraite devra être pleinement capitalisée. La rente normale ou de base des retraités sera protégée mais le projet de loi permettra aux parties d’aborder, par la négociation, la question épineuse du partage des déficits passés. «Ce projet de loi est une première à plusieurs égards, il permet exceptionnellement aux parties de revenir dans le passé pour corriger une situation intenable, tout en protégeant la rente de base des retraités. Il donne une période maximale de 18 mois pour en arriver à une solution», a déclaré la ministre. Le projet de loi 79 risque de se retrouver sur les tablettes avec le déclenchement d’une nouvelle campagne électorale d’ici quelques semaines tout au plus. Mais l’engagement du gouvernement de mener le processus à terme est indéfectible, a insisté Mme Maltais. «Je travaille à ce projet de loi depuis un an et demi. J’y crois profondément. Je pense qu’il est bien bâti et que, élection ou pas, on va se rendre à l’adoption pour le mois de juin», a-t-elle dit. Porte-parole de l’opposition officielle en matière de régime de retraite, le député libéral Henri-François Gautrin a déploré le dépôt aussi tardif de ce projet de loi attendu par le monde municipal. «On est un peu malheureux qu’il n’ait pas été déposé plus tôt parce qu’il y a un risque, si jamais il y a une élection, que ce projet de loi ne sera pas débattu comme tel», a-t-il soulevé. Pour le reste, notamment en regard des délais, l’opposition est assez satisfaite. «Les délais sont raisonnables. À mon sens, six mois pour la négociation, six mois pour l’arbitrage, et six mois pour la commission, on règle ça en un a et demi. C’est important de le régler dans ces délais-là», a noté M. Gautrin.

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Budget: l’absence de mesures concrètes pour générer des revenus inquiète

QUÉBEC – Il est très difficile de savoir précisément quels moyens le gouvernement Marois mettra de l’avant afin de générer davantage de revenus au cours des prochaines années, estiment les différents intervenants ayant commenté le budget du ministre des Finances, Nicolas Marceau, déposé jeudi. M. Marceau dit avoir déposé un budget «responsable» et «dont le Québec avait besoin», qui comporte entre autres des compressions budgétaires, une révision des services et programmes offerts à la population ainsi qu’une hausse des tarifs de garderies. «Ça prenait un budget pour parler de revenus afin de faire croître l’économie, mais il (le budget) repose plutôt sur un faible taux de croissance des dépenses (de deux pour cent en moyenne)», a déploré la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot. Selon elle, un taux de croissance moyen limité à deux pour cent ne représente qu’une invitation aux compressions. «C’est impossible de faire face aux défis de demain avec un taux de croissance comme celui-là», a-t-elle dit. Le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, y est allé du même constat. «On annonce déjà un cadre financier très limité, a-t-il souligné. Il n’y a pas de propositions pour débattre de pistes afin de trouver de nouveaux revenus dans le futur.» De son côté, le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval, s’est montré satisfait de la volonté du ministre Marceau de contrôler les dépenses, mais s’est demandé comment ce dernier serait en mesure d’y arriver. «Il y a beaucoup de points d’interrogation puisque les crédits (des différents ministères) n’ont pas été dévoilés, a-t-il souligné. Je me demande où sont les possibilités du gouvernement pour qu’il puisse atteindre ses cibles, d’autant plus qu’il a bénéficié de transferts fédéraux pour son budget actuel.» Le président du CPQ estime que le contexte électoral qui plane à l’Assemblée nationale explique en partie ce manque de détails dans le budget du ministre Marceau. «On veut ménager la chèvre et le choux, ce qui fait en sorte que nous n’avons pas d’engagements fermes comme on devrait en avoir. Pour le futur du Québec, nous sommes pourtant rendus dans la prise de décisions plutôt que de continuer à réfléchir sur certains enjeux», a-t-il dit. M. Dorval a néanmoins salué la volonté du gouvernement Marois de revoir le mode de financement du réseau de la santé par le biais d’un rapport d’experts. «L’important, c’est d’être informé sur le dossier et en ce sens le rapport est intéressant, a indiqué le président du CPQ. Il faudra repenser le financement de la santé et envisager la participation du privé dans le réseau, nous n’aurons pas le choix. Il faut considérer de nouvelles dynamiques.» L’absence de moyens concrets afin de générer des revenus inquiète également la vice-présidence de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), Martine Hébert, qui s’attendait toutefois à ce genre de situation. «Le gouvernement Marois a dévoilé beaucoup de politiques en plus d’effectuer énormément d’annonces à l’automne, on ne pouvait pas nécessairement s’attendre à quelque chose de grandiose et de nouveau dans ce budget», a-t-elle dit. Le possible déclenchement d’un scrutin a également été évoqué par le premier vice-président du Syndicat de la fonction publique du Québec, Christian Daigle, qui a qualifié le budget du ministre Marceau «d’électoraliste». «Il n’y a pas de ventilation en ce qui a trait aux crédits, alors pour nous c’est sûr que c’est un peu fade comme exercice», a-t-il dit. M. Daigle estime que le gouvernement Marois désire parfaire son image en évoquant la négociation des prochains contrats de travail avec les quelque 430 000 employés de l’État en 2015. «C’est un message qui est un clip pour les prochaines élections, a-t-il souligné. Il (le gouvernement) veut se donner une bonne image pour montrer qu’il peut contrôler les dépenses ainsi que les négociations (avec ses employés).» Note to readers: Au 5e par., bien lire «Confédération des syndicats nationaux». Dans la version précédente, nous avions écrit «Centrale des syndicats nationaux».

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Le ministre Marceau revoit à la hausse ses prévisions de croissance économique

QUÉBEC – Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, revoit à la hausse ses prévisions de croissance économique par rapport à sa mise à jour de novembre dernier, en raison d’une fin d’année 2013 «plus robuste que prévu». Ainsi, le gouvernement Marois entrevoit maintenant une croissance de 1,9 pour cent du produit intérieur brut pour chacune des années 2014 et 2015, ce qui représente une révision à la hausse de 0,1 point de pourcentage par rapport à ses prévisions de novembre. Cette prévision demeure inférieure à la moyenne des économistes du secteur privé, qui anticipent une croissance de 1,9 pour cent pour le Québec en 2014 et de 2,1 pour cent en 2015. Pour l’année 2013 qui a pris fin, le ministre Marceau estime que la croissance s’est établie à 1,2 pour cent, soit une performance sensiblement supérieure à sa prévision de 0,9 pour cent faite en novembre. Selon le gouvernement, une progression plus soutenue des exportations, attribuable principalement à la vigueur de l’économie américaine au deuxième semestre de 2013, a permis à l’économie québécoise de faire mieux que prévu. Malgré cette embellie, la faiblesse de l’inflation ainsi que la réticence des ménages québécois à dépenser ont fait en sorte que les revenus budgétaires ont été inférieurs de 125 millions $ par rapport aux prévisions de novembre dernier. Les revenus tirés des taxes à la consommation ont notamment été inférieurs de 73 millions $ par rapport aux prévisions précédentes. De même, le gouvernement a engrangé 130 millions $ de moins que prévu en impôts des sociétés, ce qui a été en partie compensé par des revenus supérieurs de 125 millions $ provenant de l’impôt des particuliers, toujours par rapport aux prévisions de la mise à jour économique de novembre 2013. Le gouvernement prévoit que la vigueur accrue de l’économie au cours des prochaines années aura pour effet de faire grimper graduellement le taux annuel d’inflation, le faisant passer de 0,9 pour cent à 1,2 pour cent en 2014 puis 1,8 pour cent en 2015. Cette situation devrait permettre de relancer la croissance des revenus tirés des taxes à la consommation.