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Le gouvernement fédéral affiche un déficit en recul en août, à 2,3 milliards $

OTTAWA – Les mesures agressives de réductions des coûts mises en place ces dernières années par le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, continuent d’apporter leurs dividendes aux résultats budgétaires du gouvernement, montre le plus récent rapport du ministère des Finances. Le gouvernement fédéral a annoncé vendredi qu’il avait enregistré un déficit de 2,3 milliards $ en août, une amélioration par rapport à celui de 3 milliards $ affiché lors du même mois de l’année précédente. Le gouvernement a précisé que le facteur clé de cette amélioration a été des économies de 759 millions $ dans les dépenses de programmes. Pour les cinq premiers mois de l’exercice annuel, le gouvernement est à environ 400 millions $ en avance sur le rythme de réduction du déficit de l’année précédente. Le ministère des Finances a indiqué que le déficit pour les cinq premiers mois de l’exercice 2013-2014 se situe désormais à 6,8 milliards $, en légère baisse par rapport à celui de 7,2 milliards $ affiché un an plus tôt. Ottawa a dévoilé plus tôt cette semaine que son déficit pour tout l’exercice 2012-2013 s’était établi à 18,9 milliards $, soit environ 7 milliards $ de moins que ce qui avait été projeté dans le budget de mars — un résultat également attribué aux économies dans les dépenses de programmes. Il s’agit de la portion du budget sur laquelle Ottawa a le plus de contrôle. Ottawa s’était fixé une cible de 5,2 milliards $ en réductions des dépenses annoncée en 2012, incluant un gel des budgets de fonctionnement et des coupes d’environ 19 000 postes dans la fonction publique. Pour ces cinq mois, les dépenses de programmes ont été en hausse d’environ 1,9 pour cent. «Le gouvernement demeure en voie d’équilibrer son budget en 2015», a écrit le ministère, ajoutant qu’il mettra à jour ses projections plus tard cet automne, probablement à la mi-novembre. Selon cette tendance, le gouvernement fédéral semble également en voie d’améliorer sa cible d’un déficit de 18,7 milliards $ pour le présent exercice annuel. Le bureau du Directeur parlementaire du budget doit aussi livrer, ce lundi, une nouvelle mise à jour de la situation financière du gouvernement fédéral.

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Greenpeace: Alexandre Paul, arrêté et détenu, en Russie écrit une lettre

MONTRÉAL – Le militant montréalais de Greenpeace Alexandre Paul, accusé de hooliganisme et incarcéré depuis presque cinq semaines en Russie, a écrit une lettre décrivant les conditions de sa détention, et demande l’aide du public. Dans une lettre écrite à la main en anglais et rendue publique vendredi par l’organisme environnemental, Alexandre Paul affirme être tenu à l’écart des 29 autres militants de Greenpeace aussi arrêtés lors d’une expédition de l’Arctic Sunrise, le 18 septembre. Les écologistes voulaient escalader une plateforme de forage de Gazprom dans l’Arctique russe pour attirer l’attention sur les risques environnementaux du forage dans cette région. Un autre Canadien, Paul Ruzycki, de Port Colborne, en Ontario, a lui aussi été arrêté après avoir pris part à l’expédition. Alexandre Paul, âgé de 35 ans, mentionne également que l’hiver s’installe en Russie mais que l’organisation leur a envoyé, à lui et ses camarades, des vêtements et de la nourriture. Il dit se sentir un peu seul et précise qu’il partage une cellule avec un autre prisonnier qui ne parle pas l’anglais. «Comme je suis Canadien, vous ne devriez pas vous inquiéter pour moi, mais ayez une pensée pour mes collègues du Brésil, (du sud) de l’Italie, de l’Argentine et de la Turquie. Ils doivent avoir froid.» Le Montréalais dit également espérer que les Canadiens prendront la parole pour dénoncer la détention des 30 militants de Greenpeace, que ce soit en signant des pétitions ou en contactant des députés fédéraux. Le militant, qui travaille pour Greenpeace depuis près de 15 ans, affirme que leur arrestation est à la fois «injuste et illégale». Il demande aussi aux partisans du mouvement d’écrire aux ambassades russes à travers le monde. «Dites-leur que cet emprisonnement est injuste et illégal», a dit M. Paul. «Dites-leur que nous ne sommes pas des pirates.» Selon lui, peu importe ce que les gens décident de faire, ils devraient le faire pacifiquement. «Nous n’avons rien contre la Russie; en fait, nous avons fait cela pour eux et pour leurs enfants», écrit-il. Le gouvernement péquiste a demandé à Ottawa d’agir dans ce dossier. Le ministre des Relations internationales Jean-François Lisée réclame la clémence pour Alexandre Paul. Vendredi, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Canada, Beatrice Fenelon, affirme que le gouvernement est limité dans les informations pouvant être divulguées sur les deux Canadiens. «Nous sommes au courant de la situation impliquant deux Canadiens à Mourmansk, en Russie, écrit-elle par courriel. Des services consulaires sont offerts aux deux citoyens canadiens, tel que requis.» Alexandre Paul a dit qu’il demeurerait optimiste. «Je vais faire ma part, je resterai solide, je ne perdrai pas espoir. Je garderai la foi. Pour un monde meilleur.» L’Arctic Sunrise a été arraisonné par les autorités russes après un coup d’éclat des militants écologistes contre une plateforme de forage de l’entreprise russe Gazprom, non loin du cercle polaire. Les 30 militants, qui avaient d’abord été accusés de piraterie, sont désormais sous le coup d’accusations — moins graves — de hooliganisme. Ils pourraient, s’ils sont reconnus coupables, écoper une peine d’emprisonnement maximale de sept ans, au lieu de 15 pour la piraterie. Greenpeace nie que ses militants aient fait quoi que ce soit de mal, et soutient que de telles accusations sont tout simplement disproportionnées.

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Terroriste présumé: le certificat de sécurité de Mohamed Mahjoub est maintenu

TORONTO – Un juge de la Cour fédérale a finalement maintenu, vendredi, le certificat de sécurité imposé à un Égyptien qui vit détenu ou en résidence surveillée au Canada depuis 13 ans. Le magistrat Edmond Blanchard a par ailleurs estimé que le gouvernement avait violé le droit à un procès juste et équitable de Mohamed Mahjoub, âgé de 53 ans. Mais au-delà de cette déclaration, le juge n’a pas voulu assouplir les dispositions du certificat de sécurité. «À l’exception de cette déclaration, aucun autre relâchement n’est offert pour les violations», a-t-il écrit. Le juge Blanchard n’a pas donné de raison pour expliquer sa décision, le temps que celle-ci soit évaluée afin de s’assurer qu’elle ne contienne pas de révélations pouvant mettre en danger la sécurité nationale. M. Mahjoub n’était pas en mesure de commenter la décision vendredi, mais le jugement a choqué son avocat, Yavar Hameed. «Cela n’a pas de sens», a-t-il dit, quelques minutes après l’annonce du jugement. «Une violation du droit à un procès juste et équitable et l’abus de procédure sont des situations graves, et le fait que cela n’ait pas mené à une suspension des procédures ou à tout autre assouplissement est très surprenant.» Les partisans de M. Mahjoub ont immédiatement appelé à la tenue d’un rassemblement devant la Cour fédérale pour manifester leur incrédulité. Victoria Barnett, du Justice for Mahjoub Network, affirme que le juge Blanchard a «renvoyé la balle». «La Cour fédérale avait l’occasion de faire le bon geste, aujourd’hui», a-t-elle dit. «Plus personne n’appuie ce système, désormais.» Mohamed Mahjoub, un Torontois père de trois enfants, lutte contre les allégations du gouvernement selon lesquelles il était un membre important d’un groupe terroriste égyptien qui pourrait n’avoir jamais existé, appelé «l’Avant-garde de la Conquête». Il a également travaillé à un projet agricole au Soudan dirigé par Oussama Ben Laden, le leader d’Al-Qaïda, au début des années 1990. Ses avocats maintiennent qu’il s’agissait alors d’une entreprise légitime. L’homme a été arrêté la première fois en 2000 sous prétexte qu’il était une menace terroriste et s’est vu imposer un certificat de sécurité, qui permet une détention illimitée sans accusation ni procès. Le Canada a tenté de le déporter en Égypte, mais les tribunaux s’y sont opposés, arguant qu’il risquerait d’y être torturé. Après des années d’audiences, il est apparu que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) avait détruit les enregistrements originaux utilisés pour déterminer que M. Mahjoub représentait une menace. De plus, le service de renseignement a admis que les agences étrangères ayant fourni des informations au Canada étaient associées à la pratique de la torture, mais que le SCRS n’avait fait aucune tentative pour exclure ces informations. Des responsables de la sécurité ont également reconnu avoir écouté à plusieurs reprises les appels entre M. Mahjoub et ses avocats, en violation du sacro-saint principe de confidentialité entre un avocat et son client. Me Hameed dit espérer que les raisons écrites du juge viendront clarifier la contradiction apparente dans la décision du juge. «Le fait que la cour ait reconnu l’existence de l’abus est important, mais notre vision a été et demeure toujours que l’ampleur des abus dans cette affaire est sans précédent», a-t-il déclaré. «Je ne connais pas d’autres cas de certificat de sécurité, ou toute autre affaire qui concernerait des abus d’une ampleur équivalente à ce que nous avons constaté dans ce dossier.» L’avocat a précisé qu’il avait l’intention d’aller en appel, mais les fondements juridiques pour construire son dossier dépendront des raisons du juge. M. Mahjoub est arrivé au Canada en 1996 et a été accepté comme réfugié. Il a été arrêté en juin 2000. Relâché en 2007 sous de strictes conditions de résidence surveillée, il a plutôt choisi de retourner en prison deux ans plus tard, afin d’éviter de soumettre sa famille aux restrictions. En 2008, la Cour suprême du Canada a jugé que le régime des certificats de sécurité était inconstitutionnel, mais le gouvernement a amendé la loi et imposé de nouveau un certificat à M. Mahjoub et à quatre autres étrangers de confession musulmane. Mohamed Mahjoub a finalement été libéré en novembre 2009, encore une fois sous des conditions strictes. Depuis, les tribunaux ont substantiellement allégé les restrictions qui le visent.

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La CAQ mise sur une équipe de pub imbattable pour former un gouvernement majoritaire

QUÉBEC – Malmenée dans les sondages, la Coalition avenir Québec (CAQ) mise toutefois sur une équipe «imbattable» en publicité pour former un gouvernement majoritaire à l’issue d’un éventuel scrutin cet automne. Mieux financé qu’à la dernière campagne électorale, le parti a pu embaucher des spécialistes, «parmi les meilleurs créateurs de publicités», selon François Legault, qui compte aussi sur son programme pour remonter dans la faveur populaire. Il n’a pas été possible toutefois de connaître le nom de l’agence de publicité qui s’occupe de la campagne de la CAQ. Le porte-parole du chef caquiste, Jean François Del Torchio, n’a pas voulu dévoiler le nom de l’entreprise choisie, et a dit ne pas être au courant du contenu de la campagne. «J’ai très hâte de montrer notre publicité, je pense que ça va frapper l’imaginaire, ça va surprendre et ça va se distinguer de ce qu’offrent les deux vieux partis (le PQ et le PLQ)», a assuré le chef caquiste dans une entrevue vendredi. À l’aune de sa longue expérience dans l’entreprise privée, notamment à titre de grand patron d’Air Transat, il a dit que son équipe de publicitaires est «imbattable». «Ça va décoller», a-t-il lancé avec humour, en référence à la compagnie aérienne qu’il a contribué à fonder et qu’il a dirigée. «Je suis très fier, (ce sont) des gens qui ont gagné des prix pour les meilleures pubs au Québec, donc on est très avancé.» Même si la CAQ peine à récolter des dons provenant du financement populaire, elle bénéficie de la nouvelle formule de financement public des partis par l’État. Ses coffres sont donc mieux garnis qu’au début de sa première campagne électorale en 2012, ce qui lui permet d’investir davantage en publicité, a expliqué M. Legault. Ainsi outillé, en plus de son programme axé entre autres sur le Projet Saint-Laurent et sa révision de la fiscalité des familles, François Legault soutient demeurer «très optimiste»: il entend former le prochain gouvernement, en dépit des résultats anémiques de la CAQ dans les récentes enquêtes d’opinion, troisième et en baisse. «Moi, je vise sincèrement un gouvernement majoritaire de la Coalition avenir Québec.» Il a rappelé que son parti avait gagné neuf points à l’issue de la campagne électorale en 2012 par rapport aux résultats des sondages. La CAQ a par ailleurs accéléré ses préparatifs électoraux, entre autres la sélection des candidats. François Legault a assuré que son équipes de candidats se compare à celle de 2012, et même qu’il y a une «petite amélioration». «Il y a des candidats qui s’ajoutent, de très grande qualité», a-t-il fait valoir. Il a déjà désigné 90 candidats sur les 125 nécessaires pour couvrir tout le territoire du Québec. Les 35 manquants seront retenus au cours des prochains jours. «Je suis en train de finaliser les entrevues», a-t-il précisé. La Coalition avenir Québec tiendra par ailleurs lundi un caucus spécial à Lac-Mégantic, pour avancer dans ses préparatifs électoraux. Le parti veut ainsi encourager la communauté méganticoise affectée par la catastrophe ferroviaire de juillet et garder l’attention du Québec sur la reconstruction qui reste à faire, a dit M. Legault.

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Le gouvernement de l’Ontario alloue plus de fonds à la protection des animaux

TORONTO – Queen’s Park a annoncé une enveloppe de 5,5 millions $ par année pour renforcer l’application des lois protégeant le bien-être des animaux, forcer la fermeture d’usines à chiots et chatons et améliorer les soins apportés aux mammifères marins de l’Ontario, a annoncé le gouvernement provincial, vendredi. La ministre de la Sécurité communautaire de l’Ontario, Madeleine Meilleur, a précisé que des inspections seraient effectuées régulièrement dans les zoos et aquariums de la province afin de vérifier la sécurité et la santé des animaux en captivité. Lors d’un point de presse devant le zoo High Park de Toronto, la ministre Meilleur a indiqué que le financement annuel serait versé à la Société de prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de l’Ontario pour l’aider à assurer la protection des animaux. Elle a indiqué que le gouvernement ontarien avait trouvé plusieurs solutions pour aider les inspecteurs de la SPCA à mieux répondre aux plaintes, notamment par la mise sur pied d’un guichet unique de services permettant aux agents de répondre à des appels rapportant des cas d’abus partout dans la province. Une escouade d’enquêteurs spéciaux sera également créée afin de retracer les usines de chiots et de chatons en Ontario, tandis que des équipes de la SPCA inspecteront les zoos et aquariums de la province à raison de deux fois par année. Le directeur administratif d’Aquariums et zoos accrédités du Canada, Massimo Bergamini, a déclaré qu’il s’agissait d’une «bonne première étape» mais que ce n’était pas suffisant. Il a souligné qu’il y avait d’autres problématiques, dont la sécurité publique, qui devraient être abordées. Selon M. Bergamini, il importe d’instaurer une certaine cohésion au chapitre de la présence d’animaux exotiques en Ontario. M. Bergamini a appelé à l’adoption d’une nouvelle loi et d’un cadre réglementaire pour remplacer la «mosaïque» de règles municipales sur le contrôle des animaux. Selon les chiffres du gouvernement provincial, l’Ontario compte plus de 60 zoos et aquariums, soit davantage que n’importe quelle autre province canadienne.

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La police de Québec enquête sur un corps découvert dans un boisé de Beauport

QUÉBEC – Un corps a été découvert vendredi après-midi sur un terrain boisé situé derrière une résidence de la rue Bertrand, dans l’arrondissement Beauport, à Québec. C’est un travailleur d’une entreprise d’excavation qui remarqué la présence de restes humains, après s’être aventuré dans le boisé. Le travailleur a fait cette macabre découverte tout à fait par hasard. Aucun contrat d’excavation n’était en cours à cet endroit. Le Service de police de la Ville de Québec a confirmé qu’un corps entier était dissimulé sous les feuilles tombées durant l’automne. En raison de l’état de décomposition avancé, les policiers n’ont pas voulu s’avancer sur le temps écoulé entre la mort et la découverte du cadavre, ni dire s’il s’agit d’un homme, d’une femme ou d’un enfant. Des expertises seront menées par l’identité judiciaire. Le secteur a aussi été parcouru par un maître-chien. Un périmètre de sécurité a été érigé pour protéger la scène et la police traite l’affaire comme une mort suspecte.

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Les appels de Stephen Harper n’auraient pas été mis sur écoute par la NSA

OTTAWA – L’Agence américaine de sécurité nationale espionne peut-être bien des dizaines de premiers ministres et présidents à travers le monde, mais il est peu probable que la NSA ait épié les appels de Stephen Harper, estime un expert. Le professeur Wesley Wark, invité à l’université d’Ottawa, a rappelé que le Canada fait partie du Groupe des cinq («Five Eyes»), dont les membres se sont entendus pour ne pas s’espionner entre eux. Le Groupe des cinq est composé du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Ces pays échangent des informations depuis des décennies déjà et leurs agences de renseignement collaborent étroitement entre elles. Par ailleurs, le style de travail du premier ministre Harper, dicté par le contrôle et la discrétion, en fait une cible peu intéressante pour les espions américains, a jugé M. Wark. Citant des documents transmis par l’ex-analyste du renseignement américain Edward Snowden, le quotidien britannique The Guardian a récemment écrit que la NSA avait obtenu les numéros de téléphone de 35 dirigeants mondiaux — grâce à un représentant d’une autre agence gouvernementale des États-Unis —, et qu’elle les avait tous mis sur écoute. Le Centre de la sécurité des télécommunications Canada a rappelé quant à lui que le Groupe des cinq ne ciblait pas les ressortissants de ses pays membres.

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Le PQ agit de façon perverse en bafouant des institutions, selon Pierre Paradis

QUÉBEC – Le gouvernement péquiste agit de façon «très perverse» en bafouant des institutions comme le vérificateur général et l’Assemblée nationale. L’opposition a ainsi dénoncé, vendredi, les manoeuvres du Parti québécois (PQ) notamment pour ne pas soumettre à l’examen du vérificateur général la mise à jour économique à venir du ministère des Finances. Les libéraux et les caquistes se sont ligués en Chambre contre le PQ pour faire adopter une motion mandatant le vérificateur général afin qu’il valide les chiffres du gouvernement. Mais, dans une lettre, le ministère des Finances a refusé de voir le vérificateur se pencher sur les données, sinon sur les méthodes utilisées pour y arriver. En outre, le gouvernement a aussi refusé une demande de la commission des Finances publiques de l’Assemblée nationale et pilotée par la Coalition avenir Québec (CAQ), qui visait à obtenir des mises à jour mensuelles des états financiers de plus d’une soixantaine d’organismes publics, qui n’apparaissent pas dans le bilan gouvernemental. Selon le porte-parole libéral en matière de Finances, Pierre Paradis, le gouvernement fait ainsi de «l’obstruction systématique» à l’égard des institutions. Celui qui compte parmi les vétérans parlementaires a affirmé qu’il n’a jamais vu ça dans l’histoire récente. Cette obstruction a quelque chose de «pervers», en raison du danger qu’elle représente pour la démocratie. «À partir du moment où le gouvernement ne respecte plus l’institution qu’est le vérificateur général, ne respecte plus l’institution qu’est l’Assemblée nationale, on a un problème fondamental de démocratie, a-t-il déclaré dans une entrevue téléphonique vendredi. Si on ne prend pas fait et cause pour ces organismes, c’est qu’on se fout du peuple. C’est très pervers. J’ai déjà vu des déviances, mais je n’ai jamais vu de l’obstruction systématique à l’encontre des institutions.» Il a rappelé que Pauline Marois s’était engagée lors de la dernière campagne électorale à fournir un portrait impartial des finances publiques un mois avant la tenue du prochain scrutin. «C’est un gouvernement irrespectueux des institutions, des engagements de la première ministre, et des contribuables.» Pour sa part, le chef de la CAQ, François Legault, a abondé dans le même sens. Il est évident que Pauline Marois «veut cacher» les résultats financiers du gouvernement avant de partir en campagne électorale, a-t-il affirmé dans un entretien téléphonique vendredi. «Le PQ va payer pour ça, elle (Pauline Marois) va payer un prix politique, elle avait fait des promesses claires à la dernière campagne électorale», a-t-il dit. Le Parti québécois «bafoue complètement» le rôle confié au vérificateur général par l’Assemblée nationale à l’unanimité, a estimé le chef caquiste. Il ne reconnaît plus le parti respectueux des institutions pour lequel il a autrefois milité, a-t-il conclu. Le gouvernement soutient pour sa part qu’il n’est pas du ressort du vérificateur général d’examiner des prévisions économiques, mais plutôt des états financiers. Il pourra donc plutôt se pencher sur les procédés retenus par le ministère des Finances pour établir sa mise à jour, a indiqué la porte-parole du ministre des Finances, Mélanie Malenfant. Enfin, il serait impossible de fournir des données financières mensuelles des 62 organismes publics hors du budget du gouvernement québécois, étant donné la somme de travail considérable que cela exigerait de chacun des organismes, a plaidé Mme Malenfant.

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Débrayage de durée indéterminée dans 14 réserves fauniques du Québec

MONTRÉAL – Les quelque 300 travailleurs de 14 réserves fauniques de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) déclencheront la grève à compter de samedi. Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) a fait savoir, vendredi, qu’il s’agissait d’une grève d’une durée indéterminée. Les réserves fauniques touchées sont celles d’Anticosti, Ashuapmushuan, Chic-Chocs, Laurentides, La Vérendrye, Mastigouche, Matane, Papineau-Labelle, Port-Cartier—Sept-Îles, Port-Daniel, Portneuf, Rimouski, Rouge-Matawin et Saint-Maurice. Mais du côté patronal, on assure que les services aux clients seront assurés malgré la grève. «Les établissements demeurent ouverts malgré la grève, donc toutes les réservations d’hébergement seront honorées et les forfaits de chasse, ainsi que la chasse quotidienne, vont se dérouler normalement», a indiqué en entrevue la responsable des communications à la SÉPAQ, Lucie Bouliane. «On va être en mesure d’accueillir les chasseurs ce week-end normalement.» Le 12 octobre, une journée de grève avait été tenue dans 22 parcs nationaux du Québec, touchant d’autres membres du même syndicat. Le litige porte principalement sur les salaires, a précisé en entrevue Lucie Martineau, présidente générale du SFPQ. Il y a eu deux ententes de principe, la première rejetée par les délégués du conseil de négociation, la seconde rejetée par les membres. Après ce dernier rejet, le syndicat a sondé de nouveau son conseil de négociation, formé d’un délégué par établissement de l’unité d’accréditation. «On leur a dit: « Qu’est-ce que ça prend (pour que les offres soient acceptées)? ». Ils nous ont dit clairement: « C’est le salaire, tout le reste est correct, on ne veut pas vous revoir tant que vous n’avez pas deux pour cent par année »», a rapporté Mme Martineau. Mais les offres patronales, dit-elle, sont loin d’atteindre ce qui est souhaité par les membres. «Ils voudraient bien mettre les mêmes augmentations que le secteur public, c’est ça qu’ils cherchent à faire. Sauf que ce ne sont pas les mêmes conventions. Ils n’ont pas de sécurité d’emploi, ces gens-là. Ils ont des salaires beaucoup moindres. Quand le réseau de la SÉPAQ est sorti du ministère des Loisirs, Chasse et Pêche, qui aujourd’hui est le ministère des Ressources naturelles, il y a eu des baisses de salaire. Ils ont perdu beaucoup d’avantages qu’ils avaient», a relaté Mme Martineau. Les employés touchés sont guides de chasse, magasiniers, aides à la cuisine, serveurs, agents de bureau, nettoyeurs-laveurs et conducteurs de véhicules, par exemple. Le salaire moyen de ces employés est de 14 $ l’heure, selon Mme Martineau. Et il s’agit souvent d’emplois saisonniers. «Sur une période de 10 ans, soit de 2001 à 2011, les revenus de la SÉPAQ ont plus que doublé: ils sont passé de 60 millions $ à 126 millions», affirme Mme Martineau, qui dit tirer ces données du rapport annuel. «Là, vous n’allez pas me dire qu’ils ne sont pas capables de donner deux pour cent à leurs employés», s’est-elle exclamée. La partie patronale a bon espoir que les négociations se poursuivent avec le syndicat. «On attend un retour du syndicat. Nous, on a démontré notre intérêt à retourner à la table de négociation», a indiqué Mme Bouliane. Dans les parcs nationaux, il restait 650 employés lors de la journée de grève du 12 octobre. Au plus fort de la saison, le nombre d’employés peut atteindre 2400, a noté la syndicaliste.

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Une lettre de menaces vise les dirigeants syndicaux des cols bleus de Québec

QUÉBEC – Le Service de police de Québec (SPVQ) a ouvert une enquête sur des menaces proférées à l’endroit de dirigeants syndicaux et d’employés municipaux de la Ville de Québec. Une lettre signée par «l’Association des payeur de taxes de la Ville de Québec» (sic), contenant plusieurs fautes d’orthographe grossières, affirme entre autres que l’«équipe de baseball» de ladite association a répertorié les noms et adresses de chefs syndicaux, d’employés municipaux, de leurs épouses, de leurs enfants et de leurs écoles et qu’il ne lui reste plus qu’à déterminer le lieu et le moment de la «partie de bâton de baseball». La police de Québec prend l’affaire au sérieux et cherche à retracer le ou les auteurs de la missive, qui a été expédiée à un quotidien de la Vieille Capitale. Les auteurs de la lettre s’exposent à des accusations d’avoir proféré des menaces, une offense passible de cinq ans d’emprisonnement. De son côté, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les cols bleus de la Ville de Québec, a émis un communiqué faisant état de sa volonté de collaborer avec la police de Québec. Tout en disant ne pas vouloir faire de commentaires, le SCFP déplore «le ton belliqueux utilisé pendant la campagne électorale à l’encontre des employés de la Ville.» Les négociations entre la Ville et ses employés sont extrêmement tendues depuis l’échéance de leur convention collective, en décembre 2010. Le SCFP reproche au maire Régis Labeaume de constamment jeter de l’huile sur le feu en s’en prenant aux employés municipaux et en utilisant ceux-ci pour se faire du capital politique.