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Récompense promise: une ligne téléphonique pour dénoncer les fraudeurs du fisc

VANCOUVER – Tel que promis dans son dernier budget, le gouvernement fédéral a mis en place une ligne téléphonique pour faciliter la dénonciation des gros fraudeurs de l’impôt. Le délateur qui signalera des évasions fiscales à l’étranger de plus de 100 000 $ pourra mettre la main sur une partie du magot qu’il aura ainsi aidé à récupérer. Il ne touchera toutefois pas un cent, évidemment, s’il s’avérait qu’il a lui-même fait partie du stratagème pour tromper le fisc. La ministre du Revenu, Kerry-Lynne Findlay, a expliqué qu’une enveloppe de 30 millions $ sur cinq ans serait consacrée aux efforts de lutte contre la fraude fiscale au Canada et à l’étranger. À l’heure où le gouvernement fédéral tente d’atteindre l’équilibre budgétaire, les conservateurs se montrent enthousiastes à l’idée de récupérer des sommes d’argent qui sont dues à Ottawa. La répression contre les fraudeurs du fisc, qui vise à ramener au pays des centaines de millions de dollars, était l’un des éléments clés du budget fédéral de l’an dernier. «Notre gouvernement est déterminé à combattre l’évasion fiscale et l’évitement fiscal abusif internationaux dans le cadre de ses efforts visant à protéger les importantes ressources sur lesquelles comptent les Canadiens pour appuyer les investissements dans les écoles, les hôpitaux et autres services essentiels du gouvernement», a indiqué la ministre Findlay dans un communiqué. «Cacher des revenus et des biens à l’étranger afin d’éviter l’impôt est une infraction qui nuit à l’intégrité et à l’équité du régime fiscal canadien.» Les Canadiens ont l’obligation légale de déclarer tout actif à l’étranger dont la valeur dépasse 100 000 $, selon l’Agence du revenu du Canada. Le gouvernement conservateur souhaite renforcer ces règles de sorte que tout transfert électronique de fonds supérieurs à 10 000 $ soit aussi déclaré.

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Des dirigeants de pétrolières se portent à la défense de leur industrie

TORONTO – Les dirigeants de deux des plus importants acteurs de l’industrie pétrolière au pays affirment que les Canadiens devraient être outrés des critiques dirigées contre les sables bitumineux. Les accusations lancées par les groupes écologistes et les vedettes hollywoodiennes n’ont aucun fondement et font la une des journaux même si elles sont fausses, a soutenu mercredi le président et chef de la direction de Cenovus. Lors d’un forum organisé par le Canadian Club de Toronto, mercredi, Brian Ferguson a indiqué que l’industrie du pétrole était un important employeur au pays, et que l’exploitation des sables bitumineux était menée de façon responsable. Le président-directeur général de TransCanada, Russ Girling, lui a fait écho lors du même forum, en affirmant que plusieurs des critiques adressées à l’industrie sont «fantaisistes et inexactes». La direction de TransCanada attend toujours, plus de cinq ans après avoir déposé la première demande de permis, le feu vert de Washington pour la construction de la partie nord de son projet d’oléoduc Keystone, évalué à 5,4 milliards $ US. Les commentaires des deux dirigeants font suite aux déclarations incendiaires du populaire chanteur canadien Neil Young, dont la sortie dimanche dernier contre l’exploitation des sables bitumineux a fouetté l’enthousiasme des opposants de cette industrie. En point de presse dimanche, le chanteur folk rock a comparé le paysage de la zone industrielle de Fort McMurray à la désolation d’Hiroshima au Japon après l’explosion de la bombe atomique en 1945. Neil Young a dit être «embarrassé» par ce gouvernement canadien qui brade, selon lui, son intégrité. Il a aussi accusé les politiciens de violer les traités conclus avec les Autochtones et de piller les ressources naturelles du pays. Le chanteur a répété ses accusations lundi, après qu’un porte-parole du premier ministre Stephen Harper eut répondu à ses attaques en rappelant que les ressources naturelles du Canada occupent une large part de l’économie nationale. Mercredi, le ministre fédéral des Ressources naturelles, Joe Oliver, a déclaré ne pas être impressionné outre mesure par les propos de Neil Young. «Sa comparaison entre Fort McMurray et Hiroshima est aussi inadéquate qu’elle est insultante pour les victimes, et je pense vraiment que cela a miné sa crédibilité», a affirmé M. Oliver, qui se trouve actuellement en Inde dans le cadre d’une mission commerciale. «Je déplore simplement qu’il se serve de sa célébrité pour mettre de l’avant des politiques qui pourraient en fait nuire aux gens qu’il dit vouloir aider», a-t-il écrit dans un courriel envoyé depuis Bombay.

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La cause de Sonia Blanchette, accusée d’avoir tué ses enfants, reprend en avril

DRUMMONDVILLE, Qc – La cause d’une mère de Drummondville accusée d’avoir tué ses trois enfants reprendra le 9 avril. Sonia Blanchette a comparu, mercredi, à Drummondville, avant que ne soient ajournées les procédures. La juge Marie-Josée Ménard avait conclu fin octobre que la femme de Drummondville devait être citée à son procès devant jury sous trois chefs de meurtres prémédités. Les enfants — Lorélie Desautels, âgée de cinq ans, Loïc Desautels, âgé de quatre ans, et Anaïs Blanchette, âgée de deux ans — ont été retrouvés morts dans l’appartement de l’accusée le 2 décembre 2012. Le coroner a déterminé que les deux plus jeunes enfants ont été noyés, tandis que la plus âgée a été étranglée et noyée. Sonia Blanchette demeure détenue jusqu’à la conclusion de son procès devant jury.

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Des bornes de paiement des parcomètres de Montréal ciblées par des fraudeurs

MONTRÉAL – Des bornes de paiement pour parcomètres de la ville de Montréal ont été la cible de fraudeurs et six personnes ont été arrêtées en lien avec un réseau structuré. Le service de police de Montréal estime que plus de 100 personnes ont été victimes de ce réseau qui installait des dispositifs sur les bornes de stationnement afin de lire et capter les informations des cartes bancaires. L’enquête a débuté à l’automne 2013 à la suite d’informations du public et mercredi matin, quatre perquisitions ont été menées à Montréal et deux autres sur le territoire de Laval en lien avec ces fraudes de cartes bancaires. Trois personnes ont été arrêtées lors de ces frappes et trois véhicules ont été saisis. Plus tard dans la journée, des policiers en patrouille ont arrêté trois autres personnes à l’angle des rues Peel et Maisonneuve à Montréal. Ces individus avaient installé un dispositif sur une borne de stationnement et un appareil qui servait à faire des copies des informations captées a été trouvé dans un véhicule saisi sur place. La police invite les utilisateurs de cartes bancaires à faire des vérifications régulières de leurs relevés et d’être vigilants lorsqu’ils utilisent des appareils bancaires afin de déceler des anomalies ou des signes d’altérations.

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D’autres Canadiens pourraient se battre outre-mer, craint le ministre John Baird

OTTAWA – Des informations faisant état de la mort d’un Canadien, converti à la religion musulmane et qui combattait avec al-Qaïda en Syrie, ont incité le service de renseignements du pays à avertir, mercredi, que d’autres extrémistes d’origine canadienne préparaient à s’engager dans des guerres saintes outre-mer. Le ministère des Affaires étrangères se penche sur des informations de sources médiatiques selon lesquelles Mustafa al-Gharib, un homme âgé de 22 ans né Damian Clairmont en Nouvelle-Écosse, a été tué par des forces lors de violents combats dans la ville assiégée d’Alep. Il aurait été tué par des forces de l’Armée syrienne libre (ASL) lorsque des combattants opposés au régime du président Bachar el-Assad lors de luttes intestines sanglantes. Des informations circulent à l’effet que M. al-Gharib a quitté Calgary en 2012 pour se joindre à la myriade de groupes qui tentent, depuis bientôt trois ans, de déloger M. el-Assad du pouvoir. De passage à Washington, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a fait savoir que ses responsables étaient au courant de la nouvelle faisant état du décès de M. al-Gharib. Il a cependant ajouté qu’il ne pourrait être qu’un parmi plusieurs Canadiens à prendre part à des combats outre-mer. «Je n’ai pas de faits précis, (mais) nous ne serions pas surpris d’apprendre qu’il y a probablement plus d’un Canadien se battant avec l’opposition, a confié M. Baird. Nous sommes à l’écoute des informations qui ont circulé aujourd’hui, et nous continuerons de les suivre d’aussi près que possible.» Selon Tahera Mufti, porte-parole du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), l’auto-radicalisation — particulièrement celle parmi les gens prenant la route de la guerre civile en Syrie — demeure une importante source d’inquiétude pour le service de renseignement. «Je peux dire que le phénomène des Canadiens prenant part à des activités extrémistes outre-mer est sérieux, et la Syrie est devenue une destination d’importance pour de telles personnes, a-t-elle déclaré. Des dizaines de Canadiens auraient voyagé, ou envisagent de voyager, dans des régions du monde où ils peuvent s’engager dans des activités terroristes.» Les premières nouvelles selon lesquelles M. al-Gharib, connu dans les cercles militants sous le nom de Abu Talha al-Canadi, ont d’abord apparu sur Twitter mardi matin, par l’entremise d’un combattant djihadiste d’origine américaine qui, semble-t-il, le connaissait personnellement. Dans son gazouillis, il a écrit que «Abu Talha al-Canada avait été exécuté par l’ASL». Un autre message liait M. al-Gharib aux groupe rebelle État islamique en Irak et au Levant (EIIL), une organisation militante qualifiée de pure et dure qui livre des combats en Irak et en Syrie. Mais d’autres médias associaient plutôt M. al-Gharib au Front al-Nosra, un groupe distinct et nébuleux. Les deux organisations sont classées comme groupes terroristes, et seraient liées à al-Qaïda. Une source rebelle en Syrie, qui s’est confiée sous le sceau de l’anonymat par crainte pour sa sécurité, a confié que M. al-Gharib a été tué lors «d’une attaque surprise à sa base» et prétend que les combattants étrangers sont maintenant ciblés de façon aléatoire par d’autres forces rebelles, en plus de celles fidèles à Bachar el-Assad.

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Sables bitumineux: le premier ministre Brad Wall répond à Neil Young

REGINA – Comparer l’exploitation des sables bitumineux à la catastrophe nucléaire d’Hiroshima, comme l’a fait ce week-end le chanteur canadien Neil Young, témoigne d’une insensibilité et d’une ignorance des faits, a affirmé mercredi le premier ministre de la Saskatchewan. Selon Brad Wall, Neil Young a perdu beaucoup de sa crédibilité en établissant une telle comparaison avant de monter sur scène à Toronto pour un concert, dimanche. En point de presse, le chanteur folk rock avait comparé le paysage de la zone industrielle de Fort McMurray à la désolation d’Hiroshima au Japon après l’explosion de la bombe atomique en 1945. M. Wall a fait part de son désaccord avec le portrait de l’industrie des sables bitumineux que brosse le chanteur, mais il a précisé que le Canada est un pays libre où tous sont invités à exprimer leurs opinions. S’il a reconnu que le pays pourrait en faire davantage pour mieux protéger l’environnement, le premier ministre Wall a affirmé que le bilan du Canada était plus reluisant que n’importe quel autre État exportateur de pétrole du monde. Neil Young effectue une tournée de quatre villes canadiennes — dont Regina, en Saskatchewan — afin d’amasser des fonds pour une communauté autochtone de l’Alberta située non loin d’un site d’exploitation de sables bitumineux.

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Les libéraux fédéraux devraient débattre de prostitution au congrès à Montréal

OTTAWA – D’abord, ce fut la marijuana; cette fois, il est question de prostitution. Les libéraux fédéraux ont fait figure de pionniers, lors de leur plus récent conseil national, devenant le premier parti fédéral à appuyer la légalisation, la réglementation et la taxation de la marijuana. Certains militants du PLC veulent maintenant que le parti adopte la même approche libérale face aux travailleuses du sexe. Des militants de Colombie-Britannique proposent une résolution, pour le prochain congrès national du Parti libéral du Canada, qui prévoirait que les travailleuses du sexe puissent légalement conduire des affaires «rentables et sécuritaires», et faire en sorte de protéger employés, employeurs et clients, en plus de taxer ces services comme «n’importe quelle autre entreprise». La résolution a été initiée l’an dernier par l’aile jeunesse du PLC de Colombie-Britannique, et a été adoptée ensuite par l’aile provinciale du parti dans la liste des 10 résolutions prioritaires qu’elle voudrait voir débattues au congrès national, le mois prochain à Montréal. Il n’est pas certain que la résolution fasse ultimement l’objet d’un vote sur le parquet du congrès, mais elle sera à tout le moins débattue en atelier. Il sera cependant intéressant de voir comment elle sera accueillie par les militants libéraux, depuis que la Cour suprême a invalidé le mois dernier la loi canadienne sur la prostitution — un développement que les auteurs de la résolution n’avaient pas prévu. Le plus haut tribunal a déterminé que l’interdiction des maisons closes, de la sollicitation de rue et du fait de vivre des fruits de la prostitution impose des conditions dangereuses aux prostituées, et viole ainsi leurs droits à la vie, à la liberté et à la sécurité. La Cour suprême a accordé un an au Parlement pour adopter une nouvelle loi qui respecterait la Charte des droits et libertés. Mais illustrant à quel point une telle décision serait risquée politiquement, le ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, n’a pas tardé à profiter de l’existence même de cette résolution pour accuser les libéraux de vouloir compromettre la sécurité des Canadiens. «Je ne crois pas que ce soit la bonne chose à faire pour le gouvernement de faciliter un accès accru aux drogues et au commerce du sexe pour les Canadiens — particulièrement pas pour nos citoyens les plus vulnérables, nos enfants», a dit M. MacKay par communiqué. Le gouvernement du premier ministre Stephen Harper avait déjà signifié sa volonté de s’assurer que la prostitution demeure régie par les lois criminelles, possiblement en adoptant un modèle en place dans les pays nordiques, qui prévoit des sanctions contre les clients plutôt que contre les prostituées. «Il s’agit d’un modèle sur lequel nous nous penchons», a confirmé mercredi M. MacKay. Le chef du PLC, Justin Trudeau, n’a pas encore précisé ses vues sur la question, et les jeunes libéraux de la Colombie-Britannique espèrent que les débats sur la résolution le mois prochain l’aideront à forger son opinion. «Je crois qu’il est bon pour nous de continuer à être audacieux», a dit Justin Kaiser, président des Jeunes Libéraux de la Colombie-Britannique, lors de l’adoption de la résolution, et désormais candidat à la présidence nationale des Jeunes du PLC. «Je crois que les jeunes libéraux ont toujours poussé le parti à faire preuve d’audace.» Effectivement, le soutien officiel du PLC au mariage entre personnes de même sexe et à la légalisation de la marijuana peut être attribué à la pression exercée par les jeunes libéraux. M. Trudeau, qui avait d’abord favorisé l’approche plus restreinte de décriminalisation de la marijuana, a éventuellement embrassé la position officielle du parti sur la question, et, en tant que chef, s’est fait un grand défenseur de la légalisation. Et certains de ses arguments en ce sens — soit que la guerre contre les drogues a échoué et a contribué à constituer un marché criminel souterrain — pourraient tout autant s’appliquer à la guerre contre la prostitution, comme le fait valoir la résolution. Néanmoins, la prostitution est un enjeu qui polarise davantage que celui de la marijuana, suscitant des questions sur la moralité et l’exploitation des femmes. Et il pourrait ainsi représenter un risque politique beaucoup plus grand pour M. Trudeau que l’appui à la légalisation de la marijuana, qui lui doit déjà des attaques des conservateurs sur son manque de fermeté à l’égard de la loi et l’ordre. La méfiance du chef libéral sur la prostitution — il n’a encore rien dit sur la décision de la Cour suprême — donne une indication claire sur sa propre évaluation des risques. Son bureau a joué de prudence en réponse à la résolution des libéraux en Colombie-Britannique. «Ce que la Cour suprême a dit à l’unanimité est que nos lois n’en font pas assez pour protéger certaines des personnes les plus vulnérables de notre société», a affirmé la porte-parole de M. Trudeau, Kate Purchase, dans un courriel. «Ultimement, le gouvernement doit répondre de manière à prendre en compte tant la sécurité de la communauté que la sécurité et la santé de tous ceux impliqués dans le commerce du sexe.»

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Charte: le PLQ fait une énième volte-face sur le port du tchador

QUÉBEC – Le Parti libéral du Québec (PLQ) effectue une énième volte-face depuis l’automne sur le port du tchador, ce grand voile noir qui crée visiblement un malaise au sein des troupes de Philippe Couillard. Après deux mois de tergiversations, les libéraux ont annoncé mercredi qu’ils s’opposeront à ce qu’une enseignante ou une éducatrice en garderie puisse porter le tchador. Ils ont aussi réitéré qu’une femme recouverte du voile intégral _ répandu en Arabie saoudite et en Iran _ ne pourra se porter candidate libérale. «On considère que la demande d’une enseignante qui voudrait porter le tchador serait déraisonnable et ne serait pas acceptée», a déclaré le député libéral Marc Tanguay, ajoutant qu’il en irait de même pour une éducatrice en service de garde. Mais le port du tchador ne serait pas interdit pour tous les employés de l’État. Sous la gouverne libérale, chaque demande serait évaluée «au cas par cas», a précisé M. Tanguay, porte-parole du PLQ en matière de laïcité. «C’est du cas par cas, selon le poste que le fonctionnaire occupe. Ça a toujours été notre position. Le PQ, c’est l’interdiction mur à mur. Pour nous, c’est du cas par cas», a-t-il soulevé, en marge de la commission parlementaire sur le projet de loi 60 qui institue la charte des valeurs. Cette nouvelle position du PLQ sur les signes religieux a fait réagir le ministre des Institutions démocratiques et responsable de la charte des valeurs, Bernard Drainville. Selon lui, l’opposition libérale nage en pleine incohérence. «Ça va être quoi la balise? Qu’est-ce qui va faire qu’une fonctionnaire X va pouvoir porter le tchador et que l’autre à côté ne pourra pas le porter? Même chose pour les infirmières, même chose pour les policières. Leur position n’a pas de maudit bon sens. Plutôt que de clarifier la situation, ils s’enfoncent de plus en plus», a-t-il lancé entre deux séances de la consultation publique sur la charte. Pour le gouvernement du Parti québécois, le tchador est un symbole d’intégrisme qui viole le principe même de l’égalité entre les hommes et les femmes. Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, partage cet avis. Le port de ce vêtement ne devrait faire l’objet d’aucun accommodement, pense le leader caquiste. «Le tchador, c’est plus qu’un signe religieux, c’est un signe qui démontre une certaine oppression de la femme, c’est un uniforme qui ne devrait pas être accepté chez aucun employé de l’État», a-t-il affirmé. Depuis des mois, le PLQ soutient qu’il s’oppose à toute forme d’interdiction vestimentaire reliée à la pratique religieuse, en autant que le visage soit découvert. Sa position sur le tchador semble en contradiction avec ce principe. Le tchador recouvre tout le corps de la femme, sauf l’ovale du visage. En novembre, en entrevue à La Presse Canadienne, le député Tanguay avait affirmé qu’une candidate libérale portant le tchador serait la bienvenue dans les rangs libéraux et que lui-même serait très à l’aise de siéger aux côtés d’une députée ou d’une ministre ainsi affublée. Sa déclaration avait soulevé la colère de sa collègue Fatima Houda-Pepin, qui avait exhorté son parti à revoir sa position. Les jours suivants, pour éviter de perdre sa députée, le chef Philippe Couillard avait reculé, en disant qu’il n’accepterait pas qu’une candidate libérale porte le voile controversé. Mais il avait ouvert la porte au fait qu’une employée de l’État puisse en être couverte. Il revenait à l’État de démontrer que la situation posait un problème de sécurité, d’identification ou de communication. De son côté, en ce deuxième jour des audiences reliées à la charte, la porte-parole de Québec solidaire, la députée Françoise David, a reproché au ministre Drainville de se montrer intraitable sur l’interdiction de porter des signes religieux. En point de presse, elle l’a exhorté à faire preuve de plus d’ouverture, en vue de trouver un consensus sur cette question, certainement la plus controversée du projet de loi 60. Des citoyens s’expriment Toute la journée, mercredi, des citoyens et des représentants d’organismes ont défilé devant les élus pour exprimer leurs vues sur la charte. Tout en l’appuyant, certains jugent qu’elle devrait être beaucoup plus radicale. Une ancienne religieuse, Andréa Richard, âgée de 79 ans, fait partie de ceux qui estiment que la charte devrait aller plus loin dans sa démarche de neutralité, en rayant l’idée même des «accommodements raisonnables» fondés sur la religion. Ces demandes d’accommodement sont présentées par des «fanatiques», selon elle. La blogueuse spécialiste du numérique Michelle Blanc est venue à titre personnel dire elle aussi que la charte était nécessaire, mais qu’elle devrait faire davantage pour assurer la pleine laïcité du Québec. Dans son mémoire, elle a raconté son difficile parcours de transsexuelle, en exprimant ses craintes que les croyances religieuses interfèrent dans les pratiques des professionnels de la santé ayant à soigner ce type de personnes. La Coalition laïcité Québec appuie également le projet de loi 60, mais juge qu’il devrait pousser plus loin sa démarche, en étendant l’interdiction de porter des signes religieux aux députés et en retirant le crucifix trônant derrière le siège du président de l’Assemblée nationale. L’interdiction devrait aussi être étendue au personnel des écoles privées, compte tenu du financement public auxquelles elles ont droit. Elle propose également l’obligation du visage découvert pour tous les employés des services de garde, incluant les garderies privées non subventionnées. Enfin, pour éviter les contestations judiciaires de la charte, elle recommande à Québec de recourir à la clause dérogatoire. Autre son de cloche: celui d’un citoyen, Martin Laperrière, venu dire que la neutralité religieuse de l’État était déjà acquise. «Vous faites quelque chose qui est déjà fait», a-t-il soutenu. Pire, le projet de loi 60 est inconstitutionnel, selon lui. Il a aussi exprimé l’avis que ceux qui sont en faveur de la charte «sont contre l’immigration», écrit-il dans un bref mémoire bourré de fautes de français. Au passage, il a traité le chroniqueur Richard Martineau de «petit journaliste raciste». Un professeur à la retraite de l’Université Laval, Fernand Morin, a exprimé de sérieuses réserves envers le projet gouvernemental, exhortant l’État à «demeurer tolérant et prudent et éviter une approche radicale et parfois simpliste». Il s’oppose à l’idée d’interdire le port de signes religieux par les employés de l’État.

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CHSLD Saint-Lambert-sur-le-golf: sortie pour critiquer le PPP avec Québec

MONTRÉAL – La piètre qualité des soins offerts au centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de Saint-Lambert-sur-le-golf devrait être suffisante pour convaincre le gouvernement Marois de mettre fin à son contrat avec l’établissement, estiment des intervenants du milieu. L’avocat Jean-Pierre Ménard, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées ainsi que la Fédération de la santé et des services sociaux ont également demandé, mercredi, que le ministère de la Santé déclenche une enquête publique. Me Ménard croit que le CHSLD, le premier construit en partenariat public-privé avec Québec, a démontré que ce modèle d’affaires était un échec. «On ne réussit pas à donner des soins de qualité et il n’y a aucun intérêt à continuer de poursuivre avec ce modèle», a-t-il dit en conférence de presse. Selon lui, l’Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie doit cesser d’admettre des gens en CHSLD dans cet établissement de la Montérégie. Le vice-président de la Fédération, Guy Laurion, a abondé dans le même sens, ajoutant que la recherche de profits faisait en sorte de priver les employés du CHSLD de ressources. «Il n’y a pas de stabilité sur le terrain, a déploré M. Laurion. Le personnel donne des services avec de pauvres moyens. Le taux de roulement est de 100 pour cent par année. Le personnel se retrouve en détresse.» Ouvert en octobre 2010 par le Groupe Savoie, le CHSLD de Saint-Lambert-sur-le-golf a fait l’objet de plusieurs controverses. Le mois dernier, deux de ses employées ont notamment été arrêtées. Elles font l’objet de plusieurs chefs d’accusation, dont voies de fait sur des résidants. Une enquête a été déclenchée dans la foulée de ces événements, mais Me Ménard, la Fédération et l’Association accusent l’Agence de se montrer «complaisante» envers le Groupe Savoie dans ce dossier. Les trois intervenants estiment que plusieurs plaignants du CHSLD ont de la difficulté à communiquer avec le consultant André Ducharme et que d’autres hésitent à le rencontrer parce qu’ils craignent des représailles de la part du CHSLD du Groupe Savoie. «Il y a un climat d’intimidation, a avancé le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux. On dit aux familles (des résidants) de ne pas parler.» Le président de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées, Louis Plamondon, critique également la façon dont l’enquête est actuellement menée. «Il faut appeler l’Agence et s’identifier afin de parler à l’enquêteur, a-t-il dit. Il y a un contrôle et plusieurs familles et employés (du CHSLD) n’appellent pas parce qu’elles doivent s’identifier. Elles craignent des représailles.» En entrevue, en fin d’après-midi, le président-directeur général de l’Agence, Richard Deschamps, a indiqué que l’organisme avait pris les mesures nécessaires en ce qui a trait à la disponibilité de l’enquêteur. «Nous avons mis en place une adresse courriel en plus d’une ligne téléphonique dédiée, a-t-il dit. La confidentialité va maintenant être assurée puisque c’est une secrétaire contractuelle qui va recevoir les appels.» Quant à la situation future du CHSLD de Saint-Lambert-sur-le-golf, Me Ménard estime que le gouvernement Marois ne devrait même pas envisager la mise en tutelle de l’établissement, notamment parce qu’il croit que la situation actuelle dure depuis trop longtemps. «Est-ce qu’il faut attendre que d’autres décès surviennent, s’est-il demandé. Ceux qui paient le prix, c’est ceux qui n’ont pas le choix d’être là. Ça doit changer.» L’avocat spécialisé dans le domaine de la santé estime que le gouvernement Marois, qui s’est souvent prononcé contre les PPP lorsqu’il était dans l’opposition à l’Assemblée nationale, devrait saisir l’occasion de se «démarquer» de ses prédécesseurs. «Ce n’est pas de la partisannerie, a cependant nuancé Me Ménard. Il faut juste arrêter de pelleter le problème en avant.» Le Groupe Savoie et l’entourage du ministre de la Santé Réjean Hébert n’ont pas retourné les appels de La Presse Canadienne.

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Nouveau pont: le processus en vue de trouver le constructeur s’amorce

MONTRÉAL – Le nouveau pont devant remplacer le pont Champlain sera réalisé en partenariat public-privé (PPP), il aura un péage et comportera six voies pour la circulation automobile, un corridor pour un système léger sur rail ainsi qu’une piste pour les piétons et cyclistes. Ce sont là, en gros, les paramètres que devra respecter l’éventuel constructeur de l’infrastructure qui sera choisi au printemps de 2015 et qui devra livrer le pont aux automobilistes québécois pour 2018. En présentant le dossier d’affaires, mercredi à Montréal, le ministre fédéral de l’Infrastructure, Denis Lebel, a toutefois refusé de préciser le coût estimé de l’ouvrage, faisant valoir que cette information devait demeurer confidentielle pour ne pas influencer le processus de soumissions. M. Lebel a utilisé le même argument pour éviter de s’avancer sur le montant éventuel du péage, se contentant d’indiquer qu’il se situerait dans «le marché du péage» et ne serait pas exagéré, comme le voulaient certaines hypothèses véhiculées dans les médias. «Un tarif à 7 $, oubliez ça, a lancé le ministre. Ça n’a jamais été dans nos vues ou dans nos calculs. Nous sommes conscients des tarifs qui se chargent sur la 25 et la 30 et, quelque part là-dedans, il y a des moyennes qui vont se faire.» En contrepartie, même s’il évoque constamment le principe de l’utilisateur-payeur, M. Lebel a précisé qu’Ottawa prévoit assumer une portion de la facture. «Le péage sera conjoint à une importante contribution initiale du gouvernement fédéral pour ce projet. Je l’ai dit depuis le début que les péages ne suffiraient pas pour payer le pont.» Quoi qu’il en soit, le ministre Lebel a dû admettre que son gouvernement n’avait pas encore mesuré l’impact d’un péage sur l’achalandage des autres ponts de la rive-sud, tout en ajoutant qu’il ne démordrait pas de cette position. Or, tant le gouvernement provincial que les villes de Montréal et de la rive-sud se sont déjà prononcés contre le péage, ce que le ministre québécois des Transports, Sylvain Gaudreault, a rappelé en conférence de presse dans les heures suivantes. «Il est absolument essentiel pour le gouvernement du Québec de dire non à tout péage sur le pont Champlain, considérant que, pour nous, il s’agit d’un pont de remplacement du pont actuel. C’est donc le gouvernement fédéral qui doit assumer le financement de ce pont», a martelé le ministre Gaudreault. Le député néo-démocrate de Brossard-La Prairie, Huong Mai, a également dénoncé l’attitude fédérale. «On parle d’un péage sans avoir eu de discussion réelle avec le provincial ou les municipalités. Le gouvernement continue avec son chantage: pas de péage, pas de pont», a-t-il dit. De son côté, le maire de Montréal, Denis Coderre, a également réitéré son opposition mais n’a pas semblé impressionné par ce que M. Mai qualifie de chantage. «Nous sommes contre le péage et nous sommes en position de négociation, a-t-il dit. Même s’ils nous disent: pas de péage, pas de pont, écoutez… si le pont doit être changé, pensez-vous qu’ils ne prendront pas leurs responsabilités?» Le maire a également fait référence au fait qu’il serait difficile d’imposer le péage sur un pont sans le faire pour tous les autres, ce qui aurait pour effet que de faire fuir résidants et entreprises vers les banlieues. «On ne veut pas créer l’effet trou de beigne», a répété le maire Coderre. Le député Mai a par ailleurs exprimé des doutes sur la décision de réaliser le projet en mode PPP. Le ministre Lebel soutient, sur la base du dossier d’affaires préparé par PricewaterhouseCoopers, que le mode PPP permettra des économies de 5 à 18 pour cent. «Le seul rapport public fait par le gouvernement était celui du consortium BCDE qui disait que les coûts seraient plus élevés en PPP qu’en mode traditionnel de 284 millions $», a souligné le député néo-démocrate. Sylvain Gaudreault s’est par ailleurs dit étonné de ne toujours pas avoir reçu de réponse à la demande faite par la première ministre Pauline Marois à son homologue fédéral Stephen Harper d’établir un bureau de projet conjoint où toutes les parties intéressées seraient réunies. La propension d’Ottawa à agir seul a également irrité le maire Coderre. «On nous dit qu’il y avait 13 scénarios, on en a sorti un et nous n’avons pas vu les 12 autres et nous n’avons même pas participé», a lancé M. Coderre. «J’aurais aimé voir les 12 autres scénarios», a-t-il ajouté par la suite. Le ministre Gaudreault, qui avait discuté plus tôt avec M. Lebel, a cependant dit avoir noté une certaine ouverture de ce dernier lorsqu’il l’a invité à venir présenter son dossier d’affaires au bureau des partenaires du pont Champlain, qui regroupe l’ensemble des intervenants politiques et économiques impliqués dans le transport régional. Le processus pour trouver le constructeur s’amorcera cet hiver avec des rencontres d’informations destinées à l’industrie. Le consortium qui sera choisi devra non seulement construire le nouveau pont mais aussi démolir l’actuel pont de l’île des Soeurs et en construire un nouveau, reconstruire et élargir de quatre à six voies le tronçon fédéral de l’autoroute 15, soit entre le pont et la sortie Atwater, et sera responsable de l’entretien du pont Clément et de la portion fédérale de l’autoroute Bonaventure. Au printemps, les intéressés devront présenter un dossier de qualifications et, dès l’été prochain, les firmes qui se seront qualifiées pourront présenter leurs propositions. Le choix du soumissionnaire retenu sera connu au printemps 2015. Le processus est ouvert autant aux grands consortiums internationaux que canadiens. Des séances d’information sont toutefois prévues spécifiquement pour les PME québécoises afin qu’elles puissent offrir leur expertise au sein de grands groupes internationaux ou canadiens. «On espère que le plus grand nombre d’entreprises de chez nous pourront faire partie des partenaires», a souhaité le ministre Lebel. Le dossier d’affaires précise toutefois que la démolition du pont Champlain actuel, l’entretien et la démolition du pont-jetée temporaire de l’Île des Soeurs, l’estacade et d’autres travaux ne seront pas inclus dans le contrat. Le coût et l’échéancier de démolition du pont Champlain existant ne sont pas encore connus.