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Les jeunes sont de plus en plus touchés par les accidents vasculaires cérébraux

MONTRÉAL – Les accidents vasculaires cérébraux (AVC), un problème traditionnellement associé avec le vieillissement, touchent de plus en plus les jeunes et les gens d’âge moyen, démontre une nouvelle analyse publiée dans le prestigieux journal médical britannique The Lancet. L’étude a décelé un bond étonnant de 25 pour cent des AVC subis par les gens âgés de 20 à 64 ans entre 1990 et 2010. Les AVC qui surviennent dans ce groupe d’âge représentent dorénavant 31 pour cent du nombre total d’AVC, comparativement à 25 pour cent avant 1990. Les chercheurs dirigés par le professeur Valery Feigin de l’Université de technologie d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, ont déterminé que 83 000 personnes âgées de 20 ans et moins subissent un AVC chaque année, ce qui signifie que 0,5 pour cent des AVC surviennent dans ce groupe d’âge. Les gens âgés de moins de 74 ans sont dorénavant les plus affectés par les AVC, puisqu’ils subissent 62 pour cent des nouveaux accidents, 45 pour cent des décès et 72 pour cent des maladies et incapacités. Le nombre de décès causés par des AVC a bondi de 26 pour cent depuis 20 ans, à 5,9 millions de morts. Le nombre de patients ayant subi un premier AVC a quant à lui explosé de 68 pour cent à 16,9 millions, tandis que le nombre de survivants a progressé de 84 pour cent à 33 millions. Si la présente tendance se maintient, les morts, les survivants et les maladies et incapacités associés à un AVC auront plus que doublé d’ici 2030, à 12 millions, 70 millions et 200 millions de personnes respectivement.

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Une glycémie plus faible protégerait le cerveau

MONTRÉAL – Les gens dont la glycémie (le taux de sucre contenu dans le sang) est élevée sont plus susceptibles que les autres d’avoir des problèmes de mémoire, affirment des chercheurs allemands. L’étude impliquait 141 sujets ayant un âge moyen de 63 ans et ne souffrant pas de diabète ou de problèmes précurseurs au diabète. Les gens souffrant d’embonpoint, qui buvaient plus de trois consommations par jour ou déjà atteints de problèmes cognitifs ont été exclus. La mémoire et la glycémie des participants ont été testées. Ils ont aussi été soumis à un test d’imagerie cérébrale pour mesurer la taille de leur hippocampe, une portion du cerveau qui joue un rôle important dans la mémoire. Les sujets dont la glycémie était plus faible ont mieux fait lors des tests de mémoire, par exemple lorsqu’on leur a demandé de répéter 15 mots 30 minutes après les avoir entendus. L’hippocampe des participants dont la glycémie était la plus élevée était aussi plus petit. L’auteure de l’étude, la docteure Agnes Flöel de l’université berlinoise Charité, a expliqué qu’une réduction de la glycémie semble être une stratégie intéressante pour prévenir les problèmes de mémoire et le déclin des facultés cognitives qui accompagnent souvent le vieillissement. Elle propose aussi de réduire la consommation de calories et d’augmenter le niveau d’activité physique. Les conclusions de l’étude sont présentées dans le journal scientifique Neurology.

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Un additif alimentaire pourrait être utilisé pour lutter contre la grippe H7N9

MONTRÉAL – Un additif alimentaire très répandu semble empêcher une nouvelle souche de la grippe aviaire d’infecter les cellules en santé, indique une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de l’Illinois. L’hydroquinone de tert-butyle est utilisé comme préservatif. Lors de tests en laboratoire, le produit, auquel on connaissait déjà des propriétés antivirales, s’est attaqué à une portion du virus H7N9 laissée de côté par les autres thérapies, ce qui permet de croire à son efficacité face aux souches multirésistantes. Le chercheur Michael Caffrey a rappelé qu’une récente éclosion de H7N9 en Chine a eu un taux de mortalité de 20 pour cent et que le virus donne déjà des signes de pharmacorésistance, d’où l’urgence de développer de nouvelles thérapies antivirales. L’hydroquinone de tert-butyle empêche le virus d’utiliser une protéine appelée hémagglutinine pour pénétrer à l’intérieur des cellules, rendant leur infection impossible. Les chercheurs tentent maintenant de rehausser les propriétés antivirales de l’hydroquinone de tert-butyle. Ils envisagent notamment de l’ajouter à l’alimentation des volailles, puisqu’en empêchant la propagation du virus parmi les oiseaux on pourrait ensuite réduire les risques de transmission à l’homme. Des doutes subsistent toutefois quant à l’innocuité de l’hydroquinone de tert-butyle lorsque consommée en grandes quantités. Les résultats de cette étude sont dévoilés dans le journal en ligne PLOS ONE.

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Les employés de la fonction publique de Québec votent en faveur d’un débrayage

QUÉBEC – Les cols blancs de la ville de Québec se sont prononcés en faveur d’une grève qui pourrait être déclenchée prochainement. Les membres du Syndicat des fonctionnaires municipaux de la Ville de Québec (SFMQ) ont voté en ce sens, dans une proportion de 88 pour cent, lors d’une assemblée, mercredi soir. Au total, 900 personnes étaient présentes sur les 2000 membres que compte le syndicat. L’exécutif du syndicat, présidé par Jean Gagnon, pourra ainsi déclencher un débrayage sept jours après avoir soumis un avis à l’employeur. Il devra alors envoyer une liste de services essentiels à la Ville de Québec. Le syndicat, qui se dit révolté par l’attitude du maire de Québec, Régis Labeaume, espère ainsi lui lancer un message clair. Les cols blancs sont sans convention collective depuis trois ans.

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Énergie:les efforts d’Ottawa pour convaincre les Américains ne portent pas fruit

OTTAWA – Les efforts du gouvernement conservateur pour convaincre les Américains des vertus des ressources naturelles canadiennes ne semblent pas avoir porté fruit, indique-t-on dans un récent rapport de la firme de sondages Harris-Decima. Les Américains ayant pris part aux groupes de discussion à Washington sont restés perplexes face au slogan de la dernière campagne de publicités du ministère fédéral des Ressources naturelles, conclut cette étude commandée par Ottawa et financée par les contribuables canadiens. Le ministère avait opté pour un slogan soulignant que le «meilleur ami de l’Amérique, c’est la meilleure solution énergétique». L’étude souligne que les participants des groupes de discussion n’ont pas vraiment compris que la publicité faisait référence au Canada. Le ministère fédéral a prévu une enveloppe de 9 millions $ dans l’année financière en cours pour la campagne publicitaire, surnommée par le gouvernement Harper «Campagne de développement responsable des ressources». Les publicités dépeignent des industries du secteur des ressources naturelles comme des employeurs potentiels soucieux de l’environnement. Le gouvernement conservateur tente depuis plusieurs années déjà de convaincre les Américains qu’ils auraient avantage à profiter des ressources énergétiques canadiennes et de l’historique du pays dans le dossier. Les sables bitumineux de l’Alberta et le projet d’oléoduc Keystone XL de TransCanada, entre autres, font partie des dossiers défendus par Ottawa. L’administration Obama devrait rendre sa décision au début de l’an prochain dans le dossier Keystone. Or, les Américains ayant pris part à six groupes de discussion à Washington ont indiqué aux chercheurs de Harris-Decima que les publicités, lancées en février au plus fort de la controverse suscitée par le projet Keystone, pourraient être «grandement améliorées», qu’elles n’envoyaient pas de message clair et manquaient de cohésion.

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Crédit d’impôt: les fonds de travailleurs s’expliquent mal l’entêtement d’Ottawa

MONTRÉAL – Déçus de la décision du gouvernement fédéral de maintenir l’élimination du crédit d’impôt accordé aux contributions de leurs actionnaires, le Fonds de solidarité de la FTQ et le Fondaction de la CSN lui font quand même une proposition. Les deux grands fonds de travailleurs québécois estiment que cette proposition répond à toutes les préoccupations du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, qui a déposé cette semaine le projet de loi éliminant graduellement le crédit d’impôt de 15 pour cent d’ici 2017. Le Fonds de solidarité de la FTQ et le Fondaction de la CSN proposent ainsi de réduire d’environ le tiers la dépense fiscale que représente le crédit d’impôt, notamment en limitant les contributions. Pour répondre à l’intention d’Ottawa d’accroître l’injection de capital-risque, ils offrent notamment de porter à 2 milliards $ leurs investissements en capital-risque. De plus, afin de contrer l’argument fédéral voulant que les fonds de travailleurs ne servent qu’au Québec, ils proposent de permettre des investissements en dehors du Québec. Le président-directeur général de Fondaction CSN, Léopold Beaulieu, et son homologue du Fonds de solidarité, Yvon Bolduc, ont prudemment évité de s’aventurer sur le terrain politique, bien que de nombreux intervenants aient reproché au gouvernement Harper de s’en prendre à leurs institutions d’une part parce qu’elles émanent du mouvement syndical et, d’autre part, parce que la mesure ne touche pratiquement que le Québec. Ils qualifient toutefois d’inexplicable l’attitude du gouvernement Harper dans ce dossier et l’invitent à poursuivre le dialogue, insistant toutefois que la balle est dans le camp d’Ottawa puisqu’ils ont maintenant mis leurs cartes sur la table. «Vous comprendrez que nous ne comprenons pas la position du gouvernement fédéral à ce moment-ci, a déploré M. Bolduc. Nous tendons la main, encore une fois, pour essayer de trouver une solution pratique et efficace et gagnante pour toutes les parties.» Le pdg de Fondaction CSN a même cité une étude de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) afin de remettre en question le raisonnement du gouvernement fédéral dans ce dossier. «Pour chaque dollar en crédit d’impôt, en 2012-2013, l’IREC a établi que les revenus fiscaux tirés par le gouvernement fédéral étaient de 1,09 $, a dit M. Beaulieu. La démarche d’assainissement des finances, il faut me l’expliquer.» Selon les dirigeants des deux grands fonds de travailleurs québécois, le gouvernement Harper doit cesser de prendre des décisions afin d’influencer les sondages. «L’intérêt public, c’est plus que les sondages, a martelé M. Beaulieu. L’intérêt public, c’est les meilleures dispositions à prendre dans le meilleur intérêt du développement économique du Québec et du Canada.» MM. Beaulieu et Bolduc ont rappelé que plusieurs acteurs socio-économiques de tous les horizons ont signifié leur appui, au cours des derniers mois, pour le maintien du crédit d’impôt fédéral accordé aux personnes qui souscrivent aux fonds de travailleurs québécois. Ils ont ajouté que ces recommandations avaient même été formulées au cours de consultations organisées par le gouvernement fédéral lui-même. Les dirigeants du Fonds de solidarité de la FTQ et du Fondaction de la CSN préviennent que l’élimination du crédit d’impôt fédéral n’aura pas d’impact sur le rendement aux actionnaires, mais que la situation actuelle représentera en 2017 une hausse d’impôt annuelle de plusieurs centaines de dollars par année pour l’épargnant moyen.

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Les médecins se plaignent de l’accès aux physiothérapeutes dans le réseau public

MONTRÉAL – Une enquête réalisée auprès de 10 500 médecins au Canada laisse voir que ceux-ci sont particulièrement préoccupés par le difficile accès à des physiothérapeutes dans le système public, plus encore que par le manque de disponibilité des lits dans les hôpitaux. La consultation est menée depuis 2004 par l’Association médicale canadienne, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et le Collège des médecins de famille du Canada. Ils sont ainsi 70,1 pour cent _ médecins généralistes et spécialistes confondus _ à se dire insatisfaits de l’accès à des physiothérapeutes dans le réseau public. Il s’agit du taux d’insatisfaction le plus élevé parmi les 17 services proposés dans l’enquête. À titre de comparaison, ils sont 56,3 pour cent au pays à qualifier d’insatisfaisante la disponibilité des lits dans les hôpitaux. Cet accès parfois laborieux aux lits dans les hôpitaux demeure un irritant depuis belle lurette. «C’est un problème réel. En proportion, il est moins important que la question des physiothérapeutes, mais ça reste un problème, effectivement, l’accès aux lits. Il y a des fois des problèmes d’engorgement des ressources et ça a un effet domino», souligne en entrevue la docteure Marie-Dominique Beaulieu, présidente du Collège des médecins de famille du Canada. Elle ajoute que ce sont d’ailleurs les médecins d’urgence qui se plaignent le plus de cette situation. Au moins, la situation semble s’améliorer à ce chapitre. «L’accès aux lits d’hôpitaux, ça s’améliore un peu avec le temps. On reste un peu dans les mêmes chiffres, mais il y a peut-être une amélioration de 5 ou 6 pour cent», note la docteure Beaulieu. Au Québec Au Québec, ce sont l’accès aux dossiers électroniques ainsi que l’accès aux physiothérapeutes dans le système public qui reçoivent les plus hauts taux d’insatisfaction des médecins qui ont participé à l’enquête. Ce sont ainsi 68 pour cent des médecins québécois qui jugent insatisfaisant l’accès aux dossiers électroniques. «Le Québec a été la dernière province à vraiment mettre ça sur pied. Le programme d’accès aux dossiers électroniques _ un programme qui est robuste avec l’homologation de logiciels, où les médecins de famille savent c’est quoi les logiciels qui vont marcher chez nous, au Québec _ c’est beaucoup plus récent. Et le programme, en fait, est vraiment lancé depuis à peu près huit mois. (Le mécontentement), c’est le reflet de cette situation-là», a avancé la docteure Beaulieu. Reste qu’au Québec aussi, 77,4 pour cent jugent insatisfaisant l’accès aux physiothérapeutes rémunérés par le système public. «C’est le problème des physiothérapeutes, des ergothérapeutes aussi, des travailleurs sociaux. Ça découle du fait que pour les problèmes dont on s’occupe dans la communauté, ce n’est plus nécessairement l’hôpital ou une pilule qui est la solution à tous les problèmes», a souligné la docteure Beaulieu. À titre de comparaison, 56,8 pour cent des répondants québécois ont jugé insatisfaisant l’accès aux lits dans les hôpitaux. De façon générale, au pays, les médecins déclarent travailler en moyenne 54 heures par semaine, en soin direct aux patients, pour la recherche, l’enseignement et les tâches administratives. Environ 59 pour cent se disent satisfaits dans leur emploi, mais presque le tiers se disent surmenés. La docteure Beaulieu souligne d’ailleurs que ce surmenage n’est pas seulement dû aux longues heures de travail, mais aussi «aux batailles pour l’accès aux ressources» que doivent parfois mener les médecins pour leurs patients.