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Compressions dans les commissions scolaires: Jacques Ménard inquiet

MONTRÉAL – Une figure de proue de la lutte au décrochage scolaire, Jacques Ménard, reconnaît que les commissions scolaires pourraient être plus «efficaces», mais s’inquiète de l’ampleur des compressions budgétaires qui leur sont imposées. En marge du dévoilement des résultats d’un sondage sur la persévérance scolaire, l’actuel président de BMO Groupe financier pour le Québec a brièvement étayé le fond de sa pensée. «Je me demande parfois s’il n’y a pas une pensée magique à l’idée de dire que nous allons retirer quelque 100 millions $ (…) sans penser que cela n’aura pas d’impact sur les jeunes, a-t-il dit. J’ai de la misère à croire cela.» M. Ménard, auteur d’un rapport sur le phénomène du décrochage scolaire, commentait la décision du gouvernement Marois qui a annoncé plus tôt ce mois-ci que les commissions scolaires devront sabrer 100 millions $ du fardeau de taxes refilé aux contribuables, sur une période de deux ans. Le gouvernement péquiste avait justifié cette décision en invoquant des hausses de taxes excessives. «Ce qui m’inquiète, c’est que les services coupés vont être ceux aux élèves ainsi qu’aux familles», a dit M. Ménard. «Je crois au rôle des commissions scolaires et je suis le dernier à penser qu’il faut les abolir, a précisé le président de BMO Groupe financier pour le Québec. Est-ce qu’elles doivent être plus efficaces? Oui.» Selon M. Ménard, des «occasions d’optimisation» des commissions scolaires ont peut-être été ratées au fil du temps. «Il y a peut-être des habitudes administratives qui relèvent d’une autre époque qui devraient être écartées», a-t-il dit, sans toutefois en ajouter davantage. Quant au sondage, mené par la firme Léger, il suggère que plus de 40 pour cent des parents craignent de voir leur enfant décrocher lors de son parcours à l’école secondaire. À l’échelle de la province, 82 pour cent des répondants se disent préoccupés par l’enjeu du décrochage scolaire, une hausse de trois points depuis 2011, souligne l’enquête, réalisée pour le compte de la Fondation Lucie et André Chagnon. Les parents voient également grand pour leurs enfants, puisque plus de la moitié d’entre eux souhaitent voir leur progéniture obtenir un diplôme universitaire. Un diplôme d’études collégiales serait suffisant pour 26 pour cent des répondants. De plus en plus, les difficultés vécues entre zéro et cinq ans sont à l’origine de problèmes de décrochage, selon 48 pour cent des personnes sondées. Une proportion similaire de répondants croit qu’il faut investir davantage à ce niveau afin de stimuler la persévérance scolaire. Présent sur place, le directeur général de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Gilles Peticlerc, a abondé dans le même sens, surtout lorsque les élèves qui connaissent des difficultés auront été dépistés. «Ma principale préoccupation, c’est que le dépistage soit accompagné des moyens qui vont leur permettre (aux jeunes) une véritable intégration», a-t-il expliqué, en entrevue. Outre le dépistage et les mesures appliquées en milieu scolaire, Jacques Ménard estime que les parents sont un élément-clé de la réussite de leur enfant. «Un déterminant de la réussite est à la maison, lors des quatre premières années de la vie du jeune, explique-t-il. Si les jeunes ne sont pas stimulés et préparés à apprendre, ils deviennent à risque.» Les Québécois semblent également sous-estimer le taux de diplomation au Québec. Les personnes sondées estiment que 63 pour cent des moins de 20 ans obtiennent un diplôme d’études secondaires, alors que la proportion est plutôt de 74 pour cent. Le coup de sonde suggère également que l’éducation est la deuxième priorité des Québécois, derrière le dossier de la santé, identifié comme prioritaire par plus de 25 pour cent des répondants. L’enquête de la firme Léger a été réalisée sur le Web du 12 au 4 octobre derniers auprès de 3025 personnes âgées de 15 ans et plus. Les résultats ont été révélés alors que débutent, le 4 novembre, à Montréal, les Grandes rencontres sur la persévérance scolaire. Le thème sera celui du rôle de la petite enfance dans le cheminement scolaire.

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Bob Barker fait transférer trois éléphants provenant d’un zoo canadien

SACRAMENTO, États-Unis – Trois éléphants provenant d’un zoo canadien sont arrivés à leur nouveau domicile, un sanctuaire de la Californie, après que l’ancien animateur de «The Price is Right» et militant pour les droits des animaux, Bob Barker, eut payé leur transport. L’animateur de 89 ans a accueilli les animaux sur place, dimanche, selon ce qu’a rapporté The Sacramento Bee. Barker a avoué avoir été rempli d’émotions à leur arrivée. Les éléphants d’Afrique, nommés Iringa, Thika et Toka, demeuraient jusque-là au zoo de Toronto. Le conseil de ville de la métropole avait accepté, il y a deux ans, de les envoyer au sanctuaire après que Barker et d’autres militants les eurent convaincus que les éléphants et autres gros animaux ne devraient pas être dans des zoos. Barker a déboursé près de 1 million $ pour les faire déplacer. Le trio d’éléphants se joindra à huit autres bêtes qui sont libres de se balader sur le grand terrain du sanctuaire, qui accueille également des tigres et d’autres gros animaux ayant appartenu à des zoos ou des cirques. Bob Barker a animé «The Price is Right» pendant 35 ans et conseillait chaque jour aux téléspectateurs de faire stériliser leurs animaux.

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Un homme de Toronto accusé d’avoir filmé sa locataire, nue, à son insu

TORONTO – Un homme de Toronto fait face à la justice pour avoir filmé une femme à son insu, alors qu’elle était nue, et publié la vidéo sur Internet. La police a révélé que le suspect aurait loué une chambre de sa résidence du centre-ville à sa victime et aurait capté les images d’elle lorsqu’elle était dévêtue. La femme n’était pas consciente d’être filmée et c’est un de ses amis, après l’avoir reconnue, qui l’aurait informée que des images d’elle nue circulaient sur la toile, toujours selon la police. Les policiers ont effectué une perquisition au domicile du suspect et rapportent avoir trouvé de l’équipement d’enregistrement vidéo, ainsi que plus de 150 vidéos voyeuristes de femmes dans son ordinateur. David Sealy, âgé de 56 ans, est accusé de voyeurisme, méfait et libelle diffamatoire. La police dit croire qu’il pourrait y avoir plus de victimes et a lancé un appel pour les retracer.

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Un nouveau traitement stimule la croissance de cheveux humains

MONTRÉAL – Des chercheurs américains ont mis au point une méthode qui stimule la croissance de nouveaux cheveux humains. Cette découverte offre un nouvel espoir aux femmes atteintes de calvitie et qui n’ont pas suffisamment de cheveux pour une transplantation; aux hommes qui en sont aux premiers stades de leur calvitie; aux patients souffrant d’alopécie; ou encore aux victimes de brûlures. La co-auteure de l’étude, la professeure Angela Christiano du Centre médical de l’université Columbia, a expliqué que 90 pour cent des femmes souffrant de calvitie n’ont pas suffisamment de cheveux pour pouvoir procéder à une transplantation. Les papilles du cheveu donnent naissance à des follicules pileux. Adaptant une technique tout d’abord développée chez les souris, la docteure Christiano et ses collègues ont mis au point une méthode qui permet de prélever et de cultiver en laboratoire ces papilles. Une fois transplantés, les papilles interagissent ensemble et reprogramment la peau pour provoquer la croissance de nouveaux follicules. Les scientifiques ont testé leur méthode en transplantant les papilles prélevés chez des humains dans de la peau humaine greffée à des souris. Lors de cinq tests sur sept, de nouveaux cheveux sont apparus et une analyse génétique a prouvé que les nouveaux follicules étaient à la fois humains et identiques à ceux du donateur. La docteure Christiano a expliqué que les traitements actuels freinent la perte des cheveux existants ou, à la limite, stimulent leur croissance. La nouvelle thérapie, en revanche, entraîne la création de nouveaux follicules. De nouveaux tests devront maintenant être réalisés avant de procéder à des tests chez les humains. Les conclusions de cette étude sont publiées dans le journal scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences.

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Un rapport déconstruit le mythe des vastes pénuries de main-d’oeuvre au pays

OTTAWA – Un nouveau rapport de la Banque TD tente de déboulonner ce que ses auteurs appellent le mythe de la disparité entre les postes offerts et la formation des travailleurs, ainsi que les vastes pénuries de travailleurs qualifiés au pays se profilent à l’horizon en raison du vieillissement de la population. Les constats découlant du document vont à l’encontre de la majorité des discours prononcés sur la question au cours des dernières années, discours qui ont eu tendance à souligner des pénuries dans des métiers spécialisés et dans l’Ouest canadien, en plus de mentionner des avertissements de pénuries générales de travailleurs alors que la génération du baby boom entame son départ à la retraite. Le gouvernement fédéral a mis sur pied plusieurs mesures pour combattre le problème, y compris des règles plus sévères pour obtenir des prestations d’assurance-emploi et une nouvelle proposition visant à impliquer directement les employeurs dans les décisions et le financement concernant les programmes de formation. Ottawa a annoncé qu’il irait de l’avant avec ce programme malgré ce qui semble être une opposition quasi-universelle de la part des provinces. Le rapport de la Banque TD, rédigé par l’économiste en chef Derek Burleton et trois autres économistes, affirme toutefois que les possibles pénuries de main-d’oeuvre sont isolées et qu’elles ne sont sans doute pas plus importante qu’il y a 10 ans. Selon M. Burleton, les preuves confirmant des pénuries de grande ampleur sont difficiles à trouver, ajoutant que s’il peut exister des disparités entre les compétences et les emplois dans des régions et pour certains emplois, il est impossible d’en arriver à une concordance parfaite. «Ce n’est donc pas un mythe absolu, mais cela n’est pas non plus aussi extrême que ne le pensent certaines personnes.» Le rapport, d’une longueur de 52 pages, s’intéresse à plusieurs facteurs pour en tirer ses conclusions, y compris le taux de vacance dans certains postes, ainsi que les taux de sur-qualification et se sous-qualification en comparaison avec d’autres pays. Les économistes se sont également penchés sur les hausses des salaires en tenant pour acquis que si les candidats sont peu nombreux, les employeurs débourseront davantage pour embaucher. «La question des hausses de salaire demeure curieuse, puisque ces hausses n’ont pas été aussi importantes qu’on pourrait le croire en raison des signes de manque de travailleurs», écrivent les économistes. Le document laisse entendre que le problème n’a pas l’ampleur d’une crise, même en Alberta et en Saskatchewan qui, pendant des années, ont pu se vanter d’un faible taux de chômage, et qui sont aux prises avec de véritables pénuries de main-d’oeuvre. Ces derniers ne croient pas non plus aux prédictions d’importantes pénuries de travailleurs dans un futur proche, alors que les baby-boomers commencent à prendre leur retraite, notant que les Canadiens plus âgés travaillaient pendant plus longtemps, et que d’autres ajustements du marché pourraient de se produire. La plus récente note d’information de la Banque du Canada, publiée la semaine dernière, a certes montré une légère hausse du nombre d’entreprises rapportant des difficultés pour trouver des compétences spécifiques, mais la Banque a ajouté qu’en général, «les firmes ne considèrent pas que l’ampleur des pénuries soit particulièrement différente de ce qui existait il y a 12 mois». Les économistes de chez TD mentionnent néanmoins que les disparités entre la formation et les compétences nécessaires pourraient s’accroître à l’avenir, et pressent donc les gouvernements, les entreprises et les enseignants à se concentrer davantage sur les compétences et la formation «pour offrir une main-d’oeuvre de classe mondiale au Canada au XXIe siècle». Selon les économistes, toujours, le marché canadien du travail s’est bien mieux tiré d’affaire que celui aux États-Unis, et ceux d’autres membres du G7, à l’exception probable de l’Allemagne.

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Accès aux médicaments contre le cancer:une coalition s’inquiète, Hébert explique

MONTRÉAL – Une fois de plus, la Coalition priorité cancer proteste contre la lenteur de Québec à approuver des médicaments contre le cancer et affirme que la situation est même pire qu’avant. Les représentants de la coalition ont rencontré la presse, lundi à Montréal, pour dresser l’état de la situation depuis le début de l’année 2013, et déplorer le petit nombre de médicaments acceptés par l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS). Mais le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, assure que les nouveaux médicaments sont étudiés selon un processus scientifique rigoureux et que les médicaments qui ont démontré leur utilité thérapeutique et qui n’ont pas un équivalent moins cher sont autorisés. La Coalition priorité cancer précise que depuis le début de l’année 2013, un médicament sur les 13 soumis a été recommandé. Les 12 autres ont été soit refusés, soit reportés à la prochaine étude des médicaments en 2014, soit acceptés par le ministre malgré une recommandation de l’Institut. Plus précisément, trois de ces médicaments ont été recommandés sous réserve d’ententes de partage de risque entre les fabricants et le ministère de la Santé et des Services sociaux. Et la moitié ont été acceptés par le ministre. La présidente de la coalition, Nathalie Rodrigue, s’inquiète de cette situation pour les patients. Selon son évaluation, depuis le début de l’année 2013, le taux d’acceptation pour le remboursement de nouveaux médicaments contre le cancer atteint 31 pour cent, contre 77 pour cent en 2012 et 69 pour cent en 2011. «C’est toujours un processus qui est à recommencer d’année en année. Ce qu’on demande, nous à la coalition, c’est: est-ce qu’on peut avoir un processus clair d’évaluation et de remboursement des médicaments, de manière à ce qu’on ne soit pas toujours en train de jouer au chat et à la souris, avec l’INESSS qui émet des recommandations et le ministre qui retourne les recommandations dans un autre sens. On aimerait un processus qui est plus transparent», a plaidé Mme Rodrigue. Dans certains cas, toutefois, les assureurs privés peuvent défrayer le coût de ces médicaments, souvent onéreux. «Comme plusieurs de mes confrères d’associations de patients d’autres types de cancer, on est assez effrayés par la lenteur des changements, mais aussi, et surtout, à l’idée que les patients soient pris entre l’arbre et l’écorce dans le processus. Les oncologues aussi, parce qu’eux savent quels traitements prescrire, mais ils sont contraints à demander à leurs patients ‘bon, écoutez, il y a un traitement, mais est-ce que vous avez des assurances privées?’», a résumé de son côté Nicole Giroux, membre du comité des patients et survivants de cancer de la coalition. Les médicaments contre le cancer ont coûté en 2011 quelque 300 millions $, selon la coalition. Hébert justifie De passage à Montréal, le ministre Hébert a assuré que les considérations économiques n’étaient pas les seules qui étaient soupesées et qu’elles n’arrivaient même pas au premier plan dans les décisions ministérielles. «Non. C’est d’abord la valeur thérapeutique (qui compte); la considération économique arrive en deuxième», a-t-il assuré. «Le médicament doit avoir une valeur ajoutée au niveau thérapeutique pour pouvoir l’inscrire, s’il coûte plus cher. Quand il y a un médicament équivalent qui coûte moins cher, le médicament qui coûte plus cher, on ne l’inscrira pas, parce qu’il n’a pas une valeur ajoutée par rapport à l’arsenal thérapeutique qu’on a déjà maintenant», a justifié le ministre de la Santé. Le ministre Hébert a tenu à «rectifier» les chiffres cités par la coalition. «Sur les 11 (médicaments) qui ont été soumis à l’INESSS, on en a accepté plusieurs. Quatre ont été retenus, deux sont encore à l’étude. Il y en a cinq qui ont été rejetés, trois pour une valeur thérapeutique insuffisante, deux pour des raisons économiques», a-t-il précisé. Il a rappelé qu’il avait lui-même autorisé quatre médicaments contre le cancer, en novembre dernier, refusant de suivre les recommandations contraires de l’INESSS.

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Libre-échange avec l’Europe:Ottawa veut une ratification avant d’aller aux urnes

OTTAWA – Des ministres fédéraux affirment que le texte de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe sera disponible au cours des prochains mois, mais que les Canadiens pourraient ne pas pouvoir voter sur son contenu avant qu’il ne soit ratifié. Le gouvernement Harper, qui présente l’entente comme une «nouvelle donne» pour le pays, a entamé une campagne nationale de relations publiques, en mettant à profit les ministres, les députés et des partenaires importants. Il n’était cependant pas possible de savoir jusqu’à quel point les citoyens ordinaires ne faisant pas partie d’organisations importantes pourront faire valoir leur avis, ou s’ils disposeront d’un canal officiel pour ce faire. Selon le porte-parole néo-démocrate en matière de commerce, Don Davies, ce que le gouvernement conservateur prévoit en ce moment n’est certainement pas suffisant, en raison de l’affirmation voulant que l’accord avec l’Europe soit le plus important jamais signé par le Canada. «Les Canadiens ont le droit d’être consultés de façon significative… et d’une façon qui nous permette d’inclure une partie de ces avis dans l’entente finale», dit-il. «Cette démarche fait partie de leur approche à huis clos et secrète par rapport au commerce, où seules les parties les plus intéressées ont droit de parole.» Le Nouveau Parti démocratique réserve son jugement sur l’accord jusqu’à ce que le texte final soit divulgué. Les ministres du Commerce international et des Affaires étrangères, Ed Fast et John Baird, ont par ailleurs laissé entendre que l’accord sera sans doute approuvé par le Parlement avant que les électeurs ne soient appelés aux urnes en 2015. Selon MM. Fast et Baird, les Canadiens ont donné un «mandat fort» aux conservateurs pour négocier l’entente lors des dernières élections générales, et l’accord fera l’objet d’un débat aux Communes. Les deux hommes ont refusé de répondre à des questions visant à savoir si le gouvernement atteindrait la tenue des prochaines élections avant de ratifier l’accord. L’accord de libre-échange canado-américain, puis ensuite l’Aléna, qui a ajouté le Mexique à l’équation, ont tous deux été débattus en campagnes électorales fédérales avant d’être ratifiés par la suite au Parlement. Au dire du ministre Fast, bien qu’une version juridiquement correcte du texte soit prévue d’ici quelques mois, les paramètres généraux de l’entente sont établis et ne seront pas modifiés, comme le martèle le premier ministre Stephen Harper. Le député conservateur de Beauce, Maxime Bernier, s’est rangé à l’avis de ses collègues du caucus, affirmant que des produits comme les crevettes pêchées dans la région de Matane, actuellement soumises à des tarifs à l’exportation en Europe de l’ordre de 20 pour cent, pourraient désormais être vendues sans l’ajout de taux douaniers. «L’accès plus important aux fromages européens sera rapidement absorbé par le marché canadien, et il n’y aura pas d’impacts négatifs pour les producteurs québécois», a-t-il également ajouté. Le Conseil des Canadiens, qui s’oppose à l’accord, soutient que l’opération de relations publiques du gouvernement ne peut se substituer à un débat légitime sur la valeur de l’entente. Des audiences publiques sont réclamées par le Conseil, afin que les Canadiens puissent évaluer le contenu de l’entente. L’entente, annoncée la semaine dernière par M. Harper et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, est le point culminant de quatre longues années de négociations et, si elle est acceptée par les deux parties, pourrait représenter l’un des plus grands succès du gouvernement. L’accord formerait probablement l’un des piliers de la plateforme conservatrice même s’il est ratifié avant les élections. Les conservateurs pourront alors prétendre qu’ils sont capables d’atteindre leurs objectifs en matière de politique commerciale. Des estimations en provenance de l’Europe laissent présager d’un délai allant jusqu’à deux ans pour que les 28 membres de l’Union européenne ratifient l’accord, ce qui amènerait approximativement la date de la signature au moment de la tenue des prochaines élections fédérales canadiennes, en octobre 2015.

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Les imprimante 3D capables de fabriquer des fusils inquiètent le fédéral

OTTAWA – L’émergence des imprimantes 3D aptes à la fabrication de fusils sans autorisation inquiète le ministère de la Sécurité publique. Le ministère mène une étude qui se penche sur l’avènement de la technologie 3D et la faisabilité de fabriquer des armes à feu, des pièces et des munitions. En mai, le gouvernement américain défrayait les manchettes en ordonnant à un site web basé au Texas de retirer des modèles pour fabriquer un pistolet à l’aide d’une imprimante 3D. Récemment, le ministère fédéral de la Sécurité publique a lancé un appel d’offres pour une étude, qu’il souhaite voir terminée en février prochain. L’appel d’offres mentionne que la possession légale d’une arme à feu au Canada exige un permis, ou un certificat d’enregistrement dans le cas d’une arme de poing ou d’autres armes interdites. De plus, un permis spécifique est nécessaire pour la fabrication d’armes à feu.

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L’accord de libre-échange aidera les ports de l’Est mais l’Asie reste favorite

MONTRÉAL – L’accord de libre-échange que viennent de conclure le Canada et l’Union européenne donnera un coup de pouce aux ports de la côte est, d’où partent la plupart des navires de marchandises à destination de l’Europe, mais le gros du commerce maritime restera toujours dirigée vers l’Asie, ont prédit des observateurs lundi. La pdg du Port de Halifax, Karen Oldfield, a affirmé que l’accord récemment négocié allait donner un nouvel élan au commerce existant avec l’Europe, sans toutefois renverser complètement l’intérêt pour les pays émergents asiatiques. Les transactions avec l’Europe ont représenté 38 pour cent des affaires du port de Halifax l’an dernier. L’Europe est la seconde destination la plus importante derrière l’Asie, et représente trois fois les échanges avec l’Amérique latine et les Antilles. Des 416 000 conteneurs qui ont transité par le port de Halifax en 2012, 52 pour cent étaient destinés à l’exportation. Mme Oldfield a affirmé que la réduction et l’élimination des tarifs douaniers sur plusieurs produits fera augmenter les exportations vers l’Europe, ce qui donnera un bon coup de main aux compagnies qui font le commerce de locomotives, de pièces automobiles, de fruits de mer, de métaux et de soya, entre autres. Le port de Montréal est aussi optimiste face à cet accord commercial. Le nord de l’Europe représente près de 47 pour cent de ses échanges, suivi par la Méditerrannée à 19 pour cent, et l’Asie à 13,7 pour cent. La porte-parole Sophie Rioux affirme que les avantages de l’accord de libre-échange ne seront pas visibles immédiatement, mais que les activités du port devraient augmenter. Cela pourrait même l’amener à considérer son expansion vers un nouveau site après 2020. Sur la côte ouest, le professeur Kurt Huebner, de l’université de la Colombie-Britannique, a soutenu que l’accord allait «solidifier» le commerce avec l’Asie, et non lui nuire. Selon lui, cet accord ouvre la porte aux entreprises canadiennes basées en Europe, mais la partie n’est pas gagnée d’avance dans ce marché aux réglementations environnementales, aux normes de travail et aux attentes de qualité sévères.

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Muskrat Falls: Emera affirme respecter les normes pour le Lien maritime

HALIFAX – La compagnie énergétique néo-écossaise Emera a déposé lundi une proposition officielle qui, affirme-t-elle, répond à toutes les conditions imposées par la régie provinciale des services publics, qui a provisoirement autorisé la construction de son Lien maritime d’électricité, évalué à 1,5 milliard $. Le projet implique de construire un câble sous-marin qui relierait la Nouvelle-Écosse à l’île de Terre-Neuve, permettant ainsi à Emera d’acheter de l’énergie produite par la centrale hydroélectrique de Muskrat Falls, en cours de construction au Labrador. La société d’État de Terre-Neuve-et-Labrador, Nalcor Energy, a signé une entente de 35 ans avec Emera pour fournir à la Nouvelle-Écosse 20 pour cent de l’énergie produite par la centrale du Labrador, en échange du paiement de 20 pour cent des coûts du projet de développement hydroélectrique, estimés à 7,7 milliards $. Des opposants à l’entente s’interrogent cependant sur la somme qu’aura à débourser Emera pour acheter de l’énergie au-delà de ce bloc de 20 pour cent pour lequel l’entreprise a déjà négocié un tarif annuel. En juillet, la régie des services publics de la Nouvelle-Écosse (Nova Scotia Utility and Review Board) a estimé qu’Emera devrait s’assurer que les Néo-Écossais aient accès aux meilleurs tarifs pour les surplus d’énergie, et ce en fonction des conditions du marché. Dans son rapport, le responsable de la régie a conclu que si cette condition était respectée, le Lien maritime représenterait la solution énergétique la plus abordable pour la province, mais par une faible marge seulement. Selon le document déposé lundi par Emera, l’entente avec Nalcor «offre l’assurance commerciale qu'[Emera] sera le premier client potentiel de Nalcor pour accéder à de l’électricité au prix du marché, qui pourra être exportée par Nalcor». Ladite entente doit encore être approuvée par la régie. Une porte-parole a annoncé que l’organisme tiendrait des consultations, mais il n’était pas clair si cela comprendrait des audiences publiques. Nalcor a accepté de fournir des estimations mensuelles sur le volume d’énergie pouvant être exporté vers la Nouvelle-Écosse. L’entente serait en vigueur jusqu’en 2041. Emera et Nalcor Energy vise un démarrage de la centrale de Muskrat Falls en 2017. Lors d’audiences publiques tenues plus tôt cette année, plusieurs intervenants néo-écossais ont voulu savoir si le projet de Lien maritime, entièrement payé par la Nouvelle-Écosse, serait avantageux pour les clients du réseau électrique, et si les tarifs seraient effectivement stabilisés, tel que promis.