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La Cour supérieure a rejeté une requête pour suspendre la construction du REM

MONTRÉAL — La Cour supérieure du Québec a rejeté mardi la requête d’une coalition qui souhaitait suspendre la construction du Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) Dans son jugement de 48 pages, le juge Michel Yergeau conclut que «le recours des demandeurs n’a aucune chance de réussir dans sa forme actuelle». Il ajoute qu’il est important d’y mettre fin maintenant «pour éviter d’engouffrer des ressources juridiques et des deniers importants dans une démarche judiciaire vouée à l’échec». Le juge a donc donné raison à la procureure générale du Québec, et à la CDPQ Infra — la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui est maître d’oeuvre du REM. Le groupe qui a déposé l’action en justice, formé de la Coalition climat et de cinq citoyens, dénonçait le processus de consultation, qui selon eux était «vicié». Dans sa requête, il alléguait également que le gouvernement québécois avait empiété sur les compétences fédérales en autorisant le projet, qui selon eux, devrait aussi se soumettre au processus d’évaluation du fédéral. La coalition et les citoyens soutenaient par ailleurs que le projet portait atteinte à leurs droits fondamentaux, en raison des bruits et de la création «d’immenses îlots de chaleur». Le groupe souhaitait donc interrompre la construction du projet pour recommencer une consultation «effective et utile» et qui «tiendrait compte des constatations issues de ces consultations publiques». Le juge a rejeté en bloc les arguments des demandeurs. Par exemple, selon lui, Québec n’a pas empiété sur les compétences du gouvernement fédéral et les demandeurs n’ont pas réussi à démontrer que le projet porterait atteinte à leur vie ou leur intégrité. Le juge Yergeau conclut que «les arguments de nature constitutionnelle et de droit public que soulèvent les demandeurs à l’encontre (de la loi constitutive du REM) relèvent de la spéculation». La construction du réseau électrique de 67 kilomètres, qui vise à relier la Rive-Sud, puis la Rive-Nord jusqu’à Deux-Montagnes en passant par Laval, de même que l’aéroport Trudeau et l’ouest de l’île jusqu’à Sainte-Anne-de-Bellevue, doit entrer en service en 2020.

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La neige et le vent affectent les conditions routières au Québec

Une tempête hivernale a déferlé sur le Québec mardi, contribuant à ralentir les déplacements sur le réseau routier de la province. La neige s’est accumulée rapidement sur la chaussée et des vents forts ont causé de la poudrerie à plusieurs endroits. Selon Transports Québec, le corridor Montréal-Québec, le long du fleuve, était particulièrement affecté. De bonnes bourrasques ont été signalées, ce qui a provoqué une réduction de la visibilité à plusieurs endroits. On signalait de la chaussée glacée en Montérégie sur l’autoroute 10 à la hauteur de Richelieu, de même que sur l’autoroute 20 à Lévis. Dans l’ouest de la province, la Sûreté du Québec (SQ) a fait état de plusieurs sorties de route et collisions avec dommages matériels. Heureusement, on ne rapportait pas d’accident avec blessures majeures. Une mise en portefeuille de deux poids lourds a été signalée sur l’autoroute 20 à Les Coteaux. Un carambolage a eu lieu sur la 40 à Saint-Sulpice et une série de collisions a aussi été rapportée à Brossard sur l’autoroute 10. Sur la rive sud de Québec, un carambolage a été signalé en après-midi sur l’autoroute 20 en direction est dans le secteur de Saint-Apollinaire. La collision a impliqué une quinzaine de véhicules dont six poids lourds. La SQ fait état de quatre à cinq blessés mineurs. Un autre carambolage a été rapporté sur l’autoroute 20 est, cette fois-ci à la hauteur d’Issoudun, à quelques kilomètres de Saint-Apollinaire. Sept véhicules ont été impliqués dans l’accident et là aussi quatre à cinq personnes ont été légèrement blessées, a indiqué Christine Coulombe, porte-parole de la SQ. Dans le secteur, l’autoroute 20, qui avait été complètement fermée, est maintenant rouverte. La SQ a profité de cette première bordée de neige importante dans la région de Montréal pour rappeler la nécessité pour les conducteurs de ralentir et de garder une distance sécuritaire en roulant derrière un véhicule. Elle a de plus réitéré l’importance de bien dégager la neige ou la glace sur le véhicule avant de prendre la route. Les trajets de Nez rouge affectés La tempête perturbe aussi les activités de Nez rouge, qui était forcé pour une première fois cette année de ralentir ou d’interrompre complètement ses services de raccompagnement mardi soir dans les régions de Québec, Lévis et Montréal. «Les conditions météo et les conditions routières ne permettent pas d’assurer la sécurité de nos bénévoles et nos clients», a expliqué David Latouche, directeur des communications chez Nez rouge. Les activités devaient se dérouler comme prévu dans les autres régions — celles de Sherbrooke et Laval/Basses Laurentides — mais l’organisme n’avait pas encore pris de décision finale à ce sujet. «On prône la sécurité routière, alors ce serait mal vu de notre côté que de laisser les bénévoles sur la route quand les conditions routières ne sont pas favorables», a-t-il soutenu. Dès le début de la journée, mardi, quelques écoles ont été fermées en raison de la tempête. Dans la région de Lanaudière, la Commission scolaire des Samares a ainsi annoncé la fermeture de tous ses établissements scolaires et de son centre administratif. Jusqu’à jeudi, Environnement Canada prévoit des précipitations allant de 15 à 50 centimètres, selon les endroits. La neige sera particulièrement abondante dans les régions qui se trouvent dans l’est de la province. Les secteurs de Charlevoix, de Forestville et ceux situés à l’embouchure du Saguenay devraient ainsi recevoir la plus grande quantité de neige, soit de 40 à 50 centimètres. De la pluie pourrait aussi succéder à la neige mercredi sur certains secteurs à l’est de Rimouski et de Sept-Îles.

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Lac-Mégantic: la défense n’appellera pas de témoins au procès, qui s’achève

MONTRÉAL — Les avocats des trois anciens employés de la Montreal, Maine and Atlantic Railway accusés à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic n’appelleront pas de témoins au procès. Tom Harding, Richard Labrie et Jean Demaître, qui ont tous plaidé non coupable à l’accusation de négligence criminelle ayant causé la mort de 47 personnes, ne témoigneront donc pas non plus à leur procès, qui s’est amorcé le 2 octobre en Cour supérieure à Sherbrooke. Thomas Walsh, l’avocat du conducteur de train Harding, a expliqué mardi, en entrevue téléphonique, que «le fardeau de la preuve incombe à la Couronne d’établir hors de tout doute raisonnable tous les éléments essentiels des infractions reprochées». Or, l’élément fondamental de cette affaire, soutient Me Walsh, «c’est de savoir si la conduite des accusés s’est écartée suffisamment d’une norme établie pour qu’elle constitue une négligence criminelle». Les avocats des accusés considèrent que cette preuve n’a pas été faite, et ils ont annoncé mardi qu’ils n’appelleront pas de témoins à la barre pour la défense. Par ailleurs, pour éviter toute pression indue sur le jury, qui pourrait être tenté de prononcer un verdict avant Noël, les parties ont convenu, mardi, de faire entendre leurs plaidoiries finales après les Fêtes. «Il est de mise de ne pas se sentir poussés pour en arriver à un verdict avant une certaine date», a expliqué Me Walsh aux journalistes. «Si les jurés avaient commencé à délibérer, admettons, le 20, ou au mieux le 19, ils n’auraient pas eu devant eux suffisamment de temps, possiblement, pour en arriver à une décision réfléchie sans être poussés dans le dos — et ce n’est pas bon pour le jury, ce n’est pas bon pour les accusés, ce n’est pas bon pour l’image de la justice non plus.» Le procès reprendra donc le mercredi 3 janvier avec les plaidoiries finales, et le jury pourrait bien commencer ses délibérations dès le lundi 8 janvier, après avoir écouté les directives du juge Gaétan Dumas. Le convoi de 72 wagons-citernes contenant du pétrole brut américain, garé pour la nuit à Nantes, en Estrie, s’était finalement ébranlé, sans conducteur, et avait dévalé une légère pente avant de s’emballer et de dérailler 10 km plus loin, en plein centre de Lac-Mégantic. Les explosions et le gigantesque incendie ont fait 47 morts au coeur de cette chaude nuit d’été du 6 juillet 2013. La Couronne a plaidé au procès que le convoi de 10 000 tonnes n’avait pas été adéquatement immobilisé à Nantes la veille de la tragédie. La poursuite a blâmé le conducteur du train, Tom Harding, le contrôleur ferroviaire Richard Labrie et le directeur des activités québécoises de la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA), Jean Demaître. La MMA, qui possédait et exploitait la voie ferrée, a depuis fait faillite. L’entreprise américaine, elle aussi accusée, a plaidé non coupable au même chef de négligence criminelle; un procès distinct doit s’amorcer à une date ultérieure.

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Des républicains en appellent à Wall Street pour presser Trump de garder l’ALÉNA

WASHINGTON — Des législateurs du parti de Donald Trump favorables au libre-échange tentent leur chance à l’extérieur de Washington, recherchant de l’aide pour convaincre le président de ne pas prendre de mesures qui pourraient anéantir l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Ces législateurs républicains s’inquiètent de voir le président, au début de l’année prochaine, concrétiser sa menace de lancer le processus de retrait de l’ALÉNA comme tactique de négociations, ce qui pourrait entraîner, selon eux, des conséquences économiques et politiques imprévisibles à travers le continent. Ils demandent à des Américains influents de faire entendre leur voix. Un législateur républicain a estimé lors d’une conférence, mardi, que la décision reviendrait ultimement à trois personnes: M. Trump, le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, et le représentant au commerce Robert Lighthizer. Will Hurd a affirmé qu’il n’y avait selon lui qu’un seul groupe de personnes qui pourrait avoir une quelconque influence sur ces trois décideurs — une puissante cohorte demeurée à l’écart et dans le déni quant à la menace réelle pesant sur l’ALÉNA. M. Hurd a appelé Wall Street à l’action. «Je crois qu’il y a une chose qui influencerait ces trois personnes qui prendront cette décision. Et ce sont les marchés», a dit M. Hurd, un ancien agent de la CIA, désormais membre du Congrès pour un district le long de la frontière entre le Mexique et le Texas. «Je reviens de New York, après avoir parlé à beaucoup de personnes dans la haute finance. Aucune d’entre elles ne croit qu’il y a un problème. Et tout le monde estime que l’ALÉNA 2.0 sera signé», a-t-il relaté. M. Hurd a soutenu que les marchés avaient tendance à réagir à la traîne de quelques mois en ce qui a trait aux menaces politiques. Ce pourrait être le cas concernant l’ALÉNA, selon lui, d’autant plus qu’il y aurait actuellement un faux sentiment de sécurité émanant des réductions importantes de l’impôt des entreprises sur le point d’être adoptées aux États-Unis. Une dirigeante d’un grand constructeur automobile était présente à la conférence, et elle a souligné que le secteur automobile avait tenté d’éveiller les consciences, mais que l’administration Trump ne voulait pas entendre. «Nous avons du mal à être entendus par ces trois personnes. Je crois qu’aucune affirmation de notre part ne résonne à leurs oreilles», a-t-elle déploré.

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La charte des voyageurs du ministre Marc Garneau attendra encore

OTTAWA — Le projet de loi C-49 qui jette les bases pour l’élaboration d’une charte des voyageurs devra attendre. Le ministre des Transports, Marc Garneau, espérait qu’il soit adopté avant Noël pour pouvoir présenter, en 2018, les règlements qui définiront cette Déclaration pour les droits des passagers. Cette charte doit clarifier les responsabilités des transporteurs aériens envers leurs passagers. Mais son cadeau de Noël cette année ne sera pas C-49, lui a fait savoir sans détour le sénateur Dennis Dawson, mardi. Le ministre Garneau témoignait devant le comité sénatorial des transports et des communications où il a invité les sénateurs à procéder à l’étude du projet de loi le plus rapidement possible. Après son adoption, la charte devra être rédigée par l’Office des transports du Canada, qui lancera ensuite des consultations. Les voyageurs devront donc patienter encore des mois avant d’être adéquatement protégés. Une telle charte aurait pu, par exemple, éviter la situation dans laquelle des centaines de passagers d’Air Transat se sont retrouvés en juillet dernier à Ottawa lorsqu’ils sont demeurés coincés durant des heures dans deux avions qui avaient été déroutés à cause de la météo. M. Garneau a fait valoir que de nombreux groupes attendent que cette législation entre en vigueur pour toutes sortes de raisons. Le projet de loi C-49 modifie plusieurs dispositions de la Loi sur les transports au Canada. Il inclut, entre autres, des mesures pour permettre l’installation de caméras dans les locomotives, une mesure qui soulève des inquiétudes quant à la vie privée des cheminots. Le ministre des Transports s’est dit prêt à accepter des amendements. M. Garneau, connu pour son flegme, a perdu son calme à quelques reprises durant son témoignage. «J’ai corrigé certaines erreurs qui m’avaient été communiquées durant les deux heures que j’ai passé là», a-t-il expliqué plus tard dans la journée.

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Nouveau pas symbolique pour l’alliance sur le charbon

OTTAWA — L’alliance mondiale pour éliminer la production d’électricité au charbon vient de franchir un autre pas symbolique. Trente-et-un pays, États, entreprises et organismes se sont joints mardi à cette initiative lancée il y a un mois par la ministre fédérale de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, et son homologue britannique Claire Perry. Mme McKenna en a fait l’annonce à Paris en marge de One Planet Summit, une conférence internationale organisée pour marquer les deux ans de l’Accord de Paris sur le climat. La ministre s’est réjouie de voir le nombre de membres doubler. Seulement six nouveaux pays ont adhéré à cette alliance. Il s’agit de la Suède, la Lettonie, le Liechtenstein, l’Éthiopie, les îles de Tuvalu et du Vanuatu. L’État de la Californie s’est également joint. La majorité des nouveaux membres de cette alliance, 24 en tout, sont des entreprises et des organismes. Le géant Unilever et le groupe Virgin en font partie. Ils s’engagent ainsi à trouver d’autres sources d’électricité que le charbon pour faire fonctionner leurs installations. Il s’agit d’un appui important, selon la ministre McKenna, puisque ces entreprises sont toutes de grandes consommatrices d’électricité. Le charbon, une source d’énergie polluante, est responsable de plus de 40 pour cent des émissions mondiales de dioxyde de carbone. Son élimination est une étape nécessaire à l’atteinte des objectifs mondiaux de l’Accord de Paris sur le climat, a souligné Mme McKenna. Pourtant, l’adhésion des grands pollueurs comme la Chine et l’Inde se fait toujours attendre. La ministre McKenna a affirmé être en discussion avec plusieurs pays développés ou en voie de développement. Elle s’attend à ce que des pays qui utilisent le charbon comme principale source d’énergie se joignent éventuellement à l’alliance.

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Le Québécois Richard Wagner nommé juge en chef de la Cour suprême par Trudeau

OTTAWA — Le plus haut tribunal au pays sera dirigé par un juge du Québec. À la grande satisfaction du gouvernement québécois, Justin Trudeau a arrêté son choix sur Richard Wagner pour le poste de juge en chef de la Cour suprême du Canada. «J’ai été très content de nommer Richard Wagner. C’est un homme qui va remplir ses nouvelles responsabilités avec intégrité et indépendance. C’est exactement le genre de juriste dont on a besoin (à) la Cour», a plaidé le premier ministre au parlement, mardi. La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, s’est réjouie de la sélection de ce magistrat «connu pour sa collégialité, pour sa capacité à s’entendre avec les gens», ce qui est «particulièrement important quand on parle du plus haut tribunal au pays». Elle s’est dite convaincue que le juge âgé de 60 ans, qui pourrait donc être aux commandes de la Cour suprême pour une quinzaine d’années, saurait remplir «les énormes chaussures» de sa prédécesseure, Beverley McLachlin, mais qu’il saurait «tracer son propre chemin». La ministre n’a pas voulu spécifier à quel point l’enjeu de l’alternance entre un juge issu de la common law et un juge issu du droit civil avait penché dans la balance. Elle a simplement dit que c’était «certainement quelque chose que le premier ministre (avait) pris en considération». À ses côtés, le député Marc Miller ne s’est pas non plus étendu sur la question de la «soi-disant alternance» et a argué que Justin Trudeau avait opté pour la «tradition d’excellence» en misant sur le magistrat québécois, à qui le premier ministre a appris la nouvelle lundi soir au téléphone. Il a refusé de dire si des pressions avaient été exercées par la députation québécoise au caucus. Plusieurs députés du Québec, dont M. Miller, avaient fait valoir la semaine passée que l’alternance n’était pas contraignante, et qu’auparavant, c’était l’ancienneté qui primait. En revanche, au moins deux ministres québécois, François-Philippe Champagne et Mélanie Joly, disaient souhaiter que leur chef désigne l’un des trois magistrats du Québec. Certains de leurs collègues députés, comme Nicola Di Iorio et Denis Paradis, étaient dans ce même camp. Le député Paradis a reconnu que cette prise de position publique visait à influencer Justin Trudeau. «Oui, on a voulu créer un impact», a tranché celui qui, comme ex-bâtonnier du Québec, croit fermement en l’importance du civilisme dans le paysage bijuridique canadien. Depuis la Seconde Guerre mondiale, à une exception près, le siège a été confié en alternance à des juges du Québec, issus de la tradition du droit civil, et des juges d’autres provinces, issus de la tradition de la common law. Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a offert son appui à la nomination. «Je pense que c’est une bonne chose que le gouvernement ait respecté le principe d’alternance», a-t-il signalé à son entrée à la période des questions. Le député bloquiste Rhéal Fortin a ajouté sa voix à ce concert d’éloges à l’intention du juriste, sans pour autant aller jusqu’à féliciter le premier ministre pour son choix. «Il respecte une tradition; on ne lui donnera pas une médaille pour ça», s’est-il exclamé en point de presse. Chez les néo-démocrates, Alexandre Boulerice a accueilli «favorablement», en marge du bilan de la session parlementaire, la désignation de ce magistrat qui a une «excellente réputation» et s’est dit «très heureux» du respect du «concept de l’alternance». Québec ravi La nomination de Richard Wagner a très vite, et très chaleureusement, été applaudie par le gouvernement du Québec, qui avait exhorté ces dernières semaines le premier ministre du Canada à nommer l’un des trois magistrats de la province. «Comme vous savez, le droit civil, c’est une des façons par laquelle le Québec se distingue au Canada, donc on accueille favorablement cette nomination-là, bien sûr», a réagi le premier ministre Philippe Couillard depuis Toronto. Sa ministre de la Justice a abondé dans le même sens. «C’est une excellente nomination. Je suis très heureuse de voir le juge Wagner accéder au titre de juge en chef. C’est un très beau message quant au respect de la tradition civiliste du Québec», a souligné Stéphanie Vallée. Elle s’est félicitée que les représentations du gouvernement québécois aient porté leurs fruits et mené à la sélection de ce juriste qu’elle a décrit à La Presse canadienne comme un homme d’une «grande profondeur» qui «comprend bien la réalité de la société québécoise». Et la nomination, par le premier ministre libéral Justin Trudeau, d’un juge en chef choisi en 2004 par son prédécesseur conservateur, Stephen Harper, illustre qu’il ne s’agit pas d’une sélection partisane, juge Mme Vallée. «Les décisions qu’il a rendues ont toujours été très objectives, donc pour moi, le juge Wagner, ce n’est pas une nomination politique», a-t-elle offert lorsqu’on lui a demandé si le magistrat avait selon elle une couleur politique. Le Barreau du Québec, qui avait aussi réclamé le maintien de la pratique d’alternance, a également exprimé sa satisfaction. «On ne pourrait pas être plus satisfaits», a convenu mardi le bâtonnier du Québec, Paul-Matthieu Grondin. Il voit bien ce juriste «d’une grande humilité» oeuvrer dans la continuité de sa prédécesseure. «La Cour suprême, récemment, nous a habitués à une certaine créativité. (…) On s’attend à ce que ce soit le cas aussi (sous la houlette de Richard Wagner)», a-t-il dit La Presse canadienne. Félicitations de McLachlin Celle dont le départ à la retraite a offert l’occasion à Justin Trudeau de devenir le premier premier ministre depuis Jean Chrétien à nommer un juge en chef a salué la sélection de ce «brillant juriste» d’une «grande intégrité». «Je félicite le juge Wagner pour sa nomination à ce poste important, à la fois exigeant et stimulant. Je suis convaincue qu’il dirigera la Cour avec sagesse et compétence», a déclaré le juge en chef sortante Beverley McLachlin dans un communiqué transmis par la Cour. La magistrate britanno-colombienne accrochera sa toge vendredi prochain, après avoir passé près de 18 ans aux commandes du plus haut tribunal au pays — un record que ne peut aspirer à fracasser son successeur, l’âge de la retraite obligatoire étant fixé à 75 ans. Le juge québécois reprendra officiellement le flambeau vendredi. Il sera assermenté lundi prochain par la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, lors d’une cérémonie qui se tiendra à Rideau Hall. — Richard Wagner en quelques éléments biographiques — Né à Montréal le 2 avril 1957 — Fils de Claude Wagner, ministre québécois de la Justice sous Jean Lesage — Accueilli au Barreau du Québec en 1980 — Nommé juge à la Cour supérieure du Québec en 2004 — Nommé juge à la Cour d’appel du Québec en 2011 — Nommé juge à la Cour suprême du Canada en 2012 — Les derniers juges en chef de la Cour suprême Beverley McLachlin, 2000-2017, Colombie-Britannique Antonio Lamer, 1997-2000, Québec Robert George Brian Dickson, 1984-1990, Manitoba Bora Laskin, 1973-1984, Ontario Joseph Honoré Gérald Fauteux, 1970-1973, Québec John Robert Cartwright, 1967-1970, Ontario Robert Taschereau, 1963-1967, Québec Patrick Kerwin, 1954-1963, Ontario Thibaudeau Rinfret, 1944-1954, Québec Source: Cour suprême du Canada

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Rénovation d’une succursale de la SAQ: la facture dépasse les 5 millions $

QUÉBEC — La Société des alcools du Québec (SAQ) a dépensé plus de 5 millions $ de fonds publics pour rénover une de ses succursales de Québec, selon ce qu’a appris La Presse canadienne. Le célèbre slogan de la société d’État — «La modération a bien meilleur goût» — ne semble donc pas nécessairement toujours s’appliquer aux projets de réaménagement de son réseau de succursales. Depuis 1987, la SAQ louait un local situé à l’intersection des rues Cartier et Fraser, à Québec, pour abriter une de ses succursales. La direction a jugé il y a quelques années qu’elle était un peu à l’étroit dans ce local et a entrepris d’en trouver un autre plus vaste dans le même quartier, mais en vain. Un appel d’offres n’a pas eu de suite. Finalement, la direction de la SAQ a considéré qu’il s’agissait d’un endroit stratégique et qu’il n’était plus question de déménager, même si cette décision allait nécessairement entraîner des travaux majeurs et des coûts à l’avenant. Contrairement à ses pratiques habituelles de gouvernance, la SAQ a donc choisi dans ce cas-ci, «exceptionnellement», d’acheter le local en question, de l’agrandir de l’intérieur et de le rénover de fond en comble. Un lifting majeur à prix fort Les factures n’ont pas tardé à s’accumuler. Le coût de ce lifting, qu’on peut qualifier de majeur, ayant nécessité près d’un an de travaux, n’est pas négligeable. L’achat du local a nécessité un déboursé de 2,2 millions $. À ce prix-là, la SAQ devient propriétaire uniquement du rez-de-chaussée et non de l’édifice au complet, qui compte plusieurs étages. Les travaux comme tels, complétés en septembre dernier, ont entraîné un autre déboursé de 2,6 millions $, incluant une facture de 800 000 $ pour des travaux d’excavation. Pendant la durée des travaux, la SAQ devait continuer à servir ses clients. Elle a donc loué un local à deux pas de la succursale, toujours rue Cartier (125 000 $), et a dû assumer les frais de déménagement des caisses de vins et spiritueux (87 000 $). Une fois les travaux complétés, il fallait bien renouveler l’équipement, essentiellement des frigos et des étagères, ce qui a fait grimper la facture de 218 000 $. Au total, le projet aura donc coûté à ce jour plus de 5,2 millions $. Dans les mois qui viennent, ce montant devra être revu à la hausse car toutes les factures n’ont pas encore été reçues. À combien estime-t-on les coûts additionnels à prévoir? «Les montants ne sont pas encore déterminés», répond la SAQ. Un «projet unique» Les montants indiqués dans ce reportage ont été obtenus en vertu de la Loi d’accès à l’information, après deux demandes écrites détaillées, formulées en octobre et novembre. La société d’État aura étiré au maximum l’élastique des délais légaux pour fournir les quelques chiffres demandés, soit environ deux mois et demi. On a peine à imaginer le nombre de Mouton Cadet et de Veuve Cliquot que les amateurs devront acheter avant que la SAQ puisse espérer rentabiliser son investissement dans sa succursale toute pimpante de la rue Cartier. Mais elle assure dans sa réponse qu’une analyse coûts-bénéfices a été effectuée avant d’aller de l’avant avec cette initiative onéreuse. Tous les projets de ce type sont approuvés par le conseil d’administration, assure-t-on. La direction justifie son choix en affirmant qu’il s’agit d’un «projet unique difficilement comparable aux autres» projets de rénovation de succursales entrepris par la SAQ. Il apparaît donc hasardeux de se demander dans quelle mesure le projet de la rue Cartier s’inscrit dans le plan de gestion du réseau de la SAQ et sa politique de gouvernance. En fait, la direction y renonce d’emblée, affirmant qu’elle n’est tout simplement «pas en mesure de comparer ce projet à d’autres projets similaires» de la société d’État. «Il est apparu plus avantageux de procéder à l’acquisition du local qu’à sa location», écrit la responsable de l’accès à l’information, Martine Comtois, dans sa réponse. En général, pourtant, la SAQ préfère installer ses succursales dans des locaux loués, ce qui lui laisse plus de marge de manoeuvre. Le réseau compte 407 succursales et 401 sont situées dans des locaux loués «clés en main». Dans ce cas-ci, l’achat a permis un agrandissement relatif grâce aux travaux effectués. La superficie de la succursale de la rue Cartier est passée de 5140 pieds carrés à 5900 pieds carrés, un gain de 13 pour cent, qui servira à l’entreposage des produits. La SAQ est une précieuse source de revenus pour l’État, versant chaque année au trésor public un dividende d’environ 1 milliard $.

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Les minorités visibles se sentent moins en sécurité que les autres au pays

MONTRÉAL — Les minorités visibles — surtout les Arabes et les Asiatiques occidentaux — se sentent moins en sécurité que les autres au pays, révèle mardi une analyse de Statistique Canada. Selon cette étude portant sur les perceptions des Canadiens à l’égard de leur sécurité personnelle, réalisée sur la base des données de 2014, les personnes ayant affirmé appartenir à une minorité visible étaient moins susceptibles que les autres de déclarer se sentir tout à fait en sécurité lorsqu’elles marchent seules dans leur voisinage quand il fait noir. Elles n’étaient que 44 pour cent à se sentir en sécurité, par rapport à 54 pour cent pour les Canadiens qui ne sont pas des minorités visibles. Cette notion de «perception de sécurité» est évidemment différente du taux réel de criminalité observé. Statistique Canada a bien noté que les habitants des grandes villes se sentent généralement moins en sécurité que ceux des petites localités, et que la majorité des personnes se décrivant comme minorités visibles résident dans les grands centres. Même en tenant compte de ce facteur, les minorités visibles étaient moins susceptibles de déclarer se sentir en sécurité que les autres. Parmi les différents groupes de minorités visibles, les Arabes (15 pour cent) et les Asiatiques occidentaux — par exemple les Iraniens et les Afghans — (16 pour cent) étaient les plus susceptibles d’indiquer ne pas se sentir en sécurité lorsqu’ils marchent seuls le soir. Chez les femmes arabes ou asiatiques occidentales, cette proportion était encore plus élevée, à 25 pour cent. Il s’agit d’un changement par rapport à 10 ans plus tôt, alors que les Arabes et les Asiatiques occidentaux affichaient des sentiments de sécurité semblables à ceux des autres groupes de minorités visibles, note l’organisme fédéral de statistiques. De même, parmi les principaux groupes religieux, les musulmans (14 pour cent), en particulier les femmes musulmanes (21 pour cent), étaient aussi les plus susceptibles de dire qu’ils ne se sentaient pas très ou pas du tout en sécurité. «Certaines études suggèrent que les crimes haineux peuvent avoir une incidence sur le sentiment de sécurité de l’ensemble de la communauté ciblée et non seulement sur la victime directe», note l’organisme fédéral de statistiques. Et puisque les plus récentes données policières font état d’une augmentation du nombre de crimes haineux ciblant les Arabes et la population musulmane, cela pourrait expliquer en partie le fait que les Arabes et les Asiatiques occidentaux soient maintenant plus susceptibles que les autres membres des minorités visibles de déclarer ne pas se sentir en sécurité lorsqu’ils marchent seuls quand il fait noir», est-il écrit, études à l’appui. De façon globale, les données de l’Enquête sociale générale de 2014 sur la sécurité indiquent que la majorité des Canadiens se disent satisfaits (50 pour cent) ou très satisfaits (38 pour cent) de leur sécurité personnelle par rapport à la criminalité. Au Québec, 52 pour cent sont satisfaits et 36 pour cent très satisfaits. De façon générale, les résidants des provinces de l’Atlantique et de l’Ontario étaient les plus satisfaits de leur sécurité personnelle, alors que ceux des Prairies et des territoires l’étaient moins. Le fait d’être une femme constitue, et de loin, le facteur ayant la plus grande incidence sur le sentiment de sécurité. Pour tous les groupes de population et dans toutes les circonstances, les femmes affichaient un sentiment de sécurité personnelle moins fort que celui des hommes, est-il expliqué dans l’analyse. Au Québec, parmi les régions métropolitaines de recensement de plus de 100 000 habitants, les résidants de Sherbrooke étaient ceux qui se sentaient le plus en sécurité. Sherbrooke était uniquement devancée par les villes ontariennes de Guelph et de Kingston. Dans son analyse, Statistique Canada indique que «plusieurs études démontrent que les niveaux de criminalité influent seulement partiellement sur le sentiment de sécurité. D’autres facteurs plus souvent présents en milieu urbain, tels que des signes de désordre social ou physique (par exemple des graffitis), des interactions fréquentes avec des étrangers et une faible cohésion sociale, peuvent aussi réduire le sentiment de sécurité».