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La gestion de l’offre est non négociable, s’indigne Laurent Lessard

QUÉBEC — La gestion de l’offre au Canada est non négociable, s’est indigné, lundi, le ministre québécois de l’Agriculture, Laurent Lessard. Celui-ci réagissait à la demande des États-Unis d’abolir le système de gestion de l’offre en vigueur au Canada pour les produits laitiers, les volailles, les oeufs et la dinde d’ici les dix prochaines années. Deux sources ont confié à La Presse canadienne que cette demande était tombée dimanche soir lors des négociations pour la nouvelle mouture de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). M. Lessard était justement à Washington vendredi et samedi dernier, où il s’est entretenu avec des négociateurs canadiens, dont Raymond Bachand et le négociateur agricole Frédéric Seppey. Le ton des Américains a considérablement durci depuis, a-t-il convenu en entrevue téléphonique, lundi. «Là, aujourd’hui, je vois que ça a beaucoup évolué depuis samedi quand j’ai quitté à 13h, a affirmé M. Lessard. Ça a commencé par une ingérence dans la gestion, la répartition des quotas, des tarifs et des volumes, en plaidant la transparence, et aujourd’hui, ils vont bien plus loin. «Les Américains demandent des choses extrêmes, comme la fin de la gestion de l’offre, qui n’est pas quelque chose qui a été mis sur la table. Ils peuvent demander beaucoup d’affaires, mais ce n’est pas quelque chose qu’on va négocier», a-t-il poursuivi. Le système canadien de quotas et de contrôle des prix vise à assurer aux producteurs de lait, d’oeufs et de volaille un revenu stable malgré les fluctuations du marché. Le Québec produit environ 40 pour cent du lait canadien. Autant M. Lessard que le gouvernement fédéral ont promis de défendre la gestion de l’offre bec et ongles, arguant que les États-Unis maintiennent de leur côté plusieurs programmes d’appui à leurs propres fermiers. M. Lessard a dit avoir appelé sa collègue, la ministre de l’Économie Dominique Anglade, pour lui dire que la négociation avec les États-Unis se corsait, et «qu’on n’aura pas le choix de rester campé sur notre position, très ferme, avec le gouvernement fédéral là-dessus». «On va suivre les étapes et au besoin, on va se déplacer, a-t-il déclaré. On va faire des représentations sur le terrain pour dire aux Américains qui nous supportent: Enlevez l’incertitude (…) qui est le pire adversaire de l’investissement à long terme. Ça crée de l’instabilité des deux côtés.» Du sabotage, croit l’UPA Pour sa part, l’Union des producteurs agricoles (UPA) n’est pas surprise, puisqu’elle s’attendait à une pareille demande «extrêmement extravagante» de la part des États-Unis, a affirmé en entrevue son président, Marcel Groleau. Les États-Unis tentent de saboter les négociations, selon lui, en faisant tout pour que le Canada et le Mexique quittent la table. «Il n’y a pas de logique, a-t-il dénoncé. C’est simplement du protectionnisme pur et simple, au premier degré. (…) Il n’y a pas de vision globale ou même simplement nord-américaine du commerce dans l’approche de M. Trump.» Il ajoute que la demande cette fois est tellement «grosse» qu’elle sera facile à «rejeter du revers de la main». «C’est n’est même pas négociable; ce n’est même pas des éléments qui permettent de débuter une négociation. En quelque sorte, la situation est pratiquement plus facile pour le gouvernement canadien», a soutenu M. Groleau. Il a dit craindre cependant que les secteurs de la viande, des fruits et des légumes, et des céréales se voient imposer des tarifs par Washington. Par ailleurs, M. Groleau a dit s’attendre à ce que la ministre fédérale des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, envoie mardi un message clair aux Américains concernant la gestion de l’offre.

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La police effectue une saisie majeure de l’opioïde mortel carfentanil en Ontario

PICKERING, Ont. — La police a saisi 42 kilos de l’opioïde mortel carfentanil dans le sud de l’Ontario et estime qu’il s’agit de la plus grande saisie de cette drogue au pays. Le carfentanil est un opioïde synthétique similaire au fentanyl, mais 100 fois plus puissant. Une quantité inférieure au poids d’un grain de sel peut causer la mort. La police régionale de Durham a indiqué lundi avoir saisi 53 kilos de substances inconnues dans une maison de Pickering, en Ontario, le 20 septembre, et Santé Canada a confirmé qu’il y avait dans ce lot 42 kilogrammes de carfentanil. La police a affirmé qu’un homme d’Oshawa, en Ontario, âgé de 33 ans, faisait face à des accusations de possession de carfentanil à des fins de trafic. Le corps policier a aussi saisi 33 armes à feu et d’autres dispositifs interdits dans la maison. L’homme avait été accusé le mois dernier sous 337 chefs d’accusation reliés aux armes, notamment pour entreposage négligent d’une arme à feu, possession non autorisée d’une arme à feu et possession d’une arme à feu prohibée.

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Justin Trudeau sera au Lac-Saint-Jean jeudi

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau sera de passage dans la circonscription de Lac-Saint-Jean jeudi, à quelques jours de l’élection partielle. Il sera dans la région pour appuyer le candidat du Parti libéral, Richard Hébert, qui espère ravir la circonscription détenue par les conservateurs depuis une décennie. Ensemble, ils convient les citoyens à une «rencontre informelle» du côté de Dolbeau-Mistassini, ville dont le candidat Hébert était maire avant de tenter sa chance en politique fédérale. La circonscription laissée vacante par la démission du député et ancien ministre Denis Lebel a vu défiler ces derniers jours les leaders de trois partis représentés en Chambre. Le chef conservateur, Andrew Scheer, y a passé pas moins de trois jours pour épauler son candidat Rémy Leclerc la semaine dernière. Le nouveau leader des troupes néo-démocrates, Jagmeet Singh, a quant à lui fait d’Alma sa première destination dans une région du Québec à l’extérieur de Montréal. Il s’y est rendu mardi dernier pour prêter main-forte à la candidate Gisèle Dallaire, qui était arrivée deuxième en octobre 2015 avec 28,5 pour cent des suffrages exprimés. La chef du Bloc québécois, Martin Ouellet, a aussi fait le déplacement pour appuyer le syndicaliste Marc Maltais.

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Après l’avortement des négos,entente surprise dans la construction résidentielle

MONTRÉAL — À la surprise générale, une entente de principe est finalement intervenue en vue du renouvellement de la convention collective dans le secteur de la construction résidentielle, à deux semaines de l’échéance prévue par la loi spéciale. L’information a été confirmée à La Presse canadienne par l’Alliance syndicale et la partie patronale qui négocie pour ce secteur, l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation (APCHQ). Les négociations dans ce secteur avaient pourtant avorté, mercredi soir dernier, et le cul-de-sac avait été confirmé publiquement jeudi. L’association patronale avait claqué la porte, affirmant qu’elle perdait son temps, après que l’Alliance syndicale eut refusé de signer un document portant sur une offre qu’elle avait elle-même déposée et que la partie patronale avait acceptée. L’APCHQ s’était alors résignée à demander au ministère du Travail de mettre fin à la médiation et d’imposer l’arbitrage. Les parties n’ont pas voulu élaborer, lundi, sur ce qui avait provoqué ce soudain revirement de situation. «Ce qui compte, c’est qu’aujourd’hui, on ait une entente. Ça fait partie du passé. On a une entente de principe, donc c’est très positif», a commenté au cours d’une entrevue François-William Simard, vice-président au développement stratégique et aux communications à l’APCHQ. Il estime que l’entente de principe est intéressante pour les travailleurs et tient compte de la capacité de payer des entrepreneurs du secteur résidentiel. L’Alliance syndicale aussi s’est réjouie. «Nous avons toujours dit qu’une entente négociée était préférable et nous nous réjouissons d’avoir réussi à l’obtenir avec l’APCHQ», a commenté de son côté Michel Trépanier, porte-parole de l’Alliance syndicale. L’APCHQ doit maintenant soumettre l’entente de principe à ses membres d’ici «quelques semaines», de même que l’Alliance syndicale. Ce sont eux qui auront le dernier mot. Les détails de l’entente de principe n’ont pas été dévoilés, les deux parties préférant en garder la primeur pour leurs membres, comme c’est habituellement le cas en pareilles circonstances. Compte à rebours Pour les autres, le temps presse, puisque la loi spéciale, qui avait mis fin à la grève le 30 mai dernier, donne aux parties patronales et à l’Alliance syndicale jusqu’au 30 octobre pour renouveler les conventions collectives qui concernent les 175 000 ouvriers dans l’ensemble du Québec. Il reste maintenant aux secteurs industriel et commercial-institutionnel à conclure leurs conventions collectives. Et il reste moins de deux semaines. M. Trépanier rapporte des négociations qui se déroulent «dans un climat difficile» avec l’Association de la construction du Québec, l’association patronale qui négocie pour ce secteur. «Cependant, nous espérons encore que les patrons abandonneront leurs demandes qui affectent grandement le quotidien des familles de nos travailleurs, afin que nous puissions nous entendre avant la date butoir du 30 octobre», a indiqué M. Trépanier. Le quatrième secteur de l’industrie, celui du génie civil et voirie, avait conclu une entente de principe complète en septembre dernier. La loi spéciale prévoit qu’à défaut d’entente, le 30 octobre, les questions non résolues seront soumises à un arbitre. Celui-ci devra rendre une décision d’ici le 30 avril. Et sa décision liera les parties jusqu’au 30 avril 2021. L’Alliance syndicale regroupe toutes les organisations syndicales de l’industrie, à savoir la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction, la CSD-Construction et la CSN-Construction.

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ALÉNA: les États-Unis réclament la fin définitive de la gestion de l’offre

ARLINGTON, Va. — Les États-Unis réclament la fin définitive du système de la gestion de l’offre en vigueur au Canada pour les produits laitiers, les volailles et les oeufs d’ici les dix prochaines années. Deux sources ont confié à La Presse canadienne que cette demande était tombée dimanche soir lors des négociations pour la nouvelle mouture de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). L’une de ces sources a précisé que la requête prévoyait une période d’adaptation pour permettre graduellement un accès au marché, à raison de cinq pour cent par année. L’objectif est de mettre fin à tous les quotas et tarifs douaniers d’ici dix ans, selon ces deux représentants. «Scandaleux», a réagi le président des Producteurs laitiers du Canada, Pierre Lampron. «Il s’agirait de la fin de la gestion de l’offre (…) Nous ne sommes pas surpris des demandes des États-Unis, elles sont en phase avec les demandes qu’ils ont effectuées dans d’autres secteurs», a-t-il souligné. Le gouvernement du Canada soutient pour sa part que l’idée est vouée à l’échec. Le gouvernement de Justin Trudeau avait affirmé d’emblée dans les négociations qu’il ne voulait tout simplement pas discuter de la gestion de l’offre. Il a promis de maintenir la gestion de l’offre, arguant que les États-Unis maintenaient de leur côté plusieurs programmes d’appui à leurs propres fermiers. Durant cette nouvelle ronde de négociations, qui est presque terminée, Washington a fait plusieurs demandes jugées inadmissibles, ce qui a soulevé des doutes sur la possibilité réelle de conclure une entente. Les États-Unis ont abordé plusieurs sujets litigieux, dont les pièces automobiles, le mécanisme de règlement de différends et les règles «Buy American» — une clause protectionniste. Ils ont aussi mis de l’avant une clause dite «crépusculaire» qui pourrait mettre fin à l’ALÉNA d’ici cinq ans. Déjà, les informations qui circulent indiquent que l’objectif d’une entente avant la fin de l’année pourrait se dissiper complètement. Les États-Unis ont présenté des demandes jugées irréalistes dans pratiquement chaque secteur d’envergure: — Pièces automobiles: les États-Unis souhaitent que toutes les voitures comprennent un contenu américain de 50 pour cent, à défaut de quoi un tarif additionnel serait appliqué. Les États-Unis ont réclamé que cette politique soit implantée graduellement sur une période d’un an — ce que les constructeurs automobiles jugent impossible. — Mécanisme de règlement des différends: les États-Unis veulent éliminer les systèmes d’exécution de l’ALÉNA, rendant non contraignants ou volontaires les comités sur les différends liés aux chapitres 11, 19 et 20 de l’accord. — «Buy American»: les États-Unis veulent restreindre considérablement l’accès d’autres pays aux contrats des services publics américains. — Clause dite «crépusculaire»: les États-Unis ont réclamé une clause de résiliation qui mettrait fin à l’ALÉNA après cinq ans, à moins que toutes les parties s’entendent pour prolonger l’entente. — Produits laitiers: la requête sur la gestion de l’offre suit une demande précédente réclamant un veto de facto sur les décisions canadiennes de classification du lait, qui, dans le cas des produits de lait diafiltré pour la fabrication des fromages, ont avantagé les producteurs canadiens.

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Élections 2018: Josée Lévesque nommée organisatrice en chef du PLQ

QUÉBEC — À un an de l’échéance, le premier ministre Philippe Couillard a confié à Josée Lévesque le mandat de mener les libéraux à une deuxième victoire de suite le 1er octobre 2018. Militante libérale de longue date, elle a été désignée lundi organisatrice en chef du Parti libéral du Québec (PLQ) pour la prochaine élection générale. Elle avait joué le même rôle, avec succès, lors du scrutin précédent en 2014, de même que lors de la course au leadership de M. Couillard en 2012-2013. Depuis 2014, elle était la directrice de cabinet du whip en chef du gouvernement, Stéphane Billette, qui vient d’être nommé ministre délégué aux Petites et moyennes entreprises (PME). Depuis mercredi, c’est Nicole Ménard qui joue le rôle de whip en chef et Mme Lévesque assurera la période de transition avant de se consacrer à temps plein à ses responsabilités électorales et partisanes, dans quelques semaines. Jusqu’à lundi et depuis 2016, c’était Sylvain Langis qui cumulait les responsabilités d’organisateur en chef et de directeur général du PLQ. Dorénavant, il demeurera uniquement directeur général du parti. En coulisses, certains libéraux lui attribuaient une part de responsabilité dans la défaite cuisante des libéraux dans la forteresse libérale de Louis-Hébert le mois dernier, alors que le PLQ avait mordu la poussière au profit de la Coalition avenir Québec (CAQ).

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Trudeau rajuste sa réforme fiscale et annonce une baisse d’impôts pour les PME

OTTAWA — Le taux d’imposition des petites et moyennes entreprises (PME) sera réduit à neuf pour cent, une mesure que le gouvernement libéral avait promise, puis abandonnée. Justin Trudeau a ainsi annoncé, lundi, qu’il se ravisait. La baisse d’impôts se fera en deux temps. Le taux d’imposition des PME, qui est actuellement de 10,5 pour cent, passera à 10 pour cent dès le 1er janvier prochain, puis à neuf pour cent en janvier 2019. Le premier ministre en a fait l’annonce à Stouffville, en Ontario. La mesure doit servir à dorer la pilule de la réforme fiscale, mal accueillie par plusieurs. D’ailleurs, M. Trudeau a également fait savoir que sa réforme sera rajustée. Le gouvernement entend toujours limiter la possibilité pour les propriétaires de sociétés privées de réduire leurs impôts en versant une partie de leur revenu à des membres de leur famille. Mais dorénavant, on détaille clairement quels critères «raisonnables» seront utilisés pour évaluer si les membres de la famille contribuent ou pas à l’entreprise: les apports en main-d’oeuvre, les apports en capitaux, la participation aux risques financiers et les apports antérieurs relativement à la main-d’oeuvre, aux capitaux et aux risques. De plus, le gouvernement abandonne complètement son intention de restreindre l’accès à l’exonération cumulative des gains en capital. M. Trudeau et son ministre des Finances, Bill Morneau, se sont rendus aux arguments de ceux qui craignaient que pareille restriction ne nuise aux transferts intergénérationnels d’une entreprise familiale comme une ferme. «Aucune mère, ni aucun père, ou grand-mère, ou grand-père ne devraient avoir à choisir entre prendre leur retraite dans la dignité ou garder l’entreprise dans la famille. C’est pour cette raison que nous ne modifierons pas les règles relatives à l’exonération cumulative des gains en capital», a expliqué M. Trudeau en entamant sa conférence de presse. Et avant de répondre aux questions de journalistes, il a voulu répondre aux critiques de sa réforme. «Nos adversaires politiques nous accusent de monter les gens les uns contre les autres, a-t-il dit. (…) Alors, permettez-moi d’être très clair: le problème, ce n’est pas les gens, c’est le système. (…) Le système que nous avons en ce moment encourage les riches à payer moins d’impôts et réclame plus d’impôts de la classe moyenne.» Au départ, le plan de réforme fiscale du gouvernement Trudeau citait les cas d’avocats et de médecins qui faisaient de leur pratique une entreprise afin de saupoudrer une partie de leurs revenus aux membres de leurs familles, même si ceux-ci ne travaillaient pas pour eux, leur permettant ainsi de payer moins d’impôts. Lundi, M. Trudeau a avancé que sa réforme mise de l’avant à la mi-juillet devait être le préambule d’une baisse d’impôts des entreprises. «On avait toujours l’intention (…) de réduire les impôts pour les petites entreprises. Mais il fallait qu’on s’assure (d’abord) que les mieux nantis qui utilisaient des structures de corporation privée comme façon de payer moins d’impôts que la classe moyenne n’avaient pas cette opportunité-là (accès à cette baisse d’impôts des PME)», a offert le premier ministre. L’opposition n’a pas envie d’applaudir «Aujourd’hui, il veut vous faire croire que c’était ça son plan, depuis le début. Je rejette cela», a rétorqué Andrew Scheer, chef du Parti conservateur, qui ne voit là qu’une tentative de «gérer cette crise politique». Au Bloc québécois, la leader Martine Ouellet parle d’«une opération de relations publiques pour essayer de calmer la grogne» à l’intérieur du caucus libéral. Mme Ouellet continue de qualifier le plan de réforme fiscale des libéraux de «cafouillage». Les néo-démocrates, de leur côté, veulent que le gouvernement consulte les citoyens sur la nouvelle version de la réforme fiscale. Grogne de l’arrière-ban calmée? Avant d’aller à Stouffvile, M. Trudeau avait réuni son caucus au parlement pour mettre les élus au parfum. À la sortie de cette réunion, même ceux qui s’étaient montrés récalcitrants au départ ont affiché un air conciliant. «Je pense que les Canadiens et Canadiennes vont être contents d’apprendre ce que le gouvernement va faire», a déclaré le député montréalais Nicola Di Iorio. Le député a révélé qu’en plus de l’annonce de lundi, son gouvernement annoncera d’autres mesures mercredi et d’autres encore jeudi afin de «répondre aux préoccupations que les gens ont exprimées». L’élu du Nouveau-Brunswick Wayne Long, qui s’est fait taper sur les doigts pour avoir voté contre son gouvernement et appuyé une motion conservatrice en faveur d’une plus longue période de consultation sur la réforme fiscale, s’est dit «très, très prudemment optimiste». Les entreprises applaudissent la baisse d’impôts et réservent leur jugement sur la réforme fiscale «La baisse du taux d’imposition annoncée lundi matin par le ministre Morneau est une excellente nouvelle pour les PME de tous les secteurs», peut-on lire dans une déclaration faite par Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Pour ce qui est de la réforme fiscale, «les changements annoncés semblent aller dans le sens des demandes du milieu des affaires», note M. Leblanc, en promettant d’y regarder de plus près. «La proposition révisée du gouvernement n’est toujours pas parfaite, mais elle est plus équilibrée et répond à plusieurs des questions soulevées ces dernières semaines», offre pour sa part la Chambre de commerce du Canada. La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) salue la baisse d’impôts mais reste méfiante devant la nouvelle version de la réforme fiscale. «Les changements relatifs aux règles qui permettent aux chefs d’entreprise de partager leurs revenus avec des membres de leur famille demeurent préoccupants pour plusieurs d’entre eux», écrit dans un communiqué Martine Hébert, vice-présidente principale de la FCEI. La fédération voudrait qu’on tienne compte des façons informelles dont les membres d’une famille participent à l’entreprise familiale. Annoncée à la mi-juillet, la réforme fiscale se proposait de faire disparaître certaines échappatoires. Les détracteurs de la réforme estimaient que les changements proposés nuiraient injustement aux fermiers et aux propriétaires de PME. «Le problème qu’il y avait avec le plan, c’est qu’il n’y avait pas de nuances. C’était un filet qui était lancé. Et tout ce qui tombait dans le filet, on le ramassait», a illustré le député Di Iorio, qui semble croire que maintenant, ces nuances ont été apportées.

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L’otage canadien explique pourquoi il a fondé une famille durant sa captivité

TORONTO — L’ancien otage Joshua Boyle et sa femme américaine ont décidé d’avoir des enfants pendant leur captivité en Afghanistan parce qu’ils avaient toujours souhaité avoir une grande famille. Dans un courriel transmis à l’Associated Press, M. Boyle explique que Caitlan Coleman et lui ont décidé de «tirer le meilleur parti» de la situation en rentrant à la maison avec un bon départ quant à leur «famille de rêve». Le couple et leurs trois enfants ont été secourus la semaine dernière au Pakistan, cinq ans après leur enlèvement en Afghanistan. Les trois enfants sont nés en captivité. «Nous étions des otages avec beaucoup de temps libre. Nous avons toujours voulu autant d’enfants que possible, et nous ne voulions pas perdre de temps. Cait est dans la trentaine, le temps pressait», a-t-il écrit. Leurs enfants sont maintenant âgés de quatre ans, deux ans et «environ six mois», a précisé M. Boyle. «Nous avions toujours prévu avoir une famille de cinq, dix ou douze enfants… Nous sommes Irlandais (rires)», a-t-il ajouté. Mme Coleman était enceinte au moment de leur enlèvement et a accouché de son premier enfant en captivité. Après avoir atterri à l’aéroport de Toronto, vendredi, Joshua Boyle a accusé les membres du réseau Haqqani — un groupe lié aux talibans — d’avoir tué leur bébé fille et violé sa femme pendant leur captivité. Dans un échange de courriels, M. Boyle n’a pas répondu à une question portant sur ce quatrième enfant. Les talibans ont affirmé dimanche dans un communiqué que Caitlan Coleman avait eu une fausse couche. M. Boyle a raconté que leurs conditions de captivité avaient changé avec le temps, au fil de leurs déménagements dans au moins trois lieux de détention. Dans le premier établissement, il a qualifié leur traitement de barbare. Ils ont été plus confortables dans le deuxième endroit, mais dans le troisième, ils étaient fréquemment séparés et violentés. Une «vraie première maison» Après être retourné chez ses parents à Smiths Falls, en Ontario, M. Boyle a envoyé une déclaration à l’Associated Press, dans laquelle il affirmait que sa famille et lui étaient arrivés dans «leur vraie première maison». Les enfants, qui ont passé la journée dans des aéroports avant leur arrivée, demandaient à leurs parents à chaque endroit s’ils étaient enfin arrivés à la maison. Il a aussi partagé deux photos d’un de ses fils, Najaeshi Jonah Makepeace Boyle, ajoutant que le garçon avait commencé à «vider le premier réfrigérateur de sa vie». Une photo montre le petit garçon, assis sur le plancher, avec de la nourriture dans ses mains. Sur l’autre, on peut le voir en train de faire une sieste avec des animaux en peluche. M. Boyle a aussi joué avec un de ses fils dans le jardin de la maison de ses parents. Le garçon avait l’air heureux et en santé. Plus tôt, à bord d’un vol en provenance de Londres, Mme Coleman, qui est originaire de Stewartstown, en Pennsylvanie, était assise en classe affaires avec un voile sur la tête. Elle a opiné de la tête lorsqu’un journaliste de l’Associated Press lui a demandé de confirmer son identité. Ses deux enfants plus âgés étaient assis à côté d’elle. M. Boyle était assis devant avec leur plus jeune enfant sur les genoux. Dans une déclaration manuscrite transmise à l’Associated Press, M. Boyle a critiqué la politique étrangère des États-Unis, affirmant que sa famille et lui avaient fait preuve «d’une résilience et d’une détermination sans précédent». Joshua Boyle, un ancien employé d’un centre d’appel, avait expliqué qu’il était allé en Afghanistan avec sa femme enceinte pour aider des villageois «qui vivent dans l’Afghanistan profond contrôlé par les talibans, où aucun (organisme non gouvernemental), travailleur humanitaire ou gouvernement n’a été capable d’apporter l’aide nécessaire». M. Boyle a déjà été brièvement marié à Zaynab Khadr, soeur aînée de l’ancien prisonnier de Guantanamo Omar Khadr et fille d’un ancien bailleur de fonds d’Al-Qaïda qui était proche d’Oussama ben Laden. Les autorités ont écarté tout lien entre le passé de M. Boyle et son enlèvement, un responsable ayant qualifié l’événement de «coïncidence horrible».