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Le Parti québécois veut exiger la connaissance du français aux immigrants

MONTRÉAL — Un gouvernement péquiste reverrait l’ensemble des paramètres d’immigration afin d’améliorer l’intégration des nouveaux arrivants, leur rétention et leur présence en région, et ce, afin de s’attaquer plus directement à la pénurie de main-d’oeuvre. Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a présenté mardi matin à Montréal la politique d’immigration de sa formation, politique axée sur une sélection beaucoup plus stricte des nouveaux arrivants en fonction, surtout, de la langue. Ainsi, l’obtention d’un certificat de sélection serait désormais conditionnelle à la connaissance du français avant l’arrivée au Québec, exception faite des réfugiés et autres migrants accueillis pour des raisons humanitaires. Les aspirants immigrants doivent déjà passer un test de connaissance du français avant leur sélection, mais «le test n’est pas éliminatoire et c’est ça le problème. Nous on dit: le test sera éliminatoire», a tranché M. Lisée. «On est plus francs avec les conditions de succès», explique-t-il, disant tirer «la leçon du réel»; «les gens qui arrivent au Québec sans parler le français soit sont au chômage, soit s’en vont et, donc, perdent leur temps et le nôtre». Les données présentées dans la politique sont probantes sur cette question: de 2014 à 2017 inclusivement, entre 30 et 45 pour cent des immigrants reçus au Québec ont quitté pour une autre province. De plus, 60 pour cent des immigrants ne parlaient pas français à leur arrivée et moins de la moitié de ces derniers (40 pour cent) ont suivi des cours de francisation. Pire encore, la vérificatrice générale a récemment relevé que 90 pour cent de ceux qui ont suivi un cours de francisation l’ont échoué. Or, souligne le chef péquiste, le bassin de recrutement est pourtant immense: il y a pas moins de 274 millions de personnes dans le monde qui ont le français comme langue maternelle ou seconde et pas seulement en France, en Belgique ou en Afrique du Nord. Par exemple, selon l’Organisation internationale de la Francophonie, 23 pour cent des Portugais (2,4 millions d’habitants), 21 pour cent des Hollandais (3,6 millions), 16 pour cent des Britanniques (10,5 millions) ou encore 14 pour cent des Allemands (12 millions) parlent français, une langue répandue dans la plupart des pays européens et dans plusieurs pays d’Asie. Besoins en région Le Parti québécois entend également répartir les immigrants dans les régions en fonction des besoins criants de main-d’oeuvre qui s’y manifestent depuis quelques années. La formation souhaite orienter pas moins du quart des nouveaux arrivants en dehors de la région métropolitaine. Présentement, près de 90 pour cent des nouveaux arrivants aboutissent à Montréal, où ils sont confrontés, notamment, à des taux de chômage beaucoup plus élevés que ceux de la population active qui n’est pas issue de l’immigration. «Notre objectif, c’est qu’ils ne passent pas par Montréal et qu’ils aillent directement à l’endroit où ils ont leur emploi», explique le chef péquiste qui conclut que la stratégie libérale de «les laisser s’installer à Montréal, ça ne marche pas». Pour y arriver, le PQ prévoit remettre en place les bureaux régionaux du ministère de l’Immigration — démantelés dans la démarche d’austérité du gouvernement libéral —, les associer aux acteurs économiques et employeurs des régions et créer une offre d’emplois disponibles à combler immédiatement partout en province. Il suffirait dès lors de généraliser et d’ajuster l’approche du Programme de l’expérience québécoise qui permet de jumeler des employeurs avec des travailleurs ou des étudiants étrangers qui, une fois en emploi, obtiennent une voie rapide pour le certificat de sélection. «L’offre d’emploi validée (par l’employeur), c’est la voie royale vers le succès», selon le chef péquiste. Reconnaissance des diplômes Un des obstacles importants à l’intégration, particulièrement dans les emplois plus spécialisés, demeure la reconnaissance des diplômes et, surtout, l’obtention de permis des ordres professionnels. L’obtention du permis d’exercice dans certaines professions peut représenter des années de formation, d’examens et des déboursés de plusieurs milliers de dollars, ce qui en décourage plus d’un. Le taux d’abandon en cours de route a d’ailleurs atteint une moyenne de 55 pour cent entre 2010-2011 et 2014-2015. Le PQ entend, d’une part, offrir un important soutien financier pour la durée de la mise à norme des candidats, aide qui sera remboursable une fois la reconnaissance obtenue, mais aussi et surtout bien avertir les candidats de la course à obstacles qui s’élève devant eux avant leur arrivée. «Il ne faut pas que ce soit la grande séduction et ensuite la grande déception», a illustré Jean-François Lisée. Numérologie, charlatans et valeurs Contrairement aux libéraux — dont le gouvernement prévoit 53 000 immigrants cette année — et aux caquistes, dont le programme place la barre à 40 000 nouveaux arrivants, la politique péquiste ne comprend pour l’instant aucune cible. «Nous on refuse la numérologie», a répondu M. Lisée lorsqu’interrogé à cet effet. «Ceux qui vous disent qu’ils ont un chiffre, ce sont des charlatans», a-t-il renchéri, faisant valoir que des proportions massives des 53 000 immigrants du gouvernement Couillard quittent le Québec et raillant le chiffre de 40 000 de la CAQ. «François Legault, un matin, en se rasant, il a dit: je vais dire 40 000. Ça ne repose sur rien», a lancé le chef péquiste. M. Lisée entend plutôt suivre la démarche proposée par la politique de son parti et, parallèlement, demander au vérificateur général d’évaluer ce que serait «une vitesse de croisière qui a de l’allure en fonction de nos besoins d’emploi et de nos capacités d’intégration». Quant à l’idée de test des valeurs proposé par la CAQ, le Parti québécois la juge absurde, tant dans sa forme que dans son intention. D’une part, il souligne que de renvoyer un immigrant qui échouerait un tel test trois ou quatre ans après son arrivée est contraire aux lois canadiennes et qu’une telle provision serait assurément rejetée par Ottawa, qui a le dernier mot en la matière. Mais surtout, le PQ rappelle que depuis plusieurs années le Québec oblige les candidats à l’immigration à signer une déclaration des valeurs.

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Place des femmes en politique: un rapport préliminaire évidé

QUÉBEC — Rien ne va plus à la Commission des relations avec les citoyens (CRC) qui se penche depuis deux ans sur la question de la place des femmes en politique. Des libéraux qui y siègent ont pris le marqueur rouge pour biffer presque l’entièreté du rapport préliminaire, rejetant ainsi ses principaux constats et accusant le Service de la recherche de l’Assemblée nationale d’avoir manqué de «rigueur» dans sa rédaction, a appris La Presse canadienne. Très attendu dans les milieux féministes et les partis politiques, le rapport final de la commission doit être rendu public à la fin mai-début juin. Il devait formuler des recommandations pour dire comment les partis, le gouvernement et l’Assemblée nationale pouvaient de façon très concrète, et à court terme, lever les obstacles et créer les conditions favorables à la parité hommes-femmes en politique. Car plus de 75 ans après avoir obtenu le droit de voter et de se porter candidates, les Québécoises occupent moins du tiers des sièges parlementaires alors qu’elles représentent la moitié de la population. Modifications «substantielles» exigées Or, comme le rapportait La Presse canadienne en avril, la CRC — qui est formée d’une majorité de libéraux —a plutôt choisi de privilégier le statu quo. Pas besoin de loi imposant au moins 40 pour cent de candidatures féminines et pas question non plus de recommander aux partis politiques d’atteindre des quotas de candidates. D’ailleurs, dans un document produit le 9 mai accompagnant le rapport préliminaire et dont La Presse canadienne vient d’obtenir copie, les élus libéraux expriment tout leur malaise face au processus de consultation, à la méthodologie qui s’est avérée «déficiente» et au contenu du rapport qui «fait preuve d’un manque de rigueur». Fait rare, ils blâment sévèrement les recherchistes de l’Assemblée nationale, qui ont retenu dans le rapport des «propos dirigés», selon eux. «Les résultats présentés ne peuvent constituer de grandes tendances ou constats, ces derniers référant à ‘des’ ou ‘plusieurs’ sans mentionner le nombre, etc.», peut-on lire dans le document. «Il est extrêmement surprenant et décevant de constater que les propos et recommandations retranscrites NE RESPECTENT PAS les discussions et décisions prises par les membres de la commission.» Selon eux, le questionnaire en ligne a été rempli par des clientèles «captives», c’est-à-dire «celles ayant déjà un intérêt pour ce type d’engagement, connaissant et visitant le site Internet de l’Assemblée nationale du Québec, entraînant des biais inévitables dans le recensement des données et dans leur interprétation». Des groupes d’intérêt venus présenter un mémoire devant la commission «risquent fort» d’avoir aussi répondu au questionnaire en ligne, «ce qui fait qu’une même personne peut compter pour deux». Par ailleurs, la commission n’a jamais sondé ni les élues actuelles ni celles ayant choisi de quitter la vie politique, ont déploré les libéraux. Pourtant, ont-ils noté, elles auraient été en mesure d’identifier les freins, réels ou perçus, à l’engagement politique. «Nous ne pouvons accepter le rapport tel que présenté et sans des modifications substantielles liées à la rigueur des faits, l’abolition de nombreuses interprétations libres et le respect des discussions ayant eu cours entre les membres de la commission», ont-ils conclu. Les nombreux changements survenus dans la composition de la CRC au cours des deux dernières années n’ont pas contribué au succès de l’entreprise ni contribué à faciliter et accélérer le processus décisionnel. Les quelques députées membres de la commission qui ont accepté de dévoiler en avril les grandes orientations prises par la CRC ont dit l’avoir fait parce qu’elles étaient déçues, voire outrées, des choix faits par la majorité des élus composant la commission. Toutes ont requis l’anonymat. Selon elles, au moins 80 pour cent des groupes venus témoigner dans ce dossier recommandaient à Québec de favoriser des mesures coercitives (loi ou quotas) pour forcer les partis à faire plus de place aux femmes en recrutant davantage de candidates. Recommandations À cette étape, les 13 recommandations de la CRC sont modestes et consensuelles. En résumé, elles sont: -Que les connaissances sur la représentation des femmes en politique au Québec soient développées; -Que la présence des femmes dans les instances dirigeantes soit encouragée en vue d’une représentation paritaire; -Que les femmes en politique soient plus visibles et valorisées; -Que l’offre de formation et de mentorat pour les aspirantes candidates soit développée; -Qu’une politique et un plan d’action pour la conciliation travail-famille-vie personnelle à l’Assemblée nationale soient élaborés; -Que le travail politique et parlementaire soit examiné en vue de le rendre plus attrayant, notamment en ce qui concerne l’organisation et la culture de l’Assemblée nationale; -Que des cours d’éducation à la citoyenneté soient intégrés aux programmes obligatoires d’enseignement primaire et secondaire.

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Le gouvernement du Québec présente sa stratégie sur la main-d’oeuvre

QUÉBEC — Le gouvernement Couillard veut faire travailler davantage les personnes âgées et les immigrants pour résorber la pénurie de travailleurs. Ce sont là deux des cibles de la nouvelle stratégie sur la main-d’oeuvre dévoilée mardi à Québec. On y apprend notamment que Québec investira 873,8 millions $ supplémentaires sur cinq ans pour sa nouvelle stratégie sur la main-d’oeuvre. «On veut ramener les gens qui sont un peu plus loin du marché du travail, les personnes âgées, les personnes handicapées, les Autochtones», a déclaré le premier ministre Philippe Couillard en conférence de presse dans les locaux d’une entreprise de Québec. «Le Québec a indéniablement besoin des immigrants, il en va de la survie de certaines entreprises», a plaidé le ministre de l’Emploi, François Blais. Il visait ainsi sans les nommer les adversaires caquistes, qui proposent de réduire le seuil d’immigration de 50 000 à 40 000 personnes par année. Près de 200 millions $ seront réservés spécifiquement aux clientèles immigrantes. On veut ainsi rattraper le taux d’emploi des personnes immigrantes au Canada, à 64 pour cent, alors qu’il est à 60,6 pour cent au Québec. De même, on veut réduire de moitié l’écart du taux d’emploi pour les personnes de 60 à 69 ans entre le Québec et le Canada. Il est actuellement de 40 pour cent au Canada et de 34 pour cent au Québec. Au total, c’est 1,3 milliard $ qui seraient investis pour la formation de la main-d’oeuvre, sur cinq ans, en additionnant les sommes qui avaient déjà été prévues. Dans l’enveloppe globale, 800 millions $ serviront à attirer des travailleurs qualifiés et intégrer le plus grand nombre de personnes à l’emploi, ainsi qu’à aider les entreprises. Près de 400 millions $ seront dépensés pour «améliorer la flexibilité et l’agilité dans le développement des compétences». En 2017 il y avait plus de 90 000 postes vacants dans les entreprises au Québec.

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Postes: des employés retournent au travail après la neutralisation d’un colis

MONTRÉAL — Des employés de Postes Canada à Montréal ont pu retourner travailler, mardi après-midi, après la neutralisation d’un colis. Ce colis suspect, accompagné d’une note, avait été trouvé en matinée dans un centre de tri situé dans l’arrondissement Saint-Laurent. Un appel avait été logé au 911 vers 8h15 soulignant la présence d’une boîte de carton mesurant environ 20 cm par 20 cm dans l’entrepôt du centre de tri. Les quelque 300 employés du centre, situé sur la rue McArthur à proximité de la rue Griffith, ont été évacués. Le groupe tactique d’intervention du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été déployé sur place. Un robot a ensuite été utilisé afin de neutraliser le colis. Selon Caroline Chèvrefils, porte-parole du SPVM, ce dernier ne contenait aucun engin explosif. Vers 13 heures 15, les employés ont donc pu retourner à l’intérieur du centre.

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Pas d’accusation contre un député libéral visé par une allégation

OTTAWA — Le député libéral Francis Drouin qui était visé par une allégation d’inconduite sexuelle ne fera l’objet d’aucune accusation, a confirmé mardi la Police régionale de Halifax. Celui-ci avait fait l’objet d’une plainte à la suite d’un incident survenu en marge du congrès du Parti libéral à Halifax en avril. Les policiers ont terminé leur enquête le 17 mai, soit environ un mois après. Le jeune député de Glengarry-Prescott-Russell, dans l’Est ontarien, s’est dit heureux du dénouement et a préféré ne pas commenter davantage. Il était demeuré membre du caucus libéral tout au long de l’enquête à laquelle il avait collaboré. M. Drouin avait révélé au retour du congrès libéral qu’une plainte avait été formulée contre lui. Une femme l’avait accusé d’attouchements dans un bar du centre-ville de Halifax.

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WestJet reprend les discussions avec ses pilotes à Calgary

Les négociations ont repris entre WestJet Airlines et ses pilotes lundi, à Calgary, a indiqué mardi le transporteur aérien. La direction de WestJet et les pilotes, représentés par l’Association internationale des pilotes de ligne (ALPA), s’étaient rencontrés à Halifax la semaine dernière afin de tenter de conclure une première convention collective et d’éviter une grève. Aucune des deux parties n’a voulu indiquer si des progrès ont été réalisés. Les pilotes ont le droit de déclencher une grève depuis samedi. Ils s’étaient cependant engagés à ne pas le faire pendant le long week-end de la fête de la Reine (la journée des Patriotes au Québec), pour témoigner de leur bonne foi. Le syndicat n’a pas communiqué de nouvelle date pour le début d’une éventuelle grève pendant que les négociations se poursuivent. «Nous n’avons pas reçu d’avis en vue d’un arrêt de travail de la part des pilotes et nous restons activement engagés dans les négociations, qui ont commencé hier à Calgary», a indiqué mardi une porte-parole de WestJet, Lauren Stewart. Le syndicat a aussi soutenu les négociations dans un message sur le réseau Twitter. «Nous nous consacrons à l’atteinte d’une entente avec la direction et nous serons à la table des négociations cette semaine», a-t-il affirmé. L’ALPA représente environ 1500 pilotes du service principal de WestJet. WestJet a précisé que son équipe de négociation se concentrait sur l’obtention d’une «entente durable qui profitait à nos pilotes, aux clients de WestJet et à l’entreprise dans son ensemble». WestJet a promis des remboursements complets à ses clients dans les cas où des vols devraient être annulés en raison d’une éventuelle grève. Selon le transporteur, les ventes de billets ont ralenti depuis que le syndicat a annoncé qu’il demanderait un mandat de grève. Ce mandat lui a été accordé dans une proportion de 91 pour cent lors d’un vote réalisé auprès des pilotes. La compagnie a averti plus tôt ce mois-ci que son revenu par siège-mille offert serait stable à deux pour cent ce trimestre, notamment en raison d’une éventuelle grève des pilotes. Selon l’analyste Chris Murray, d’AltaCorp Capital, l’amélioration des conditions du marché en Alberta devrait aider WestJet, mais le transporteur de Calgary fait face à «un certain nombre de problèmes de main-d’œuvre et de coûts à court terme». Le conflit de travail précède le lancement prévu par WestJet de son transporteur à très bas prix Swoop, qui a été source de conflits entre les pilotes et l’entreprise. Plus tôt cette année, le syndicat a remporté un appel devant le Conseil canadien des relations industrielles contre la politique proposée par la compagnie, qui consistait à offrir aux pilotes un congé de deux ans s’ils choisissaient de prendre les commandes des avions de Swoop. L’ALPA faisait valoir que cette politique constituait un changement important dans les conditions d’emploi de la compagnie et une ingérence dans le droit du syndicat de représenter les pilotes. Entreprise dans cette dépêche: (TSX:WJA)

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Une travailleuse a gain de cause contre son employeur qui la traitait de «conne»

MONTRÉAL — Le Tribunal administratif du travail de la région de Montréal a reconnu le harcèlement psychologique qu’a subi une travailleuse pendant des mois de la part du propriétaire des bars où elle travaillait. Celui-ci la traitait de «conne», d’«épaisse» et lui a notamment dit que les «Québécois ont pas de classe». Sara Anctil a travaillé comme barmaid pour le Bar Lajeunesse et le bar La Petite Boîte, qui appartenaient au même propriétaire, Paolo Alessio, de juillet 2014 à août 2015. «Au moins une fois par semaine, pendant toute la durée de son emploi, M. Alessio s’assoit au comptoir du bar et fait part à la plaignante de divers préjugés. En plus de mentionner régulièrement que les « Québécois ont pas de classe », M. Alessio critique les femmes en général. Il tient des propos vulgaires et dégradants sur ce qu’il juge être des caractéristiques propres à la personnalité des femmes, en plus de les assimiler à des objets sexuels», relate le Tribunal. Mme Anctil a fini par démissionner, «n’en pouvant plus d’endurer les insultes et d’être dénigrée par M. Alessio», relate le juge administratif Dominic Fiset. Le tribunal s’est retrouvé devant deux versions contradictoires, puisqu’il n’y a pas eu de témoin pour corroborer les faits. Mais il a retenu la version de la plaignante, qui, dit-il, a référé à des événements détaillés et a admis avec honnêteté, à quelques reprises, qu’elle s’était trompée. Le propriétaire, lui, avait nié en bloc les allégations de la plaignante. Il avait soutenu n’avoir jamais été arrogant ou insultant de toute sa carrière, ni avoir haussé le ton face à ses salariés, ni avoir été l’objet de quelque plainte devant le tribunal pour sa façon de traiter ses employés. Dans sa décision, le juge administratif relate plusieurs propos qui auraient été tenus, comme «t’es donc bien conne» et «crisse, tu comprends rien quand j’te parle». En décembre, lorsque la plaignante était sortie pour fumer à l’extérieur pendant son quart de travail, il lui avait intimé l’ordre de reprendre le travail. Il lui avait dit de ne pas fumer dehors quand il faisait froid, elle qui se plaignait régulièrement que la température dans le bar était trop froide. «Là où le bât blesse toutefois, c’est lorsque M. Alessio déboutonne sa chemise pour lui montrer son torse et ajoute qu’il a le sang chaud parce qu’il est italien et que les Québécois comme elle sont des « osties de frileux »», écrit le juge administratif Fiset. «À compter du mois de mai 2015 et jusqu’à sa démission, M. Alessio contacte plusieurs fois par jour la plaignante sur son téléphone cellulaire personnel, le plus souvent sans raison en lien avec son travail. La plaignante prend ses appels, espérant que chaque coup de fil est pour lui offrir un quart de travail supplémentaire», relate le juge. Le juge relate que du 4 au 10 août, alors qu’elle ne travaille pas, «ces appels sont au nombre de cinq ou six par jour, et même que lors d’une de ces journées, un sommet de 11 appels est atteint». M. Alessio lui avait aussi dit qu’il désapprouvait le port de jean troué et d’un chandail en coton ouaté. «Une telle critique ne constitue pas en soi un abus des droits de la direction. Là où la chose se gâte, c’est lorsqu’il lui dit qu’elle n’a pas de classe et précise que les « Québécoises n’ont pas de classe »», écrit le tribunal. Il lui aurait aussi dit que «le fait qu’elle ait un copain n’est pas une bonne chose pour elle», souligne le juge. Mme Anctil a fini par démissionner par message texte, sans préavis, ce qui n’a pas plus à M. Alessio. «Frustré de son silence, il la relance à trois reprises (…) pour la menacer de ne pas lui payer le salaire qu’il lui doit pour son travail dans l’un ou l’autre des deux bars si elle ne lui donne pas un préavis d’une semaine», écrit le juge administratif. Le Tribunal reconnaît le harcèlement psychologique dont Mme Anctil a été victime. «La preuve a démontré que M. Alessio a adopté à l’endroit de la plaignante une conduite vexatoire qui s’est manifestée par des comportements, paroles, actes ou gestes répétés qui sont hostiles ou non désirés. Cette conduite a porté atteinte à la dignité ou à l’intégrité psychologique ou physique de la plaignante et entraîné pour elle un milieu de travail néfaste.» Le Tribunal a réservé sa compétence pour déterminer les mesures de réparation appropriées à l’endroit de Mme Anctil.

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Le Canada devra faire plus de place aux personnes âgées pour mieux les inclure

OTTAWA — D’ici 2030, la démographie canadienne ressemblera à celle du Japon lorsque plus du quart de sa population sera âgée de 60 ans et plus. Le Canada devra donc inclure davantage les personnes âgées et leur permettre de participer pleinement à la société pour leur permettre de briser l’isolement. Les premiers résultats d’une étude longitudinale sur le vieillissement montrent un lien entre le sentiment de solitude et d’isolement social et la dépression chez les aînés. Cette étude de l’Institut du vieillissement suit 50 000 Canadiens âgés de 45 à 85 ans pendant 20 ans ou jusqu’à leur décès. L’Institut du vieillissement fait partie des Instituts de recherche en santé du Canada. Son étude vise à identifier les facteurs qui permettent de vieillir en santé et ainsi mener à l’amélioration des politiques publiques.

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MH370: un enquêteur rejette les conclusions d’un auteur canadien

CANBERRA, Australie — L’homme qui a dirigé les recherches pour retrouver l’épave du vol MH370 de la Malaysia Airlines est en désaccord avec les conclusions mises de l’avant par un expert canadien dans un nouveau livre. Larry Vance écrit dans «MH370: Mystery Solved» que le pilote Zaharie Ahmed Shah a volontairement dirigé son appareil vers un coin reculé de l’océan Indien, où il l’a posé en douceur sur l’eau pour qu’il coule essentiellement intact et disparaisse. M. Vance affirme que deux ailerons retrouvés en 2015 et 2016 sur des îles au large de l’Afrique prouvent que M. Shah a amerri à l’extérieur de la zone de 120 000 kilomètres carrés qui a été fouillée lors des opérations de recherche qui ont pris fin en janvier 2017. Questionné à ce sujet par un comité sénatorial australien, Peter Foley, du Bureau australien de sécurité dans les transports, a répliqué que plusieurs éléments, dont des données satellitaires, démontrent que l’avion volait hors de contrôle quand il a frappé l’eau. Des débris provenant de l’intérieur de l’avion ont aussi été retrouvés, ce qui témoigne d’un impact violent, a-t-il dit. M. Vance écrit dans son livre que les dommages constatés sur les deux ailerons démontrent que la partie arrière a traîné sur l’eau, ce qui signifie qu’ils avaient été déployés pour amerrir en douceur. M. Foley répond que l’examen de l’aileron retrouvé en juin 2016 a conclu qu’il n’avait «probablement pas été déployé». L’autre aileron n’a pas pu être examiné en détail puisque les autorités françaises l’ont saisi en vue d’un éventuel procès criminel. Une compagnie texane, Ocean Infinity, fouille actuellement l’océan Indien pour retrouver l’épave, ou à tout le moins les enregistreurs de vol de l’avion, pour empocher la récompense de 70 millions $ US promise par la Malaisie. Le vol MH370 et les 239 personnes qui se trouvaient à bord se sont volatilisés le 8 mars 2014 lors d’un vol entre Kuala Lumpur et Pékin.