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La fiscaliste Marwah Rizqy se présente pour le PLQ dans Saint-Laurent

MONTRÉAL — Inquiète du discours «alarmiste et populiste» de la Coalition avenir Québec (CAQ), la fiscaliste Marwah Rizqy a choisi de se présenter sous les couleurs du Parti libéral du Québec (PLQ) aux prochaines élections d’octobre. Mme Rizqy, qui avait d’abord tenté de se faire élire sous la bannière des libéraux fédéraux en 2015, dit avoir senti le besoin de s’impliquer dans l’élection provinciale «décisive». «Pendant que certains vont proposer la petite noirceur aux Québécois, moi je vais vous proposer de grands projets d’ambition», a-t-elle lancé en conférence de presse, mercredi, aux côtés notamment du premier ministre Philippe Couillard et des ministres Dominique Anglade et Jean-Marc Fournier. Mme Rizqy veut remporter la circonscription provinciale de Saint-Laurent, qui était jusqu’ici représentée par M. Fournier. Il s’agit d’un château fort libéral, les candidats libéraux remportant généralement ce siège avec une majorité confortable. Le premier ministre Couillard s’est d’ailleurs réjoui d’avoir dans son équipe une candidate au «parcours exceptionnel» qui permettra selon lui de faire avancer encore davantage le Québec et la métropole. Pendant son discours, la jeune politicienne s’en est notamment prise à la suggestion du chef de la CAQ, François Legault, de faire passer un test de français aux nouveaux arrivants. Elle a raconté que sa mère, qui est d’origine marocaine, aurait probablement été expulsée si elle avait dû subir ce test peu après son arrivée au Québec dans les années 1980. «Le discours de M. Legault est non seulement arbitraire, mais aussi inhumain», a-t-elle déploré. Mme Rizqy veut aussi continuer de travailler pour son «cheval de bataille», la justice fiscale. Elle a d’ailleurs salué la décision du gouvernement Couillard de taxer les géants du web, dont Netflix. «J’ai une opportunité en or d’avoir ici un parti qui est à l’écoute des besoins des Québécois, qui a aussi entendu le message de justice fiscale et d’équité fiscale. Le Québec a été très, très fort sur ces dossiers», a-t-elle soutenu. En mars 2017, Mme Rizqy avait tenté sans succès de briguer l’investiture des libéraux fédéraux dans Saint-Laurent. Interrogée à savoir pourquoi elle s’est tournée vers le Parti libéral du Québec, Mme Rizqy a souligné qu’il s’agissait d’une élection charnière. «Pourquoi je fais le saut ici? C’est parce que l’enjeu est vraiment important, le discours qu’on entend, la tonalité négative, on ne peut pas se permettre de se rester les bras croisés en attendant une possibilité de faire un jour un saut en politique fédéral», a-t-elle expliqué. «Ma tête n’est plus là.» Avant son arrivée au PLQ, Marwa Rizqy avait adopté des positions qui semblent entrer en contradiction avec celles de son parti. En entrevue avec le quotidien local Quartier Hochelaga en 2015, elle s’était notamment prononcée pour la gratuité scolaire et contre les compressions dans les services publics pour l’atteinte du déficit zéro. Marwa Rizqy, qui est fiscaliste et avocate de formation, est actuellement professeure à l’Université de Sherbrooke. Elle est souvent invitée dans les médias pour commenter l’enjeu des paradis fiscaux.

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Un pas de plus vers une charte pour protéger les voyageurs aériens

OTTAWA — Une nouvelle étape a été franchie mercredi pour mieux protéger les clients des transporteurs aériens. Le projet de loi C-49, qui établit la charte des voyageurs, a finalement été adopté par le Sénat mardi soir et est devenu loi mercredi après-midi après un an de débat. Les habitués du transport aérien devront toutefois attendre encore quelques mois avant d’avoir les outils nécessaires pour obtenir des compensations en cas de mauvais service. L’élaboration de cette charte revient à l’Office des transports du Canada qui doit lancer des consultations. «L’OTC va se mettre au travail tout de suite et, dans les prochains mois, va consulter les Canadiens et tout ceux qui sont impliqués dans cette charte, c’est-à-dire les lignes aériennes et d’autres, pour qu’on puisse présenter plus tard cette année une charte des droits des voyageurs aériens», a promis le ministre des Transports, Marc Garneau. Les obligations des transporteurs aériens envers leurs passagers devront être «expliquées de façon simple et claire», a-t-il rappelé. En vertu de cette charte, les passagers pourraient recevoir une compensation financière en cas de refus d’embarquement lors d’une surréservation, de retards et d’annulations de vols et de la perte de leurs bagages. La charte encadrerait également les longs retards sur le tarmac. Les transporteurs aériens ne seraient pas tenus responsables des délais ou des annulations causés par des événements hors de leur contrôle comme la météo, le trafic aérien ou une menace à la sécurité. La charte aurait peut-être aidé les quelques centaines de passagers restés coincés dans des avions d’Air Transat en juillet dernier. Ceux-ci avaient dû rester, durant cinq à six heures, à l’intérieur de deux vols détournés à l’aéroport d’Ottawa en raison du mauvais temps. Après une enquête, l’OTC avait blâmé le transporteur qui avait finalement décidé de dédommager ses passagers. Le député néo-démocrate Robert Aubin, qui avait critiqué le manque de précision entourant l’élaboration de cette charte, émet un doute. «Un projet de loi qui ne met pas en place une véritable charte des droits des passagers et qui laisse les voyageurs sur le tarmac doublé d’un commissaire à la concurrence qui perd ses pouvoirs, ce qui pourrait se traduire par une hausse des tarifs; au final, il n’y a pas de quoi se réjouir de l’adoption de C-49», a-t-il déclaré par courriel. Caméras dans les locomotives La Loi sur la modernisation des transports autorisera également une mesure controversée, soit l’ajout de micros et de caméras vidéo dans les locomotives. Le but est d’améliorer la sécurité ferroviaire, selon le ministre Garneau. «Il y a trop de déraillement dans notre pays en ce moment et comme vous savez, la sécurité ferroviaire est extrêmement importante», a-t-il affirmé. Le gouvernement a accepté l’un des amendements du Sénat pour assurer la destruction des bandes audio et vidéo après un certain laps de temps. Ce délai reste à être défini par voie de règlement. Le syndicat qui représente les cheminots avait exprimé des craintes quant à la protection de la vie privée de ses membres.

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Le PQ présentera des mesures pour des emplois liés à l’économie verte

QUÉBEC — L’opposition officielle péquiste présente de nouvelles mesures pour permettre aux travailleurs dont l’emploi est menacé par la transition énergétique de rebondir. La Presse canadienne a obtenu un sommaire des propositions qui seront présentées jeudi au cours d’un forum à Montréal. S’il forme le prochain gouvernement le 1er octobre, le Parti québécois veut mettre sur pied des programmes de formation pour que des personnes qui occupent des emplois appelés à disparaître en raison de l’avènement de l’économie verte puissent acquérir de nouvelles compétences et être embauchées dans des postes d’avenir. Une délégation d’élus péquistes ira expliquer en détails ses propositions au Sommet pour une transition énergétique juste à Montréal jeudi. Ce forum organisé par l’Institut du Nouveau Monde regroupera notamment de grands syndicats, Greenpeace et la Fondation David Suzuki. Les émissaires du PQ seront les députés Alain Therrien, Sylvain Rochon, Guy Leclair, ainsi que le candidat dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles, Jean-Martin Aussant. Ainsi, en vertu des mesures proposées, des travailleurs du secteur pétrolier qui pourraient éventuellement être menacés par la transition énergétique, ou encore des camionneurs qui pourraient être supplantés par d’éventuels véhicules autonomes, pourront être formés et convertis pour occuper de nouvelles fonctions, que ce soit dans l’assainissement des eaux, les énergies renouvelables, etc. La formation continue sera également privilégiée, a-t-on fait savoir. Par exemple, des architectes pourront se familiariser avec les nouvelles technologies du bâtiment plus écologiques ou les toits verts. Par ailleurs, pour pouvoir justement détecter les tendances et s’ajuster aux nouvelles réalités, un gouvernement péquiste fonderait un Observatoire des emplois et des métiers de l’économie verte, en s’inspirant de celui qui a été mis sur pied en France. L’Observatoire viserait à «anticiper les besoins de la main-d’oeuvre, à produire des statistiques et de la documentation pour tous les acteurs de la société civile, à identifier les compétences requises et les formations nécessaires pour répondre aux besoins des employeurs et accompagner les personnes concernées par ces changements», peut-on lire dans le document. Le PQ avait déjà auparavant rendu publique une stratégie de transformation industrielle vers l’économie verte, élaborée à la suite de consultations avec plusieurs secteurs économiques. Elle vise notamment à tirer un meilleur parti de la bourse du carbone actuelle entre le Québec et la Californie, pour éviter la fuite des capitaux vers les États-Unis, notamment grâce à une refonte du crédit d’impôt en recherche et développement. Ce plan a également pour objectif de donner un meilleur accès au capital pour les entreprises, afin de hausser les investissements en modernisation et améliorations environnementales.

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Place des femmes en politique: le PQ accuse les libéraux d’être trop partisans

QUÉBEC — Le gouvernement Couillard a détourné le mandat d’initiative sur la place des femmes en politique pour qu’il réponde à ses «finalités politiques», accuse le Parti québécois (PQ). La porte-parole du PQ en matière de condition féminine, Catherine Fournier, n’a pas du tout apprécié que des libéraux siégeant à la Commission des relations avec les citoyens (CRC) raturent du rapport préliminaire pratiquement tous les témoignages de femmes. En entrevue avec La Presse canadienne, mercredi, elle a affirmé que la plupart d’entre elles demandaient des mesures coercitives, incluant une loi, pour imposer la parité hommes-femmes en politique. «Toute cette partie-là, les libéraux ne veulent pas en parler, a-t-elle déclaré. Ils ont voulu enlever beaucoup de substance, beaucoup de positionnements peut-être un peu plus politiques qui avaient été amenés par les différents groupes, des positionnements qui ne correspondent pas au programme, par exemple, du parti au pouvoir. «Ça m’étonne parce qu’un mandat d’initiative, ça doit s’élever au-delà des lignes partisanes», a-t-elle ajouté. Comme le rapportait La Presse canadienne mardi, les libéraux membres de la CRC se sont offusqués dans une note écrite de l’ensemble de la démarche depuis deux ans, de la méthodologie «déficiente» et du contenu du rapport qui «fait preuve d’un manque de rigueur». Fait rare, ils ont blâmé les recherchistes de l’Assemblée nationale qui ont rédigé le rapport pour avoir retenu des «propos dirigés». La façon dont a été colligée l’information a entraîné «des biais inévitables», selon eux. Par exemple, des groupes d’intérêt venus présenter un mémoire devant la commission «risquent fort» d’avoir aussi répondu au questionnaire en ligne, «ce qui fait qu’une même personne peut compter pour deux», ont-ils indiqué. «Nous ne pouvons accepter le rapport tel que présenté et sans des modifications substantielles liées à la rigueur des faits, l’abolition de nombreuses interprétations libres et le respect des discussions ayant eu cours entre les membres de la commission», ont-ils conclu. De l’avis de Mme Fournier, vider le rapport de la synthèse des témoignages, donc d’une très grande partie de son contenu, revient à «nier ce qu’on a entendu en commission parlementaire». Elle trouve palpable le malaise des libéraux dans ce dossier. «Je trouve ça assez incroyable qu’on occulte toutes les discussions qu’on a eues, les commissions parlementaires (…) et on met ça aux poubelles», s’est-elle insurgée. En bout de ligne, les partis politiques auraient été «bien libres d’appuyer ou pas» les recommandations de la commission, a-t-elle rappelé. Interrogé à ce sujet mercredi, le premier ministre Philippe Couillard a déclaré que l’exercice n’a pas été en vain. Il a dit vouloir se servir du rapport final, attendu à la fin mai-début juin, pour mener une discussion dans son caucus sur «l’opportunité d’un projet de loi». Le 24 avril dernier, à l’issue d’une rencontre avec le groupe féministe Femmes, politique et démocratie, il avait émis d’énormes réserves, sans fermer la porte à double tour, au sujet d’une telle loi, qui obligerait les partis politiques à présenter au moins 40 pour cent de candidatures féminines. Encore mercredi, il semblait plutôt privilégier l’approche douce d’un «changement de ton entre nous», pour que la politique soit la «moins agressante possible». «Les opinions sont très partagées là-dessus, a-t-il résumé en marge d’un événement à l’Hôpital Enfant-Jésus de Québec. Moi je pense que les équipes de candidatures des différents partis politiques sont très près ou même à la zone de parité, ce qui montre que les gens vont dans cette direction-là de toute façon.» Le groupe Femmes, politique et démocratie fait notamment pression sur la classe politique pour qu’elle s’engage à légiférer sans tarder pour forcer les partis à présenter au moins 40 pour cent de candidatures féminines en 2022. La barre serait haussée à 45 pour cent lors du scrutin suivant, en 2026. Il est faux de prétendre qu’on y parviendra naturellement, et de toute façon, a argué Mme Fournier en entrevue. «On ne s’en va pas du tout dans cette direction-là, même au contraire. À la dernière élection, on a régressé en termes de nombre de femmes élues. On est passé d’environ 33 pour cent à 28 pour cent. Ce n’est pas vrai que les choses s’améliorent», a-t-elle dit. Le rapport final, selon la députée de Marie-Victorin, manquera «d’ambition» car il sera «extrêmement cosmétique». Déjà, dans son rapport préliminaire, la CRC prévoyait 13 recommandations modestes et consensuelles, dont: développer les connaissances sur la représentation des femmes en politique au Québec, encourager la présence des femmes dans les instances dirigeantes, et faire en sorte que les femmes en politique soient plus visibles et valorisées.

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Le plaidoyer en faveur d’un partage des pourboires suscite une certaine grogne

MONTRÉAL — Le plaidoyer en faveur d’un partage des pourboires servi la semaine dernière par une brochette de personnalités du monde de la restauration a été très mal digéré par certains serveurs. Colombe St-Pierre, couronnée «cheffe de l’année» au Gala des Lauriers de la gastronomie québécoise en avril dernier, avoue avoir essuyé des réactions assez virulentes de serveurs mécontents à la suite de la publication de la lettre ouverte à cet effet dont elle est cosignataire. «J’ai dû gérer des: ‘Bitch, t’as juste à payer tes cuisiniers convenablement au lieu d’aller voler tes serveurs’», s’exclame-t-elle en riant lors d’une entrevue avec La Presse canadienne avant d’ajouter: «Quand tu commences une discussion comme ça, c’est sûr que c’est difficile de trouver un terrain d’entente.» La restauratrice du Bic et une soixantaine de collègues de renommée dans le milieu, dont Normand Laprise, Jérôme Ferrer et Daniel Vézina, avaient lancé un appel au gouvernement pour que celui-ci modifie la Loi sur les normes du travail qui interdit une redistribution des pourboires, auxquels seuls les serveurs ont droit. «On veut pas obliger le partage des pourboires; on veut simplement que ce soit permis», a pour sa part fait valoir Normand Laprise. «Et après il y aura une discussion à avoir là-dessus. À un moment donné, ce sont des vieilles lois et il faut réfléchir là-dessus.» Rencontrés à l’issue d’une conférence organisée par C2 Montréal mercredi, les deux restaurateurs ont fait valoir que la marge de profit en restauration gastronomique se situe autour de de 2 ou 3 pour cent: «quand tu fais 4 pour cent, tu fais des ‘high five’», a imagé Normand Laprise, expliquant qu’avec des marges aussi restreintes, il n’est pas possible d’augmenter les salaires des cuisiniers, sous-chefs et autres employés des cuisines à moins d’augmenter les prix au point de faire fuir la clientèle. «Les inégalités sont là depuis le début, il faut arrêter de se fermer les yeux», fait valoir Colombe St-Pierre. «Si j’ai des serveurs dans mon équipe qui sont rémunérés deux fois plus que des chefs de tête, je ne comprends pas l’écart. Il y a un illogisme», dit-elle, faisant valoir que «le pourboire, c’est une reconnaissance du service et de la cuisine» dont les piliers de la cuisine — chefs et sous-chefs — ne bénéficient aucunement. Colombe St-Pierre affirme qu’elle ne demanderait pas mieux que de laisser tout le pourboire aux serveurs et payer davantage le personnel en cuisine, si les entrées de fonds le permettaient. Mais elle illustre ainsi le problème de redistribution des entrées de fonds: «Tu as une salle de 60 personnes qui va faire le salaire de 4 personnes, alors que je suis toute seule, comme employeur, à donner les salaires à 15 personnes… Il faut essayer de voir ce qu’on peut faire pour rééquilibrer ça.» Car la conséquence, dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, est facilement identifiable: «On a toujours plus de misère à trouver des cuisiniers que des gens au service», laisse-t-elle tomber. Normand Laprise milite dans le même sens, même s’il reconnaît qu’il faut réfléchir à la manière de faire pour éviter un retour du balancier dans la mauvaise direction. «Ce qui est dangereux, c’est qu’il y a de vrais restaurateurs et d’autres qui sont davantage des commerçants, qui vont juste en profiter pour enlever l’argent aux serveurs et ne le redistribueront peut-être pas au bon endroit. Ça fait peur, ça fait très peur», admet-il. Il insiste — tout comme sa collègue — sur le fait qu’il ne veut pas un sou de plus pour lui-même: «Je veux simplement que toute mon équipe soit heureuse et que tout le monde gagne bien sa vie autant que possible.»

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Médecin blessé à Gaza: l’enquête interne d’Israël ne suffit pas, dit Freeland

OTTAWA — L’enquête interne de l’armée israélienne sur la blessure par balle subie par un médecin canadien lors des violents affrontements à Gaza ne suffira pas: elle devra être menée en parallèle avec une investigation internationale indépendante, croit le gouvernement canadien. La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a envoyé ce signal, mercredi. Elle a précisé en avoir discuté la veille lors d’une conversation avec l’ambassadeur de l’État hébreu au Canada, Nimrod Barkan. «Nous avons parlé d’une investigation interne que (l’armée de défense d’Israël) va faire sur le cas du docteur Loubani», a-t-elle indiqué en marge d’une annonce à Ottawa. La ministre a mentionné que le médecin lui avait confirmé qu’il allait collaborer à l’enquête interne israélienne, mais qu’«en même temps», une enquête internationale et indépendante demeurait «nécessaire» pour élucider les faits. «Et le Canada va continuer à travailler avec nos partenaires internationaux pour organiser ça», a déclaré Mme Freeland. Le docteur Tarek Loubani a été blessé par balle le 14 mai dernier dans la bande de Gaza alors qu’il tentait d’offrir des secours lors des affrontements qui ont éclaté à la frontière. Il portait des vêtements de médecin. Lors de la période des questions en Chambre, mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a soutenu qu’il fallait aller au fond des choses afin de déterminer comment un citoyen canadien a été atteint par un «tireur d’élite» («sniper») dans ces violences. Il répondait à une question du chef conservateur, Andrew Scheer, qui lui reprochait d’avoir échoué à condamner le Hamas pour son rôle dans les heurts qui ont fait une soixantaine de morts chez les Palestiniens. Les échanges entre les deux leaders ont été particulièrement corsés, le libéral accusant le conservateur de faire de la question israélo-palestinienne un enjeu «partisan» pour marquer des points politiques, et le conservateur accusant le libéral d’abandonner Israël. Quelques heures auparavant, dans les couloirs du parlement, le porte-parole conservateur en matière d’affaires étrangères, Erin O’Toole, sermonnait le premier ministre. Il déplorait que ce dernier ait tiré la conclusion que les balles ayant touché le médecin aux deux jambes venaient d’un tireur d’élite. «Je n’ai entendu aucune confirmation qu’il s’agissait effectivement d’un tireur d’élite. (…) Sur quoi (Justin Trudeau) se base-t-il?», a-t-il pesté en mêlée de presse. Le député O’Toole a ensuite suggéré que le docteur était l’artisan de son propre malheur. «Vous savez, le docteur Loubani a été très actif. Il était en Égypte il y a quelques années de cela, et il s’était retrouvé en difficulté», a-t-il offert au micro des journalistes. «Alors certainement, il est conscient que dans certaines des causes dans lesquelles il s’implique et qui lui tiennent à coeur, il y a certains risques», a enchaîné l’élu conservateur. D’après Erin O’Toole, il n’est pas requis de mener une enquête sur le cas du médecin canadien. Son témoignage et celui des responsables consulaires suffiront, a-t-il fait valoir. Le docteur Loubani se trouve maintenant au Royaume-Uni. La ministre Freeland a dit avoir remercié l’ambassadeur israélien «pour l’aide qu’Israël a fournie» afin d’organiser le départ du ressortissant canadien. En entrevue au quotidien The Globe and Mail, le médecin a exprimé des doutes sur l’impartialité de l’enquête de Tsahal. Il a néanmoins souligné qu’il «collaborerait pleinement» à l’investigation.

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Salaire moindre pour les étudiants jugé discriminatoire: les employeurs inquiets

MONTRÉAL — Des employeurs se disent inquiets des répercussions que pourrait avoir un récent jugement du Tribunal des droits de la personne, qui a statué qu’ABI ne pouvait verser un taux de salaire moindre aux étudiants qu’elle embauche, s’ils font un travail équivalent à ses autres travailleurs. Le 11 mai dernier, le Tribunal a même ordonné à l’Aluminerie de Bécancour de verser 1000 $ à titre de dommages moraux à chacun des étudiants concernés, en plus de leur verser des dommages matériels pour la perte de salaire subie pendant toute la période d’emploi. Et, dans certains cas, la période concernée remonte à 2008. L’écart de salaire pouvait atteindre 30 pour cent dans certains cas. Le Tribunal a également ordonné de modifier la convention collective afin d’éliminer la clause qui prévoit une distinction salariale fondée sur le statut d’étudiant. Le contrat de travail devra être modifié afin de le rendre conforme à la Charte des droits et libertés de la personne, qui prévoit un salaire équivalent pour un travail équivalent. Le Tribunal des droits de la personne avait statué que «le fait que les étudiants aient été payés presque trois fois plus que le salaire minimum ne change rien au fait que la discrimination dont ils sont l’objet porte atteinte à leur dignité, puisque leur groupe de comparaison n’est pas les gens qui gagnent le salaire minimum, mais celui des réguliers ou des occasionnels qui font un travail équivalent». Et le Syndicat des Métallos, qui représente les travailleurs d’ABI, n’en avait pas été tenu coresponsable — bien que l’employeur le demandait — parce que le tribunal a jugé que «la réduction de leur rémunération (des étudiants) a été amenée de façon unilatérale par ABI, lors du dépôt d’une offre finale visant à conclure les négociations afférentes au renouvellement des conventions collectives». «Grande préoccupation» Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, mercredi, le président-directeur général du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, a indiqué qu’il s’agissait là d’«un sujet de grande préoccupation pour plusieurs employeurs». «Il y a un risque éventuel qu’il y ait beaucoup d’employeurs qui soient exposés à la même problématique et c’est dommage. C’est dommage pour les étudiants, d’abord, parce que pour les étudiants, c’est une occasion extraordinaire d’aller chercher une expérience de travail et une rémunération d’appoint. Et pour les employeurs, ça va retirer une certaine marge de manoeuvre, par exemple pour les périodes de vacances ou les absences», a déploré M. Dorval. Pour le directeur québécois du Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, Alain Croteau, le jugement est clair. «Je pense que ça touche tout le monde: il ne doit pas y avoir de discrimination en fonction de l’âge ou du statut social; c’est ce que la décision vient dire. À partir du moment où vous embauchez un étudiant qui fait un travail équivalent à une personne qui est à temps plein, cet étudiant-là doit recevoir le salaire que cette personne-là reçoit, si elle fait le même travail», a-t-il dit. Évaluer les tâches Mais M. Dorval, du Conseil du patronat, doute que les tâches soient les mêmes. «Est-ce que le personnel étudiant effectue les mêmes fonctions, les mêmes tâches? Personnellement, j’en doute, parce qu’il serait difficile d’imaginer qu’une personne sans expérience peut faire exactement les mêmes tâches et qu’elle ne nécessite pas davantage de supervision qu’un travailleur qui est là sur une longue période», a objecté M. Dorval. M. Croteau réplique qu’on parviendra à évaluer et comparer les tâches, comme on l’a fait pour les travailleuses avec le dossier de l’équité salariale. «Il y a des méthodes; on a pu quantifier ces tâches-là avec un système de pointage.» Si d’autres syndicats ont de telles clauses dans leur convention collective et qu’ils ne veulent pas être tenus coresponsables, M. Croteau leur recommande de s’empresser de dénoncer la clause discriminatoire à l’employeur. «Je donne comme conseil à ces syndicats-là: dénoncez immédiatement ces clauses-là; elles sont discriminatoires. Faites des lettres d’entente pour les enlever de la convention collective.» De son côté, Alcoa, qui est le principal actionnaire d’ABI, a fait savoir mercredi que le jugement du tribunal était toujours à l’étude.

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Philippe Couillard doute que François Legault soit un vrai fédéraliste

QUÉBEC — Le premier ministre Philippe Couillard doute que son principal adversaire, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, soit un vrai fédéraliste. M. Couillard a réagi, mercredi en mêlée de presse à Québec, à la valse-hésitation du chef caquiste lorsqu’il fut temps pour lui d’expliquer sa fierté d’être Canadien. M. Legault a louvoyé en entrevue avec Le Journal de Québec, avant de dire qu’il appréciait particulièrement le «filet social» que le Canada offre aux citoyens dans le besoin. Il a également souligné l’importance de brasser des affaires avec le ROC (Rest of Canada). Pour Philippe Couillard, il s’agit là de raisons «matérielles» d’aimer le Canada, et non pas la preuve d’un attachement réel envers le pays. «Il semble avoir hésité beaucoup avant de donner sa réponse, a-t-il déclaré, mercredi. Pour lui, c’est une sorte de tolérance qu’il a envers le Canada et non un attachement profond.» Au journaliste qui lui demandait si M. Legault était un vrai fédéraliste, M. Couillard a répondu: «Je pense qu’on peut en douter certainement.» Ni souverainiste ni fédéraliste à ses débuts avec la CAQ en 2011, et continuellement accusé d’être assis entre deux chaises, M. Legault, avec ses militants, a plus tard modifié la constitution de son parti pour préciser que la CAQ souhaite développer le Québec «à l’intérieur du Canada». Le chef caquiste n’a jamais caché qu’il souhaite séduire l’électorat anglophone, notamment, en vue du scrutin le 1er octobre 2018. «C’est difficile pour lui de dire qu’il aime le pays, a raillé M. Couillard. Là, il trouve une raison matérielle de l’aimer, les politiques fiscales, mais l’allégeance à une citoyenneté, ça va au-delà des politiques fiscales.» La position de M. Legault s’apparente plus au «fédéralisme rentable» de Robert Bourassa qu’au fédéralisme de Philippe Couillard, qui est fondé sur une profonde adhésion aux valeurs canadiennes, dont le multiculturalisme. Mercredi, M. Couillard a dit être un enthousiaste du fédéralisme, car pour lui, la citoyenneté canadienne engage vers «l’ouverture et le partage». «Moi, c’est ce qui m’attire dans la citoyenneté liée à la fédération canadienne», a-t-il déclaré. Favorite dans les sondages La CAQ de François Legault serait toujours en tête des intentions de vote, à quatre mois des élections générales. Le plus récent sondage Ipsos, réalisé pour le compte de La Presse, suggère que la CAQ obtiendrait 35 pour cent des intentions de vote, contre 32 pour cent pour le Parti libéral du Québec (PLQ), 20 pour cent pour le Parti québécois (PQ) et 8 pour cent pour Québec solidaire (QS). Les Québécois seront appelés aux urnes le 1er octobre prochain.