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Un raton laveur cause l’émoi dans le métro de Toronto à l’heure de pointe

TORONTO — Un raton laveur a surpris les usagers du métro de Toronto, vendredi, en montant à bord de l’un des wagons. Selon la Commission de transport de Toronto (TTC), la bête a réussi à se faufiler dans un train à la station Bloor durant l’heure de pointe vendredi matin, provoquant un bref retard. Des agents spéciaux de la TTC ont utilisé un bâton muni d’un lasso pour attraper l’animal et l’ont placé dans une poubelle en attendant l’arrivée des représentants des services animaliers municipaux. Le porte-parole de la TTC, Brad Ross, a déclaré que la capture de l’intrus s’était déroulée tout en douceur et a demandé à la blague au raton laveur de ne pas devenir un habitué du métro. Le maire de Toronto, John Tory, a aussi blagué au sujet de l’incident, écrivant sur Twitter qu’il savait que la décision de la Ville de fournir aux résidants des nouveaux bacs de recyclage pouvant résister aux assauts des ratons laveurs aurait des conséquences.

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Les actes de vandalisme contre la propriété du président de Junex revendiqués

MONTRÉAL — Un groupe d’extrême gauche a reconnu avoir vandalisé la maison et une automobile appartenant au président et chef de la direction de Junex, une société spécialisée dans le pétrole et le gaz naturel qui effectue actuellement des forages d’exploration en Gaspésie. Le mois dernier, des médias avaient rapporté que la résidence de Jean-Yves Lavoie à Québec avait été aspergée de peinture et qu’au moins une vitre d’une voiture garée devant la propriété avait été fracassée dans la nuit du 16 novembre. Le groupe ne s’est pas officiellement identifié, mais il a terminé la lettre dans laquelle il revendique les actes de vandalisme avec les mots «Québécois contre le Québec!». Dans la missive, envoyée de manière anonyme au site web «Montréal contre-information» et publiée le 27 novembre, le groupe affirme avoir brisé les vitres et percé les pneus des voitures de M. Lavoie et recouvert sa maison de peinture. Junex a créé une série de puits d’exploration sur un territoire de 6736 hectares dans le cadre du projet pétrolier Galt dans la péninsule gaspésienne. Sur son site web, l’entreprise affirme que, selon une évaluation, la région aurait un potentiel de 557 millions de barils de pétrole. «Ce n’est qu’après la réalisation de ce programme complet d’exploration que la compagnie a l’intention d’amorcer la production commerciale du gisement», indique Junex sur son site. Les activistes d’extrême gauche estiment que les activités de la société constituent une menace pour les eaux et les terres de la péninsule et que le «rêve» de M. Lavoie «de devenir riche en détruisant le territoire ne se réalisera pas». «Les efforts collectifs de protection de la terre – les blocages, camps de support, manifestations, campagnes d’éducation – ainsi que toutes les initiatives autonomes menées par une multitude de groupes autochtones et allochtones seront bien plus puissantes que le travail que M. Lavoie et Junex peuvent accomplir en une vie», peut-on lire dans la lettre du groupe. En août, CBC avait rapporté qu’environ 12 manifestants masqués avaient bloqué la route menant à un puits sur le site du projet Galt. Jean-Yves Lavoie n’a pas immédiatement répondu aux demandes d’entrevue et la police de Québec n’a pas été en mesure d’indiquer si une enquête avait été ouverte relativement à cette affaire.

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Cellulaire au volant: amendes plus salées et suspension du permis de conduire

QUÉBEC — Amendes salées et suspension du permis de conduire: Québec prend les grands moyens pour tenter d’éliminer les distractions au volant causées par les appareils électroniques. Le ministre des Transports, André Fortin, a présenté vendredi le très attendu projet de loi 165, qui réforme le Code de la sécurité routière. La dernière grande refonte de ce code remonte à 1986. Depuis, un million de voitures se sont ajoutées sur le réseau routier du Québec. L’évolution des nouvelles technologies préoccupe; environ 60 000 constats d’infractions sont émis à chaque année pour l’utilisation du cellulaire au volant. Le tiers des accidents mortels est d’ailleurs attribuable à la distraction. Québec propose d’augmenter les amendes (actuellement de 80 $ à 100 $) à 300 $ à 600 $ pour ceux qui lisent ou envoient des messages texte sur leur cellulaire pendant qu’ils conduisent. Avec les frais afférents, ces montants atteignent 480 $ et 1034 $. La mesure touche également les autres types d’écrans tels que les tablettes et les baladeurs numériques. Elle serait accompagnée d’une suspension du permis de conduire de trois jours dès la première récidive, de sept jours à la deuxième récidive et de 30 jours à la troisième récidive. Il n’y aurait pas de saisies de téléphone cellulaire. «C’était toujours difficile de prouver que c’était effectivement un cellulaire qu’ils avaient entre les mains; les gens pouvaient aller en cour et se défendre en disant, ben non j’avais mon ipod dans les mains ou autre chose», a déclaré M. Fortin lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, vendredi, au dernier jour de la session parlementaire. «Maintenant, en s’assurant que tous les appareils électroniques sont inclus dans cette définition-là, les policiers vont avoir un fardeau de la preuve qui va être plus simple à faire et vont pouvoir être plus sévères», a-t-il expliqué. Les automobilistes pourront toutefois continuer de consulter leur écran GPS ou tout autre écran déjà encastré dans la voiture. Autre nouveauté: si le projet de loi est adopté, il sera également interdit aux cyclistes de consulter leur appareil électronique. Une fourchette d’amendes de 80 $ à 100 $ est prévue à cet effet. Québec s’inspire largement des mesures adoptées en Ontario pour lutter contre la distraction au volant, malgré les résultats mitigés obtenus dans cette province. Le ministre Fortin ne ferme pas la porte à un autre durcissement des sanctions au cours des prochaines années. D’ailleurs, il promet rapidement un projet de règlement qui imposera cinq points d’inaptitude aux conducteurs qui utilisent un appareil électronique. Jeunes conducteurs Triste constat: les jeunes Québécois sont surreprésentés dans les statistiques de décès, a poursuivi le ministre. C’est pour les protéger qu’il propose d’imposer un couvre-feu aux apprentis conducteurs — qu’ils soient automobilistes ou motocyclistes — qui se traduirait par une interdiction de conduire entre minuit et 5 h du matin. Un accident sur trois impliquant les jeunes survient la nuit. De plus, les titulaires d’un permis probatoire, âgés de 19 et moins, ne pourraient transporter qu’un seul jeune dans ces heures pendant les six mois suivant la délivrance de leur permis. Durant les six mois suivants, ils pourraient transporter un maximum de trois personnes de moins de 19 ans la nuit. Les conducteurs fautifs s’exposeraient à des amendes de 200 $ à 300 $ et se verraient imposer quatre points d’inaptitude, soit le maximum de points qu’un jeune conducteur peut cumuler. Antidémarreur à vie pour récidivistes de l’alcool au volant Par ailleurs, le gouvernement propose d’imposer un antidémarreur éthylométrique à vie aux récidivistes de l’alcool au volant. Cette mesure vise toute personne faisant l’objet d’une deuxième déclaration de culpabilité criminelle en 10 ans en matière de conduite avec facultés affaiblies. Un tel récidiviste ne pourrait demander la levée de cette mesure qu’après 10 ans, à un juge de la Cour du Québec, et seulement s’il démontre que son rapport à l’alcool ou aux drogues ne compromet pas sa conduite automobile. Entre 11 000 et 15 000 personnes se font prendre en état d’ébriété sur les routes du Québec à chaque année. «Quelqu’un qui conduit en état d’ébriété deux fois, honnêtement, n’a pas sa place sur les routes du Québec à moins que l’on sache collectivement que cette personne-là est sobre. (…) Ce sont des gens qui n’ont pas compris le message», a tranché M. Fortin, qui était accompagné, vendredi, d’une jeune accidentée de la route. Claudia Di Iorio a raconté qu’à l’âge de 16 ans, la voiture dans laquelle elle se trouvait a percuté un arbre à plus de 100 km/h. Après avoir passé un mois dans le coma, elle a dû réapprendre à marcher et à parler. «Mon père me dit souvent que son plus beau moment a été lorsque j’ai réussi à me tenir debout pour la première fois. Il me rappelle aussi de ce que je lui ai dit par la suite: Regarde de quoi j’ai l’air. J’étais frêle, presque rachitique, j’avais la tête rasée au lieu d’être en train de vivre les beaux moments de la fin du secondaire», a-t-elle relaté dans un vibrant témoignage. Pneus d’hiver, radars photo et sièges d’auto Le projet de loi 165 propose également d’avancer au 1er décembre la date limite pour l’installation des pneus d’hiver, en raison notamment des conditions hivernales hâtives observées dans plusieurs régions. La loi exige actuellement de le faire avant le 15 décembre. Le gouvernement a aussi fait connaître son intention de poursuivre le déploiement des radars photos. Le fardeau de la preuve serait dorénavant sur l’automobiliste et non sur le policier qui émet le constat d’infraction ou le manufacturier du radar photo. «Nous, ce qu’on dit, c’est qu’on considère que les policiers qui sont formés pour le faire, qui ont placé le radar photo, l’ont fait de façon correcte et que celui-ci a bien fonctionné», a affirmé M. Fortin. Une autre mesure du projet de loi pourrait, elle, déplaire aux parents de jeunes enfants: ils devront asseoir leur progéniture dans des sièges d’appoint jusqu’à ce que l’enfant ait neuf ans ou mesure 1,45 mètre. Enfin, signe des temps, le ministre introduit dans le Code de la sécurité routière le pouvoir d’encadrer, par des projets pilotes et au moyen d’un arrêté ministériel, la circulation de véhicules autonomes. Le projet de loi – qui comprend 83 mesures en 200 articles – sera soumis à des consultations à l’Assemblée nationale en 2018. ____________________________________________ Réaction: «C’est un pas de géant dans la bonne direction. Le ministre vient s’attaquer à deux des problématiques les plus criantes en termes de sécurité routière, soit la surreprésentation des jeunes dans le bilan routier et la distraction au volant.» Marco Harrison, directeur de la Fondation CAA-Québec pour la sécurité routière

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Des caribous menacés par des loups sur une île du lac Supérieur seront déplacés

Des caribous menacés d’extinction sur une île du lac Supérieur seront transportés en hélicoptère vers un autre endroit au début de l’année prochaine dans le cadre d’un effort de la part du gouvernement ontarien pour arracher les animaux des griffes d’une meute de loups. Cette opération complexe a été annoncée par le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario jeudi. Ce dernier a précisé que les bêtes de l’île de Michipicoten se joindraient à une autre harde sur l’une des îles Slate, aussi situées sur le lac Supérieur, où ils pourront se promener librement, loin de tout prédateur. Les problèmes des caribous de l’île Michipicoten ont commencé à l’hiver 2013 lorsqu’un pont de glace s’est formé et a permis à quelques loups de parcourir les 16 kilomètres séparant la terre ferme de l’île du nord-ouest de l’Ontario, a expliqué Jolanta Kowalski, une porte-parole du Ministère. Elle a ajouté que le pont de glace s’était de nouveau formé l’hiver suivant, un phénomène tout de même considéré comme étant rare. Depuis, les loups massacrent systématiquement les caribous, au point où le ministère craint que la harde entière ne disparaisse. Selon Mme Kowalski, le nombre de caribous sur l’île de Michipicoten a chuté de manière importante, ce qui inquiète le ministère. Une étude réalisée en 2011 montre que l’île comptait à l’époque 680 caribous. L’an dernier, il n’en restait plus que 120, plus une dizaine de loups. «Nous transporterons une portion appropriée de la population de caribous vers les îles Slate afin d’assurer la viabilité de cette espèce importante sur une île sans prédateurs», a indiqué la ministre ontarienne des Richesses naturelles et des Forêts, Kathryn McGarry, dans un communiqué. D’une certaine manière, ce sera un retour aux sources pour ces caribous. En 1982, le ministère avait transporté huit caribous depuis les îles Slate vers l’île de Michipicoten où ils s’étaient rapidement multipliés, une initiative qui a longtemps été considérée comme une réussite, a affirmé Jolanta Kowalski. Des documents historiques mentionnent la présence de caribous sur l’île de Michipicoten au début des années 1800. Leur population a toutefois été décimée en moins de 50 ans en raison de la chasse. Le Ministère travaille de concert avec la Première Nation Michipicoten pour mener à bien son projet. «Nous espérons que le déplacement se passera bien et que la population survivra, a noté Mme Kowalski. C’est sa meilleure chance.»

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L’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest condamné à 12 ans de prison

SAINT-JÉRÔME, Qc — Un juge a condamné Bertrand Charest à 12 ans de prison pour avoir agressé sexuellement de jeunes skieuses qui étaient sous sa gouverne. En énonçant la peine, vendredi matin au palais de justice de Saint-Jérôme, le juge Sylvain Lépine a qualifié les gestes reprochés à l’ex-entraîneur de ski de l’équipe nationale d’«inexcusables et de criminels». Le juge Lépine a mentionné que ce type de comportements est inacceptable en 2017, mais que les gestes faits par Bertrand Charest étaient tout aussi inexcusables en 1998 ou encore dans les années 1950. Il ajouté que les jeunes victimes se trouvaient à une étape importante de leur développement lorsque les agressions sont survenues. Leur vie d’adulte a été façonnée par les crimes commis par l’accusé, a-t-il laissé tomber. Toutes les victimes et présumées victimes, sauf une, étaient âgées de moins de 18 ans au moment des faits. La plus jeune n’avait que 12 ans. En tenant compte du temps déjà passé en détention, Bertrand Charest devra encore demeurer sept ans et 10 mois derrière les barreaux. L’avocat de Bertrand Charest, Antonio Cabral, a indiqué qu’il allait examiner la sentence en détail avant de décider s’il portera la décision en appel. Il a déjà fait savoir qu’il contestait le verdict de culpabilité rendu en juin. «Je suis un peu surpris (par la durée de la sentence), a-t-il déclaré, lui qui avait plutôt réclamé une peine d’incarcération allant de quatre à six ans. «Douze ans, c’est une peine qui est très importante.» Me Cabral va de plus demander à la Cour d’appel de libérer son client en attendant un jugement sur son appel du verdict. Cette requête devrait être présentée mercredi en Cour d’appel, à Montréal. La procureure de la Couronne, Marie-Nathalie Tremblay, s’est pour sa part montrée satisfaite, puisque la peine prononcée par le juge correspond à celle qu’elle avait requise avec sa collègue Caroline Lafleur. «Évidemment, (les victimes) sont contentes du résultat, contentes de la sentence, contentes d’avoir été entendues et que le juge a livré le message que ça ne se tolère pas.» Quatre des victimes se trouvaient dans la salle d’audience, vendredi matin, alors que quatre autres écoutaient le juge par le biais d’une visioconférence. L’accusé, qui n’a pas témoigné à son procès, a été acquitté de 18 chefs d’accusation et le juge a conclu que la Cour du Québec n’avait pas juridiction pour deux autres chefs liés à des événements qui auraient eu lieu à l’étranger. Le juge Lépine avait qualifié Bertrand Charest de «véritable prédateur» lorsqu’il l’avait reconnu coupable, en juin, de chefs d’accusation impliquant neuf des 12 plaignantes qui l’accusaient d’avoir commis des crimes il y a une vingtaine d’années. L’homme de 52 ans était accusé de 57 chefs d’accusation, notamment agression sexuelle et exploitation sexuelle, mais aussi un chef d’agression sexuelle causant des lésions corporelles. Plusieurs victimes de l’ex-entraîneur ont témoigné de l’impact de ses gestes, le mois dernier, l’une d’entre elles ayant déclaré à la cour que l’accusé lui avait volé son enfance et avait agi en véritable prédateur. Une autre a versé des larmes en racontant qu’elle vivait aujourd’hui avec «un sentiment de honte, de culpabilité et de dégoût» à la suite des nombreuses agressions sexuelles subies. Certains des crimes sont survenus à la fois avant et pendant les années où Bertrand Charest s’est occupé du développement des skieuses chez Canada Alpin, entre 1996 et 1998. Dans un communiqué transmis après le verdict, Canada Alpin avait déclaré que le jugement rappelait que l’abus de pouvoir n’avait pas sa place dans le sport ou dans la société en général. Le juge Lépine a toutefois fustigé l’organisation, vendredi. Il a écrit que Canada Alpin et ses dirigeants ont échoué lamentablement dans leurs rôles de gardiens et de protecteurs de leurs jeunes athlètes. Le juge Lépine a ajouté qu’au moment où les parents de ces jeunes filles leur faisaient confiance, ils ont choisi de fermer leurs yeux, de ne pas croire les jeunes victimes et de cacher la vérité.

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Les textos peuvent être considérés privés, et leur saisie peut être abusive

OTTAWA — Des policiers qui saisissent des messages textes peuvent, dans certains cas, violer le droit constitutionnel à la protection contre les fouilles abusives — car les Canadiens peuvent «raisonnablement» s’attendre à ce que leurs échanges de textos demeurent privés. C’est ce qu’a déterminé vendredi la Cour suprême du Canada dans une décision partagée de cinq juges contre deux dans laquelle la dissidence des deux juges, dont la Québécoise Suzanne Côté, est très nette. «Certains messages textes envoyés et reçus peuvent susciter une attente raisonnable en matière de respect de la vie privée et, par conséquent, bénéficier de la protection qu’offre l’article 8» de la Charte canadienne des droits et libertés, a tranché la majorité. La cause sur laquelle s’est penché le plus haut tribunal au pays concerne un homme qui avait été reconnu coupable d’opérations illégales impliquant des armes à feu. À son procès, des textos incriminants saisis dans le téléphone de son complice avaient été présentés. L’individu avait été reconnu coupable, mais il a contesté jusqu’en Cour suprême le dépôt des textos comme éléments de preuve en vertu de l’article 8 de la Charte, qui garantit que «chacun a droit à la protection contre les fouilles, les perquisitions ou les saisies abusives». La Cour suprême a donné raison à l’appelant, Nour Marakah. Car ce dernier «s’attendait subjectivement à ce que cette conversation électronique demeure privée», peut-on lire dans un arrêt signé par la juge en chef Beverley McLachlin au nom de la majorité. Et comme cette attente «était objectivement raisonnable», la fouille ayant permis d’obtenir l’échange de textos compromettant était donc «abusive» en vertu de la Charte, ont statué les juges de la majorité. Les verdicts de culpabilité de l’Ontarien ont ainsi été annulés, la Cour suprême statuant que les policiers auraient dû avoir en leur possession un mandat pour fouiller dans le téléphone cellulaire du complice — les textos incriminants n’auraient donc pas fait partie de la preuve au procès. La juge en chef insiste sur le fait que le raisonnement de cet arrêt ne s’applique pas dans toutes les circonstances. Dans ce cas particulier, Nour Marakah avait certes «accepté de courir le risque que M. Winchester les divulgue à des tiers». Mais «accepter le risque qu’un interlocuteur divulgue une conversation électronique ne revient pas à accepter le risque différent que l’État s’immisce dans une conversation électronique non divulguée» et ses droits constitutionnels, a expliqué la magistrate. Elle insiste par ailleurs sur le fait que sa position «ne mène pas non plus forcément à la conclusion selon laquelle les messages textes envoyés par des prédateurs sexuels à des enfants ou par des personnes violentes à leur conjoint ne seront pas admis en preuve». Dissidence Les deux juges dissidents, Suzanne Côté et Michael Moldaver, ne partagent pas la lecture de leurs collègues de banc à plusieurs égards. Ils sont d’avis que l’interprétation «très large» de l’article 8 «comporte son lot de conséquences prévisibles qui compliqueront et prolongeront les procès criminels, en plus d’exercer des pressions encore plus fortes sur un système de justice pénale déjà surchargé». «Pire encore, étendre l’éventail des personnes habiles à présenter une contestation fondée sur l’article 8 risque de perturber l’équilibre délicat que cet article vise à atteindre entre le droit au respect de la vie privée et l’intérêt à appliquer la loi», écrit le juge Moldaver. Décision Telus Le plus haut tribunal au pays a également rendu vendredi une décision dans une autre cause concernant le caractère privé des textos, celle-là impliquant le réseau Telus. Dans cette décision partagée de six juges contre un, la Cour suprême en est venue à la même conclusion concernant le droit raisonnable à la vie privée, mais dans ce cas précis, les juges ont déterminé que la saisie des textos de l’appelant sur un serveur de Telus ne contrevenait pas à l’article 8.

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Le créateur québécois de la cryptomonnaie Plexcoin écope de deux mois de prison

MONTRÉAL — Le créateur québécois de la monnaie virtuelle Plexcoin écope d’une peine de prison de deux mois pour avoir poursuivi son projet malgré une interdiction prononcée par le Tribunal administratif des marchés financiers (TAMF). Dominic Lacroix, un résidant de Québec, a reçu cette peine vendredi pour avoir commis un outrage au tribunal, soit justement d’avoir refusé de se conformer à l’ordonnance rendue en juillet 2017 par le TAMF lui interdisant de commercialiser cette monnaie. Le jugement d’outrage au tribunal, quant à lui, date d’octobre. L’entreprise de M. Lacroix, DL Innov inc., était aussi visée par les procédures. «Un cas extrême de désobéissance grave et de mauvaise foi des défendeurs», a tranché le juge Marc Lesage de la Cour supérieure. Le juge a rendu cette décision sur la peine vendredi. Il a aussi imposé une amende de 10 000 $ à M. Lacroix et une de 100 000 $ à l’entreprise. M. Lacroix n’a pas témoigné lors des représentations sur sa peine. Il a de plus demandé la permission d’en appeler du jugement qui le condamne pour outrage au tribunal. Vendredi, il s’est toutefois présenté de lui-même au centre de détention de Québec, a indiqué l’Autorité des marchés financiers (AMF). L’AMF s’est dite satisfaite de la peine, bien qu’elle eût demandé au tribunal d’en imposer une plus lourde encore, a déclaré son porte-parole Sylvain Théberge. «Cette sentence décernée par le Tribunal est parmi les plus sévères en matière d’outrage au tribunal», a-t-il dit. L’avocat de M. Lacroix n’a pas retourné notre appel vendredi. L’AMF surveillait M. Lacroix et son entreprise depuis un certain temps. DL Innov inc. proposait aux investisseurs d’acheter des Plexcoin, présentés comme une solution de rechange au Bitcoin, une monnaie virtuelle dont la valeur a explosé depuis un an. Pour l’AMF, ce projet était un «contrat d’investissement» et à ce titre, il devait respecter les règles de la Loi sur les valeurs mobilières. Or, Plexcorps et Plexcoin, qui annonçaient les Plexcoin, n’ont jamais été inscrites auprès de l’Autorité pour agir à titre de courtiers en valeurs, pas plus que Dominic Lacroix, avait dénoncé l’AMF. Il n’y a pas eu non plus de prospectus détaillant l’investissement, comme il est requis. Beaucoup d’investisseurs étaient des résidants du Québec. Pour l’AMF, il s’agissait «de pratique illégale», a expliqué vendredi M. Théberge. Suite aux interventions de l’AMF, le TAMF avait interdit à M. Lacroix et à son entreprise d’exercer toute activité de vente pour le Plexcoin, dont la sollicitation et le démarchage d’investisseurs, et leur ordonnait de cesser de faire de la publicité et de fermer leurs sites internet. Ce qu’ils n’ont pas fait, loin de là, selon la preuve déposée. Un enquêteur de l’AMF a présenté à l’audience toute une série de conversations entre Dominic Lacroix et l’un de ses employés, Yan Ouellet, provenant du disque dur de l’ordinateur de ce dernier, qui avait été saisi. Parmi ces extraits, on note celui-ci de Yan Ouellet, qui dit :«C’est des procédures administratives ordonnées par un juge. On s’en fout de l’AMF», et celui-là de M. Lacroix: «On a reçu une autre mise en demeure de l’AMF. Ils nous lâcheront pas, il faut laisser aucune trace». Le juge Lesage a retenu de ces échanges «la désinvolture des défendeurs à l’égard des ordonnances rendues et leur intention de ne pas les suivre». «Il est facile de constater que l’intention des défendeurs est de poursuivre leurs activités volontairement, en toute connaissance de cause», a-t-il écrit. Le juge n’a vu aucun facteur atténuant. «L’appât du gain au détriment d’investisseurs à qui l’on promet un taux d’intérêt sans commune mesure demeurait le seul but des défendeurs malgré la décision rendue», a-t-il écrit. La mise en circulation de la monnaie aurait rapporté à Dominic Lacroix plus de 10 millions $, selon l’AMF, qui poursuit son enquête. Plus tôt cette semaine, la Commission des valeurs mobilières (SEC) des États-Unis avait obtenu une ordonnance d’urgence pour geler les avoirs de Dominic Lacroix et de sa conjointe Sabrina Paradis-Royer pour cette même vente de monnaie Plexcoin. Selon des documents déposés aux États-Unis, les millions de dollars ont été récoltés par l’entremise de «déclarations substantiellement fausses ou trompeuses faites par M. Lacroix individuellement ou par le biais d’entités contrôlées par M. Lacroix». La plainte réclame une injonction permanente, la confiscation des profits illégaux et d’autres pénalités. La poursuite aux États-Unis accuse le couple et l’entreprise PlexCorps de violation d’articles antifraude de la loi fédérale sur les valeurs mobilières aux États-Unis, et M. Lacroix et l’entreprise de violation des règles qui nécessitent un enregistrement auprès des autorités.