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La Cour suprême se penchera sur la confidentialité des sources journalistiques

TORONTO — La Cour suprême du Canada se penchera mercredi sur un enjeu majeur pour la presse: la confidentialité des sources journalistiques. Le plus haut tribunal du pays a accepté d’entendre en appel la cause du magazine «Vice», qui avait publié en 2014 une série d’articles sur l’implication du Canadien Farah Shirdon dans Daech (le groupe armé État islamique) en Iraq et en Syrie. Les trois articles s’appuyaient en grande partie sur des communications, par le biais d’un service de messagerie texte, entre le journaliste Ben Makuch et M. Shirdon — qui pourrait avoir été tué depuis, lors d’une frappe aérienne en 2015. La Cour supérieure de l’Ontario sommé le journaliste de remettre aux enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) les données et les documents relatifs à ses communications avec M. Shirdon. La cour d’appel de la province a plus tard confirmé le bien-fondé de cette «ordonnance de communication». Dans cette affaire, Vice Media plaide que si M. Makuch respectait l’ordonnance, les journalistes auraient ensuite beaucoup de mal à convaincre leurs sources de se confier sans crainte d’être poursuivies par les autorités ou de voir leur identité étalée au grand jour. La GRC et le ministère fédéral de la Justice avaient plaidé avec succès devant les deux instances précédentes que l’accès à ces informations était essentiel à l’enquête en cours sur M. Shirdon. Ils ont soutenu que les journalistes n’avaient aucun droit particulier de retenir des informations cruciales — et que la loi à cet égard était bien établie. «Contrairement à ce que prétendent les appelants, les tribunaux n’ont pas agi comme de simples exécutants en favorisant les intérêts des forces de l’ordre au détriment de la liberté d’expression, affirme le gouvernement dans ses plaidoiries écrites. L’ordonnance de communication est raisonnable.» Ces décisions des tribunaux inférieurs ont toutefois alarmé d’autres médias et des groupes de défense de la liberté d’expression, dont plusieurs ont obtenu la permission d’intervenir dans cette affaire. Une coalition de médias — comprenant des organisations telles que le Réseau de télévision des peuples autochtones, l’Association canadienne des journalistes, Global News et Postmedia — argue que les tribunaux inférieurs ont tranché «presque exclusivement en faveur de l’État et contre les médias». Pour sa part, le gouvernement de l’Ontario soutient que le système actuel fonctionne très bien et qu’il n’a pas besoin d’être modifié. Le juge Ian MacDonnell, de la Cour supérieure, avait avancé que l’intérêt du public penche davantage vers l’efficacité de l’enquête policière et le dépôt éventuel d’accusations concernant de graves allégations. La Cour d’appel de l’Ontario a confirmé ce jugement: elle a aussi conclu que la poursuite n’avait aucune obligation de prouver que les renseignements demandés étaient essentiels à l’enquête de la GRC. M. Makuch, qui maintient avoir déjà publié toutes les informations pertinentes pour l’intérêt public, dit mener ce combat pour lui-même, mais aussi au nom de tous les journalistes au Canada. «C’est une question extrêmement importante», a-t-il déclaré.

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L’action collective des «Courageuses» contre Gilbert Rozon a été autorisée

MONTRÉAL — L’action collective des «Courageuses», ce groupe de présumées victimes d’agressions sexuelles et de harcèlement par le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon, peut maintenant aller de l’avant. Dans une décision rendue mardi, le juge Donald Bisson de la Cour supérieure a autorisé le recours civil dirigé contre l’homme d’affaires bien connu. Il accorde au groupe «Les Courageuses» le droit de réclamer, au nom de toutes «les personnes agressées et/ou harcelées sexuellement par Gilbert Rozon», jusqu’à 10 millions $ en dommages punitifs, en plus des dommages moraux et pécuniaires. Le magistrat autorise aussi l’utilisation de pseudonymes pour protéger l’identité des femmes. On ne connaît pas leurs noms, sauf celui de la représentante du groupe, la comédienne Patricia Tulasne. Il s’agit ici d’une bonne façon de procéder, estime le magistrat, selon qui «le véhicule procédural de l’action collective a démontré son efficacité dans les dossiers d’agressions sexuelles puisqu’il a permis à des centaines de victimes d’avoir accès à la justice au Québec». Si «Les Courageuses» n’étaient pas autorisées à intenter la présente action, «il est fort probable que de très nombreuses victimes seraient privées de l’exercice de leurs droits», ajoute-t-il dans son jugement de 40 pages. Selon «Les Courageuses», le nom que s’est donné le groupe de femmes qui accusent Gilbert Rozon, ce dernier aurait fait au moins 20 victimes sur une période de 34 ans, de 1982 à 2016. Ce nombre ne serait que «la pointe de l’iceberg», est-il allégué dans leur demande en justice. La cause est inhabituelle, souligne le juge, car elle se distingue des autres actions collectives intentées dans le passé pour agressions sexuelles, dirigées vers des institutions religieuses ou d’enseignement. «La particularité du présent dossier est que la demande ne vise pas une institution au sein de laquelle travaillait l’agresseur, mais bien uniquement l’agresseur allégué seul», écrit-il. M. Rozon a d’ailleurs tenté d’empêcher que le recours soit autorisé, plaidant qu’il ne respectait pas les critères de la loi. Le juge a rejeté tous ses arguments. L’ex-producteur de 63 ans a notamment fait valoir au juge que l’action collective n’était pas le véhicule procédural approprié et que les femmes auraient plutôt dû le poursuivre indépendamment, car il s’agit de situations individuelles, qui ne sont pas reliées entre elles. Il prétend aussi que l’action de la représentante du groupe — Patricia Tulasne, qui rapporte avoir été agressée en 1994 — n’a pas été intentée dans les délais requis et qu’elle n’a pas démontré qu’elle était incapable d’intenter une poursuite avant 2017. Pour le juge Bisson, ces questions de prescription et d’impossibilité d’agir sont complexes et n’empêchent pas l’autorisation de l’action collective: le débat pourra se faire plus tard, écrit-il. Et alors que M. Rozon prétend que Mme Tulasne s’est contredite en racontant son agression et qu’elle n’apporte aucune preuve spécifique, le juge indique que sa version des faits est suffisante pour appuyer son recours à cette étape-ci. Pas besoin de corroboration des agressions par un tiers pour qu’une action collective soit autorisée, tranche le juge Bisson. De plus, «M. Rozon n’a pas formellement tenté de nier ces événements ni ne les a formellement niés. C’est plutôt leur interprétation qu’il a remise en cause», est-il écrit. Il pourra toutefois contredire les allégations des femmes lors du procès. Lors de l’audience pour l’autorisation, l’ex-producteur avait aussi plaidé, par la bouche de ses avocats, que «charmer en utilisant son pouvoir n’est pas une faute en soi». Il avait aussi mentionné qu’il faut se questionner sur le consentement des victimes alléguées, qui est quelque chose, selon lui, «qui se passe dans leur tête» et pour laquelle il ne peut être tenu responsable. À ce sujet, le juge écrit que l’agression rapportée par Mme Tulasne «ne correspond aucunement à la banalisation grossière et déformée que présente M. Rozon». Ce jugement d’autorisation peut être porté en appel par M. Rozon, en demandant la permission d’un juge. Les allégations des «Courageuses» n’ont pas été prouvées en cour et aucune accusation criminelle n’a été déposée contre M. Rozon. Dans la foulée des allégations d’agression rapportées dans des médias en octobre dernier, il a démissionné de ses fonctions de président du Groupe Juste pour rire et son entreprise a depuis été vendue.

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Disparition de Gilles Giasson: la police a découvert des «objets pertinents»

MONTRÉAL — La Sûreté du Québec dit avoir découvert mardi après-midi des «objets pertinents» à l’enquête sur la disparition de Gilles Giasson, cet homme dont on est sans nouvelles depuis vendredi et que les policiers soupçonnent d’avoir été assassiné. La sergente Éloïse Cossette rapporte que cette «avancée importante» a été réalisée par la trentaine de policiers qui participaient mardi aux recherches sur le site d’enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès, en Mauricie. Des policiers spécialisés en recherches terrestres et d’autres provenant de l’unité des crimes contre la personne étaient notamment sur place. Une technicienne en scène de crime avait également été déployée pour recueillir des informations dans l’éventualité où des restes humains seraient trouvés. La porte-parole de la SQ a refusé de préciser la nature des «objets» découverts mardi, mais elle a précisé que les recherches se poursuivraient pendant leur analyse. Les autorités avaient entamé ces fouilles lundi, au sud du dépotoir près de la rivière Saint-Maurice, où deux rétrocaveuses sont également mises à profit. Depuis le signalement de la disparition de M. Giasson, les enquêteurs de la Sûreté du Québec privilégient la thèse du meurtre. Le disparu est le père de François Asselin, qui a été accusé vendredi, à Sherbrooke, du meurtre au deuxième degré de son collègue de travail, François Lefebvre, et d’outrage à son cadavre. Il a plaidé non coupable. L’évolution de l’enquête, grâce à l’analyse d’une scène de crime et les informations recueillies auprès de voisins et d’autres témoins, ont conduit les policiers au site d’enfouissement, a expliqué Éloïse Cossette. «(Cette découverte) nous démontre que nous faisons des recherches dans le bon secteur, a soutenu la sergente. À chaque pelletée de débris des rétrocaveuses, on ne sait jamais ce qu’on peut découvrir.»

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Contrôle des armes: élus implorés d’amender C-71 pour bannir les armes d’assaut

OTTAWA — Si les élus ont «le coeur» de bannir les armes d’assaut au pays, «au moins, on aura gagné quelque chose» et «toute la nation canadienne va applaudir», a plaidé mardi le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah. C’est le message qu’il a livré aux députés du comité parlementaire qui étudie le projet de loi C-71 sur le contrôle des armes à feu. Il était accompagné de Heidi Rathjen, coordonnatrice du groupe PolySeSouvient, et de Michel LeRoux, père d’un policier tué par arme à feu en 2016. «S’il vous plaît, s’il vous plaît. Aidez-nous, aidez-nous, et aidez la société à ce que ce genre d’arme d’assaut, de guerre, ne soit pas dans ce pays. C’est pour le bien de toute la société», a lancé Boufeldja Benabdallah aux élus du comité permanent de la sécurité publique et nationale. Il a fait valoir que le bilan de la fusillade à la mosquée de Québec aurait pu être beaucoup plus lourd si le fusil du tireur — une arme longue semi-automatique «Small Arms VZ58 Sporter», légale et non restreinte — ne s’était pas enrayé. «Tous les gens sont sidérés que cet individu avait une arme d’assaut. D’assaut!», s’est-il exclamé, enjoignant les élus à laisser de côté leurs «animosités politiques» et d’amender C-71 de façon à bannir les armes d’assaut au Canada. «Soyez unanimes. Soyez bons. (…) C’est cet appel que je fais à vous tous ici (…) et je vais taper sur le clou jusqu’à ce que ça marche; Inch’Allah, si Dieu le veut», a promis le dirigeant du Centre culturel islamique de Québec. À ses côtés, Heidi Rathjen, qui milite en faveur d’un contrôle plus strict des armes à feu depuis la tuerie à l’École Polytechnique, en décembre 1989, a aussi demandé de modifier C-71, qui respecte «à peine» les promesses contenues dans la plateforme libérale. Mais elle ne se berce pas d’illusions. «Je ne peux pas dire que j’ai senti une ouverture, a-t-elle commenté après son témoignage en comité. On ne croit pas que les chances sont très grandes qu’ils amendent le projet de loi en ce sens.» En revanche, elle estime que cette comparution devant le comité pourrait avoir l’avantage de sensibiliser la population. «Les Canadiens vont être plus au fait que les armes d’assaut sont légales. (…) Le public n’est tout simplement pas au courant à quel point nos lois sont faibles au niveau de ce type d’arme à feu», a argué Mme Rathjen en entrevue. Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a réitéré mardi qu’il était ouvert aux propositions d’amendements. Il a cependant énoncé plus clairement ce qu’il avait suggéré il y a deux semaines: C-71 ne sera pas le véhicule législatif par lequel seront bannies les armes d’assaut. «Cela nécessiterait un projet de loi séparé, car cela irait au-delà de la portée de ce qui est à l’étude à la Chambre des communes actuellement», a-t-il signalé en mêlée de presse avant la période des questions en Chambre.

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Crise au Bloc québécois: Marilène Gill demande à Mario Beaulieu de se rallier

OTTAWA — La députée bloquiste Marilène Gill demande à son collègue Mario Beaulieu de cesser de faire campagne contre Martine Ouellet. La chef du Bloc québécois se soumettra à un vote de confiance les 1er et 2 juin auquel tous les membres du parti sont invités à participer. Mario Beaulieu, qui est également président du parti, multiplie les démarches pour le camp du non. Il a participé à une conférence de presse samedi, organisée par une coalition d’associations de circonscription, pour inciter les membres à voter contre la chef. «Comme président, ce n’est pas son mandat, a-t-elle affirmé. Il doit accepter ce que les membres ont décidé.» Marilène Gill estime tout de même que M. Beaulieu a toujours sa place comme président du Bloc québécois, mais elle lui demande de se rallier à la sortie de crise adoptée en conseil général à la fin du mois d’avril. Quelques centaines de délégués avaient approuvé la tenue d’un référendum sur la mission du Bloc québécois comme promoteur de l’indépendance assorti d’un vote de confiance. La Coalition pour l’unité indépendantiste, qui a l’appui de M. Beaulieu, estime que ce processus est vicié. «C’est un vote de confiance qui est transformé en référendum, mais où il n’y a pas de règles claires d’établies et où il y a seulement un comité du oui qui est financé à partir de l’argent des membres», a-t-il expliqué. La coalition a fait une série de demandes à l’exécutif du parti pour équilibrer les ressources entre le camp du oui et le camp du non. Elle demande, entre autres, un accès aux listes des membres du Bloc québécois et un plafonnement des dépenses de campagne à 15 000 $. M. Beaulieu a indiqué qu’elle n’avait toujours pas eu de réponse à moins de deux semaines du vote.

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Le Parti québécois veut exiger la connaissance du français aux immigrants

MONTRÉAL — Un gouvernement péquiste reverrait l’ensemble des paramètres d’immigration afin d’améliorer l’intégration des nouveaux arrivants, leur rétention et leur présence en région, et ce, afin de s’attaquer plus directement à la pénurie de main-d’oeuvre. Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a présenté mardi matin à Montréal la politique d’immigration de sa formation, politique axée sur une sélection beaucoup plus stricte des nouveaux arrivants en fonction, surtout, de la langue. Ainsi, l’obtention d’un certificat de sélection serait désormais conditionnelle à la connaissance du français avant l’arrivée au Québec, exception faite des réfugiés et autres migrants accueillis pour des raisons humanitaires. Les aspirants immigrants doivent déjà passer un test de connaissance du français avant leur sélection, mais «le test n’est pas éliminatoire et c’est ça le problème. Nous on dit: le test sera éliminatoire», a tranché M. Lisée. «On est plus francs avec les conditions de succès», explique-t-il, disant tirer «la leçon du réel»; «les gens qui arrivent au Québec sans parler le français soit sont au chômage, soit s’en vont et, donc, perdent leur temps et le nôtre». Les données présentées dans la politique sont probantes sur cette question: de 2014 à 2017 inclusivement, entre 30 et 45 pour cent des immigrants reçus au Québec ont quitté pour une autre province. De plus, 60 pour cent des immigrants ne parlaient pas français à leur arrivée et moins de la moitié de ces derniers (40 pour cent) ont suivi des cours de francisation. Pire encore, la vérificatrice générale a récemment relevé que 90 pour cent de ceux qui ont suivi un cours de francisation l’ont échoué. Or, souligne le chef péquiste, le bassin de recrutement est pourtant immense: il y a pas moins de 274 millions de personnes dans le monde qui ont le français comme langue maternelle ou seconde et pas seulement en France, en Belgique ou en Afrique du Nord. Par exemple, selon l’Organisation internationale de la Francophonie, 23 pour cent des Portugais (2,4 millions d’habitants), 21 pour cent des Hollandais (3,6 millions), 16 pour cent des Britanniques (10,5 millions) ou encore 14 pour cent des Allemands (12 millions) parlent français, une langue répandue dans la plupart des pays européens et dans plusieurs pays d’Asie. Besoins en région Le Parti québécois entend également répartir les immigrants dans les régions en fonction des besoins criants de main-d’oeuvre qui s’y manifestent depuis quelques années. La formation souhaite orienter pas moins du quart des nouveaux arrivants en dehors de la région métropolitaine. Présentement, près de 90 pour cent des nouveaux arrivants aboutissent à Montréal, où ils sont confrontés, notamment, à des taux de chômage beaucoup plus élevés que ceux de la population active qui n’est pas issue de l’immigration. «Notre objectif, c’est qu’ils ne passent pas par Montréal et qu’ils aillent directement à l’endroit où ils ont leur emploi», explique le chef péquiste qui conclut que la stratégie libérale de «les laisser s’installer à Montréal, ça ne marche pas». Pour y arriver, le PQ prévoit remettre en place les bureaux régionaux du ministère de l’Immigration — démantelés dans la démarche d’austérité du gouvernement libéral —, les associer aux acteurs économiques et employeurs des régions et créer une offre d’emplois disponibles à combler immédiatement partout en province. Il suffirait dès lors de généraliser et d’ajuster l’approche du Programme de l’expérience québécoise qui permet de jumeler des employeurs avec des travailleurs ou des étudiants étrangers qui, une fois en emploi, obtiennent une voie rapide pour le certificat de sélection. «L’offre d’emploi validée (par l’employeur), c’est la voie royale vers le succès», selon le chef péquiste. Reconnaissance des diplômes Un des obstacles importants à l’intégration, particulièrement dans les emplois plus spécialisés, demeure la reconnaissance des diplômes et, surtout, l’obtention de permis des ordres professionnels. L’obtention du permis d’exercice dans certaines professions peut représenter des années de formation, d’examens et des déboursés de plusieurs milliers de dollars, ce qui en décourage plus d’un. Le taux d’abandon en cours de route a d’ailleurs atteint une moyenne de 55 pour cent entre 2010-2011 et 2014-2015. Le PQ entend, d’une part, offrir un important soutien financier pour la durée de la mise à norme des candidats, aide qui sera remboursable une fois la reconnaissance obtenue, mais aussi et surtout bien avertir les candidats de la course à obstacles qui s’élève devant eux avant leur arrivée. «Il ne faut pas que ce soit la grande séduction et ensuite la grande déception», a illustré Jean-François Lisée. Numérologie, charlatans et valeurs Contrairement aux libéraux — dont le gouvernement prévoit 53 000 immigrants cette année — et aux caquistes, dont le programme place la barre à 40 000 nouveaux arrivants, la politique péquiste ne comprend pour l’instant aucune cible. «Nous on refuse la numérologie», a répondu M. Lisée lorsqu’interrogé à cet effet. «Ceux qui vous disent qu’ils ont un chiffre, ce sont des charlatans», a-t-il renchéri, faisant valoir que des proportions massives des 53 000 immigrants du gouvernement Couillard quittent le Québec et raillant le chiffre de 40 000 de la CAQ. «François Legault, un matin, en se rasant, il a dit: je vais dire 40 000. Ça ne repose sur rien», a lancé le chef péquiste. M. Lisée entend plutôt suivre la démarche proposée par la politique de son parti et, parallèlement, demander au vérificateur général d’évaluer ce que serait «une vitesse de croisière qui a de l’allure en fonction de nos besoins d’emploi et de nos capacités d’intégration». Quant à l’idée de test des valeurs proposé par la CAQ, le Parti québécois la juge absurde, tant dans sa forme que dans son intention. D’une part, il souligne que de renvoyer un immigrant qui échouerait un tel test trois ou quatre ans après son arrivée est contraire aux lois canadiennes et qu’une telle provision serait assurément rejetée par Ottawa, qui a le dernier mot en la matière. Mais surtout, le PQ rappelle que depuis plusieurs années le Québec oblige les candidats à l’immigration à signer une déclaration des valeurs.

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Place des femmes en politique: un rapport préliminaire évidé

QUÉBEC — Rien ne va plus à la Commission des relations avec les citoyens (CRC) qui se penche depuis deux ans sur la question de la place des femmes en politique. Des libéraux qui y siègent ont pris le marqueur rouge pour biffer presque l’entièreté du rapport préliminaire, rejetant ainsi ses principaux constats et accusant le Service de la recherche de l’Assemblée nationale d’avoir manqué de «rigueur» dans sa rédaction, a appris La Presse canadienne. Très attendu dans les milieux féministes et les partis politiques, le rapport final de la commission doit être rendu public à la fin mai-début juin. Il devait formuler des recommandations pour dire comment les partis, le gouvernement et l’Assemblée nationale pouvaient de façon très concrète, et à court terme, lever les obstacles et créer les conditions favorables à la parité hommes-femmes en politique. Car plus de 75 ans après avoir obtenu le droit de voter et de se porter candidates, les Québécoises occupent moins du tiers des sièges parlementaires alors qu’elles représentent la moitié de la population. Modifications «substantielles» exigées Or, comme le rapportait La Presse canadienne en avril, la CRC — qui est formée d’une majorité de libéraux —a plutôt choisi de privilégier le statu quo. Pas besoin de loi imposant au moins 40 pour cent de candidatures féminines et pas question non plus de recommander aux partis politiques d’atteindre des quotas de candidates. D’ailleurs, dans un document produit le 9 mai accompagnant le rapport préliminaire et dont La Presse canadienne vient d’obtenir copie, les élus libéraux expriment tout leur malaise face au processus de consultation, à la méthodologie qui s’est avérée «déficiente» et au contenu du rapport qui «fait preuve d’un manque de rigueur». Fait rare, ils blâment sévèrement les recherchistes de l’Assemblée nationale, qui ont retenu dans le rapport des «propos dirigés», selon eux. «Les résultats présentés ne peuvent constituer de grandes tendances ou constats, ces derniers référant à ‘des’ ou ‘plusieurs’ sans mentionner le nombre, etc.», peut-on lire dans le document. «Il est extrêmement surprenant et décevant de constater que les propos et recommandations retranscrites NE RESPECTENT PAS les discussions et décisions prises par les membres de la commission.» Selon eux, le questionnaire en ligne a été rempli par des clientèles «captives», c’est-à-dire «celles ayant déjà un intérêt pour ce type d’engagement, connaissant et visitant le site Internet de l’Assemblée nationale du Québec, entraînant des biais inévitables dans le recensement des données et dans leur interprétation». Des groupes d’intérêt venus présenter un mémoire devant la commission «risquent fort» d’avoir aussi répondu au questionnaire en ligne, «ce qui fait qu’une même personne peut compter pour deux». Par ailleurs, la commission n’a jamais sondé ni les élues actuelles ni celles ayant choisi de quitter la vie politique, ont déploré les libéraux. Pourtant, ont-ils noté, elles auraient été en mesure d’identifier les freins, réels ou perçus, à l’engagement politique. «Nous ne pouvons accepter le rapport tel que présenté et sans des modifications substantielles liées à la rigueur des faits, l’abolition de nombreuses interprétations libres et le respect des discussions ayant eu cours entre les membres de la commission», ont-ils conclu. Les nombreux changements survenus dans la composition de la CRC au cours des deux dernières années n’ont pas contribué au succès de l’entreprise ni contribué à faciliter et accélérer le processus décisionnel. Les quelques députées membres de la commission qui ont accepté de dévoiler en avril les grandes orientations prises par la CRC ont dit l’avoir fait parce qu’elles étaient déçues, voire outrées, des choix faits par la majorité des élus composant la commission. Toutes ont requis l’anonymat. Selon elles, au moins 80 pour cent des groupes venus témoigner dans ce dossier recommandaient à Québec de favoriser des mesures coercitives (loi ou quotas) pour forcer les partis à faire plus de place aux femmes en recrutant davantage de candidates. Recommandations À cette étape, les 13 recommandations de la CRC sont modestes et consensuelles. En résumé, elles sont: -Que les connaissances sur la représentation des femmes en politique au Québec soient développées; -Que la présence des femmes dans les instances dirigeantes soit encouragée en vue d’une représentation paritaire; -Que les femmes en politique soient plus visibles et valorisées; -Que l’offre de formation et de mentorat pour les aspirantes candidates soit développée; -Qu’une politique et un plan d’action pour la conciliation travail-famille-vie personnelle à l’Assemblée nationale soient élaborés; -Que le travail politique et parlementaire soit examiné en vue de le rendre plus attrayant, notamment en ce qui concerne l’organisation et la culture de l’Assemblée nationale; -Que des cours d’éducation à la citoyenneté soient intégrés aux programmes obligatoires d’enseignement primaire et secondaire.

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Le gouvernement du Québec présente sa stratégie sur la main-d’oeuvre

QUÉBEC — Le gouvernement Couillard veut faire travailler davantage les personnes âgées et les immigrants pour résorber la pénurie de travailleurs. Ce sont là deux des cibles de la nouvelle stratégie sur la main-d’oeuvre dévoilée mardi à Québec. On y apprend notamment que Québec investira 873,8 millions $ supplémentaires sur cinq ans pour sa nouvelle stratégie sur la main-d’oeuvre. «On veut ramener les gens qui sont un peu plus loin du marché du travail, les personnes âgées, les personnes handicapées, les Autochtones», a déclaré le premier ministre Philippe Couillard en conférence de presse dans les locaux d’une entreprise de Québec. «Le Québec a indéniablement besoin des immigrants, il en va de la survie de certaines entreprises», a plaidé le ministre de l’Emploi, François Blais. Il visait ainsi sans les nommer les adversaires caquistes, qui proposent de réduire le seuil d’immigration de 50 000 à 40 000 personnes par année. Près de 200 millions $ seront réservés spécifiquement aux clientèles immigrantes. On veut ainsi rattraper le taux d’emploi des personnes immigrantes au Canada, à 64 pour cent, alors qu’il est à 60,6 pour cent au Québec. De même, on veut réduire de moitié l’écart du taux d’emploi pour les personnes de 60 à 69 ans entre le Québec et le Canada. Il est actuellement de 40 pour cent au Canada et de 34 pour cent au Québec. Au total, c’est 1,3 milliard $ qui seraient investis pour la formation de la main-d’oeuvre, sur cinq ans, en additionnant les sommes qui avaient déjà été prévues. Dans l’enveloppe globale, 800 millions $ serviront à attirer des travailleurs qualifiés et intégrer le plus grand nombre de personnes à l’emploi, ainsi qu’à aider les entreprises. Près de 400 millions $ seront dépensés pour «améliorer la flexibilité et l’agilité dans le développement des compétences». En 2017 il y avait plus de 90 000 postes vacants dans les entreprises au Québec.