Art de vivre

La Route verte en péril ?

Mauvaise nouvelle : le gouvernement du Québec compte carrément cesser de subventionner la Route verte, au moment où elle s’apprête à célébrer ses 20 ans, en 2015.

Mauvaise nouvelle : le gouvernement du Québec compte carrément cesser de subventionner la Route verte, au moment où elle s’apprête à célébrer ses 20 ans, en 2015.
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Dans le cadre du pacte fiscal transitoire visant les transferts financiers aux municipalités (adopté la semaine dernière), Québec a ainsi annoncé qu’il ne verserait plus les 2,8 millions de dollars qu’il octroie annuellement au plus vaste réseau cyclable d’Amérique du Nord.

Saluée et reconnue partout sur la planète vélo — notamment par National Geographic, qui l’a déjà placée au sommet de son palmarès des meilleures véloroutes du monde —, la Route verte est l’une des fiertés du Québec touristique, une infrastructure unique utilisée chaque année par des centaines de milliers de vélophiles.

Or, pour maintenir à niveau ce réseau cyclable panquébécois de plus de 5 000 km, et afin qu’il demeure accessible et sécuritaire, un minimum d’entretien est nécessaire.

Jusqu’ici, les subventions accordées dans le cadre du Programme intégré d’infrastructures cyclables et piétonnes couvraient la moitié des frais d’entretien — l’autre moitié étant fournie par les municipalités —, en plus d’assurer une certaine uniformité dans l’affectation des dépenses vouées au maintien en état du réseau.

«Mais avec l’abolition du Programme, le milieu n’aura pas la capacité de supporter cette charge et assumer la gouvernance d’un réseau qui traverse tout près de 400 municipalités», assure Lucie Lanteigne, directrice générale de Vélo Québec Association. «Si rien n’est fait, la fermeture de tronçons majeurs est à prévoir, et cela, à très court terme», ajoute-t-elle.

On craint en effet que certaines municipalités, déjà aux prises avec de sérieuses difficultés financières, abandonnent carrément les portions de la Route verte situées sur leur territoire, ou que d’autres exigent des cyclistes qu’ils se procurent une vignette payante pour circuler sur leur réseau cycable — ce que le programme de subvention aboli par Québec permettait justement d’éviter.

Déjà, des municipalités qui tirent beaucoup de revenus de la Route verte s’inquiètent de ces mesures, à commencer par celles qui sont traversées par la Véloroute des Bleuets, au Lac-Saint-Jean, et par le P’tit Train du Nord, dans les Laurentides, lequel est fréquenté, chaque année, par 1 250 000 cyclistes.

À cet égard, Vélo Québec rappelle paradoxalement que ce dernier tronçon de la Route verte génère à lui seul plus de revenus fiscaux et parafiscaux pour le gouvernement du Québec que ce que lui coûte le programme pour l’ensemble de la province…

L’OSBL pro-vélo exhorte donc l’État québécois à revoir sa décision, puisque «la fermeture d’un ou de plusieurs tronçons de la Route verte représenterait une perte nette pour le gouvernement du Québec et l’ensemble des communautés».

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À propos de Gary Lawrence

Journaliste indépendant, Gary Lawrence a foulé le sol des sept continents de la planète et de plus de 90 pays. Ex-rédacteur en chef d’un magazine spécialisé en tourisme, il a aussi été rédacteur en chef francophone d’un service de presse touristique et a signé à ce jour des centaines d’articles portant sur les voyages, dont plusieurs dans L’actualité. On peut le suivre sur Facebook et sur Twitter : @LawrenceGary.