Art de vivre

Les aéroports des États-Unis, à éviter plus que jamais?

Le chaos aéroportuaire est pire que jamais: les files ont atteint des longueurs disproportionnées et les retards se multiplient depuis quelques mois.

(Photo: AP Photo/Seth Wenig)
L’agence américaine de sécurité des transports engagera 768 agents pour réduire les délais d’attente interminables aux contrôles de sécurité, qui ont cloué au sol de nombreux passagers, avant même le début de la haute saison. La majorité de ces nouveaux employés iront dans les aéroports les plus achalandés du pays, notamment à Chicago, New York, Atlanta et Los Angeles. (Photo: AP Photo/Seth Wenig)

Déjà, en temps normal, transiter par les aéroports états-uniens tient souvent du parcours du combattant, surtout quand on rentre au Canada. L’attente peut être longue et pénible; les contrôles, désordonnés; et les employés de la Transportation Security Administration (TSA), souvent d’indécrottables incompétents indifférents aux besoins des passagers.

Depuis quelques mois cependant, le chaos aéroportuaire est sans pareil aux États-Unis: les files ont atteint des longueurs disproportionnées, les grands aéroports sont plus que jamais engorgés, les retards se multiplient et les passagers laissés en plan sur le tarmac ne se comptent plus.

La grogne sourd et le mot-clic #iHateTheWait fait fureur sur Twitter, tandis que les usagers sont invités à publier sur les réseaux sociaux leurs photos et vidéos témoignant de l’absurdité de ces attentes prolongées, dont celle-ci, visionnée plus de 2,3 millions de fois en 10 jours.

Mais que s’est-il donc passé chez nos voisins du Sud pour qu’ils en arrivent là? D’abord, le nombre de passagers ne cesse d’augmenter d’année en année — tout comme celui des bagages qu’ils emportent avec eux en cabine pour éviter les frais en soute. Ensuite, on compte de moins en moins d’employés de la TSA affectés aux fouilles; le système automatisé devant remplacer une partie du personnel ne s’est pas révélé à la hauteur; et le nombre de passagers qui se sont inscrits au service PreCheck (pour accélérer les contrôles) a été moindre que prévu. Un exemple parmi tant d’autres de cafouillage qui en a résulté: compte tenu de l’équipement défectueux de l’aéroport de Phoenix, on a récemment dû faire contrôler des valises à l’aéroport voisin de Las Vegas

Vendredi dernier, devant le mécontentement populaire, le Congrès des États-Unis a accordé une enveloppe spéciale de 34 millions de dollars pour payer les heures supplémentaires des employés de la TSA et en embaucher 768 nouveaux sous peu, en plus d’affecter davantage de chiens renifleurs pour alléger le temps passé aux fouilles. Or, selon le syndicat de la TSA — et d’autres observateurs ­—, toutes ces mesures demeurent nettement insuffisantes puisque c’est 6 000 employés de plus qu’il faudrait engager pour espérer un retour à la normale.

En attendant que les choses s’améliorent — ce qui pourrait prendre plusieurs mois —, la TSA vient de limoger son responsable de la sécurité, déjà critiqué pour avoir reçu 90 000 dollars en prime, malgré d’innombrables délais sous son mandat. En juin, un autre cadre de la TSA démissionnait après qu’une enquête de la Homeland Security eut révélé de sérieuses failles dans la détection d’armes et d’explosifs dans certains aéroports.

Pour l’instant, ceux qui n’ont d’autre choix que d’utiliser les aéroports les plus engorgés (dont ceux de Los Angeles, New York et Orlando) doivent prendre leur mal en patience, en attendant que les changements annoncés se concrétisent. Ils peuvent aussi s’inscrire au service PreCheck, désormais offert à certains passagers de 16 transporteurs desservant les États-Unis, en plus des membres canadiens de NEXUS, un programme similaire.

Quant à ceux qui peuvent choisir leur point de chute, il leur est loisible de consulter cette liste d’aéroports à privilégier en sol états-unien… mais qui sont malheureusement tous des aéroports régionaux.