Art de vivre

Le vin de la semaine: un vouvray aux accents de printemps

Minéral, structuré, désaltérant et apte à se bonifier pendant presque 10 ans. À moins de 25 dollars, on achète les yeux fermés!

La vie est trop courte pour fréquenter l’ennui, surtout dans son verre. Chaque semaine, Nadia Fournier vous fait découvrir les vins qui l’emballent.

Catherine et Pierre Breton, Vouvray 2015, Épaulé Jeté — 12103411 — 23,10 $

Le concept de chenin blanc sec et tranchant est relativement récent. Historiquement, ce cépage de la Loire était récolté plutôt tard, après d’autres variétés hâtives, comme le sauvignon blanc. Il n’était ainsi pas rare que les vins présentent un léger reste de sucre. C’était même la règle. La vue d’une bouteille de vouvray sur une carte des vins soulevait donc habituellement un doute. Serait-il sec, ou demi-sec?

Mais depuis une dizaine d’années, une petite révolution a eu lieu et la grande majorité des chenins blancs de l’Anjou et du Saumurois sont maintenant tout à fait secs. Parmi les acteurs majeurs de cette renaissance, on compte Catherine et Pierre Breton, vignerons à Bourgueil et à Vouvray, où ils produisent le toujours délicieux Épaulé Jeté.

Fruit d’un été chaud dans la vallée de la Loire — et dans le reste du vignoble français —, le 2015 est manifestement issu de raisins bien mûrs: ample, ponctué de saveurs fraîches, entre les fruits jaunes, les fleurs, le miel et la rhubarbe, avec une touche de botrytis (la pourriture noble) qui apporte de délicates notes d’épices, mais toujours soutenu par le fil d’acidité caractéristique du chenin qui lui donne une allure presque aérienne. Il n’en faut pas plus pour me donner envie d’un apéro en terrasse. Et vous?