Art de vivre

Angoissant slalom dans le ciel du Bhoutan

À l’aéroport de Paro, au Bhoutan, les manœuvres d’approche comptent parmi les plus dangereuses de la planète.

Photo: iStock

De par le monde, certains aéroports sont réputés pour donner des sueurs froides aux passagers – et aux pilotes – des avions qui y atterrissent.

À Courchevel, dans les Alpes françaises, la piste est si courte qu’elle comporte une inclinaison en montée, pour aider les avions à ralentir. À l’aéroport de Solukhumbu, au Népal, la piste se termine par un précipice. Et à Saint-Martin, dans les Antilles, les avions rasent presque les flots et les baigneurs de la plage qui jouxte l’aéroport.

L’aéroport de Paro, au Bhoutan, où j’ai atterri la semaine dernière, est lui aussi connu pour être périlleux. Seul aéroport international de ce petit pays himalayen, il est situé dans une haute et étroite vallée encaissée à 2300 mètres, et il est entouré de sommets qui atteignent parfois 5500 mètres. De par le monde, moins d’une dizaine de pilotes sont habilités à y atterrir, et pour cause : les manœuvres d’approche y sont pour le moins particulières.

Quand le pilote de Druk Air, le transporteur national bhoutanais, a effectué un premier virage à 180 degrés en plein cœur de la vallée voisine de celle où est situé l’aéroport, j’ai senti mes boyaux se resserrer.

Avec un petit bimoteur, la manœuvre n’aurait rien eu d’impressionnant. Mais avec un Airbus A319 de 150 passagers, disons que ce virage fortement incliné a eu de quoi me tenir éveillé, surtout que j’étais assis du côté hublot.

Puis, quand l’avion s’est redressé, j’ai cru l’atterrissage imminent. Mais non. Le pilote devait encore négocier un virage à droite à très basse altitude, puisque la piste d’atterrissage se trouve plus loin… dans une vallée parallèle, légèrement décalée.

Il a donc remis les gaz pour reprendre un peu d’altitude avant de recommencer la manœuvre d’approche et virer de nouveau, mais vers la gauche. Quand il a finalement pu aligner l’Airbus avec la piste, il ne disposait plus que de quelques secondes pour lâcher les gaz et atterrir. Ce qui fut fait sans heurt.

Par beau temps, tout se déroule généralement bien. Mais quand se pointe la saison des moussons, qui débute en juin, l’approche se corse. Puisqu’il est impossible d’atterrir autrement qu’à vue et durant la journée, nombreux sont les vols qui sont retardés ou déviés sur Calcutta, en Inde, Katmandou, au Népal, ou ailleurs.

Pour avoir une idée de l’atterrissage d’un A319 sur l’unique piste de l’aéroport de Paro, vu depuis le cockpit de l’avion, cliquez ici.