Art de vivre

Les dzongs, fabuleux monastères-forteresses du Bhoutan

Au pays du dragon tonnerre, chaque province dispose de l’une de ces impressionnantes constructions fortifiées.

Pays éminemment religieux et pieux, le Bhoutan compte des milliers de temples, des centaines de monastères et surtout 20 dzongs, d’impressionnants monastères-forteresses.

Stratégiquement bâtis sur des sites souvent spectaculaires, ceux-ci servent à la fois de centres administratifs régionaux et de sièges du pouvoir religieux pour chacune des provinces de ce petit royaume de la taille de la Suisse et peuplé d’à peine 700 000 âmes.

Le dzong de Trongsa. (Photo : Gary Lawrence)

Faits de pierre ou de terre battue, blanchis à la chaux et toujours ceinturés de hautes et puissantes murailles, les dzongs ont tous été construits sans clous ni plans d’architecte.

La cour centrale et le utse du dzong de Thimphu. (Photo : Gary Lawrence)

Parce qu’ils intègrent beaucoup de structures en bois, presque tous ont fini par être détruits, soit par un incendie causé par l’utilisation des lampes à beurre, soit par un des nombreux séismes qui ont secoué le pays du dragon tonnerre au fil des siècles.

Chaque dzong du Bhoutan est orné de boiseries finement ouvragées. (Photo : Gary Lawrence)

Mais presque tous ces dzongs ont été reconstruits à l’identique, toujours sans plans ni clous, ce qui est d’autant plus impressionnant vu leur taille imposante et les incroyables ornementations de leurs temples, souvent immenses.

Moines en train de texter, dzong de Trongsa. (Photo : Gary Lawrence)

Certains dzongs abritent aussi une école monastique (comme à Trongsa, Paro et Punakha), et tous comprennent une vaste cour intérieure (dochey) ainsi qu’une tour centrale (utse) — généralement fermée au public — où sont gardées des reliques.

La cour intérieure du dzong de Punakha. (Photo : Gary Lawrence)

Malgré leurs similarités, tous les dzongs bhoutanais ont quelque chose de particulier. À Thimphu, capitale du Bhoutan, la « forteresse de l’auspicieuse religion » se démarque par son immensité ; à Paro, où furent tournées plusieurs scènes du film Little Buddha, le dzong (alias la « forteresse sur un monceau de joyaux ») se distingue par sa relative petitesse mais héberge 200 moines ; à Punakha, chacun des cinq rois du Bhoutan a été couronné dans le dzong, surnommé le « palais de grand bonheur ».

En mai, les jacarandas du dzong de Punakha sont en pleine floraison. (Photo : Gary Lawrence)

L’un des dzongs les plus spectaculaires est sans conteste celui de Trongsa, dans le centre du pays : accroché à flanc de falaise, entre ciel et terre, il domine une splendide et profonde vallée.

Le dzong de Trongsa, spectaculairement situé à flanc de falaise. (Photo : Gary Lawrence)

Construit à partir de 1517, il comprend pas moins de 25 temples, tous bâtis « pour plus de protection contre les ennemis, qui étaient autrefois nombreux à passer par ce site stratégique », explique le guide Karma Gyemtshok. Car pour un peuple bouddhiste, plus on crée de temples, plus on maximise ses chances de bénéficier de la protection des divinités.

Chaque dzong compte un ou plusieurs temples, comme ici, à Thimphu. (Photo : Gary Lawrence)

Tous ces temples n’ont cependant pas empêché le grand séisme de 1897 d’avoir raison du dzong de Trongsa, et ils n’ont pas plus contré les effets du tremblement de terre de 2015, au Népal, qui a secoué les fondations de ce colossal édifice.

Les murs intérieurs des dzongs (comme ici, à Paro) sont tous recouverts de divinités, bouddhas et autres personnages du panthéon bouddhiste bhoutanais. (Photo : Gary Lawrence)

Présentement en reconstruction partielle, le dzong de Trongsa est une fois de plus menacé : sa structure est mise à mal par les vibrations du dynamitage nécessaire à la réalisation d’un barrage, en contrebas. Devrait-on bâtir d’autres temples pour protéger le dzong de ce nouveau péril ?

À savoir
Pour se rendre au Bhoutan depuis l’Amérique du Nord, il faut emprunter le transporteur national Drukair, qui relie Paro à certaines capitales d’Asie, dont Delhi, en Inde (2 heures 30 de vol). L’une des meilleures dessertes entre Montréal et Delhi est exploitée par Air France, cinq fois par semaine, avec escale à Paris (environ 15 heures de vol).

Les périodes idéales pour se rendre au Bhoutan sont de mars à mai et de septembre à novembre, qui correspondent aussi à la haute saison. En mai, le climat est agréable mais les touristes indiens sont innombrables, alors que de juin à août, c’est la saison de la mousson.

Hormis les citoyens indiens, tous les étrangers qui séjournent au Bhoutan doivent s’acquitter de frais de 200 $ US (basse saison) à 250 $ US (haute saison), par jour et par personne (plus 30 à 40 $ US, selon qu’ils voyagent en solo ou en duo). Ce prix donne droit à un guide, un chauffeur et son véhicule, l’hébergement de base (trois étoiles généralement), tous les repas et l’accès aux sites visités. En allongeant un peu plus la monnaie, on peut séjourner dans un hôtel quatre ou cinq étoiles.

Pour obtenir son visa, il faut obligatoirement passer par un voyagiste local ou établi au Québec, comme Les Routes du Monde, spécialiste du sous-continent indien et de ses environs immédiats depuis plus de 15 ans.

À lire : le très détaillé Bhoutan de Lonely Planet (1re édition en français, 2016), mais aussi Bhoutan : Terre de sérénité, par le moine bouddhiste Matthieu Ricard, qui y a passé des années… et qui a croqué en photos certains lieux d’ordinaire interdits aux photographes.

Info : tourism.gov.bt