Art de vivre

Glaçons et eau gazeuse, des faux pas ?

Depuis des années, on vous parle du bon usage du vin. On rabâche les éternels conseils sur la température idéale de service. On vous met en garde contre tel ou tel faux pas. Prendrait-on le vin trop au sérieux ?

(Photo : iStockphoto)

Tout professionnel du vin vous dira qu’il est préférable de le servir dans de bonnes conditions pour mieux l’apprécier. Voyons-y une marque de respect pour le produit et pour le travail du vigneron. Par contre, s’il y a une chose qui m’attriste, c’est de voir des gens bouder leur plaisir par crainte d’enfreindre l’étiquette. Pire, de voir des amis se confondre en excuses parce qu’ils ont « osé » mettre quelques glaçons dans leur verre ou ajouter un peu d’eau gazeuse à leur blanc.

Certes, en théorie, un bon vin devrait être équilibré et on ne devrait pas avoir à le diluer. Mais si le mercure grimpe à 30 °C et que votre verre de blanc frôle la température d’un potage, personne ne devrait vous blâmer d’y mettre quelques glaçons. Quant à l’ajout d’eau gazeuse, c’est peut-être un sacrilège, mais c’en est un bien ancré dans la culture européenne. Les Autrichiens, les Allemands, les Hongrois et même les Britanniques ont adopté depuis longtemps le spritzer comme boisson estivale désaltérante.

Pour vous accompagner pendant les soirées chaudes, quelques bonnes bouteilles à apprécier sans trop se prendre au sérieux. Détendez-vous, c’est l’été !

Château Revelette, Coteaux d’Aix rosé 2016
(13212002 ; 19,50 $)
Les amateurs des rouges du Château Revelette voudront goûter ce rosé d’une exquise pureté, qui met en évidence le talent du vigneron Peter Fischer. La bouche est riche d’une foule de nuances florales et anisées, sur un fond de petits fruits rouges, et le vin a tout ce qu’il faut de structure, avec une finale saline et une bonne longueur.


Domaine St-Jacques, Pinot gris 2016, Vin du Québec
(12981301 ; 21,35 $)
Nicole Du Temple et Yvan Quirion ont commencé à planter des cépages vinifera il y a quelques années dans leur vignoble de Saint-Jacques-le-Mineur, en Montérégie. Dès son premier millésime, leur pinot gris est devenu l’un de mes blancs québécois favoris. Le 2016 s’inscrit dans la même lignée et offre toute la fraîcheur voulue, sans aucune verdeur, avec une juste dose de gras.


Tantalus, Riesling 2015, Vallée de l’Okanagan
 (12456726 ;  31,50 $)
Ce riesling produit dans le secteur de Kelowna est l’exemple même d’un bon vin blanc de terroir et de climat frais. Même dans les conditions torrides de 2015, millésime le plus précoce de la courte histoire de l’Okanagan, le vin demeure vibrant et fait preuve d’une excellente tenue en bouche. Des saveurs nettes de citron et une finale minérale, portées par une trame acide en parfaite harmonie avec le sucre, au point que ce dernier est à peine perceptible. On peut le boire dès maintenant, mais il donnera sa pleine mesure dans quatre à cinq ans.