Un train Londres-Tokyo dans un proche avenir?
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Un train Londres-Tokyo dans un proche avenir?

Pourra-t-on un jour s’embarquer dans un train à la gare St. Pancras, à Londres, pour n’en débarquer qu’à Marunouchi, Tokyo? Peut-être…

Dans les années 1950, Staline rêvait déjà de rattacher le Japon à la Russie par un tunnel. En 2013, Vladimir Poutine relançait l’idée en y ajoutant la possibilité d’inclure un lien ferroviaire entre les deux pays, idée reprise en 2016 à l’occasion du centenaire du Transsibérien, ce train mythique reliant Moscou à Vladivostok. Depuis peu, voici que l’éventualité de voir naître une telle liaison s’avère plus que jamais réaliste, rapporte le Siberian Times.

Relancé la semaine dernière par le président russe lors du Forum économique oriental de Vladivostok, le projet impliquerait la construction d’un pont (ferroviaire et automobile) de 45 km entre l’île russe de Sakhaline – en partie sous contrôle japonais avant la Deuxième Guerre mondiale – et l’île japonaise d’Hokkaido.

Il nécessiterait aussi l’aménagement d’un pont ou d’un tunnel de 7 km entre Sakhaline et la Russie continentale, et surtout le règlement d’un différend entre les deux pays, puisque le Japon revendique sa souveraineté sur les îles Kouriles, un archipel limitrophe.

D’abord lancé pour développer l’est de la Russie, stimuler les investissements et exploiter ses matières premières, ce projet entraînerait aussi l’essor de l’industrie touristique dans les régions visées. Il donnerait également lieu à tout un périple culturel et géographique, pour qui pourrait se l’offrir, puisqu’il permettrait d’avoir accès au réseau ferroviaire européen et asiatique jusque dans ses dernières limites orientales et occidentales.

La gare St. Pancras, à Londres – Crédit: Colin/Wikimedia/CC 3.0

 

Au départ de Londres, l’itinéraire ferroviaire emprunterait le tunnel sous la Manche et traverserait la France, la Belgique, l’Allemagne, la Pologne et la Biélorussie, jusqu’à Moscou. De là, le train suivrait le parcours du Transsibérien, en direction de Vladivostok, sa dernière escale.

Iekaterinbourg, une escale sur le parcours du Transsibérien – Crédit:
Vladimir Udilov/Wikimedia

Mais plutôt que de se rendre jusqu’à Vladivostok — dernière des 990 gares du Transsibérien—, il bifurquerait plein nord à Khabarovsk (une ville située au confluent du fleuve Amour et de l’Oussouri) pour ensuite redescendre jusqu’à Wakkanai, ville japonaise reliée au réseau ferroviaire nippon.

Le quartier d’Akihabara, à Tokyo – Crédit: ElHeineken/Wikimedia/CC 4.0

En tout, 13 500 km pourraient être ainsi parcourus d’un trait – enfin presque, puisque la différence d’écartement entre les rails européens, russes et japonais impliquerait certains changements de trains.

Coût approximatif du projet : inconnu pour l’instant, mais à lui seul, le pont le plus court (entre la Russie continentale et Sakhaline) reviendrait au bas mot à 6,4 milliards de dollars canadiens. Une histoire (et un chemin de fer) à suivre…