La belle blanche
Art de vivre

La belle blanche

On peut trouver, au Québec seulement, plus d’une cinquantaine de bières blanches différentes !

Vous saviez, vous, que les bières blanches doivent leur aspect trouble à la forte teneur en protéines du blé et de l’avoine qui entrent dans leur composition ? Que le goût acidulé qui caractérise certaines de ces bières si populaires pendant l’été repose sur l’emploi d’une bactérie ? Que les troupes de Napoléon affectionnaient la blanche de Berlin au point de la surnommer le « champagne du Nord » ? Et qu’il existe, au Québec seulement, plus d’une cinquantaine de blanches différentes ? Pour explorer le large spectre de goûts qu’offre la blanche, voici trois délicieux exemples élaborés dans la Belle Province.


1. Microbrasserie Le Naufrageur, Double blanche à la tanaisie, Ale amérindienne

La gamme Ale amérindienne de cette microbrasserie de Carleton-sur-Mer revisite les classiques brassicoles en y introduisant des herbes, des plantes et des arbustes de la Gaspésie. Cette blanche forte (7,2 % d’alcool), par exemple, met à contribution la tanaisie, une plante vivace dont les parfums rappellent ceux de la camomille.

La douceur du sirop d’érable tempère l’amertume du houblon et laisse en bouche une sensation harmonieuse. (6,19 $ ; 500 ml)

 

2. Microbrasserie Charlevoix, Dominus Vobiscum blanche

Brassée à Baie-Saint-Paul, cette blanche de type witbier — bière de blé originaire de Belgique — déploie en bouche une agréable onctuosité et des arômes délicats d’orange, d’herbes et de boutons de fleurs.

Sa couleur jaune laiteux est couronnée d’une belle mousse fine et durable ; sa finale délicatement houblonnée apporte un heureux contrepoids à la sucrosité. À apprécier à table avec des moules-frites. (4,99 $ ; 500 ml)

3. Microbrasserie Le Castor, Citra Weisse

Bière d’orge et de blé maltés, issus de l’agriculture biologique et fermentés avec une levure allemande, qui lui procure des parfums caractéristiques de banane. Un houblonnage à cru avec du houblon citra apporte par ailleurs une fine amertume qui tire les saveurs d’épices en finale.

Sèche, mais portée par une texture tendre ; très bon équilibre et qualité irréprochable. Pas étonnant que cette micro de Rigaud, en Montérégie, jouisse d’une si bonne réputation. (6,19 $ ; 660 ml)

 

Pour les mordus

Dans Les paradis de la bière blanche (Druide), paru en août dernier, les auteurs David Lévesque Gendron et Martin Thibault explorent les différents visages de cette bière encore méconnue, malgré son omniprésence, et dont les horizons dépassent largement les frontières de la Belgique.

Depuis les Andes jusqu’au Japon en passant par l’Allemagne, l’Estonie et le Québec, un monde de saveurs à découvrir et une lecture fort intéressante et enrichissante pour les novices ès bières.

***

(Photo : Maxime Lehmann)

Des jus antigaspillage

Chaque année, malgré ses efforts pour réduire les déchets de son entreprise, Frédéric Monette, vice-président aux opérations de Courchesne Larose, un important distributeur de fruits et légumes, envoyait 6 500 tonnes de fruits et légumes propres à la consommation au site d’enfouissement. Il y a un peu plus d’un an, il s’est associé à Julie Poitras-Saulnier, gestionnaire spécialisée en développement durable, ainsi qu’à David Côté, cofondateur et copropriétaire de Rise Kombucha et des restaurants Crudessence, pour lancer Loop, une gamme de jus pressés à froid, puis pasteurisés par hydrostatique (un procédé qui peut tripler la durée de vie des aliments). Les fibres des fruits et légumes ont aussi une seconde vie, puisqu’ils entrent dans la composition de gâteries végétariennes pour animaux.

Forts d’une matière première abordable, d’un réseau de distribution national et d’une durée de vie de 35 jours, les jus Loop ont le vent dans les voiles. En un an, les propriétaires estiment que leur entreprise, fondée en juillet 2016, a réussi à sauver du dépotoir 375 tonnes de fruits et légumes.

***

 

(Illustration : Stéphane Aubin)

 

Carburer à l’eau d’érable

En 2017, près de 600 000 litres d’eau d’érable biologique ont été vendus à des industries du secteur alimentaire, et la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) prévoit que ce volume pourrait tripler d’ici cinq ans. Inspirés par la popularité de l’eau de coco auprès des sportifs, quatre entreprises québécoises se spécialisent désormais dans l’embouteillage d’eau d’érable, qui est peu calorique et riche en éléments nutritifs et en antioxydants. L’entreprise Aliments Sibon Foods, située à Terrebonne, exporte maintenant ses eaux aromatisées de la gamme Necta dans une dizaine de pays, essentiellement en Europe.