L'alcool rendrait-il bilingue ?
Art de vivre

L’alcool rendrait-il bilingue ?

Avec un petit verre dans le nez, les gens s’exprimeraient plus facilement dans une langue étrangère, selon une récente étude.

En vacances à Cuba, vous peinez à engager la conversation avec vos modestes rudiments d’espagnol ? À Rome, vous osez dire du bout des lèvres « arrivederci » en quittant votre interlocuteur ? Peut-être qu’un petit mojito ou un verre d’Aperol serait de mise pour vous lancer.

S’il est établi que la mémoire et la concentration sont des facultés que l’alcool ramollit, on dit souvent à la blague que prendre un verre permet de parler une langue qu’on ne maîtrise pas bien.

Des chercheurs des universités de Liverpool (Angleterre), Maastricht (Pays-Bas) et King’s College (Londres) ont voulu vérifier si cette croyance populaire en était vraiment une ou si, au contraire, elle reposait sur certains fondements, rapporte The Independant. Ils ont donc testé les effets réels de l’alcool sur les capacités langagières de 50 étudiants allemands inscrits en langues à l’Université de Maastricht.

Après leur avoir fait boire, de façon aléatoire, des cocktails contenant ou non de l’alcool, les chercheurs ont demandé aux étudiants de discuter en néerlandais avec l’un d’eux.

Les conversations, enregistrées, ont ensuite été écoutées par deux néerlandophones de souche, qui ne savaient pas quels étudiants avaient consommé de l’alcool. Or, il appert que ceux qui étaient légèrement « sous influence » ont fait preuve d’une meilleure maîtrise du néerlandais, en plus de s’exprimer avec un meilleur accent.

Évidemment, les « cobayes » n’avaient consommé qu’une faible quantité d’alcool (l’équivalent d’environ 460 ml de bière à 5 % pour 70 kg de masse corporelle) ; quiconque écluserait plusieurs bières ou enfilerait trop de shooters risquerait plutôt de ne plus se faire comprendre, y compris dans sa langue maternelle.

Du reste, une chercheuse de l’équipe préfère se montrer prudente avant de sauter aux conclusions, et ce, jusqu’à ce qu’on ait clairement déterminé ce qui explique les résultats observés. Manifestement, l’effet « désinhibant » de l’alcool — le même qui donne à certains le courage de faire des choses qu’ils ne feraient pas à jeun — est peut-être le seul en cause ici.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas demain la veille qu’on baragouinera en portugais en buvant quelques verres de vinho verde. Mais on sera alors sans doute moins gêné de lancer un « bom dia » bien senti à son voisin, attablé dans un bar de Lisbonne…