Sept beaux livres de voyage à déposer (ou pas) sous le sapin
Art de vivre

Sept beaux livres de voyage à déposer (ou pas) sous le sapin

Notre blogueur Art de vivre y va de ses critiques tantôt enthousiastes, tantôt mitigées des beaux livres de voyage parus récemment.

Le temps des Fêtes est la meilleure période de l’année pour se procurer (ou offrir) de beaux livres de voyage : les titres abondent, littéralement. En voici sept, récemment parus.

Où partir quand ?

Il est fort bien fait et agréablement illustré, ce lourd bouquin qu’on se plaît à déposer sur ses genoux pour rêver d’ailleurs en tournant les pages. Toutes les destinations qu’on y présente sont classées selon le ou les mois les plus intéressants pour investir une contrée.

Pourquoi l’Iran en juin ? Pour explorer le pays avant les grosses chaleurs. Mais les mois de septembre à octobre, moins chauds et moins chers, ne sont pas à écarter pour autant. Le Svalbard en juillet ? Pour les ours polaires et la luminosité intense. Budapest en janvier ? Eh oui, pour les bains thermaux. Et ainsi de suite, de pays en région, de parc national en ville.

Chaque mois débute par quatre pages de visuel annonçant ce qu’on aborde, par thématiques et par durées de séjour suggérées dans les circonstances, mais aussi par champs d’intérêt (famille, aventure, culture, budget…). En tout, l’ouvrage de plus de 300 pages regroupe 360 idées de voyages en tous genres, partout sur le globe. Une belle façon de terminer l’année… et de planifier la prochaine.

Où partir quand ?, collectif, Lonely Planet, 304 p., 45,95 $

Parchemins d’ailleurs

Pas de textes, ou si peu. Surtout de courtes légendes, mais des photos… à profusion. Des photos qui parlent fort, essentiellement des portraits, pour la plupart saisissants. Certains sont « arrangés avec le gars des vues », certes, mais tant d’autres ont été visiblement croqués sur le vif.

En 15 ans, Pascal Mannaerts a sillonné une cinquantaine de pays et a saisi l’essentiel de dizaines de milliers d’instants, en plaçant autant que faire se peut « l’humain au centre de tout », dit-il. Le beau livre que ce jeune photographe autodidacte vient de publier constitue un florilège de ses meilleurs clichés, regroupés en trois thématiques : la rencontre, l’instant et le sacré. Et c’est du vrai bonbon pour l’œil.

Pour un avant-goût de cet éloge visuel à la diversité humaine, on peut aussi consulter le site de l’auteur ou son compte Instagram.

Parchemins d’ailleurs : Carnet de voyages autour du monde, par Pascal Mannaerts, Hachette, 208 p., 49,95 $

Atlas des terres indomptées

L’île de Jabuka, en Croatie, émet un champ magnétique si puissant qu’il dérègle les boussoles et autres instruments de navigation. À cheval sur le Panamá et la Colombie, l’isthme marécageux du bouchon de Darién forme pour sa part un obstacle difficilement franchissable. Et au large de la Somalie, l’île yéménite de Socotra a servi de base aux pirates pendant un millénaire, ce qui était encore le cas il n’y a pas si longtemps.

Tous ces lieux, et une quarantaine d’autres, sont abordés dans Atlas des terres indomptées : À la découverte d’un monde sauvage, un fort intéressant bouquin qui recense une foule d’endroits, souvent hostiles, parfois accueillants, où l’être humain a peu ou prou d’emprise. Chaque site, chaque histoire fascinante sont accompagnés d’une carte topographique et parfois d’images plus intrigantes que percutantes, surtout pour un livre des Éditions de La Martinière. Pour amateurs de curiosités et de parcours anecdotiques.

Atlas des terres indomptées : À la découverte d’un monde sauvage, par Chris Fitch, Éditions de La Martinière, 57,95 $

Sites mythiques

Abou-Simbel, Stonehenge, Carthage, mais aussi l’île de Pâques, Pétra, Persépolis, Angkor Vat, la Grande Muraille de Chine… Autant de noms qui résonnent fort dans l’imaginaire collectif et qui brillent sur la planète archéologique. Les éditions GEO ont sélectionné 36 de ces sites parmi les plus connus — en en incluant d’autres, moins notoires, comme les pyramides de Méroé, au Soudan, ou le tumulus du Grand Serpent, en Ohio — pour réaliser un survol de lieux souvent empreints de mystère.

Si leurs fiches sont bien documentées, ces sites ne sont pas tous décrits avec « des textes fourmillant de détails et d’anecdotes », contrairement à ce qu’on laisse entendre sur la quatrième de couverture. En outre, même si cet ouvrage porte la griffe GEO — d’ordinaire synonyme de haute qualité photographique —, les images ne sont pas toutes d’une grande netteté, certaines sont délavées, d’autres comportent des ombres bouchées…

Le tout forme un bon recueil de sites emblématiques de l’histoire archéologique du monde, mais qui sent un peu le réchauffé et qui ne fait pas pousser des oh ! et des ah ! à chaque page.

Sites mythiques : Des pyramides de Gizeh à Machu Picchu, par Martin Howard, GEO, 192 p., 54,95 $

Ice

On le sait, les déserts ne sont pas que de sable, et pas tous situés sous de chaudes latitudes. Dans Ice, un splendide recueil glaciologique grand format, le maître photographe Philippe Bourseiller s’emploie à nous le démontrer d’une multitude de manières toutes plus éblouissantes les unes que les autres.

Ponctué de témoignages d’aventuriers, de glacionautes et d’autres habitués de la chose froide — dont l’explorateur Jean-Louis Étienne, l’écoguerrier Paul Watson et le commandant québécois Alain Gariépy —, ce beau livre est une véritable ode aux mondes polaires, aux déserts glacés, aux sommets empanachés de poudre blanche.

Il permet aussi de partir à la rencontre de chasseurs de baleines inuits de l’Alaska, de zieuter des glaciers andins colossaux et des icebergs texturés, de plonger dans des grottes irréelles façonnées par l’eau de fonte, d’admirer les immenses fractures sur le lac Baïkal gelé, de se demander ce que font là ces bulles de méthane emprisonnées dans la glace vive d’un lac albertain.

En un mot comme en cent, ce remarquable condensé de « ice porn » élève la glace, le froid et le givre — ainsi que les dramatiques lumières polaires — au rang d’œuvres d’art.

Ice, par Philippe Bourseiller, Éditions de La Martinière, 296 p., 69,95 $

Tous les secrets de La Licorne

Librement inspiré de la flotte de la « Royale », la marine de Louis XV, le trois-mâts créé par Hergé pour Le secret de La Licorne représente un convaincant vaisseau du XVIIe siècle. Même si le célèbre auteur n’était pas féru de navigation, il a effectué d’intenses recherches — comme il le faisait toujours — pour s’assurer que le rendu de ses planches serait le plus réaliste possible.

« Une fois de plus, Hergé a su dessiner juste, dessiner vrai, pour mieux crédibiliser son récit », dit-on dans Tous les secrets de La Licorne. Dans cet ouvrage récemment paru, les auteurs remontent le cours de toutes les sources qui ont inspiré le père de Tintin pour créer la 11e aventure le mettant en vedette, des navires historiques jusqu’au roman de Stevenson L’île au trésor.

Un chapitre entier est aussi consacré au truculent capitaine Haddock et à son fougueux ancêtre le chevalier François de Hadoque, alors qu’un autre s’attarde au dernier combat à bord de La Licorne, en 1698, ou encore à la découverte du trésor de Rackham le Rouge, dans l’album éponyme.

L’ensemble regorge de splendides illustrations de toutes sortes (cases des BD originales, crayonnés, artéfacts, photos d’époque, etc.) et est richement documenté. Un chouette cadeau pour les mordus de navigation et d’histoire, et surtout pour les tintinophiles avertis.

Tous les secrets de La Licorne, par J. Hiron, Y. Horeau et D. Marico, Gallimard/Éditions Moulinsart, 180 p., 64,95 $

Mondes indiens

« J’aime photographier vos mains, les menottes offertes des bébés endormis, les mains remplies de bagues des notables, les mains des danseuses de pierre figées vivantes dans les temples, les mains dans la main des potes et des futurs amants… »

Ainsi débute l’un des chapitres de Mondes indiens, beau livre aussi sensuel à l’écrit qu’en matière visuelle, et qui porte sur le foisonnant sous-continent indien. Graphiquement superbe, esthétiquement rentre-dedans, nimbé de flous artistiques, il juxtapose clichés vivants et tournoyants à des lettres fictives écrites à des personnes que l’auteure a croisées lors de ses 25 ans de voyages en Inde et tout autour : Bangladesh, Bhoutan, Népal, Tibet, Pakistan…

« Mother India, tu absorbes et tu débordes, on ne sait pas où vraiment tu t’arrêtes », raconte-t-elle. À défaut de savoir où le pays se termine, on peut déjà commencer par se procurer cet ouvrage pour se donner l’envie d’y entamer un périple…

Mondes indiens, par Véronique Durruty, Éditions de La Martinière, 240 p., 69,95 $