Airbnb en eaux troubles (aussi) en Espagne
Art de vivre

Airbnb en eaux troubles (aussi) en Espagne

Après Palma de Majorque il y a quelques semaines, c’est au tour de Valence de bannir en partie les services de location comme Airbnb. Le début d’une tendance ?

Le mois dernier, la surfréquentée Palma de Majorque, aux îles Baléares, a adopté un règlement interdisant la location d’appartements privés via les plateformes Airbnb, Homeaway et autres Homelidays, et ce dès juillet. Seules les propriétés unifamiliales (maisons, villas, chalets) situées en dehors du centre historique pourront alors être louées par des touristes pour de courts séjours.

Les raisons expliquant cette décision sont multiples : perte de revenus fiscaux pour la ville, concurrence jugée déloyale envers les hôtels qui paient taxes et permis, mais aussi hausse du coût des loyers et dénaturation des centres historiques, qui voient leurs occupants progressivement remplacés par des touristes de passage, non sans inconvénients (bruit, va-et-vient, désordre, fiestas nocturnes, etc.)

La semaine dernière, une autre destination espagnole fort prisée, la ville côtière de Valence, a annoncé son intention d’interdire partiellement la location d’appartements à des fins touristiques, rapporte le quotidien El Pais.

À Valence, aucun résident du centre historique
ne pourra louer sa propriété.

Selon la réglementation qu’on compte adopter, seuls les logements situés au rez-de-chaussée et au premier étage des nouveaux immeubles pourront être loués à des visiteurs de passage – une façon de limiter la location des appartements les plus convoités, soit ceux qui offrent une vue sur la côte ou sur le centre historique, estime Travel & Leisure. En outre, aucun résident du centre historique ne pourra louer sa propriété, alors que ceux qui voudront offrir en location tous les appartements de leur immeuble devront se procurer un permis.

Palma et Valence ne sont pas les premières villes d’Espagne à encadrer les services de location d’appartements, voire à sévir contre eux. À Barcelone, un millier de logements touristiques ont été interdits et 600 000 euros d’amendes ont été imposées à Airbnb et Homeaway. À Madrid, les propriétaires d’immeubles peuvent collectivement décider de bannir la sous-location touristique par leurs locataires, pour minimiser ou enrayer les inconvénients que celle-ci peut entraîner.

De Paris à New York en passant par Berlin, San Francisco et Montréal, les plateformes de location d’appartements doivent d’ailleurs se plier à un nombre croissant de nouvelles réglementations – même si celles-ci n’entraînent pas toujours les changements souhaités. En mars, des citoyens de Québec ont ainsi participé à des consultations publiques pour exiger un meilleur encadrement d’Airbnb dans leur ville.

Tout ceci s’inscrit dans la foulée d’un mouvement d’antitourisme qui prend de l’ampleur en Europe et ailleurs, et qui est né du ras-le-bol des résidants de villes surfréquentées. Ceux-ci en ont assez d’être envahis, année après année, par des contingents de visiteurs souvent bruyants et fêtards, qui profitent du faible coût des billets d’avion des transporteurs à très bas tarifs, et qui privilégient souvent les services de location d’appartements.

Les nouvelles règles espagnoles visant plus sévèrement ces plateformes formeront-elles une source d’inspiration, voire un nouveau point de départ pour mieux encadrer cette « économie de partage »? Une histoire à suivre…