Art de vivre

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L’univers gourmand de… Margareth Pagé et Yves Boucher

Du potage au dessert, en passant par les entrées et les plats principaux, l’univers gourmand de Margareth Pagé et d’Yves Boucher a – qui en douterait ?- de merveilleux parfums et de délicieux arômes de pomme. Des parfums et des arômes qui proviennent de pommes nature, bien sûr, mais aussi de produits dont l’originalité m’a séduit : la Carminée du terroir (un condiment-sauce onctueux à base de moût de pomme), le Rubicon (un vinaigre de cidre parfumé aux herbes, aux épices et à la Carminée) et le Verjus de l’Abbé (un jus fait de pommes cueillies presque vertes et macérées à froid, et qui remplace avec bonheur le jus de citron). Je vous présente ces passionnés de la pomme, propriétaires du Verger du Clocher, à Saint-Antoine-Abbé, dans le numéro de L’actualité actuellement en kiosque. Avec la Carminée, suggère Margareth, essayez une roulade de fromage de chèvre en pâte filo : vous badigeonnez le fromage, type buchette, avec le condiment, puis vous le parsemez de graines de sésame grillées ou de graines de lin concassées avant de l’envelopper dans les feuilles de pâte beurrées, vous placez dans un four bien chaud jusqu’à ce que la pâte soit dorée… et hop ! vous servez en ajoutant un filet de Carminée. Le gravelax de saumon à la Carminée est à essayer. Le gravelax est un filet de saumon mariné à froid avec du sel de mer et des épices. Dans ce cas, pour un filet de 500 grammes, on comptera ¼ de tasse de sel et ¼ de tasse de Carminée, dans lesquels on fera mariner le poisson pendant deux jours au réfrigérateur. Un dessert ? Vous faites revenir au beurre des morceaux de pomme jusqu’à ce qu’ils soient tendres et chauds, puis vous ajoutez quelques cuillers de Carminée. Quand le tout a bien réduit, vous versez le mélange sur des crêpes maison. Autres suggestions, cette fois avec le verjus, ce jus très acide et très parfumé à la fois : des truites farcies aux fines herbes et à l’ail, dorées à la poêle dans un mélange huile et beurre, puis nappées avec la sauce provenant du déglaçage de la poêle avec 150 ml de verjus. Margareth aime aussi faire sauter au beurre des légumes comme des haricots verts, et y ajouter en fin de cuisson un peu d’ail et un trait de verjus. Et au moment où l’automne s’invite à nos portes, pourquoi pas les légumes racines au Rubicond, le vinaigre du Verger du Clocher ? Rutabagas, panais, topinambourgs, betteraves, carottes… on prend les légumes qu’on a ou qu’on trouve au marché ou au jardin, on les pare, les fait blanchir quelques minutes dans l’eau bouillante, puis les dispose dans grand plat allant au four. Huile, sel, poivre, Rubicond… et après une quinzaine de minutes dans un four bien chaud, on sert un plat qui fait aisément la nique à l’automne ! Dans son site Internet, le Verger du Clocher vous propose plusieurs recettes. Plus tard cette semaine, Margareth Pagé et Yves Boucher vous offriront ici quatre de leurs recettes favorites : le potage à la courge et à la Carminée, l’étagé de veau à la Carminée, le filet de porc à la Carminée et un délicieux gâteau aux pommes et au Verjus.

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Le péché mignon de… la comédienne Anne-Marie Cadieux

Les fromages. « Tous les fromages », insiste la comédienne qui s’en dit « folle, folle, folle ». Anne-Marie Cadieux joue cet automne dans Yamaska, la nouvelle série du réseau TVA, et dans Miss Météo, à Séries+. On pourra aussi la voir, si l’on a la chance de passer par Paris, au Théâtre du Rond-Point, dans Sextett. Elle a appris à aimer le stilton avec son père, qui en servait toujours pendant les Fêtes. Elle a un penchant pour les fromages typés, le gouda vieilli, le cheddar extra-fort, la mozzarella di buffalo, le comté. « Et j’ai toujours un bloc de parmesan à portée de la main, je le mange au couteau », avoue-t-elle. Pour Anne-Marie Cadieux, qui se reconnaît « addict à la crème et au beurre », le fromage est manifestement indispensable : « Quand on en rajoute, c’est meilleur. » Photo : Monic Richard

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Perte de contrôle aérien

Dans son édition de mercredi, le quotidien français Le Figaro révèle que plusieurs catastrophes aériennes auraient été évitées de justesse, ces dernières années, dans le ciel de Paris et sur le tarmac de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. La raison? La mise en place d’un système occulte de partage du temps de travail entre les contrôleurs aériens. À la suite des révélations du Figaro, on apprend aujourd’hui que les aiguilleurs français étaient sous enquête depuis juillet dernier. De son côté, la Direction générale de l’aviation civile française « dément le système d’autogestion et d’absentéisme organisé » qu’a révélé Le Figaro, tout en maintenant que « le ciel français est l’un des plus sûrs au monde ». Pendant ce temps, aux États-Unis, le président de l’Association des pilotes aériens dénonce les pratiques douteuses de certains transporteurs régionaux, qui persistent à faire travailler leurs pilotes même lorsque ceux-ci sont exténués ou malades. Rappelons qu’en février dernier, un vol de Colgan Air s’est écrasé à Buffalo, entraînant le mort de 50 personnes. L’enquête du National Transportation Safety Board a par la suite démontré qu’une série d’erreurs humaines, mais aussi la fatigue, ont pu avoir leur rôle à jouer dans cette catastrophe aérienne. Y a-t-il encore un pilote dans l’avion – et un contrôleur dans la tour?

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Un petit bijou de pain

De la farine, de l’eau, un peu de sucre et de sel, de l’huile d’olive, de la semoule de blé dur et des graines de nigelle, dite épice des pharaons ou encore cumin noir. Vous mélangez. Vous faites cuire, idéalement dans un four en argile appelé « tabouna ». Et vous dégustez un petit pain rond, moelleux, parfumé à souhait… un pain berbère. Cette recette toute simple a donné naissance, il y a deux ans, à une boulangerie pas comme les autres, Magrébia, dans le très montréalais quartier de Rosemont-La Petite-Patrie. Ses propriétaires sont venus au pain presque par hasard. Elle, la Québécoise Ninon Thibault, avait été joaillière à Hawaï. Lui, le Tunisien Mourad Ghariani, avait fait sciences po à l’Université du Québec à Montréal. Puis, ils avaient tous deux changé de carrière. Ils étaient devenus vendeurs de voitures de luxe et s’étaient rencontrés entre une Jaguar et une Land Rover. Et un soir qu’ils recevaient des amis pour un repas à la tunisienne, Mourad avait fait du pain comme sa mère le lui avait montré, du pain de l’arrière-pays berbère. « Ce fut un succès, se rappelle-t-il. Le lendemain, nous étions décidés à quitter les voitures chics pour nous lancer dans la boulangerie. » C’était à l’été 2006. Mourad et Ninon allaient faire le parcours du combattant des gens qui créent leur entreprise – formation au Service d’aide aux jeunes entrepreneurs de Montréal, étude de marché, plan d’affaires, recherche de financement. Puis, ils ont travaillé pendant de longs mois à mettre au point leurs produits avec celui qu’ils appellent « le grand manitou de la boulangerie », le consultant Mario Fortin. Aujourd’hui, Magrébia fabrique et vend quotidiennement 10 000 de ses petits pains berbères, à la nigelle, toujours, mais aussi au fenouil, aux dattes, aux figues. D’abord distribués dans les magasins d’aliments naturels et dans les hôtels et restaurants, ils sont depuis juin chez tous les détaillants IGA. « Du pain santé, insistent nos boulangers, plein de fibres, de vitamines, d’oméga-3. » Mais aussi du pain saveur. Excellent le matin, ou pour des sandwichs différents, ou pour accompagner une salade ou une soupe. Je vous dis, un petit bijou de pain. Pas étonnant, une joaillière met la main à la pâte ! Photo : Louise Savoie

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Magnifique relève !

Elle et ils s’appellent Josée Déry-Iannone, Simon Leblanc, François Paquin, Hugo Noiseux-Boucher, Samuel Aubry-Gagnon, Robin Filteau-Boucher, Francis Johnson-Mongeau, Ian Gélinas, David Martin, Abdelhakim Chajar, Michael Vinitsky et Jordan Boisvert. Ils sont tout jeunes et ils ont reçu, hier soir, leur Attestation de spécialisation professionnelle en cuisine du marché, un diplôme du ministère de l’Éducation, ainsi que leur certificat Signature de l’ITHQ, l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. Et pas lors d’une simple collation des grades : lors du Grand dîner de la rentrée de la Fondation de l’Institut, un dîner exceptionnel dont ils n’étaient pas les invités, mais les auteurs. Pendant que nous étions à table, ils étaient aux fourneaux. C’était leur examen de fin d’études. Le couronnement de huit mois de cours en « cuisine supérieure », à l’Institut. Et de trois mois de stage, dans de très grandes maisons françaises, auprès de chefs plusieurs fois étoilés. Si je vous parle d’eux aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour dire que la morue noire rôtie, purée de petits pois, légumes confits et émulsion à l’encre de sèche, signée Francis, était superbe. Ou que le nougat de foie gras, confiture d’oignons au cassis de Dijon, préparé par Robin, était merveilleux. Ou que la soupe aux haricots coco, sphères de balsamique et rillettes de dorade au citron doux, par Ian, était plus que délicieuse. Ou que les fleurs de romarin en sorbet d’huile d’olive et citron, par Abdelhakim, étaient une exquise surprise. Ce n’est pas pour vous dire qu’en fait, la vingtaine d’amuse-bouche et de plats que nous avons dégustés hier soir mériteraient tous d’être cités ici, tant ils étaient remarquables. C’est surtout pour vous dire que ces douze jeunes diplômés forment une relève de très haute qualité, ce qui est de bon augure pour l’avenir de notre restauration. Bien sûr, les plats qu’ils ont concoctés hier soir n’étaient pas leurs créations. L’exercice veut plutôt, en effet, qu’ils choisissent une recette coup de cœur du restaurant où ils ont fait leur stage. Et qu’ils la réalisent telle quelle pour le Grand dîner de la rentrée. Mais le talent et la passion qu’ils ont mis dans ces « figures imposées », comme on dit dans les championnats de patinage artistique, donnent une idée de ce qu’ils sauront faire dans les années à venir. Car ces douze jeunes (qui presque tous ont l’ambition de devenir des chefs propriétaires) sont vraiment bien partis dans le métier. L’espace d’une soirée, ils nous ont fait découvrir, et à leur meilleur, douze des plus grandes tables de la France d’aujourd’hui. Et nous ont fait rêver à celles du Québec de demain.

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Ah ! les poireaux !

C’est un de nos grands plaisirs de la fin de l’été et de l’automne : les poireaux. Les poireaux du jardin, si vous avez eu la chance de mettre en terre, quatre mois plus tôt, ces plants fins comme des fils, aujourd’hui devenus gros et grands. Ou les poireaux du marché, que vous choisirez fermes et charnus, comme on commence à les trouver à ce moment de l’année. J’aime leur apparence, blancs qu’ils sont à un bout et vert très foncé à l’autre. Leur goût aussi, presque sucré pour le blanc, délicatement amer pour le vert. J’aime les mille manières de les apprêter, légumes de la cuisine paysanne qu’ils furent longtemps. La tourte aux poireaux est un classique. Je fais un lapin aux poireaux dont je ne vous dis que ça. J’adore la soupe aux poireaux-pommes de terre qui parfume encore mes souvenirs d’enfance – et dont la recette par Marguerite Duras est tout un poème, comme on le découvre dans l’extraordinaire spectacle de Loui Mauffette, Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, un bijou du Festival international de littérature actuellement en cours à Montréal. Ce qui me fait encore plus plaisir, c’est une entrée toute simple, le poireau mimosa : un poireau- vinaigrette parsemé d’œufs durs finement hachés. – Parez les poireaux en conservant une partie du vert, pour le coup d’œil et pour le goût. – Nettoyez-les en les fendant à partir du premier tiers du blanc, et façon à bien rincer chaque feuille. – Faites-les cuire à la vapeur jusqu’à ce que le blanc soit tendre sous la pointe du couteau (attention, avec des poireaux très frais, ça ne peut prendre que quelques minutes). – Laissez-les tiédir et égoutter sur une grille. Au moment de servir, disposez-les tête-bêche sur un plat de service (mais on peut aussi faire un service à l’assiette), nappez-les de vinaigrette, puis parsemez-les avec les œufs et du persil. C’est superbe. Et divinement bon.

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L’étonnant tourisme tribal de Tribewanted

Initié en 2006 par deux jeunes Britanniques, le surprenant projet Tribewanted permet à quiconque de s’offrir de singulières vacances en devenant « membre d’une tribu » chargée de développer l’île de Vorovoro, dans l’archipel des Fidji. Sorte de kibboutz vacancier ou d’éco-démocratie touristique, Tribewanted s’inspire des vacances à temps partagé (time-sharing) et du volontourisme, « bien que le terme tourisme tribal soit préférable : c’est la rencontre entre l’aventure, l’éducation et l’esprit communautaire », comme l’expliquait récemment l’un des deux cofondateurs, Ben Keene, au Fiji Times. À l’origine, l’idée était de développer un village où l’empreinte écologique des habitants serait minime tout en incitant les visiteurs à célébrer et vivre pleinement la culture locale. Pour y arriver, on recruterait des voyageurs sur des réseaux sociaux et on les convierait à venir mettre la main à la pâte sur place, tout en jouissant du cadre exceptionnel d’une petite île édénique. Trois ans plus tard, l’île de Vorovoro compte de nombreux bure (huttes traditionnelles) construits de façon artisanale, l’eau potable ne provient que des eaux de pluie récoltées, une bonne partie de l’énergie consommée est tirée d’éoliennes et de panneaux solaires, et 40 % des déchets produits par les habitants sont recyclés. S’ils séjournent généralement huit jours sur Vorovoro (jamais plus de 30 personnes à la fois), les membres de la tribu peuvent y passer jusqu’à 12 semaines, qu’ils soient seuls, en couple ou – de plus en plus – en famille. Durant leur séjour, ils adhérent aux us et coutumes locaux, se comportent en touristes responsables et prennent part, s’ils le désirent, aux tâches quotidiennes du village ou à l’un de ses projets, en étant nourris et logés pour environ 365 $ par semaine, avion en sus. Pour ce faire, ils doivent préalablement devenir membres de la communauté virtuelle de Tribewanted, ce qui leur donne un certain droit de regard sur la gestion et l’administration de l’île. Alors que le projet initial ne devait durer que trois ans, au terme desquels on aurait rétrocédé l’éco-village et les nouvelles infrastructures de l’île à sa communauté, l’expérience sera plutôt prolongée cinq autres années. Et déjà, Ben Keene est à la recherche de nouvelles îles pour reproduire son concept. À suivre…

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Ère de turbulences

Des places debout en avion ? Voilà une possibilité que le transporteur Ryanair étudiait l’été dernier. Déjà connue pour avoir flirté avec l’idée d’imposer une taxe sur l’obésité à ses clients corpulents et raillée pour avoir envisagé d’installer des toilettes payantes à bord, la compagnie irlandaise – premier transporteur au rabais du monde, avec ses 60 millions de passagers – a sondé sa clientèle dans son site Internet. Résultat : 66 % des répondants se sont dits prêts à voyager à la verticale pour économiser sur le prix du billet. On n’arrête pas le progrès… « En fait, le président de la compagnie, Michael O’Leary, reprenait une idée lancée par un transporteur chinois en début d’année, explique Paul Arseneault, directeur du Réseau de veille en tourisme de l’UQAM. Et selon moi, il ne s’agit que d’un coup de marketing pour qu’on parle de Ryanair ! » N’empêche que nous en sommes là : après les repas, les écouteurs, les couvertures et les oreillers, qu’il faut désormais payer à bord de nombreux vols, après le retrait des gilets de sauvetage de certains appareils d’Air Canada Jazz pour en alléger le poids, l’avion tend de plus en plus à ne deve­nir qu’un simple autobus avec des ailes. « Les compagnies aériennes ont toujours été déficitaires et elles ont toujours tout fait pour réduire leurs dépenses, dit Paul Arseneault. Mais de nos jours, elles doivent composer avec Internet, qui permet aux voyageurs de chercher eux-mêmes les prix les plus bas et d’avoir accès, en temps réel, aux meilleures aubaines. » Les transporteurs sont également soumis aux cycles économiques et à la récurrence des psychoses du voyage (guerre du Golfe, attentats du 11 septembre, récessions, flambées pétrolières, SRAS, grippe A [H1N1] et autres zoonoses…). Et chaque fois, ils doivent reconquérir leur clientèle en lui offrant des rabais alléchants, tout en redoublant d’imagination pour mainte­nir au plus bas leurs frais d’exploitation. Heureusement, ils peuvent compter sur la démocratisation des voyages, qui s’est amorcée depuis longtemps avec l’avènement des vols nolisés et s’est poursuivie avec l’ouverture grandissante des voyageurs sur le monde. À l’époque, les déplacements d’affaires se sont également accrus, en raison de la mondialisation des échanges commerciaux. Dans la foulée, les transporteurs au rabais se sont mis à proliférer… avant de devenir les premiers à rogner sur les services et à facturer des frais accessoires. Au final, toutefois, les voyageurs en sortent souvent gagnants. Ils se déplacent à bord d’avions plus rapides que jamais, n’ont plus à trimballer de billet, peuvent réserver leur siège à l’avance, recevoir leur carte d’embarquement sur leur téléphone portable, avoir un accès Wi-Fi en plein vol et même éviter les files d’attente grâce aux contrôles biométriques. Mieux encore : jamais ils n’ont payé si peu cher pour prendre l’avion. Ainsi, un transporteur états-unien offre des vols à 9 dollars (moyennant des frais d’adhésion et certaines taxes), et un autre proposait, en août, une carte d’abonnement mensuel donnant droit à des vols illimités aux États-Unis pour 600 dollars. En même temps, les écarts et les paradoxes n’ont jamais été aussi grands dans l’industrie du transport aérien. Alors que Swiss bradait presque sa classe affaires l’été dernier et qu’on remet en question la pertinence de la classe affaires, British Airways offre désormais des vols entièrement réservés aux voyageurs corporatifs ; tandis que de nombreux transporteurs facturent la bouteille d’eau à bord, Air France sert gratuitement le champagne en classe éco­nomique ; et si easyJet réduit les réserves d’eau pour alléger ses appareils, les nababs qui s’embarquent sur Emirates peuvent prendre une douche en plein ciel. On le voit, cette industrie a la capacité de toujours pouvoir surprendre. Récemment, une compagnie aérienne se consacrant exclusivement au transport d’animaux domestiques a vu le jour – aux États-Unis, évidemment. Et en réponse aux transporteurs qui facturent à leurs clients l’enregistrement ne serait-ce que d’une valise, une entrepreneuse torontoise lancera, l’an prochain, Zero Baggage, un service de location de vêtements : vous les réservez en ligne et ils vous attendent à desti­nation. Non, vraiment, on n’arrête pas le progrès… Photo : mikelo cc2.0

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Le Sénégal est un long fleuve tranquille

Véritable frontière liquide entre le Sénégal et la Mauritanie, le fleuve Sénégal s’étire sur près de 1800 km entre la Guinée, où il prend sa source, et l’océan Atlantique. Premier axe de pénétration des Français en terre africaine, il compte encore aujourd’hui quelques anciens comptoirs coloniaux, mais surtout de nombreux villages et hameaux peuplés de Wolofs et de Toucouleurs, entre autres ethnies qui évoluent sur ses berges. Depuis quelques années, un ancien navire de fret reconverti en bateau de croisières, le Bou el Mogdad, permet de vivre au rythme du fleuve Sénégal, entre Podor et Saint-Louis, ville classée par l’Unesco. Et avec cette remise en service, c’est tout un pan de l’histoire de ce paresseux cours d’eau qui renaît.

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Les 1 001 saveurs qu’il faut avoir goûtées dans sa vie

J’ai aimé le livre Les 1 001 saveurs qu’il faut avoir goûtées dans sa vie (éditions du Trécarré). Cet hymne au génie gourmand de l’humanité vous titille les papilles page après page. Mille et une fiches brèves, claires, attirantes. Sur autant de produits, des plus classiques (asperge, morue, brioche) aux plus exotiques (biltong de zèbre, poulet Hinai-jidori d’Akita, servi cru, style sashimi). Le sirop d’érable et les crosses de fougère sont au palmarès, de 960 pages, des aliments qu’il faut avoir savourés dans sa vie.

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Attirer l’attention à tout prix

Après que soit retombée la poussière du 11 septembre 2001, on s’est fait un point d’honneur de vouloir reconstruire ce qui avait été abjectement détruit, en prenant soin de pointer toujours aussi haut vers le ciel, pour bien faire comprendre à l’agresseur que la peur n’opérait plus. Il faut dire que c’est là une propension naturelle qu’a l’être humain : toujours vouloir élever plus haut des monuments à sa réussite. Depuis la Mile High Tower de l’illustre Frank Lloyd Wright, conçue dans les années 50, jusqu’à la dérisoire Burj Dubai (818 m, 162 étages), qui sera inaugurée en décembre prochain, toute une série de gratte-ciel ont vu – ou verront – le jour. Le but demeure toujours le même : glorifier la puissance de ceux qui peuvent se permettre pareilles réalisations, et surtout attirer l’attention. C’est toujours pour attirer l’attention que, parallèlement au phénomène des tours colossales, de nombreuses villes ont joué la carte de l’icône architecturale en confiant à un starchitecte le mandat de créer une ou des œuvres qui frappent l’imaginaire : c’est ce qu’on appelle l’effet Bilbao ou l’effet Guggenheim. Et ça marche souvent. En juin dernier, alors que j’étais en voyage au Pays basque français, j’ai ainsi fait l’aller-retour en une journée, entre Saint-Jean-de-Luz et Bilbao, capitale du Pays basque espagnol. N’eût-été de la présence, dans cette ville, du désormais célèbre musée Guggenheim signé Frank Gehry et achevé en 1997, je n’aurais sans doute pas pris la peine de me déplacer jusque là. C’est à une semblable notoriété qu’ont eu droit des villes inconnues au bataillon du tourisme, comme Milwaukee ou Cincinnati, en se pourvoyant d’immeubles audacieux qui ont toujours réussi à faire parler d’eux et de la ville où ils étaient situés. À cet égard, deux des plus récents exemples sont situés à Toronto, à savoir le Musée royal de l’Ontario, agrandi par Daniel Libeskin (l’auteur du futur World Trade Center de New York), ainsi que le nouveau Musée des beaux-arts de l’Ontario, signé Frank Gehry. Sans compter tous ces projets en cours… À Montréal, le très réussi Quartier international – qui inclut la place Jean-Paul-Riopelle et la façade multicolore du Palais des Congrès – ont donné une certaine signature à la ville, mais sans plus. Si réussi soit ce Q.I., personne ne fera des milliers de kilomètres uniquement pour venir l’admirer, contrairement aux œuvres de Santiago Calatrava, Rem Koolhas et autres Jean Nouvel disséminées sur la planète. Quant aux immeubles de la Place Ville-Marie et du Westmount Square, ils n’ont rien de spectaculaire, même si leurs concepteurs (respectivement Ieoh Ming Pei et Ludwig Mies van der Rohe) sont notoires. Enfin, si Paul Andreu est bel et bien un starchitecte, ses projets montréalais sont plutôt modestes et sans éclat, si on les compare à l’ensemble de son oeuvre. Maintenant qu’elle a perdu son Grand Prix, qu’elle a boudé le méga-projet du Cirque du Soleil et que la ville de Québec lui fait un peu trop d’ombre, Montréal serait-elle désormais mûre pour une véritable icône architecturale? Et si oui, quel starchitecte lui irait bien?

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Vivre un mois à l’aéroport

Après un blogueur qui choisit délibérément de passer 24 heures à l’aéroport, après cet écrivain en résidence qui séjourne une semaine à Heathrow pour en tirer un livre, voici qu’un autre blogueur, Brendan Ross, passera un mois de sa vie dans les aéroports. Baptisé Terminal Man par le magazine Wired, qui l’a mandaté, ce Texan de 28 ans doit prendre chaque jour un nouveau vol et dormir obligatoirement à l’aéroport, à tous les soirs : interdiction de profiter du confort d’un hôtel, même s’il y en a un à proximité. Parti le 8 septembre et muni d’une passe mensuelle du transporteur états-unien JetBlue, cette sorte de SDF aérien attend les suggestions des internautes qui le suivent pour choisir sa prochaine destination, avec pour mission de répondre à leurs questions, du genre « quels sont les aéroports dotés d’un accès Wi-Fi gratuit » ou « qui est le passager le plus mal habillé? ». Sans doute pourra-t-il aussi dresser, au terme de ses pérégrinations, une liste des aéroports où il fait bon dormir, à l’instar des internautes de Sleepinginairports.net, ou ses aéroports préférés, comme le fait chaque année la firme Skytrax. Si les infrastructures aéroportuaires de la planète demeurent souvent des lieux inhospitaliers où personne n’a envie d’être, d’autres s’efforcent de rendre agréable le passage des voyageurs en transit. On y trouve ainsi de plus en plus de services qui permettent de tuer le temps entre deux vols, comme visionner un film, jouer au golf ou faire un peu de vélo dans les environs. Qui sait, peut-être qu’un jour, les aéroports seront des lieux de vie à part entière, que ce soit pour un mois ou… pour plus longtemps ? *** Mise à jour: sur son blogue Dans l’air du temps, Arjun Basu donne son point de vue sur ce « rat de laboratoire » qu’est devenu Terminal Man, tandis que le magazine Slate se penche à son tour sur le phénomène. (Photo : Lee County Port Authority CC3.0)