Art de vivre

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Langue d’orignal

Proposée par Manuel Kak’wa Kurtness, auteur de PachaMama, Cuisine des Premières Nations, éditions du Boréal Pour 4 personnes 1 langue d’orignal ou de bœuf – 3 carottes – 2 oignons – 2 feuilles de laurier – 2 c. à soupe de graines de moutarde – 2 c. à soupe de graines de coriandre – poivre en grains – 3 échalotes françaises – 250 ml (1 t.) de vin blanc – 50 ml (¼ t.) de vinaigre de vin blanc – 500 ml (2 t.) de bouillon de bœuf – 10 petits cornichons gherkins – quelques feuilles de mâche – poivre moulu Langue. Mettre la langue dans un contenant assez grand pour qu’elle soit recouverte d’eau. Ajouter les graines de moutarde et de coriandre. Dans le lavabo, laisser couler un petit filet d’eau froide pendant 2 heures. Dans une grande casserole, mettre la langue et remplir d’eau froide. Porter à ébullition et laisser cuire pendant 5 minutes. Rafraîchir et égoutter. Éplucher les carottes et les oignons. Mettre dans une grosse marmite avec les feuilles de laurier et le poivre en grains. Remplir d’eau froide et saler comme de l’eau de mer. Déposer la langue et cuire pendant 2 heures 30 minutes à feu doux. Égoutter la langue, enlever la peau et tailler en tranches régulières. Sauce. Éplucher les échalotes et les émincer dans un petit chaudron. Réduire le vin des ⅔avec le vinaigre, les échalotes et du poivre moulu. Ajouter le bouillon de bœuf, laisser frémir pendant 10 minutes. Pour terminer la sauce, ajouter les cornichons finement coupés. Disposer la langue avec quelques feuilles de mâche et napper de sauce. VOICI LE PHOTOREPORTAGE « CUISINER AVEC MANUEL AU BORD DE L’ASHUAPMUSHUAN » >>

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Pulled goose sandwich

Proposée par Manuel Kak’wa Kurtness, auteur de PachaMama, Cuisine des Premières Nations, éditions du Boréal Pour 4 personnes 2 cuisses d’oie confites – sauce barbecue – 1 chou vert – 125ml (½ t.) d’eau – 125 ml (½ t.) de vinaigre – 1 c. à soupe de sucre – 1 carotte râpée – 1 botte de coriandre – 1 oignon rouge tranché finement – 4 pains kaiser à l’oignon – huile Oie. Retirer la peau des cuisses et la déposer dans un peu d’huile dans une poêle allant au four. Mettre au four à 120 °C (250 °F) avec une poêle ou un chaudron par-dessus de manière à l’aplatir durant la cuisson. La peau est prête lorsqu’elle est croustillante. Effilocher grossièrement les cuisses et réchauffer dans la sauce barbecue. Salade. Mélanger l’eau avec le vinaigre et le sucre. Saler et poivrer au goût. Émincer le chou au robot avec la lame. Ajouter la carotte râpée puis le mélange d’eau, de vinaigre et de sucre. Pains. Couper les pains en deux et les faire griller. Dans les pains, déposer la coriandre, l’oignon rouge, la peau d’oie, la salade de chou et terminer par la viande. VOICI LE PHOTOREPORTAGE « CUISINER AVEC MANUEL AU BORD DE L’ASHUAPMUSHUAN » >>

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Voyager carboneutre

Maintenant qu’on sait que la conférence de Copenhague sur les changements climatiques risque de tomber à plat, il est plus que jamais urgent que les individus prennent les choses en main pour réduire eux-mêmes leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Y compris en voyage. C’est particulièrement le cas si on prend l’avion : à elle seule, l’industrie aérienne est responsable d’au moins 3 % de la production mondiale de dioxyde de carbone, puissant GES. Pour minimiser cet impact, on peut déjà voyager moins loin avec des valises moins lourdes, prendre moins souvent l’avion, préférer les vols sans escale et demeurer plus longtemps à destination, plutôt que d’effectuer plusieurs courts séjours annuels. Évidemment, il faut privilégier tout autre mode de transport que l’avion (train, autobus, covoiturage) dès que c’est possible. Peu importe le moyen de transport utilisé au quotidien ou à l’étranger, il est possible – et facile – de compenser ses émissions de GES (ou « racheter sa pollution ») en traitant avec un organisme émetteur de crédits de carbone (ou « crédits compensatoires »). En vendant de tels crédits, ces organismes financent divers projets qui ont pour effet de « neutraliser » les émissions de GES, que ce soit en investissant dans le reboisement ou la production d’énergie propre, comme l’aménagement de parcs éoliens, de microcentrales électriques ou de puits géothermiques. Même si trouver le bon organisme peut relever du parcours du combattant, parmi la centaine de fournisseurs recensés par Carbon Catalog, on peut déjà se rabattre sur la douzaine située en sol canadien, dont les Québécoises Planetair et Zéro GES. Toutes deux sont dotées d’un calculateur d’émission de GES pour les vols, l’utilisation d’une voiture, le chauffage d’une maison, etc. De plus en plus d’entreprises du monde du voyage prennent aussi le virage carboneutre en proposant elles-mêmes de compenser l’empreinte carbone de leurs clients. C’est le cas de certaines agences de voyages, de compagnies ferroviaires et aussi de transporteurs comme Air Canada, Air France et Swiss, qui offrent à leurs clients d’acheter des crédits de carbone auprès de fournisseurs spécialisés. Quant aux tarifs des forfaits vendus par le tour-opérateur Karavaniers, ils incluent une compensation pour les GES émis durant ses périples. En terminant, une précision s’impose : l’achat de tels crédits ne doit pas être perçu comme une panacée aux changements climatiques, et surtout pas comme une façon de se donner bonne conscience pour ensuite voyager n’importe où et n’importe comment, en toute impunité. Parce qu’à la base, ce sont les habitudes de voyage – et de vie – qu’il faut avant tout changer.

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Irak, Pakistan, Afghanistan : destinations danger ?

Bien sûr, il existe des voyageurs qui ont tout vu, tout su, tout entendu. D’autres qui sont sans cesse à la recherche du grand frisson, lorsqu’ils bourlinguent. Mais de là à mettre le cap sur l’Irak ou l’Afghanistan, il y a un pas… qui pourrait bien déclencher une mine antipersonnel. Pourtant, lors du World Travel Market de Londres, qui s’est clôturé hier, une délégation irakienne assurait à tout un chacun que le pays le plus mal famé du monde était mûr pour une reprise du tourisme. Suffit de savoir où aller, puisque les trublions ne sévissent qu’en certains lieux bien circonscrits, assure l’Office irakien du tourisme. Certes, l’Irak est déjà une destination de tourisme religieux, certains lieux saints comme Kerbala, ville sainte chiite, drainant chaque année son lot de pèlerins. Mais ce sont les touristes en général que compte désormais attirer l’Irak, notamment au Kurdistan ou en Mésopotamie, où le Tigre, l’Euphrate, Ur et Babylone résonnent comme autant d’invitations au voyage. Depuis l’an dernier, le tour-opérateur Terre entière organise ainsi des séjours en Irak, lesquels ont vite trouvé preneur. D’ici peu, il sera même possible de séjourner dans l’ancien palais de Saddam Hussein, à Hillah, où on proposera aux nouveaux mariés de passer la nuit dans l’ancien lit présidentiel. Et après avoir suspendu momentanément ses forfaits sur l’Irak, le tour-opérateur Hinterland Travel y revient, tout en proposant également le Pakistan et l’Afghanistan. Dans ce dernier pays aussi, on tente de rebâtir l’industrie du tourisme. Depuis l’an dernier, la fondation Aga Khan pilote un programme de développement des infrastructures touristiques de trois ans doté d’un budget de 1 M $. Le Département afghan du tourisme – car il existe – compte pour sa part recoller les morceaux des fameux bouddhas de Bamiyan, dynamités par les talibans en 2001, pour faire revenir les visiteurs dans cette région. Même les grottes de Tora Bora, où s’est longtemps terré Oussama ben Laden, font partie des sites que compte développer l’Afghanistan… En septembre, dans le cadre de la Journée mondiale du tourisme, le président pakistanais Asif Ali Zardari a exhorté les voyageurs du monde entier à fouler du pied son pays, couverts de pic enneigés au nord et de sites millénaires au sud. Le premier ministre Gilani a pour sa part souhaité voir le Pakistan devenir une destination digne de ce nom, en soulignant que « le tourisme durable représentait à ses yeux un moyen essentiel de préserver et d’assurer la pérennité de l’héritage culturel et naturel de son pays… » Au-delà de ces paroles toutes cuites d’avance, il existe sans doute une réelle volonté de stimuler une économie chancelante et de profiter de la première industrie mondiale qu’est le tourisme, au Pakistan comme ailleurs. Mais s’il est vrai qu’il y a peu de risques à prendre part à un trek dans certaines régions pakistanaises, on peut se demander s’il n’est pas un peu tôt pour songer à développer le tourisme dans la vallée de Swat, qui était toujours un bastion taliban, il n’y a pas si longtemps. Peut-être est-il plus sage, pour les années à venir, de s’en remettre aux nouvelles merveilles naturelles inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco, ou de glaner parmi les plus récentes suggestions de Lonely Planet ou de National Geographic pour choisir sa prochaine destination. Après tout, l’Irak, le Pakistan et l’Afghanistan redeviendront un jour ou l’autre des endroits sûrs où voyager sans crainte. Et en attendant, ce n’est certes pas le choix qui manque, ailleurs sur la planète Terre.

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Nouveaux venus dans la blogosphère du voyage

La blogosphère québécoise du voyage vient de s’enrichir de deux nouveaux auteurs. D’abord, l’incroyable « aventurier cyclovolcanique » Pierre Bouchard, dont le dernier périple a été relaté dans L’actualité, lance son blogue sur le site de Vélo Québec Voyages. De son côté, la journaliste et co-auteure du guide Voyager avec des enfants, Isabelle Chagnon, a commencé à bloguer sur ce sujet, sur le site des Guides Ulysse. Au cours des derniers mois, plusieurs blogues consacrés au voyage ont vu le jour, au Québec – dont celui que vous êtes en train de lire. En octobre, l’infatigable Marie-Julie Gagnon lançait En Transit, elle qui sévissait déjà depuis belle lurette – et qui le fait toujours – sur son blogue Taxi-brousse, en plus d’alimenter chaque semaine sa chronique Choc des cultures, sur le site de Canoë, et de parler régulièrement de ses pérégrinations à Radio-Canada. Journaliste à La Presse, Sylvie Saint-Jacques sautait à son tour dans la blogosphère du voyage, en octobre dernier, avec son Blogue-Trotter (inactif depuis un mois), après avoir été précédée par Lise Giguère, auteure de Mille et un voyages, en juillet. Toujours l’été dernier, le site du magazine enRoute ajoutait deux blogues à son actif : Ultraportatif, sur les technologies et le voyage, et Dans l’air du temps, où l’ex-rédacteur en chef d’enRoute et actuel éditeur de Spafax, Arjun Basu, y va sporadiquement de ses réflexions. À peu près à la même période, Jean-Maurice Duddin, lockouté du Journal de Montréal, a lui aussi commencé à bloguer sur Le monde du voyage, tandis que le magazine pour jeunes bourlingueurs Müvmédia inaugurait de nouveaux blogues dédiés aux périples de toutes sortes. Enfin, plus tôt cette année, Tourisme Montréal a lancé une série de blogues (en anglais seulement) pour couvrir les scènes montréalaises des arts et de la culture, de la gastronomie, de la vie gaie, etc., pour le bénéfice des touristes étrangers.

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Tourisme mondial: les tendances de l’après-crise

En cette fin d’année tumultueuse dans le domaine du voyage, Euromonitor International vient de dévoiler les résultats d’une vaste étude sur les tendances en cours dans l’industrie du tourisme : Global Trends Report (PDF). Selon cette firme britannique de consultants, l’année 2009 se clôturera avec une baisse de 8 % du nombre de touristes internationaux, de 16 % des revenus hôteliers et de 14 % des revenus des transporteurs aériens. En outre, les dépenses reliées aux déplacements d’affaires auront dramatiquement chuté, comme en font foi les 40 % de baisse enregistrés entre juillet 2008 et juillet 2009. Dans son étude rendue publique lors du World Travel Market, présentement en cours à Londres, Euromonitor dégage également sept tendances à suivre, dans les années à venir. Ainsi, aux États-Unis, une nouvelle clientèle de voyageurs a vu le jour : les « funemployed », ces chômeurs qui ont reçu de bonnes primes de départ et qui désirent mettre à profit leur temps libre pour voyager. Plus de la moitié d’entre eux sont célibataires et âgés de moins de 35 ans, et ils sont pressentis pour prendre part à de longs périples en pays éloigné. Au Royaume-Uni, on prévoit que les « pop-up hotels » seront de plus en plus populaires. Ces établissements modiques, temporaires et préfabriqués peuvent être installés n’importe où et en peu de temps (parfois à même des structures à l’abandon) pour répondre à une demande passagère, en un lieu donné. Pendant ce temps, au Moyen-Orient, ce sont les hôtels « pour femmes seulement » qui commencent à susciter un intérêt certain. De plus en plus de musulmanes voyagent par plaisir ou par affaires, et elles désirent le faire sans avoir à se plier à l’obligation d’être accompagnées de leur mari. Les non-musulmanes profiteront aussi de cette nouvelle donne hôtelière puisque les femmes voyageant seules sont souvent mal perçues, dans certaines contrées moyen-orientales. En Europe, la demande pour des services plus personnalisés est en hausse, auprès des touristes en général. Mieux informés et plus que jamais au fait de ce qui est disponible sur le marché, ceux-ci exigent davantage de prestations traditionnellement offertes aux voyageurs fortunés, comme les services de concierge dans les hôtels de luxe. Dans un proche registre, l’Amérique latine se dessine comme une future destination pour voyageurs bien nantis. Les investissements dans l’hôtellerie haut de gamme y vont bon train et les voyages « éco-luxueux » sont appelés à gagner en popularité, sur ce continent couvert de splendeurs naturelles. En Afrique, la récente visite du président Obama au Ghana devrait contribuer à inciter davantage d’Afro-Américains à revenir aux sources en pratiquant le « tourisme des racines », une tendance déjà bien établie, note Euromonitor. Pas moins de 42 millions de touristes sont attendus sur le continent africain en 2010, notamment en raison de la tenue de la Coupe du monde de soccer, en Afrique du Sud. Enfin, en Chine, la rapide croissance économique a engendré la création de centaines de terrains de golf, un sport de plus en plus prisé là-bas. Puisque l’aménagement de centaines d’autres est prévu, l’empire du Milieu est appelé à attirer un nombre grandissant de golfeurs.

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L’avion sans-fil, une cible pour les pirates?

Toujours à la recherche d’un nouveau moyen pour réduire le poids des avions et économiser du carburant, les ingénieurs en aéronautique ne cessent d’étonner par leur imagination sans bornes. Leur dernière trouvaille : retirer les kilomètres de câblage de cuivre qui alourdissent le fuselage d’un avion pour les remplacer par… des réseaux sans fil. De tels appareils pourraient ainsi s’alléger de 15 % et consommer12 % moins de kérosène. À priori, une telle éventualité laisse perplexe. Quiconque utilise régulièrement une connexion Internet Wi-Fi peut témoigner de la fiabilité à géométrie variable de ce type de réseau: baisse du niveau du signal, interruptions occasionnelles, lenteur sporadique… Mais les chercheurs qui tablent sur pareil projet voient à long terme, en se projetant à une époque où ces réseaux deviendront d’une fiabilité à toute épreuve. N’empêche que ces « avions sans-fil » soulèvent des questionnements et suscitent quelque appréhension : danger d’interférences avec d’autres appareils électroniques (cellulaires, baladeurs, etc.), survoltage et bris éventuels du réseau en cas de foudre extrême… On est aussi en droit de se demander quels seraient les effets d’un tel chassé-croisé d’ondes, sur la santé de passagers qui y seraient exposés pendant des heures, en demeurant captifs. Cela dit, un avion sans fil ne risquerait pas de subir le même sort que le vol 111 de Swissair, qui s’est vraisemblablement abîmé en mer à cause d’un problème lié au câblage, en 1998. Mais c’est la perspective d’une prise de contrôle d’un avion sans fil par un pirate informatique qui demeure la plus préoccupante : après tout, dès qu’un réseau informatique est prétendu inviolable, il se trouve toujours des hackers pour tenter de le forcer. Et ça, ça ne risque pas de changer de sitôt.

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Vive le potiron !

Le potiron… ou, si vous préférez, la citrouille, un aliment santé par excellence avec ses maigres 31 calories par 100 grammes, sa richesse en fibres, en bêta-carotène et en potassium. Et pas seulement fait pour séduire les sorcières le soir de l’Halloween : sa chair « serrée, juteuse et fondante », comme dit le Grand Larousse gastronomique, est un délice. Déjà cultivée par les Amérindiens il y a 10 000 ans, introduite en Europe comme plante d’ornement puis comme légume, fort utile en cas de panne de carrosse, foi de Cendrillon, elle est devenue la coqueluche de l’Halloween au 19e siècle en Amérique du Nord. Ce soir ou demain, une fois passées les peurs, rangés les costumes et mangés les bonbons, vous aurez peut-être envie de faire, avec la chair de votre citrouille, une classique soupe ou une toute aussi classique tarte. Mais je vous suggère aussi cette recette tirée du susdit Grand Larousse gastronomique : le gâteau au potiron d’Halloween. Mélangez 4 œufs fouettés, 20 cl d’huile de tournesol et 400 g de chair de potiron (ou de citrouille…) cuite et écrasée. Ajoutez 350 g de farine tamisée, un peu de levure chimique, 1 c. à café de bicarbonate de soude, 250 g de sucre, 3 c. à café de cannelle, 1 pincée de sel et 200 g de noix hachées. Versez dans un moule beurré et fariné. Faites cuire pendant 1 heure dans un four à 120 degrés Celsius. Démoulez et glacez avec 100 g de sucre à glacer délayé dans du jus de citron, avec 1 c. à café de zeste de citron finement râpé. Dégustez et donnez m’en des nouvelles…

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Carnet slovène (3): un automne tout feu tout flamme

Quand j’ai décidé, sur un coup de tête, de partir pour la Slovénie, je ne m’attendais à rien, ou plutôt à tout: pluie, brouillard, sombres nuages, givre… J’avais même un plan B pour traverser le parc national Triglav, au cas où l’époustouflant col de Vrsic serait bloqué par de fortes chutes de neige, ce qui n’est pas rare à cette époque-ci. Or, c’est tout le contraire qui m’est arrivé. Mieux: je suis tombé sur la plus belle semaine d’automne, un automne tout feu tout flamme – et ça, je ne m’y attendais vraiment pas. Mais trève de bavardages: voyez plutôt ce qui suit.

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Éloge du pâté chinois

Ça s’appelle Le mystère insondable du pâté chinois et, comme le mets en question, ce délicieux petit livre est fait de trois couches successives. Une couche socioculturelle, puisqu’il est ici question de rien de moins que le plat national du Québec. Une couche historico-ethnologique, où l’on part à la recherche de l’origine de sa recette et de son nom. Et une couche gastronomique, parce que ce plat familial par excellence se retrouve aujourd’hui, après des réinterprétations parfois surprenantes, sur quelques-unes de nos meilleures tables. Comme le célèbre triple-couche, ce fort joli livre dégage les arômes et les saveurs propres à son cuisinier et auteur, Jean-Pierre Lemasson, inventeur du certificat en gastronomie de l’Université du Québec à Montréal. La recette de cet universitaire sérieux pourrait ainsi s’écrire : mettez, dans un plat allant au four, une bonne dose d’érudition ; ajoutez-y, en quantités égales, de l’humour et de la gourmandise ; servez immédiatement. Un pur délice que ce livre, donc. Comme furent pures délices ces variantes que j’ai personnellement testées : le pâté chinois au boudin noir et aux pommes (une recette de Jean Mourre, du Balzac, à Granby), et le pâté chinois au confit de canard et oignons caramélisés (une recette de Danny St-Pierre, du Auguste, à Sherbrooke). Nous avons dégusté ces pâtés chinois « revisités » à l’émission Christiane Charette en direct, à la radio de Radio-Canada, le vendredi 23 octobre, avec l’auteur et l’œnologue Jean Aubry. Cela dit, que cette « recette ouvrière par excellence » ait obstinément refusé de livrer son mystère ne fait que la grandir. Pour Jean-Pierre Lemasson, cela lui confère un statut culinaire à nul autre pareil, à un point tel qu’il lui consacre un site Internet. Comme le dit notre savant auteur, « le pâté chinois est au cuisinier ce que la fugue est à Bach ! » Le mystère insondable du pâté chinois, par Jean-Pierre Lemasson, Éditions Amérik Média, 140 p., $ 22,95.

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Le tour du monde en 100 minutes et 20 secondes

Hier après-midi, je suis allé skier au Lesotho avant de m’embarquer pour une croisière en Indonésie. Puisque j’étais déjà en Asie, j’en ai profité pour explorer la Mongolie à vélo et remonter le fil du Mékong sur une coque de noix. Après avoir siroté un ti-punch guadeloupéen et croqué quelques acras martiniquais, j’ai ensuite mis le cap sur le Salvador et le Panama, pour traverser à nouveau l’Atlantique et me retrouver en compagnie de gorilles des plaines, au Cameroun. Enfin, pour rentrer en Amérique, j’ai pris un avion que j’ai moi-même piloté et fait atterrir à Las Vegas. Je fabule, évidemment. Sauf pour l’avion : il y a bel et bien un simulateur de vol au SITV, le Salon international tourisme voyages, qui se déroule jusqu’à demain soir à Place Bonaventure, à Montréal. Et tous les pays et régions qui viennent d’être mentionnés y sont représentés. En cette ère où on trouve tout sur Internet, il peut sembler superflu d’arpenter des allées bondées de monde, où se bousculent des kiosques souvent minuscules, pour partir à la pêche aux destinations et aux brochures. Mais l’avantage du SITV, c’est qu’on y rencontre des gens qui proviennent des lieux qui y sont mis en valeur, et qui sont capables de guider les visiteurs selon leurs intérêts. Même si les destinations soleil couvrent l’essentiel de l’espace disponible, la France et la Chine sont particulièrement visibles, la première parce que c’est une tradition, la seconde parce que la prochaine Exposition universelle se déroulera à Shanghaï, en 2010. Pour sa part, le kiosque sur le Latium dévoile une intéressante visite virtuelle de Rome au temps des Romains; le secteur des croisières, en plein essor, dispose d’une forte visibilité; et une section plein air a été aménagée pour la première fois au Salon. Enfin, la place de l’animation voit défiler spectacles et conférenciers, et ceux qui succombent à une destination n’ont qu’à se rendre à la centrale de réservation, où ils peuvent se procurer un forfait-vacances à l’aide d’un agent de voyages. Le SITV est ouvert de 10 h à 18 h, aujourd’hui et demain. Admission: 12 $ adultes, 10 $ aînés et étudiants, 6 $ pour les 6 à 12 ans.

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L’univers gourmand de… Manuel Kak’wa Kurtness

Manuel Kak’wa Kurtness est le cuisinier innu de Mashteuiatsh, au lac Saint-Jean, qui publie un livre intitulé Pachamama, Cuisine des Premières nations (éditions du Boréal). Je vous le présente dans ma chronique Plaisirs gourmands de L’actualité qui sort en kiosque aujourd’hui. Pour préparer cette interview, je l’ai longuement rencontré, en septembre dernier, quelque part dans la réserve faunique Ashuapmushuan. Le soir, dans le camp de ses parents, quand je lui ai demandé de me décrire son univers gourmand, il m’a tout de suite répondu : « En quelle saison ? » Je lui ai bien sûr demandé de commencer par la saison qui débutait à ce moment-là… et voici ce qu’il a répondu… Automne. L’orignal, bien sûr. « Mais de grâce, chasseurs, ne laissez le museau se gâcher sur le toit de votre voiture en ramenant la bête, c’est un morceau de choix. » Comment apprêter le museau d’orignal ? On le fait cuire pendant 6 à 7 heures dans un four à 325 degrés, avec un fond brun de gibier. « Quand on ouvre le four, c’est l’explosion des arômes. » Autre plaisir d’automne : la perdrix. La recette de Manuel : on l’enrobe entièrement dans l’argile, avec plumes et entrailles, puis on la place dans un four bien chaud pendant 3 à 4 heures, pour une cuisson à l’étouffée ; dès la sortie du four, on casse le moule, les plumes viennent avec l’argile et la chair est purement « délicieuse ». Manuel dit aussi aimer « le goût de noisette sucrée de l’écureuil », qu’il propose en entrée. Hiver. C’est le temps du lièvre et de la perdrix grise qui est devenue blanche – la base d’une tourtière du Lac Saint-Jean qui se respecte… C’est aussi le temps du castor, qu’on peut faire confire, « comme du canard ». Printemps. Reviennent les outardes, les oies, les canards. Mais c’est aussi, très vite, le retour de la pêche. Le meilleur poisson, pour Manuel ? « La ouananiche, ou saumon d’eau douce », répond-il sans hésitation. Mais il évoque aussi avec gourmandise le brochet de printemps et le doré. Et, côté végétaux, les pousse de fougère au mois de mai. Été. Pour Manuel, c’est le temps des poissons de lac et des petits fruits en forêt – une forêt qu’il sait généreuse avec « plus de 250 herbes, feuilles, racines et épices sauvages qu’on était en train d’oublier et qu’on redécouvre aujourd’hui ». Bien sûr, il n’est pas facile de découvrir soi-même un univers gourmand comme celui de Manuel Kak’wa Kurtness. Pas plus qu’il n’est facile de se procurer certains ingrédients de base des recettes de son livre. Mais on trouve quand même facilement les poissons qu’il propose. Et du gibier d’élevage qui ne vaut pas « le vrai », mais qui l’évoque quand même assez bien. « Mon livre s’adresse à tout le monde, dit Manuel. Il veut d’abord faire connaître nos valeurs et nos traditions. Et puis, qui ne connaît pas quelqu’un qui chasse ou qui pêche ? »