Art de vivre

Une semaine au bout de l'Amérique Monde

Une semaine au bout de l’Amérique

Il y a les volcans, les glaciers, les champs de lave et l’âme viking, invulnérable. Et il y a aussi la culture islandaise, vieille de 1000 ans, mais résolument ancrée dans le présent. Voyage au bout de l’Amérique !

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Le charme des vins de France

Pendant cette période, les ventes de vins de France à l’étranger ont progressé de 7,5 % par rapport à la même période l’année précédente, pour atteindre 4,1 milliards d’euros (5,8 milliards de dollars canadiens). À elles seules, les exportations de vins « tranquilles » — non effervescents — ont enregistré une croissance de 4,1 %, pour une valeur de 1,9 milliard d’euros (2,8 milliards de dollars). Peu à peu, les producteurs français cherchent à reprendre les parts de marché que leur ont grugées les vins du Nouveau Monde, notamment ceux d’Australie, de Californie, du Chili et d’Argentine. Au Québec, en dépit de la déferlante de vins étrangers dans les succursales de la Société des alcools, la France occupe toujours le premier rang, avec 35 % des ventes de vins tranquilles, loin devant l’Italie (22,8 %), l’Espagne (8,7 %) et l’Argentine (6,9 %). Alors que les autres provinces canadiennes ont un faible pour les pays du Nouveau Monde, le Québec se distingue là aussi en consommant à lui seul 64 % des vins de France vendus dans tout le Canada. Une bouteille de vin français sur deux vendues au Québec provient de Bordeaux ou du Languedoc. Bordeaux, d’abord. Avec 120 000 hectares de vignes, 5 000 châteaux et 57 appellations, le vignoble girondin constitue la plus importante source de vins fins au monde. Portée par le prestige séculaire de ses grands crus classés — vendus, hélas, à des prix à faire peur —, la région compte aussi d’innombrables domaines viticoles plus modestes où les vins sont empreints de cet équilibre et de cette sève qui ont tant contribué à sa renommée à travers les âges. Parmi la pléthore de bordeaux offerts au Québec, notez le Château de Cruzeau 2004, Pessac-Léognan, un excellent vin produit sur les sols graveleux au sud de Bordeaux et dont la qualité est toujours sans faille. Par sa solide constitution et sa forme très classique, le 2004 s’avère particulièrement réussi (C-113381 ; 23,45 $). Dans un style plus souple et éminemment flatteur, le Château Montaiguillon 2004, Montagne Saint-Émilion se signale davantage par son harmonie et sa pureté que par sa puissance ; un très bon bordeaux à prix abordable, dont on appréciera les vertus et le charme au cours des trois ou quatre prochaines années (S-864249 ; 22,30 $). Languedoc, ensuite. Ce qui fut jadis un gigantesque réservoir de « gros rouges qui tachent » est devenu une véritable fourmilière où une nouvelle génération de viticulteurs a multiplié les efforts pour rehausser la qualité. Nombre d’entre eux souffrent encore de la crise — les vignes du tiers des 300 000 hectares plantés devront être arrachées d’ici deux ans pour contrer une surproduction endémique —, mais le Languedoc produit actuellement les meilleurs vins de sa longue histoire. Au Québec, l’amateur a l’embarras du choix et semble s’en donner à cœur joie, si l’on se fie aux chiffres de vente. Pas étonnant, puisque le rayon du Languedoc foisonne d’aubaines. Trois suggestions au hasard, à commencer par le remarquable Château Coupe Roses 2005, Minervois. Ce sensationnel vin blanc produit à quelques kilomètres du beau village de Minerve est à des années-lumière de ces trop nombreux vins industriels qui inondent le marché, tous aseptisés et lessivés par la technologie. Entièrement issu de roussane, cépage typiquement méditerranéen, non seulement il se signale par sa vinosité et sa richesse aromatique, mais il témoigne de manière éclatante des progrès accomplis. Il y a 20 ans, d’aussi bons vins blancs n’existaient tout simplement pas dans le Languedoc (S-894519 ; 20,30 $). Pour ne pas être en reste, le même domaine produit aussi une impeccable cuvée Les Plots 2005, Minervois, un irrésistible vin rouge à la fois généreux et soyeux auquel le cépage syrah apporte des tonalités fumées et un grain fruité totalement rassasiant (S-914275 ; 18,55 $). Enfin, pour une bouchée de pain, on se régalera du Château Cazal-Viel 2004, Vielles Vignes, Saint-Chinian. Ce vin sincère et sans prétention, juteux et coulant à souhait, charme autant par sa franchise que par son équilibre à la française. Le bonheur pour une poignée de dollars ! (C-202499 ; 12,05 $.) — Michel Phaneuf est l’auteur du Guide du vin 2008, qui sera publié aux Éditions de l’Homme en novembre. Le saviez-vous ? Les appellations françaises les plus populaires au Québec sont, pour les vins rouges, bordeaux, coteaux du Languedoc, brouilly, côtes-du-Rhône, cahors et corbières. Pour les vins blancs, alsace, bordeaux, muscadet de Sèvre, bourgogne, aligoté et chablis.

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Le roi des bulles

Christian Pol-Roger avoue aujourd’hui avoir été étourdi par la tâche colossale qui l’attendait lorsqu’en 1963, à l’âge de 24 ans, il entra dans l’entreprise familiale fondée par son arrière-grand-père, en 1849. «C’était comme conduire une voiture pour la première fois autour de l’Arc de triomphe», raconte-t-il avec cette verve et cette langue imagée qui lui ont valu de devenir l’une des grandes voix du champagne. Au fil des ans, il a pris son bâton de pèlerin pour vendre tous azimuts non pas un simple verre de champagne, mais aussi une histoire et un art de vivre. «S’il y a un vin que l’on ne peut pas boire seul, c’est bien le champagne, car en le partageant, on le trouve encore meilleur.» Pendant plus de 43 ans à exercer son métier, Christian Pol-Roger a peaufiné son art de la persuasion en alignant au gré de chaque conversation et dans chacune de ses allocutions des phrases au lyrisme irrésistible. «Seul le champagne stimule la matière grise sans diminuer l’intelligence», ou encore: «L’effervescence est le haut-parleur des saveurs du champagne.» Devant la mondialisation et la soif d’argent qui modifient inexorablement une activité jusqu’à maintenant considérée comme agricole ou artisanale, il répond subtilement: «Dans ma vie, j’ai décliné plus souvent l’auxiliaire être que le verbe avoir…» C’est d’ailleurs cette philosophie du cousu main et cet amour du travail bien fait qui ont permis à la maison Pol Roger de rester accrochée au sommet. Du simple brut non millésimé à la sublime cuvée Sir Winston Churchill, tous les champagnes Pol Roger ont en commun une race incomparable. «Nous avons choisi une trajectoire depuis longtemps et nous n’en dévions pas, explique Christian Pol-Roger. Chez nous, pas de révolution. Mais évolution, oui.» Surtout, la famille peut compter sur un splendide vignoble de 85 hectares, qui comble aujourd’hui 50% de ses besoins. C’est bien plus que les autres grandes maisons, qui, pour la plupart, doivent acheter leurs raisins à une multitude de vignerons indépendants. Ce précieux patrimoine, acquis depuis 1955, est en quelque sorte la pierre angulaire des champagnes Pol Roger. Au cours de son histoire, cette marque a été présente sur toutes les tables des grandes personnalités. Parmi celles-ci, Winston Churchill, sans doute le plus fervent amateur de Pol Roger. On raconte que pendant les 10 dernières années de sa vie, l’ancien premier ministre britannique, décédé en 1965, a consommé 500 caisses de son champagne préféré. En vérité, la passion de Churchill pour la marque Pol Roger avait commencé bien avant. «Dans ses Cabinet War Rooms, à Londres, de 1940 à 1944, il avait toujours à sa disposition quantité de bouteilles de la cuvée 1928, l’une des grandes années du siècle», raconte Christian Pol-Roger. Churchill adopta définitivement la grande marque champenoise lors d’un dîner à l’ambassade britannique à Paris, en 1944, au cours duquel il fit la connaissance d’Odette Pol-Roger, épouse de l’un des petits-fils du fondateur. Entre eux, ce fut le début d’une longue amitié. A harmless flirtation (un flirt inoffensif), pour reprendre l’expression consacrée au sujet de cette relation, du reste bénie par son épouse, Clementine. À propos du 44, avenue du Champagne, à Épernay — où habitait Odette —, Churchill disait que c’était «The world’s most drinkable address» (l’adresse la plus buvable du monde). Pour saluer ces liens étroits entretenus avec le vieux lion, la maison Pol Roger a mis au point, en 1984, la cuvée Sir Winston Churchill. Plus qu’un simple produit-hommage, ce vin a fait l’objet de recherches dans les archives familiales. «Cela nous a permis de savoir comment étaient constituées ces cuvées que Churchill affectionnait tant, explique Christian Pol-Roger. Tous les vins qui entrent dans sa composition émanent de vignobles qui étaient en production au temps de Churchill. C’est en quelque sort une réplique historique.» La cuvée Sir Winston Churchill fut lancée en 1984, 40 ans après le jour J, au château de Blenheim, où naquit l’homme d’État, en 1874. Uniquement composé de vins issus de grands crus, ce champagne n’est rien de moins que majestueux. De passage à Montréal, l’automne dernier, pour animer une dégustation de cette grande cuvée dans le cadre de Montréal Passion Vin, Christian Pol-Roger disait, à propos du monumental 1990, qu’il avait une «opulence orientale», et du 1986 — millésime plus délicat —, qu’il avait maintenant «les rides du sourire». Il en profita aussi pour annoncer sa retraite progressive, tout en manifestant le souhait de poursuivre son rôle d’ambassadeur. Ainsi, «la voix du champagne» continuera de nous charmer en nous rappelant, entre autres, l’attachement profond de Winston Churchill pour le plus élégant des vins effervescents: «Dans la victoire, c’est ma récompense; dans la défaite, c’est mon réconfort», disait-il. Car que l’on perde ou que l’on gagne, les meilleurs champagnes conservent toute leur sève, inimitable et exaltante. — Michel Phaneuf est l’auteur du Guide du vin 2007, publié aux Éditions de l’Homme.

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Une caisse de bons vins

Jamais, dans sa longue histoire, le vin n’aura suscité autant de curiosité et de fascination. En Europe, en Amérique et maintenant en Asie — en Chine, la consommation a bondi de 20% en quatre ans et devrait progresser d’environ 50% d’ici 2009 —, le vin est devenu la boisson civilisée par excellence. Au Québec, la consommation annuelle est la plus élevée au Canada — 18 litres par habitant. Le vin touche maintenant une jeune génération, elle aussi séduite par la richesse inépuisable de cet univers et curieuse d’en explorer les mille et un sentiers. Les 12 recommandations suivantes ne sont que quelques-unes des plus belles fleurs cueillies cette année dans le jardin luxuriant des vins fins et authentiques. Même si la France est aux prises avec une crise viticole sans précédent, le pays continue d’offrir une pléthore de bons vins, qui traduisent, chacun à sa manière, les richesses de ses multiples terroirs. À Bordeaux, le Château Martinat 2003, Côtes de Bourg témoigne éloquemment des progrès accomplis même dans des appellations longtemps mésestimées. Ce vin rouge éminemment charmeur, charnu et enrobé de tanins mûrs s’avère déjà bon tant il est bien équilibré (S-10389072; 24,30$). Maintenant planté à l’échelle planétaire, de l’Afrique du Sud à la Nouvelle-Zélande en passant par la Californie, le sauvignon a d’abord été cultivé dans le centre de la France. Issu d’une petite appellation d’à peine 100 hectares située dans le département de l’Yonne, dans le nord de la Bourgogne, le Saint-Bris 2004 de Ghislaine et Jean-Hugues Goisot se signale par sa fougue aromatique et surtout par sa nervosité naturelle. Cet excellent vin blanc sec et vivifiant, sentant bon les agrumes, est une expression très originale du sauvignon (S-10520819; 19,85$). Sans doute pour mener une offensive sur des champs de bataille étrangers de plus en plus occupés par les vins du Nouveau Monde, la famille Perrin de Châteauneuf-du-Pape a créé la marque «VF» — pour «Very Fruity, Very Fun, Very French». Le vin est offert dans une bouteille à capsule vissée habillée d’une étiquette annonçant le concept «100% Rhône, 0% bouchon». Le VF Lasira 2005, Costières de Nîmes est donc un vin rouge résolument moderne, misant à fond sur le fruit, la souplesse et la fraîcheur. Taillé sur mesure pour séduire une nouvelle génération de consommateurs, il plaira tout autant aux plus vieux, qui ne manqueront pas de le trouver, eux aussi, very fine (C-540684; 12,95$). À prix également très abordable, le Terres de Méditerranée 2004, Vin de Pays d’Oc de Dupéré-Barrera est sans doute l’un des meilleurs achats de l’heure. Ce vin rouge remarquable, élaboré dans le dépouillement — sans filtration, sans collage, sans bois —, est un petit chef-d’œuvre signé par la Québécoise Emmanuelle Dupéré et le Français Laurent Barrera. Unis dans la vie comme en affaires, ils ont mis sur pied une maison de négoce spécialisée en vins fins de Provence et du sud de la vallée du Rhône. Syrah, cabernet, carignan et grenache forment un ensemble magique dont la richesse, la tenue et le grain exquis ont vite fait d’enchanter le palais (S-10507104; 13,80$). Autre exemple des immenses progrès accomplis dans le Languedoc, la cuvée Le Cas 2004 du Mas Conscience, Vin de Pays de l’Hérault puise sa richesse et sa profondeur dans de vieux plants de carignan de plus de 50 ans cultivés en biodynamie. Comme tous les vins dits naturels — c’est-à-dire non filtrés, non collés et non levurés, mais résultant de soins attentifs! —, ce vin rouge a une forte personnalité et laisse en bouche une délectable impression de plénitude (S-10506902; 21,70$). Moins cher, le Château Tour Boisée 2004, Cuvée Marielle et Frédérique, Minervois est l’un des meilleurs achats du moment. Composé de syrah, de grenache et de carignan, ce vin rouge vibrant, charnu, débordant de fruit et de vitalité est d’une qualité exemplaire et explique sans doute pourquoi les vins du Languedoc sont si populaires chez nous (S-896381; 16,75$). De l’autre côté des Alpes, à l’ombre des Dolomites, la coopérative de Mezzacorona joue un rôle important dans la viticulture locale avec une production annuelle frisant les 25 millions de bouteilles. Des nombreux vins qu’elle commercialise, il faut signaler le Teroldego Rotaliano 2001, Riserva, délicieux vin rouge sphérique, à pleine maturité et ayant développé une palette de saveurs à la fois nuancées et généreuses. Très satisfaisant à ce prix (S-964593; 15,90$). En Espagne, juste au sud de la Rioja, la coopérative de Borsao exporte au Québec depuis trois ans des vins rouges particulièrement friands et généreux. Le plus complet est le Tres Picos 2004, Garnacha, Campo de Borja. Issu de vieilles vignes de grenache de 40 ans, ce vin rouge robuste et vineux s’exprime avec une générosité rassasiante. Charnu et vigoureux, mais sans lourdeur. Un achat avisé à ce prix (S-10362380; 22,10$). Participant aussi à cette vague planétaire, le Portugal a vu la qualité de ses vins progresser à grands pas au cours des dernières années. Et comme tant d’autres, le Quinta de la Rosa 2003, Douro puise son originalité dans l’utilisation de cépages portugais traditionnels: touriga nacional, roriz, franca et barroca. Cela nous vaut un très bon vin rouge plein et savoureux, ferme sans être dur et très satisfaisant (S-928473; 19,40$). Au sud de l’équateur, les choses vont aussi bon train, les différents pays viticoles apportant une contribution de plus en plus significative à la planète vin. Ainsi, en Argentine, le géant Trapiche commercialise, sous la marque Broquel, un savoureux Bonarda 2004. Très répandue dans le pays, cette variété d’origine italienne couvre environ 16 000 hectares et vient au deuxième rang derrière le malbec. Ce vin rouge fougueux, au caractère épicé fort original, s’exprime pleinement s’il est rafraîchi à environ 15°C, sans quoi il paraît lourd (S-10394761; 16,80$). En Australie, on remarque maintenant de plus en plus de vins fins et distingués, qui se démarquent des habituels colosses alcoolisés, au goût de confitures. Pour s’en convaincre, il suffit de goûter le Cabernet sauvignon 2001, Pyrenees Victoria, de Taltarni Vineyards. Par sa droiture et ses heureuses proportions, cet excellent vin rouge se révèle ferme, mais sans dureté. Il offre un profil qui rappelle certains très bons crus de Bordeaux (S-10273977; 24,35$). Nouvelle terre promise du pinot noir, la Nouvelle-Zélande a le vent dans les voiles. Profitant d’un environnement climatique idéal, les vignobles les plus au sud du monde n’ont mis que quelques années pour donner des vins purs et aromatiques qui ont vite fait de s’imposer sur les marchés internationaux. Le Pinot noir 2005, Roaring Meg, Central Otago, de Mount Difficulty montre bien de quoi ce pays est capable. Rafraîchi autour de 14°C, ce vin rouge fruité et coulant, au bon goût de fruit mûr évoquant la framboise, est un vrai régal (S-10383762; 25,55$). — Michel Phaneuf est l’auteur du Guide du vin 2007, publié aux Éditions de l’Homme.

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Nonchalante et un peu brouillonne, Athènes accuse un sérieux retard dans la préparation des Jeux olympiques de 2004. Mais jure ses grands dieux antiques qu’on s’inquiète inutilement!

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Istanbul résonne des sirènes de bateaux, des appels à la prière de centaines de mosquées, des vendeurs à la criée et… du son des cellulaires. Surpeuplée, ancienne et moderne, prospère et décrépite. Irrésistible.