Art de vivre

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Internet à bord des avions : ce billet vous parvient du ciel

Je suis présentement à 36 000 pieds d’altitude, quelque part au-dessus du Midwest, et je vous écris ce billet depuis un avion d’Air Canada. Comme c’est le cas d’un nombre croissant de transporteurs aériens qui offrent une connexion Internet sans fil à bord de leurs appareils, Air Canada a commencé à tester ce service, le mois dernier, sur plusieurs vols reliant Toronto et Montréal à Los Angeles. Très simple à utiliser, ce service est accessible à quiconque possède un ordinateur ou un téléphone portable muni d’une antenne Wi-Fi, dès lors que s’éteint le signal des consignes de sécurité. On se connecte alors aussi aisément que dans n’importe quel lieu public où une telle connexion est disponible. Une fois en ligne, ce service s’avère plutôt efficace si on utilise Internet pour des actions simples, comme lire des pages Web, envoyer ou recevoir des courriels ou des microbillets sur Twitter, mettre à jour sa page Facebook ou effectuer une transaction. J’ai ainsi payé mon compte de téléphone du haut des airs, ce matin. J’ai aussi téléchargé des programmes et des photos sans problème, écouté Christiane Charette, Paul Arcand, CKRL (une radio communautaire de Québec) et Radio France International sans interruption, et j’ai même pu me rendre jusqu’à la fin des 68 minutes de La vie heureuse de Léopold Z, de Gilles Carles (en qualité intermédiaire), simplement en allant sur le site de l’ONF. Contre toute attente, je me suis même fait un nouvel ami, à bord de l’avion : un journaliste/blogueur de La Presse, que j’ai rencontré après que quelqu’un nous ait signalé, sur Twitter, que nous étions sur le même vol! Bienvenue au 21e siècle! Cela dit, la puissance du signal varie selon l’endroit où l’on se trouve dans le ciel, ce que confirment plusieurs vérifications effectuées sur le site Speedtest, en cours de vol. En outre, certaines actions qui requièrent une plus haute vitesse de transfert sont plus fastidieuses à exécuter. Si j’ai pu voir plusieurs vidéos sans interruption sur You Tube, je n’ai pu me rendre à la fin d’un des courts-métrage du palmarès des meilleures vidéos d’aventure de National Geographic, ni écouter un épisode de Chez Jules. Et lorsque j’ai tenté de visionner cette vidéo de Moscou au ralenti, elle était vraiment au ralenti… Enfin, jamais je n’ai pu téléphoner à la maison en utilisant les services de Skype: même quand la sonnerie retentit, la friture a tôt fait de prendre le dessus. Jusqu’au 29 janvier, le service Internet à bord des avions d’Air Canada est gratuit, mais à l’instar des autres transporteurs, il deviendra par la suite payant et il faudra alors débourser 9,95 $US par segment de vol avec un ordinateur, et 7,95 $ avec un téléphone. Pour un autre banc d’essai, rendez-vous sur En Transit, le blogue de Marie-Julie Gagnon, qui a récemment mené une « entrevue Twitter » avec un utilisateur qui surfait lui aussi du haut des airs.

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Les lundis du livre (1)

À compter d’aujourd’hui, et ce jusqu’à Noël, le blogue Voyage vous présente à chaque lundi une sélection de beaux livres et d’ouvrages pratiques qui méritent autant de se retrouver entre vos mains que sous le sapin. Après bientôt 15 ans de périples à titre de reporter voyages pour Le Devoir, et plus récemment pour Elle Québec et Vita, Carolyne Parent lance Ambiance des Caraïbes, un fort joli ouvrage alliant récits, images ainsi que recettes d’apéros et de bouchées glanées dans une dizaine d’îles du Sud. Preuve qu’elle garde encore bien du matériel dans son escarcelle de bourlingueuse, l’auteure annonce déjà la parution d’autres titres de la même trempe, dans les années à venir : Ambiances urbaines d’Europe, Ambiances de la rizière, Ambiances des mille et une nuits… De son côté, le journaliste et photographe Lionel Astruc (L’Express, Libération, etc.) s’intéresse aux voyages écologiques et équitables. Dans son inspirant ouvrage Écotourisme, paru plus tôt cette année chez Glénat, il cherche à savoir comment se traduisent, concrètement, les engagements écolos et sociaux de certains voyagistes. Du voyage solidaire à Bombay jusqu’à l’écovolontariat chez les bergers alpins, l’auteur décrit en quoi un séjour responsable diffère d’un séjour traditionnel. En confrontant ce qu’il lit dans les brochures et ce qu’il vit sur le terrain, il démontre les limites des promesses des voyagistes et propose ses propres solutions. Réputée pour ses guides allumés et éclairants, la maison d’édition Rough Guides publie aussi une foule d’ouvrages sur le voyage en général. Avec Earthbound, elle propose un vaste tour du monde tel que vu par les photographes de ses guides. Souvent percutantes, jamais insignifiantes, les images en grand format sont toutes accompagnées d’une courte description, mais aussi de leur latitude et de leur longitude. Mieux : grâce à un code QR qu’on numérise sur un téléphone multifonctions, on peut retrouver l’endroit exact où à été prise chaque photo. Enfin, dans un registre plus marginal, Yannick Monget publie Terres d’avenir – De l’urgence bioclimatique aux rêves de demain, aux Éditions de La Martinière. Avec cet ouvrage-choc, l’auteur nous convie à un effroyable voyage dans le futur, un futur où rien ne va plus : Buenos Aires rasée par les conflits qui ravagent l’Amérique latine, Pékin suffoquant sous les tempêtes de sable, La Havane, Miami et la Nouvelle-Orléans rayées de la carte après le passage du plus puissant cyclone de tous les temps. Toutes ces catastrophes découlent, directement ou non, du réchauffement climatique, qui a pris des proportions démesurées dans l’avenir pas si lointain imaginé par l’auteur. Pour en arriver là, ce dernier a épluché une foule de données scientifiques, dont celles du GIEC (prix Nobel de la Paix 2007). Puis, après nous avoir bien secoués – notamment par de percutantes images de synthèse -, l’auteur nous rassure en proposant plusieurs pistes et solutions pour l’avenir.

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Vers une Charte des droits pour les passagers?

Alors que s’entame aujourd’hui le long week-end du Thanksgiving, les transporteurs états-uniens devront redoubler de vigilance pour respecter leurs horaires de vol et ne pas indûment abuser de la patience de leur clientèle. Pour la première fois de son histoire, le U.S. Department of Transportation vient en effet de condamner trois transporteurs à 175 000 $ d’amende, pour avoir laissé 47 passagers se morfondre à bord d’un appareil immobilisé sur le tarmac pendant… 6 heures. Quelques jours avant cette décision, de l’autre côté de l’Atlantique, la Cour européenne de justice rendait un jugement dans lequel elle élargit l’interprétation d’un règlement qui permet aux passagers d’obtenir une compensation monétaire, lors de l’annulation d’un vol. Désormais, certains retards peuvent eux aussi donner lieu à une telle compensation. Car pendant qu’aux États-Unis, des sénateurs travaillent d’arrache-pied pour faire adopter un Passenger Bill of Rights, en Europe, une telle Charte des droits des passagers existe depuis 2005. Elle vise non seulement les transporteurs basés sur le Vieux Continent, mais également ceux qui y exploitent des vols en général. Au Canada, un semblable projet de Charte des droits des passagers a été déposé, en février dernier. Parrainé par le député néo-démocrate Jim Malloway, le bill C-310 a été largement décrié par le Conseil national des lignes aériennes, qui regroupe les grands transporteurs canadiens (Air Canada et sa filiale Jazz, WestJet et Air Transat). Même si ce projet de loi s’est rendu en deuxième lecture en mai dernier, il demeure controversé et sa survie est menacée en raison des pressions exercées par le gouvernement conservateur, assure le NPD. Entre autres choses, ce projet de loi prévoit « des indemnités en cas de surréservation, d’attentes déraisonnables sur les pistes, de vols retardés ou annulés, ainsi que l’annonce du coût intégral du billet d’avion dans la publicité des transporteurs aériens ». Pour l’heure, seule une « stratégie » peu contraignante et intitulée Droits des voyageurs aériens Canada, adoptée en 2008, décrit les droits et recours des passagers canadiens. Dans ce cas, ceux qui s’estiment floués par leur transporteur peuvent porter plainte à l’Office des transports du Canada, dans les limites de sa juridiction.

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Fondant au chocolat

Proposée par François Longpré et Sylvain Côté, Les Touilleurs, Montréal 200 g de chocolat noir – 200 g de beurre – 250 g de sucre – 5 œufs – 1 c. à soupe de farine 1. Chauffer le four à 180 °C (360 °F). 2. Faire fondre au bain-marie le chocolat et le beurre. Ajouter le sucre et laisser refroidir un peu. Incorporer un à un les œufs en brassant avec une cuillère en bois. Ajouter la farine et lisser le mélange. 3. Beurrer et fariner un moule rond de 8 pouces (20 cm). Verser le mélange dans le moule et cuire environ 22 minutes. Le gâteau doit être légèrement tremblotant au centre. 4. Sortir du four et démouler rapidement. Servir avec un coulis de fruits.

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Confiture de canneberges

Proposée par François Longpré et Sylvain Côté, Les Touilleurs, Montréal 1,4 kg (8 tasses) de canneberges – 250 ml (1 tasse) de raisins secs – 2 oranges (jus et zeste râpé) – 2 c. à thé de zeste de citron râpé – 2 citrons (jus et zeste râpé) – 1,2 kg (6 tasses) de sucre 1. Mélanger tous les ingrédients et les cuire jusqu’à ce que la confiture soit très épaisse (environ 20 à 25 minutes). 2. Verser la confiture dans des pots stérilisés et sceller aussitôt ceux-ci. Note : cette confiture accompagne très bien le gibier ou la volaille.

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Cake aux olives

Proposée par François Longpré et Sylvain Côté, Les Touilleurs, Montréal 250 g de farine – 4 œufs – 250 g de lard fumé – 200 ml d’huile d’olive – 150 g d’olives vertes dénoyautées – 100 ml de vin blanc – 100 g de pistaches – 2 c. à thé de poudre à pâte – 150 g de gruyère râpé – sel, poivre 1. Faire rissoler les lardons et les éponger. 2. À la farine, incorporer la poudre à pâte, les œufs entiers, l’huile puis le vin blanc. 3. Ajouter les lardons, les olives, les pistaches et le fromage. 4. Verser dans un moule à pain beurré. Cuire au four à 350 °F (175 °C) pendant environ une heure. Note : servir à l’apéro

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iLingual, la traduction simultanée version iPhone

Lors de votre prochain séjour à Francfort ou à Dubaï, vous risquez de ne pas passer inaperçu, si vous vous procurez l’étonnante application iLingual. Après avoir pris une photo de votre bouche avec votre iPhone, iLingual la reproduit à l’écran et anime l’image de vos lèvres tout en traduisant, dans la langue du pays visité, les « Comment allez-vous? », « Où sont les toilettes? » et autres phrases d’usage courant en voyage. Il ne vous reste plus qu’à placer votre iPhone sous votre nez, l’écran face à l’interlocuteur, pour créer l’illusion que vous prononcez bel et bien les mots qui sortent du haut-parleur de votre téléphone. Conçu à la demande du transporteur Emirates par la firme britannique Lean Mean Fighting Machine, iLingual est disponible gratuitement en trois langues (français, allemand et arabe). Gageons que dans un avenir rapproché, on n’aura qu’à parler dans son iPhone pour obtenir une traduction simultanée en japonais, en ourdou ou en serbo-croate, mouvement des lèvres compris.

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Il pleut des ours polaires

La semaine dernière, je traitais de l’à-propos de voyager carboneutre, en cette époque où les États hésitent à prendre les mesures qui s’imposent pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) sur leur territoire. Entre autres choses, je rappelais que l’industrie aérienne est responsable, au bas mot, de 3 % de la production mondiale de CO2, l’un des principaux GES. Plane Stupid, un groupe d’activistes britanniques, a voulu souligner à sa manière qu’en moyenne, un vol intérieur européen émet 400 kg de GES par passager. Or, 400 kg est le poids moyen d’un ours polaire adulte, l’une des premières victimes des changements climatiques. D’où cette vidéo pour le moins percutante. Pendant ce temps, Qatar Airways expérimente un mélange de kérosène et de gaz naturel (moins polluant) sur certains de ses appareils, tandis que KLM vient de réaliser le premier vol commercial au monde avec un biocarburant, qui produirait jusqu’à 80 % moins de CO2. Par le passé, d’autres tranporteurs ont déjà effectué des vols avec biocarburant, mais sans passagers. Enfin, le transporteur réunionnais Air Austral vient de commander les deux premiers Airbus A380 entièrement configurés en classe économique. En tout, 840 passagers pourront prendre place à bord de l’un de ces gigantesques appareils. Une façon comme une autre de réduire la consommation de GES per capita… Vidéo trouvée via Patrick Dion

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L’univers gourmand de… François Longpré et Sylvain Côté

François Longpré et Sylvain Côté ont ouvert Les Touilleurs il y a sept ans. Les Touilleurs, c’est cette belle boutique d’instruments de cuisine du Mile End, à Montréal, que je vous présente dans le numéro de L’actualité actuellement en kiosque. Si belle, leur boutique, qu’elle a été choisie, au dernier International Home & Housewares Show de Chicago, comme l’une des cinq plus belles boutiques du genre parmi la bonne vingtaine de pays qui présentaient des concurrents pour ce prestigieux Global Innovator Award. Les autres gagnants venaient de Pologne, du Royaume-Uni, de Nouvelle-Zélande et d’Australie. J’ai demandé à François et Sylvain trois conseils ou suggestions et trois recettes pour ceux et celles qui ont l’âme de touilleurs ou de touilleuses. Voici ce qu’ils ont choisi. Premier truc : comment nettoyer un mortier de pierre dans lequel on a broyé au pilon des épices ou du basilic ? On y met un peu de riz cru, qu’on broie à son tour dans le mortier. On répète l’opération si nécessaire, et ce jusqu’à ce que le riz reste blanc après avoir été broyé. « Infaillible », affirme François Longpré. Une suggestion maintenant : équiper sa cuisine d’une râpe Microplane, qui se vend une vingtaine de dollars. Cet instrument ressemble à un couteau dont la lame serait une petite râpe plate faite non pas en métal plié, comme la plupart des râpes, mais d’un assemblage de véritables petites lames montées sur un cadre de métal. « Ce n’est pas un bidule de plus dans une cuisine, dit François, c’est un outil multi-usages dont je ne me passerais plus. » Pour ce connaisseur en outils de cuisine, cette râpe est idéale pour prélever le zeste des agrumes, râper le gingembre ou une noix de muscade. Il l’utilise aussi pour saupoudrer un dessert comme le tiramisu d’une fine neige de chocolat, en passant un bloc de chocolat sur la râpe en question. Et pour le parmesan, dit-il, « c’est super » : le fromage n’est pas déchiré, mais finement râpé. Un conseil, enfin, pour réussir un pavé de poisson cuit sur sa peau à l’unilatérale. Quand on pose le pavé côté peau dans une poêle chaude, la peau se recroqueville sous l’effet de la chaleur qui la saisit, ce qui n’est pas très joli. Pour éviter ce désagrément, il suffit de mettre un filet d’une huile au goût neutre (canola, pépins de raisin) dans une poêle froide et d’y déposer le poisson, côté peau toujours. Puis de mettre le tout sur la source de chaleur. De la sorte, la peau du poisson reste de la même dimension que la chair. Sylvain Côté et François Longpré proposeront ici, dans quelques jours, trois recettes maison pour le temps des Fêtes : . le cake aux olives, à servir à l’apéritif ; . la confiture de canneberges . le fondant au chocolat.

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Bruno Blanchet, le voyageur vivant

Il m’énerve, Bruno Blanchet. Je veux dire, sa façon de voyager m’énerve. Personnellement, quand je pars en voyage pour un reportage, je file à toute vitesse pour vivre le maximum d’expériences en un minimum de temps; lui, il fait exactement l’inverse : il prend tout son temps. Il vagabonde, baguenaude, fait des rencontres impromptues, se fait inviter à dormir dans une case, suit un chemin qu’il n’avait pas prévu suivre ou s’assied à table avec une famille qu’il ne connaissait pas cinq minutes plus tôt. Et ça donne des récits qui ne ressemblent pas aux autres, parce que le temps est au voyage ce que l’eau est au moulin. Bruno Blanchet vient tout juste de publier son deuxième recueil de récits, La frousse autour du monde – Tome 2, où il reprend ses célèbres chroniques publiées dans La Presse (celles de 2005-2006, en l’espèce). Mais par les temps qui courent, le célèbre globe-trotter a… un peu moins de temps. Depuis quelques mois, « Indiana Brun » ne voyage plus toujours seul, et il doit souvent s’astreindre à un horaire. Désormais, quand il débarque dans un village de Turquie ou une ferme du Viêt-Nam, il est accompagné d’une équipe de tournage. Car en janvier prochain, il sera l’animateur de Partir Autrement, une série documentaire diffusée, comme l’an dernier, à TV5. Pour alimenter cette série, Bruno Blanchet doit maintenant partir à la rencontre de ceux qui pratiquent un tourisme honnête, équitable et droit, partout dans le monde. Chaque épisode dévoile ainsi de nouveaux exemples de tourisme responsable et durable, qui profite aux communautés sans jamais laisser d’empreinte néfaste, que ce soit au Maroc, en Guyane ou au Laos. Dans cette série, ne vous attendez surtout pas à voir apparaître Tite Dent, Le petit monsieur pas d’cou ou Anne-Marie. Située à des années-lumière de 3600 secondes d’extase ou de N’ajustez pas votre sécheuse, Partir Autrement nous montre le Bruno Blanchet songé, songeur, sensé et sensible. « J’avais envie de faire quelque chose qui serve aux autres », dit-il. Car derrière tous les personnages loufoques qu’il a jadis campés se cache un être profondément humain, animé, attachant et perpétuellement bouleversé par ce qu’il découvre. Lors du visionnement de presse du premier épisode de la série, qui portait sur le Sénégal, le conteur de grand chemin avait des trémolos dans la voix et des poils dressés sur les bras, en se remémorant ses périples sur le continent africain. « Dans les médias, on ne parle que de l’Afrique misérabiliste, où tout va mal et où sévit la guerre; mais en Afrique, les gens sont tellement vivants! ». Lui-même ne dit-il pas toujours que « Voyager, c’est être en vie tout le temps »? En attendant qu’il nous parle d’un éco-village de tentes sur le Mékong ou des jardins d’arbres des Chaggas de Tanzanie, Bruno Blanchet rencontrera ses lecteurs, au Salon du livre de Montréal, avant de partir bientôt pour la Guadeloupe. Allez donc lui rendre visite; vous verrez, il sait très bien vivre avec son temps…

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Le péché mignon de… la comédienne Danielle Proulx

Le caramel à la fleur de sel. Elle en parle comme on parle d’un coup de foudre : « Tout à coup, ça m’est arrivé. » Elle n’avait jamais eu la dent sucrée, comme on dit. « Depuis plusieurs années, je ne prenais même plus de desserts, pas de gâteau, pas de pâtisseries. Puis je me suis mise à redécouvrir le sucre, le chocolat, la crème caramel. » Sauf qu’elle gardait la dent salée. « Le caramel à la fleur de sel a été une grande découverte dans ma vie : dans le sucre, le goût du sel reste jusque en arrière bouche. » Pour celle qu’on a vue cet automne dans la série Aveux, à la télé de Radio-Canada, ce péché mignon est celui « d’une enfant ». Mais elle essaye quand même de ne pas trop y succomber : « Je le déguste à petites bouchées. »

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Un garde-manger nommé nature

Manuel Kak’wa Kurtness est venu à sa vraie passion sur le tard. Après l’enseignement, la radio communautaire et la politique, il est retourné à l’école à 36 ans pour apprendre le métier de cuisinier. « Je voulais une bonne formation, d’autant plus que c’est difficile de percer, dans quelque domaine que ce soit, quand on est autochtone », dit l’Innu de Mashteuiatsh, village au bord du lac Saint-Jean, près de Roberval. Quatre ans plus tard, Manuel Kak’wa sait qu’il a gagné son pari. En plus de « montrer à travailler en cuisine » aux élèves de l’école secondaire de sa localité, ce chef consultant très occupé a animé une série sur la cuisine autochtone à la chaîne APTN, l’Aboriginal Peoples Television Network. Et il publie ces jours-ci, au Boréal, PachaMama : Cui-sine des Premières Nations. L’ouvrage est plus qu’un livre de cuisine. C’est aussi une présentation de 12 communautés autochtones et de leurs traditions alimentaires. « Mais pas un recueil de recettes anciennes. Je revisite les cuisines tradition-nelles à la manière d’aujour-d’hui. Pour remettre en valeur les plantes, les algues, les poissons, les petits fruits, les viandes de notre garde-manger ancestral, la nature. » Le résultat est heureux. Notre petite équipe l’a constaté en pleine forêt, un samedi d’automne splendide, le long de l’impétueuse rivière Ashuapmushuan. Au menu : outarde confite, langue et pain d’orignal — le chef en avait tué un non loin de cette rivière dont le nom signifie, justement, « là où je guette l’orignal ». Savoureux. À la fois traditionnel, par les ingrédients de base, et mis au goût du jour : la langue était servie avec une sauce échalote et vin blanc. Le soir, dans le camp familial où il nous reçoit, Manuel raconte ses rêves. Une école de formation en cuisine autochtone, à Roberval. Et, attenant à l’école, un restaurant. Il nous parle aussi d’une autre passion, la peinture. En même temps qu’il se lançait en cuisine, il prenait les pinceaux et connaissait rapidement un certain succès. Mais l’appel des saveurs a été plus fort que celui des couleurs. « De toute façon, la peinture, j’en fais encore. En dressant mes assiettes. » VOICI LE PHOTOREPORTAGE « CUISINER AVEC MANUEL AU BORD DE L’ASHUAPMUSHUAN » >> Écoutez l’entrevue avec le chef Manuel Kak’wa Kurtness à l’émission de Christiane Charette >>