Art de vivre

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Ère de turbulences

Des places debout en avion ? Voilà une possibilité que le transporteur Ryanair étudiait l’été dernier. Déjà connue pour avoir flirté avec l’idée d’imposer une taxe sur l’obésité à ses clients corpulents et raillée pour avoir envisagé d’installer des toilettes payantes à bord, la compagnie irlandaise – premier transporteur au rabais du monde, avec ses 60 millions de passagers – a sondé sa clientèle dans son site Internet. Résultat : 66 % des répondants se sont dits prêts à voyager à la verticale pour économiser sur le prix du billet. On n’arrête pas le progrès… « En fait, le président de la compagnie, Michael O’Leary, reprenait une idée lancée par un transporteur chinois en début d’année, explique Paul Arseneault, directeur du Réseau de veille en tourisme de l’UQAM. Et selon moi, il ne s’agit que d’un coup de marketing pour qu’on parle de Ryanair ! » N’empêche que nous en sommes là : après les repas, les écouteurs, les couvertures et les oreillers, qu’il faut désormais payer à bord de nombreux vols, après le retrait des gilets de sauvetage de certains appareils d’Air Canada Jazz pour en alléger le poids, l’avion tend de plus en plus à ne deve­nir qu’un simple autobus avec des ailes. « Les compagnies aériennes ont toujours été déficitaires et elles ont toujours tout fait pour réduire leurs dépenses, dit Paul Arseneault. Mais de nos jours, elles doivent composer avec Internet, qui permet aux voyageurs de chercher eux-mêmes les prix les plus bas et d’avoir accès, en temps réel, aux meilleures aubaines. » Les transporteurs sont également soumis aux cycles économiques et à la récurrence des psychoses du voyage (guerre du Golfe, attentats du 11 septembre, récessions, flambées pétrolières, SRAS, grippe A [H1N1] et autres zoonoses…). Et chaque fois, ils doivent reconquérir leur clientèle en lui offrant des rabais alléchants, tout en redoublant d’imagination pour mainte­nir au plus bas leurs frais d’exploitation. Heureusement, ils peuvent compter sur la démocratisation des voyages, qui s’est amorcée depuis longtemps avec l’avènement des vols nolisés et s’est poursuivie avec l’ouverture grandissante des voyageurs sur le monde. À l’époque, les déplacements d’affaires se sont également accrus, en raison de la mondialisation des échanges commerciaux. Dans la foulée, les transporteurs au rabais se sont mis à proliférer… avant de devenir les premiers à rogner sur les services et à facturer des frais accessoires. Au final, toutefois, les voyageurs en sortent souvent gagnants. Ils se déplacent à bord d’avions plus rapides que jamais, n’ont plus à trimballer de billet, peuvent réserver leur siège à l’avance, recevoir leur carte d’embarquement sur leur téléphone portable, avoir un accès Wi-Fi en plein vol et même éviter les files d’attente grâce aux contrôles biométriques. Mieux encore : jamais ils n’ont payé si peu cher pour prendre l’avion. Ainsi, un transporteur états-unien offre des vols à 9 dollars (moyennant des frais d’adhésion et certaines taxes), et un autre proposait, en août, une carte d’abonnement mensuel donnant droit à des vols illimités aux États-Unis pour 600 dollars. En même temps, les écarts et les paradoxes n’ont jamais été aussi grands dans l’industrie du transport aérien. Alors que Swiss bradait presque sa classe affaires l’été dernier et qu’on remet en question la pertinence de la classe affaires, British Airways offre désormais des vols entièrement réservés aux voyageurs corporatifs ; tandis que de nombreux transporteurs facturent la bouteille d’eau à bord, Air France sert gratuitement le champagne en classe éco­nomique ; et si easyJet réduit les réserves d’eau pour alléger ses appareils, les nababs qui s’embarquent sur Emirates peuvent prendre une douche en plein ciel. On le voit, cette industrie a la capacité de toujours pouvoir surprendre. Récemment, une compagnie aérienne se consacrant exclusivement au transport d’animaux domestiques a vu le jour – aux États-Unis, évidemment. Et en réponse aux transporteurs qui facturent à leurs clients l’enregistrement ne serait-ce que d’une valise, une entrepreneuse torontoise lancera, l’an prochain, Zero Baggage, un service de location de vêtements : vous les réservez en ligne et ils vous attendent à desti­nation. Non, vraiment, on n’arrête pas le progrès… Photo : mikelo cc2.0

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Le Sénégal est un long fleuve tranquille

Véritable frontière liquide entre le Sénégal et la Mauritanie, le fleuve Sénégal s’étire sur près de 1800 km entre la Guinée, où il prend sa source, et l’océan Atlantique. Premier axe de pénétration des Français en terre africaine, il compte encore aujourd’hui quelques anciens comptoirs coloniaux, mais surtout de nombreux villages et hameaux peuplés de Wolofs et de Toucouleurs, entre autres ethnies qui évoluent sur ses berges. Depuis quelques années, un ancien navire de fret reconverti en bateau de croisières, le Bou el Mogdad, permet de vivre au rythme du fleuve Sénégal, entre Podor et Saint-Louis, ville classée par l’Unesco. Et avec cette remise en service, c’est tout un pan de l’histoire de ce paresseux cours d’eau qui renaît.

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Les 1 001 saveurs qu’il faut avoir goûtées dans sa vie

J’ai aimé le livre Les 1 001 saveurs qu’il faut avoir goûtées dans sa vie (éditions du Trécarré). Cet hymne au génie gourmand de l’humanité vous titille les papilles page après page. Mille et une fiches brèves, claires, attirantes. Sur autant de produits, des plus classiques (asperge, morue, brioche) aux plus exotiques (biltong de zèbre, poulet Hinai-jidori d’Akita, servi cru, style sashimi). Le sirop d’érable et les crosses de fougère sont au palmarès, de 960 pages, des aliments qu’il faut avoir savourés dans sa vie.

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Attirer l’attention à tout prix

Après que soit retombée la poussière du 11 septembre 2001, on s’est fait un point d’honneur de vouloir reconstruire ce qui avait été abjectement détruit, en prenant soin de pointer toujours aussi haut vers le ciel, pour bien faire comprendre à l’agresseur que la peur n’opérait plus. Il faut dire que c’est là une propension naturelle qu’a l’être humain : toujours vouloir élever plus haut des monuments à sa réussite. Depuis la Mile High Tower de l’illustre Frank Lloyd Wright, conçue dans les années 50, jusqu’à la dérisoire Burj Dubai (818 m, 162 étages), qui sera inaugurée en décembre prochain, toute une série de gratte-ciel ont vu – ou verront – le jour. Le but demeure toujours le même : glorifier la puissance de ceux qui peuvent se permettre pareilles réalisations, et surtout attirer l’attention. C’est toujours pour attirer l’attention que, parallèlement au phénomène des tours colossales, de nombreuses villes ont joué la carte de l’icône architecturale en confiant à un starchitecte le mandat de créer une ou des œuvres qui frappent l’imaginaire : c’est ce qu’on appelle l’effet Bilbao ou l’effet Guggenheim. Et ça marche souvent. En juin dernier, alors que j’étais en voyage au Pays basque français, j’ai ainsi fait l’aller-retour en une journée, entre Saint-Jean-de-Luz et Bilbao, capitale du Pays basque espagnol. N’eût-été de la présence, dans cette ville, du désormais célèbre musée Guggenheim signé Frank Gehry et achevé en 1997, je n’aurais sans doute pas pris la peine de me déplacer jusque là. C’est à une semblable notoriété qu’ont eu droit des villes inconnues au bataillon du tourisme, comme Milwaukee ou Cincinnati, en se pourvoyant d’immeubles audacieux qui ont toujours réussi à faire parler d’eux et de la ville où ils étaient situés. À cet égard, deux des plus récents exemples sont situés à Toronto, à savoir le Musée royal de l’Ontario, agrandi par Daniel Libeskin (l’auteur du futur World Trade Center de New York), ainsi que le nouveau Musée des beaux-arts de l’Ontario, signé Frank Gehry. Sans compter tous ces projets en cours… À Montréal, le très réussi Quartier international – qui inclut la place Jean-Paul-Riopelle et la façade multicolore du Palais des Congrès – ont donné une certaine signature à la ville, mais sans plus. Si réussi soit ce Q.I., personne ne fera des milliers de kilomètres uniquement pour venir l’admirer, contrairement aux œuvres de Santiago Calatrava, Rem Koolhas et autres Jean Nouvel disséminées sur la planète. Quant aux immeubles de la Place Ville-Marie et du Westmount Square, ils n’ont rien de spectaculaire, même si leurs concepteurs (respectivement Ieoh Ming Pei et Ludwig Mies van der Rohe) sont notoires. Enfin, si Paul Andreu est bel et bien un starchitecte, ses projets montréalais sont plutôt modestes et sans éclat, si on les compare à l’ensemble de son oeuvre. Maintenant qu’elle a perdu son Grand Prix, qu’elle a boudé le méga-projet du Cirque du Soleil et que la ville de Québec lui fait un peu trop d’ombre, Montréal serait-elle désormais mûre pour une véritable icône architecturale? Et si oui, quel starchitecte lui irait bien?

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Vivre un mois à l’aéroport

Après un blogueur qui choisit délibérément de passer 24 heures à l’aéroport, après cet écrivain en résidence qui séjourne une semaine à Heathrow pour en tirer un livre, voici qu’un autre blogueur, Brendan Ross, passera un mois de sa vie dans les aéroports. Baptisé Terminal Man par le magazine Wired, qui l’a mandaté, ce Texan de 28 ans doit prendre chaque jour un nouveau vol et dormir obligatoirement à l’aéroport, à tous les soirs : interdiction de profiter du confort d’un hôtel, même s’il y en a un à proximité. Parti le 8 septembre et muni d’une passe mensuelle du transporteur états-unien JetBlue, cette sorte de SDF aérien attend les suggestions des internautes qui le suivent pour choisir sa prochaine destination, avec pour mission de répondre à leurs questions, du genre « quels sont les aéroports dotés d’un accès Wi-Fi gratuit » ou « qui est le passager le plus mal habillé? ». Sans doute pourra-t-il aussi dresser, au terme de ses pérégrinations, une liste des aéroports où il fait bon dormir, à l’instar des internautes de Sleepinginairports.net, ou ses aéroports préférés, comme le fait chaque année la firme Skytrax. Si les infrastructures aéroportuaires de la planète demeurent souvent des lieux inhospitaliers où personne n’a envie d’être, d’autres s’efforcent de rendre agréable le passage des voyageurs en transit. On y trouve ainsi de plus en plus de services qui permettent de tuer le temps entre deux vols, comme visionner un film, jouer au golf ou faire un peu de vélo dans les environs. Qui sait, peut-être qu’un jour, les aéroports seront des lieux de vie à part entière, que ce soit pour un mois ou… pour plus longtemps ? *** Mise à jour: sur son blogue Dans l’air du temps, Arjun Basu donne son point de vue sur ce « rat de laboratoire » qu’est devenu Terminal Man, tandis que le magazine Slate se penche à son tour sur le phénomène. (Photo : Lee County Port Authority CC3.0)

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L’émergence des non-destinations ?

Ces derniers temps, quelques blogueurs et journalistes se sont mis à exhorter leurs lecteurs à bouder certaines destinations prétendument surfaites, trop fréquentées ou devenues des attrape-touristes, du fait de leur trop grande notoriété. Leurs choix sont parfois justes, parfois pas, comme lorsqu’on déconseille de visiter Angkor et Pétra, la tour penchée de Pise et Copacabana, le mont Rushmore et n’importe quel Chinatown du monde, ou encore le Grand Canyon et les chutes du Niagara. Pour « voir les plus belles chutes au monde », l’auteur de ce dernier billet propose plutôt de mettre le cap sur les chutes Victoria, en Zambie… Encore faut-il avoir les moyens et le temps de se rendre au fin fond de l’Afrique pour admirer des chutes dignes de ce nom. Il est vrai que nous traversons une époque où toute la Terre semble à portée de main et où rien ne paraît impossible, dès lors qu’on peut jouer les touristes en Irak et que l’Afghanistan planche sur son offre touristique. Mais il y a des limites à perdre contact avec la réalité. Car si certains lieux et destinations sont aujourd’hui surexploités, c’est essentiellement parce qu’ils ont quelque chose qui les distingue et qui mérite qu’on s’y attarde. Pour ne pas en revenir frustré, il suffit simplement de fuir la haute saison (rien de plus facile) ou les heures de fort achalandage, comme le soulignent à juste titre Gadling ainsi que la blogueuse Eva Holland. Dans son billet, cette dernière signale – non sans l’égratigner – la récente parution d’un ouvrage intitulé The Road Less Travelled où on suggère 1000 destinations alternatives aux « grands classiques » devenus « inintéressants » pour cause de surexploitation touristique. Même si cet ouvrage a l’avantage de nous faire découvrir des lieux moins notoires – ou carrément inconnus – , il tombe inévitablement dans plusieurs pièges, dont la subjectivité et la relative notoriété d’une destination. Ainsi, comme solution de rechange à Prague-la-trop-fréquentée, on suggère Édimbourg (à mon sens, cette ville n’arrive pas à la cheville de la capitale tchèque) et Carcassonne (une ville extrêmement achalandée et fort connue, mais pas par les Anglos-Saxons : vous avez dit « road less travelled »?). Du reste, au lieu de perdre son temps au Colisée de Rome, « un carrefour giratoire toujours congestionné » et « où on n’organise pas de concerts », le même ouvrage suggère l’amphithéâtre de Pula, en Croatie. Bonne idée, mais l’un n’empêche pas l’autre; personnellement, je garde un très bon souvenir du Colisée de Rome, même si, quand je l’ai visité, il était bondé. Et c’est bien tant mieux : après tout, n’est-ce pas ainsi qu’il se présentait sous son meilleur jour, à l’époque des empereurs ?

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Suivez le guide

Partir, oui. Mais où, et surtout comment? Chaque année, le foisonnement de sites Web consacrés aux voyages ne cesse de croître, et il est devenu plus qu’ardu de s’y retrouver : 112 000 000 entrées sous le terme « voyage » et 918 000 000 sous « travel », dans Google… Fort heureusement, le nombre de guides de voyage en format papier demeure, lui, beaucoup moins élevé. Reste à savoir lequel choisir : tout dépend de la destination, du type de périple, des intérêts personnels. Pour ma part, j’essaie toujours d’emporter au moins deux ou trois guides à chaque voyage, pour comparer les points de vue et les contenus, et pour ne rien manquer d’essentiel à mes yeux. Time Out Si je compte séjourner dans une ville, je privilégie toujours ces guides extrêmement fouillés et actuels. Ils sont rédigés par des journalistes allumés et connectés sur la réalité contemporaine de la ville où ils évoluent. Voir Avec leurs centaines de photos , les guides Voir nous font faire un tour d’horizon des endroits photogéniques à ne pas manquer, en un lieu donné. Mais ils pèchent par leur contenu, alors il faut les compléter par un titre plus étoffé. Lonely Planet Toujours une valeur sûre, les titres du « plus important éditeur indépendant de guides de voyage » sont très bien documentés, robustement reliés et portés sur le voyage budget. Ils sont rédigés dans un style parfois coloré, mais plus souvent dépouillé. Rough Guides Plus gaillards et toniques que les précédents, les Rough Guides disposent de textes richement documentés et bien rédigés, mais les points d’intérêt sont abordés dans des paragraphes généralistes, sans sections identifiables, ce qui peut devenir agaçant lorsqu’on cherche une information. L’histoire, la culture et certaines thématiques sont traitées dans des chapitres distincts. Le Guide du Routard Parfois jugés trop franchouillards, voire emphatiques, ces guides sont cependant stimulants, divertissants et teintés d’humour, en plus d’être à jour et de couvrir les petits budgets. Bien sûr, choisir le Routard, c’est choisir de voyager avec des Français, ce que d’aucuns recherchent, mais d’autres pas ! Let’s Go Pour voyager à moindre coût, les guides Let’s Go demeurent les as en la matière : le prix du moindre billet de métro y est détaillé. Idéal pour planifier un séjour en mode fauché extrême. Michelin et Guides Bleus Hachette Pour les maniaques d’histoire et de détails architecturaux qui savent déjà où ils iront dormir, manger et faire leurs emplettes. Autrement S’ils ne sont pas des guides de voyage stricto sensu, les excellents ouvrages de la collection Monde, publiés chez Autrement, permettent d’aller bien au-delà des clichés et des idées reçues en mettant en scène « les peuples, pays, régions et villes pour exprimer la singularité de leurs modes de vie […] ». Hors des sentiers battus Pour aller là où personne ne va (Érythrée, Albanie, Palestine…) et pour minimiser son empreinte écologique ou contribuer à améliorer le sort des communautés visitées, les guides Bradt devraient être préférés, quoique les guides Trailblazer remplissent plutôt bien cette mission, eux aussi. Au Québec C’est surtout pour le Québec et certaines destinations canadiennes que les guides Ulysse – dont on peut télécharger certains chapitres – sont à considérer, tout comme ceux que publie Vélo Québec Éditions, dans le milieu du plein air. En mode express Les voyageurs pressés qui veulent aller droit au but apprécieront les guides Cartoville Gallimard, avec leurs nombreux plans dépliables, ou les Rough Guides Directions, qui comprennent un mini-CD téléchargeable. S’ils ne jurent que par ce qui est branché, ils iront plutôt du côté des guides Wallpaper. Avant et après Pour se donner le goût de partir puis se rappeler de bons souvenirs, les guides National Geographic et ceux de la Bibliothèque du Voyageur Gallimard sont visuellement magnifiques, mais ils sont peu pratiques, tandis que les guides des Encyclopédies du Voyage Gallimard sont tous d’exceptionnels petits chefs-d’œuvre de beauté graphique. Pour se faire une meilleure idée de tous ces guides, jetez un coup d’œil dans les sites Web des maisons d’édition qui les publient, en consultant la blogoliste qui figure sur ce blogue. En plus d’être de bons points de départ pour repérer une destination, ces sites sont de plus en plus complets, avec leurs clips vidéo, leurs podcasts, leurs chapitres à télécharger…

Un sommelier trois étoiles Art de vivre

Un sommelier trois étoiles

Marco Pelletier est comme un poisson dans l’eau. Ou plutôt comme Diogène dans son tonneau. Depuis décembre 2008, ce jeune Québécois est chef sommelier du restaurant de l’hôtel Le Bristol, à Paris.

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Une envie de Charlevoix

Il fait beau et il va faire beau toute la fin de semaine, toute la longue fin de semaine. Les terrasses de Montréal sont pleines de guêpes. Ça me donne envie de sortir de la ville. Avec, pour guide, un joli petit livre gourmand que je viens de recevoir : Le Goût de Charlevoix (Nimbus Publishing). Ce livre, d’une petite centaine de pages, est une invitation au voyage : les photos de Georges Fisher et Pascal Arseneau sont tout simplement superbes, tout à fait à la hauteur des paysages où elles nous emmènent. Mais il est également une invitation à la gourmandise, puisqu’il s’agit aussi d’un livre de recettes. Des recettes, cela va de soi, qui mettent en valeur les produits de Charlevoix, l’agneau, le veau, le canard, des fromages comme la Tomme d’Elles, le Migneron ou le Ciel de Charlevoix, la gourgane et j’en passe. Charlevoix est un pays de caps et de paix. C’est aussi un pays de bons goûts.

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Bouchées de ratatouille berbère gratinées

Proposée par Ninon Thibault et Mourad Ghariani, Boulangerie Magrébia, Montréal 4 pains berbères aux graines de nigelle – 2 c. à soupe d’huile d’olive – 1 petit oignon épluché et émincé – 1 poivron vert émincé (ou 1 piment fort, pour les amateurs de sport extrême !) – 2 ou 3 gousses d’ail épluchées, écrasées et hachées – 2 tomates hachées en petits dés – 1 c. à soupe de pâte de tomate – paprika – carvi moulu – coriandre séchée, en poudre – sel et poivre au goût – 250 ml (1 tasse) de gruyère râpé (ou autre fromage de votre choix). 1. Séparer les pains en deux comme pour faire des sandwichs, les badigeonner d’huile d’olive, les couper en petites pointes de style pizza et les griller. 2. Chauffer l’huile dans une poêle à feu moyen et y faire sauter l’oignon. Ajouter le poivron et l’ail et cuire encore cinq minutes. Ajouter les épices (1 bonne pincée de chaque) et la pâte de tomate, tout en remuant de temps à autre. Arroser d’une demi-tasse d’eau (ou plus au besoin), incorporer les tomates en dés et laisser mijoter 10 minutes. 3. Déposer la ratatouille sur les pointes de pain berbère grillées et parsemer de fromage. Faire griller quelques minutes au four. Avant de servir, coiffer chaque bouchée d’une feuille de persil, pour la couleur et le goût. 4. Servir pour accompagner l’apéro, ou comme entrée pour 4 personnes.

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Sandwichs au thon à la berbère

Proposée par Ninon Thibault et Mourad Ghariani, Boulangerie Magrébia, Montréal 2 pains berbères aux graines de fenouil – 1 boîte de thon en conserve, égoutté – 1 c. à café de pâte de tomate – harissa (pâte de piment nord africaine) ou toute autre sauce piquante, au goût – 1 c. à café de câpres, égouttées – 1 c. à café de citron confit en tout petits morceaux – 1 c. à soupe d’olives noires ou vertes dénoyautées et tranchées – 2 c. à soupe de bonne huile d’olive – laitue, tomates. 1. Dans un bol, mélanger d’abord la pâte de tomate, la sauce piquante et l’huile. Ajoutez ensuite les câpres, le citron confit, les olives et bien mélanger. Enfin, ajouter le thon en s’assurant de bien l’émietter pour avoir un mélange homogène. 2. Réchauffer les pains berbères entiers au grille-pain, au four ou sur le BBQ, puis les trancher en deux. 3. Garnir avec la préparation au thon, ajouter la laitue et les tomates. 4. Prendre une bouchée en fermant les yeux… et voyager !