Articles par Chantal Hébert

Chantal Hébert

Les gouvernements ne sont pas comme le bon vin. Plus le temps passe, plus leur règne a tendance à tourner au vinaigre.

Ces dernières années, les défroqués du journalisme sont devenus légion en politique, et la nouvelle de ce qu’un ou une journaliste endosse l’uniforme d’un parti ne surprend plus personne.

Il fut un temps où l’arrivée d’une nouvelle ministre fédérale de l’Environnement, issue du Grand Nord canadien et d’origine inuite de surcroît, aurait été le fait saillant d’un remaniement de mi-mandat.

Sur fond de ballet diplomatique sur la question de la Syrie dans les grandes capitales, l’été politique canadien a été dominé par l’aveu du chef du troisième parti à Ottawa qu’il avait consommé de la marijuana au cours de sa vie de député.

Sur fond de débat identitaire, le Québec fait couler de l’encre d’un bout à l’autre du Canada.

J’ai grandi dans une banlieue émergente du nord de Toronto à l’époque où l’apparition d’une piscine dans la cour d’un voisin était encore un événement qui changeait l’été de tout un quartier.

À Ottawa, la saga des dépenses des sénateurs Mike Duffy et Pamela Wallin, tous deux ex-vedettes de la presse parlementaire canadienne, entache la réputation du journalisme politique.

Si Denis Coderre devient maire de Montréal l’automne prochain, personne n’aura à s’inquiéter de ce que le copinage et la collusion refassent leur nid à l’Hôtel de Ville sans qu’il en ait connaissance.

Huit mois après son arrivée au pouvoir, le Parti québécois est aussi impopulaire que le gouvernement libéral mal-aimé qu’il a remplacé. Selon les sondages sur les intentions de vote, le gouvernement de Pauline Marois a perdu des plumes à gauche comme à droite, au profit aussi bien de rivaux souverainistes, tel Québec solidaire, que du Parti libéral du Québec, son principal adversaire fédéraliste.

Le bâillon étrangleur

26 avril 2013

Si le premier ministre Stephen Harper s’est organisé pour que la plus récente motion liée à l’avortement à émaner de l’aile religieuse de son caucus soit jugée non recevable, c’est parce qu’il était loin d’être certain qu’elle allait être défaite ou qu’elle allait l’être sans causer d’embarras à tous les partis aux Communes.

À la même date l’an dernier, Jean Charest et Bob Rae avaient des raisons d’imaginer un printemps différent de la saison qu’ils vivent actuellement.

Jamais campagne à la direction d’un tiers parti au Canada n’aura fait couler autant d’encre que celle qui mènera, en avril, au choix du prochain chef du Parti libéral fédéral. Au cours des six derniers mois, la course libérale a bénéficié d’une couverture médiatique digne de celle du remplacement d’un premier ministre en exercice.

En politique, la ligne de démarcation entre un chef à l’allure invincible et un leader mal-aimé est vite franchie — surtout lorsque celui-ci est dans l’opposition. Un an après son arrivée à la tête du Nouveau Parti démocratique du Canada, Thomas Mulcair frôle dangereusement cette frontière.

Curieusement, on parle davantage de référendum et de souveraineté à la Chambre des communes qu’à l’Assemblée nationale cet hiver.

L’arrivée de Kathleen Wynne — une grand-mère ouvertement lesbienne — à la tête de l’Ontario reflète un profond changement de culture politique.

L’année 2012 n’a pas été tendre pour la gouvernance au Canada. Montréal et Laval ont perdu leurs maires. À Toronto, Rob Ford est en sursis jusqu’à ce que les tribunaux se prononcent en appel sur un jugement qui lui ordonne de quitter la mairie pour cause d’infraction au code sur les conflits d’intérêts.

La démocratie malade

6 décembre 2012

Le printemps érable qu’a vécu le Québec a été l’événement phare de l’année politique 2012 au Canada, et pas seulement parce qu’il a précipité un changement de garde à l’Assemblée nationale.

Depuis la rentrée de la fête du Travail, les portes tournantes de la politique n’ont pas cessé de pivoter. L’un après l’autre, le premier ministre du Québec, Jean Charest, son homologue ontarien, Dalton McGuinty, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay, se sont engouffrés dans la sortie.

Du temps où il était chef du Parti réformiste, Preston Manning soutenait que, dans le Canada de demain, la connaissance du mandarin serait infiniment plus utile que celle du français. Selon lui, la légitimité du français comme langue officielle allait devenir indéfendable dans un avenir plus ou moins rapproché.

S’ils en avaient l’occasion cet automne, les Canadiens qui voteraient pour Barack Obama seraient deux fois plus nombreux que ceux qui appuieraient Stephen Harper. Malgré un bilan de mandat discutable, la cote de popularité du président des États-Unis auprès de l’électorat canadien se maintient.

Si le gouvernement minoritaire de Pauline Marois ne réussit pas à accorder ses violons budgétaires avec ceux de la CAQ ou du PLQ à la rentrée parlementaire, ce n’est pas en campagne électorale que le PQ risque de se retrouver, mais sur les bancs de l’opposition, qu’il vient de quitter.

Les grandes manœuvres

28 septembre 2012

Pour les principales formations politiques qui se partagent une Assemblée nationale reconfigurée, l’élection d’un gouvernement minoritaire est le début d’une plus ou moins longue audition en vue d’un autre scrutin, dit Chantal Hébert.

Jean Charest : increvable ?

13 septembre 2012

Jean Charest est le lapin Duracell de la politique canadienne. On l’a vu le soir du scrutin du 4 septembre. Même après qu’il eut perdu deux gros morceaux — son siège et son poste de premier ministre —, ses piles ne semblaient toujours pas à plat.

Il faut amener les jeunes et leurs idées à l’Assemblée nationale », proclamait Léo Bureau-Blouin à L’actualité pour expliquer sa décision de porter les couleurs du Parti québécois en vue du scrutin du 4 septembre.