Articles par Chantal Hébert

Chantal Hébert

Le gouvernement Harper renonce finalement à mettre en vigueur son programme controversé de Subvention à l’emploi au Québec. On est ici devant un copier-coller conservateur du cadre de l’entente négociée il y 10 ans par Paul Martin sur le financement de la santé.

Pour mesurer l’effet Harper après huit années de pouvoir, on peut tenter de départager le vrai du faux et de l’exagéré dans les rapports d’étape, forcément contradictoires, du gouvernement et des partis d’opposition.

Le personnage politique fédéral le plus marquant de 2013 est un non-élu issu des coulisses du pouvoir dont on n’a pas fini d’entendre parler en 2014.

Boule de cristal 2014

6 décembre 2013

Le retour à un gouvernement majoritaire à Québec est-il dans les cartes de 2014 ? Jusqu’à preuve du contraire, l’espérance de vie du gouvernement de Pauline Marois se compte en mois, sa survie au-delà du budget du printemps n’étant pas acquise.

Dans le débat qu’il pilote au sujet de sa charte des valeurs et de la laïcité, le gouvernement de Pauline Marois postule que les impressions valent plus cher que les faits.

Les gouvernements ne sont pas comme le bon vin. Plus le temps passe, plus leur règne a tendance à tourner au vinaigre.

Ces dernières années, les défroqués du journalisme sont devenus légion en politique, et la nouvelle de ce qu’un ou une journaliste endosse l’uniforme d’un parti ne surprend plus personne.

Il fut un temps où l’arrivée d’une nouvelle ministre fédérale de l’Environnement, issue du Grand Nord canadien et d’origine inuite de surcroît, aurait été le fait saillant d’un remaniement de mi-mandat.

Sur fond de ballet diplomatique sur la question de la Syrie dans les grandes capitales, l’été politique canadien a été dominé par l’aveu du chef du troisième parti à Ottawa qu’il avait consommé de la marijuana au cours de sa vie de député.

Sur fond de débat identitaire, le Québec fait couler de l’encre d’un bout à l’autre du Canada.

J’ai grandi dans une banlieue émergente du nord de Toronto à l’époque où l’apparition d’une piscine dans la cour d’un voisin était encore un événement qui changeait l’été de tout un quartier.

À Ottawa, la saga des dépenses des sénateurs Mike Duffy et Pamela Wallin, tous deux ex-vedettes de la presse parlementaire canadienne, entache la réputation du journalisme politique.

Si Denis Coderre devient maire de Montréal l’automne prochain, personne n’aura à s’inquiéter de ce que le copinage et la collusion refassent leur nid à l’Hôtel de Ville sans qu’il en ait connaissance.

Huit mois après son arrivée au pouvoir, le Parti québécois est aussi impopulaire que le gouvernement libéral mal-aimé qu’il a remplacé. Selon les sondages sur les intentions de vote, le gouvernement de Pauline Marois a perdu des plumes à gauche comme à droite, au profit aussi bien de rivaux souverainistes, tel Québec solidaire, que du Parti libéral du Québec, son principal adversaire fédéraliste.

Le bâillon étrangleur

26 avril 2013

Si le premier ministre Stephen Harper s’est organisé pour que la plus récente motion liée à l’avortement à émaner de l’aile religieuse de son caucus soit jugée non recevable, c’est parce qu’il était loin d’être certain qu’elle allait être défaite ou qu’elle allait l’être sans causer d’embarras à tous les partis aux Communes.

À la même date l’an dernier, Jean Charest et Bob Rae avaient des raisons d’imaginer un printemps différent de la saison qu’ils vivent actuellement.

Jamais campagne à la direction d’un tiers parti au Canada n’aura fait couler autant d’encre que celle qui mènera, en avril, au choix du prochain chef du Parti libéral fédéral. Au cours des six derniers mois, la course libérale a bénéficié d’une couverture médiatique digne de celle du remplacement d’un premier ministre en exercice.

En politique, la ligne de démarcation entre un chef à l’allure invincible et un leader mal-aimé est vite franchie — surtout lorsque celui-ci est dans l’opposition. Un an après son arrivée à la tête du Nouveau Parti démocratique du Canada, Thomas Mulcair frôle dangereusement cette frontière.

Curieusement, on parle davantage de référendum et de souveraineté à la Chambre des communes qu’à l’Assemblée nationale cet hiver.

L’arrivée de Kathleen Wynne — une grand-mère ouvertement lesbienne — à la tête de l’Ontario reflète un profond changement de culture politique.

L’année 2012 n’a pas été tendre pour la gouvernance au Canada. Montréal et Laval ont perdu leurs maires. À Toronto, Rob Ford est en sursis jusqu’à ce que les tribunaux se prononcent en appel sur un jugement qui lui ordonne de quitter la mairie pour cause d’infraction au code sur les conflits d’intérêts.

La démocratie malade

6 décembre 2012

Le printemps érable qu’a vécu le Québec a été l’événement phare de l’année politique 2012 au Canada, et pas seulement parce qu’il a précipité un changement de garde à l’Assemblée nationale.

Depuis la rentrée de la fête du Travail, les portes tournantes de la politique n’ont pas cessé de pivoter. L’un après l’autre, le premier ministre du Québec, Jean Charest, son homologue ontarien, Dalton McGuinty, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay, se sont engouffrés dans la sortie.

Du temps où il était chef du Parti réformiste, Preston Manning soutenait que, dans le Canada de demain, la connaissance du mandarin serait infiniment plus utile que celle du français. Selon lui, la légitimité du français comme langue officielle allait devenir indéfendable dans un avenir plus ou moins rapproché.