Culture

Haïti revisitée

Dany Laferrière n’était retourné qu’une fois à Port-au-Prince, pour les funérailles de sa grand-mère. L’été dernier, après 20 ans d’exil, il a décidé d’y amener ses trois filles.

En arrivant, la cadette a pensé qu’il fallait être des suppôts de Satan pour laisser les chiens mourir de faim ainsi. Dany, lui, a trouvé que malgré sa pauvreté Haïti ressemblait à l’au-delà, tel qu’il l’imagine. De son séjour, il a tiré Pays sans chapeau (Lanctôt éditeur), qu’il dédie à sa mère: «Elle n’a jamais voulu quitter Haïti, même pas une minute. Quand elle parle du Québec, elle dit « là-bas », comme une mère qui parle de sa bru.»

D’un auteur anonyme

La sortie de Primary Colors (Random House) a fait tout un tabac à Washington. Un romancier anonyme y raconte l’ascension fulgurante d’un gouverneur démocrate sans scrupules. Le gratin politique, qui a tout de suite reconnu le président Bill Clinton, se demande qui parmi les proches du président a empoché les droits d’auteur (sur 100 millions d’exemplaires). En français, en septembre, aux Presses de la Cité.

Le roman d’une ex-sénatrice

«À 77 ans, il faut être un peu folle pour oser se plonger dans un roman», dit Solange Chaput Rolland, qui avoue que la vie de retraitée l’ennuie. Dans Les Élus et les déçus (Libre Expression), ses personnages siègent à la Chambre des communes, à Ottawa, où l’ex-sénatrice a vécu six ans. «Vous savez, on peut être élu et quand même déçu», dit-elle, en jurant qu’elle n’a pas commis d’indiscrétions.

«Si vous reconnaissez quelqu’un, c’est le fruit de votre imagination.»

La lauréate

Carole Fréchette rentre de Roumanie, où sa pièce Les Quatre Morts de Marie (Prix du gouverneur général 1995) a été jouée. «Les femmes se sont reconnues dans mon héroïne, dit-elle. Moi qui pensais décrire les Nord-Américaines!» Elle a été saisie par ces artistes marqués par le communisme et qui apprennent à vivre avec ce lourd héritage. À son retour à Montréal, son premier roman, Carmen en fugue mineure (La Courte Échelle), sortait des presses: «J’ai une fille de 16 ans et j’ai eu envie d’écrire pour les adolescents. Elle y a reconnu son monde.»

La partition, de Durham à Dion

Lorsqu’il a pris sa retraite, après 35 années passées aux affaires publiques à Radio-Canada, Claude G. Charron a entrepris une maîtrise en science politique à l’Université du Québec à Montréal. «Je m’intéressais aux partitionnistes, même si personne ne croyait que cela deviendrait un sujet brûlant», dit-il. Ses travaux l’ont conduit de Lord Durham, qui fut l’un des premiers à songer à séparer Montréal et les Cantons de l’Est du Québec, jusqu’à Stéphane Dion, qui a réveillé les vieux démons après le référendum de 1995. La Partition du Québec, chez VLB.

Pas de panique!

En écrivant La Deuxième Vie de Louis Thibert (Québec/Amérique), François Jobin ne pouvait s’empêcher de penser aux innombrables livres publiés dans le monde. «Je me suis demandé ce qui me prenait d’en ajouter un», dit-il. Une fois cet instant de panique passé, il a repris le style: «Je vis en état de grâce. Mon travail de réalisateur au Canal Famille ne me demande qu’une semaine par mois, de sorte qu’en juin, j’aurai terminé un nouveau manuscrit.»

Télégrammes

Yitzhak Rabin avait promis à sa petite-fille Noa qu’il ne lui arriverait rien. «C’est la seule promesse qu’il n’a pas tenue», écrit-elle dans Au nom du chagrin et de l’espoir (Robert Laffont), qui raconte la vie de son grand-père. Elle a 18 ans et jure qu’elle ne ressent pas de haine pour l’assassin. «Seulement une peine immense.»

Lorsque les Allemands ont perquisitionné l’appartement parisien de Léon Blum, en 1940, ils ont emporté ses papiers personnels, qui sont sous scellés, à Moscou, depuis la guerre. Son biographe, Ilan Greilsammer, a réussi à les consulter. Blum paraît chez Flammarion.