Culture

Le point sur les vélos urbains

Même s’ils gagnent en popularité, les vélos urbains n’ont pas encore pris une très grande place dans le marché. Et les fabricants tentent maintenant d’y remédier. L’un d’eux m’a justement envoyé un questionnaire sur l’utilisation du vélo en ville. Voici mes réponses aux questions posées. Je vous invite à soumettre les vôtres, grâce au formulaire de commentaire situé au bas de la page.

Le point sur les vélos urbains
Photo : flickr / moriza

Les fabricants de vélo offrent-ils suffisamment de choix dans cette catégorie ?

La question serait plutôt : « Les boutiques spécialisées offrent-elles suffisamment de choix dans cette catégorie ? » Je remarque que, dans les boutiques, on s’intéresse davantage à la performance des cyclistes-randonneurs – donc à la légèreté et à la technicité du vélo – qu’aux déplacements des cyclistes urbains. Si le vélo de ville n’est pas offert en boutique et si le consommateur ne sait pas que ce produit existe, comment pourrait-il le demander ?

Je constate aussi que le cycliste urbain de base a surtout peur de se faire voler son vélo, alors il a tendance à acheter le premier engin venu…

Quelles sont les préoccupations premières du cycliste urbain ?

1- Ne pas se faire voler son vélo.

2- Trouver un endroit pour le stationner.

3- S’organiser pour pouvoir se rendre au travail en vélo (stationnement, douche, linge propre, etc.).

4- Survivre au trafic et trouver des parcours moins passants.

5- Éviter les crevaisons ou les problèmes mécaniques.

Quelles sont les appréhensions en ce qui concerne la pratique du vélo de ville ?

Les inquiétudes des cyclistes urbains portent essentiellement sur le partage de la route avec les automobilistes et l’organisation nécessaire pour se rendre au travail en vélo. Mais pour ceux qui utilisent leur bicyclette à l’année longue, l’éclairage des pistes cyclables, en particulier l’hiver où les journées sont courtes, est un vrai problème. Enfin, mentionnons la fermeture aux vélos, dès l’automne, des ponts de la Rive-Sud : cela écourte drastiquement la saison…

Les médias font souvent référence au nombre important de vols de vélos en ville. Selon vous, qui vivez cette réalité, les probabilités sont-elles si élevées ?

Le vol de vélo est omniprésent, mais les clients qui participent à nos cours nous racontent toujours la même histoire : « J’ai laissé mon vélo non verrouillé deux minutes, juste le temps d’entrer chez le dépanneur ou dans la maison. » Les gens sont surpris de la vitesse à laquelle leur vélo a disparu. Autre constat : les voleurs ont une nette prédilection pour les vélos barrés avec un câble de 6 mm, dont on vient à bout avec une simple pince !

Le vélo en libre-service est-il un atout ou un handicap pour un magasin de vélo ?

Les vélos BIXI servent surtout aux déplacements urbains courts. On n’a pas à se soucier d’avoir un cadenas, et les stationnements – même s’ils sont souvent complets – sont prévus. Quant à l’entretien, c’est quelqu’un d’autre qui s’en occupe !

Maintenant, est-ce un avantage ou un inconvénient pour les boutiques ? En ce qui me concerne, je vois ça comme une location d’équipements sportifs : on prend ce qu’on nous offre et, par la suite, si l’envie est là, on peut toujours faire l’achat d’un produit plus adapté à nos besoins. C’est ce qui se passe avec le BIXI : comme il est là, on est incités à effectuer plus de déplacements urbains à vélo et, une fois que l’habitude est prise, on peut penser à s’acheter notre propre vélo. À mon sens, le BIXI ne cause pas de tort aux boutiques : l’entretien des vélos de l’important bassin de population de l’île de Montréal garde les mécaniciens plus qu’occupés !