Culture

Cadeaux ? Présents !

Bon, assez niaisé. C’est le temps d’acheter ses cadeaux. T-shirt, tableau d’enfant, raton laveur ; les pensées d’Yvon, l’étoile de Chloé, la férocité de RBO…

« Mauvaise adresse » ©Julie Durocher, 2011 - juliedurocher.com

Cartes atout

La photographe Julie Durocher, à qui l’on doit le très beau livre Enfermés dehors – une galerie de portraits de jeunes de la rue qui posent avec des personnalités –, et Alex Lanthier, compositeur et multi-instrumentiste (il joue, entre autres, de l’épinette des Vosges), ont eu l’excellente initiative de fonder Jules la mouche. La petite entreprise réalise des cartes de souhaits que l’on voudra garder pour soi (je sais, ce n’est pas le but). Regardez le catalogue, vos yeux s’enticheront des cartes diverses, des cartes d’hiver et des fêtes.

Les lutins savent à quel point les cartes de Noël et du nouvel an véhiculent leur traîneau de clichés. Celles de Jules la mouche jettent un père Noël à plat ventre dans la neige, accrochent une guirlande de lumières le long d’une route de campagne, isolent un sapin dans un paysage tout blanc, éclairent la vitrine d’un vieux magasin général… Ces œuvres photographiques sont offertes à des prix qui n’entameront pas la joie de vous les procurer. Cartes et enveloppes faites de papier 100 % recyclé postconsommation. Commandes : juleslamouche.com, 514 769-2870.

« Le traîneau rouge » ©Julie Durocher, 2011 - juliedurocher.com

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Yvon, Yvon !

Dans Le petit livre bleu – Extraits et citations 1968-2011 (Éditions La matrice), 40 ans de monologues d’Yvon Deschamps nous regardent. « L’argent, on en a jamais eu. Ça nous a-tu empêchés d’faire quecque chose avec ? Ça nous a jamais empêchés de rien faire. On a tout le temps rien faite…» (L’argent, 1968). On pourra trouver une sorte d’affadissement dans la transcription écrite de la parole de l’humoriste à laquelle manquent bien sûr la voix, le rythme, la dégaine, la crispation, le rire en cascade de l’auteur, mais la plupart des citations extraites de ses monologues vivent par elles-mêmes. Sous l’humour percutant agissent la réflexion, la profondeur, la tendresse. « Si tu fais une crise quand le bonheur est chez le voisin, peut-être qu’après, ça y tentera pas de v’nir chez vous. » (Le bonheur, 1968). Même si on mettait tous les humoristes du Québec dans la même personne, il nous manquerait toujours Deschamps. C’est lui le boss.

AJOUT (apporté le 15 décembre) : on me fait remarquer que l’on peut entendre la voix de Deschamps grâce à l’application iPhone : « On y retrouve toutes les citations du livre classées par monologues, par thèmes et par mots clés. De plus, l’application propose aussi l’audio des citations de la bouche même de leur créateur. » Si c’est pas le bonheur, ça !

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Animaux de compagnie

Aperçu chez Diane Dufresne un raton laveur dans une boîte vitrée qui m’a bouleversé. Il s’agit d’une œuvre de Kate Puxley, née à Edmonton, vivant à Montréal, diplômée en arts de l’Université Concordia et en… taxidermie de la Penn School de Calgary. Autant ses dessins au fusain que ses animaux empaillés (chats, chiens, souris, oiseaux… trouvés morts sur les routes) témoignent de nos rapports ambigus avec les animaux, vus tantôt comme compagnons de vie, tantôt comme trophées (la tête d’orignal sur le capot), tantôt comme sources d’alimentation. Puxley redonne aux bêtes tuées leur dignité en les plaçant verticalement sur un fond blanc. Troublant. Pour les prix, consulter l’artiste : puxleykate@gmail.com.

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Chérie des petits et de plusieurs grands

Après quatre disques, on pensait bien qu’elle avait fait le tour de son petit monde, eh bien, avec Les zédemis (Les Disques Petite Plume), Shilvi renouvelle son bestiaire : « La bécasse casse des cocos / La limace masse l’excargot / L’hippocampe campe au camping Sainte-Madeleine » (« AniMozart 1 »). Des rythmes pour se remuer, des ballades pour se poser, des paroles emplies de toutous, de poupées, de poudre de perlimpinpin, de jus de raisin, de bonbons et de petits chagrins. Même si je n’ai plus cinq ans et demi depuis quelques années, je me suis surpris à danser comme un malade au milieu du salon en écoutant « Quand les poules auront des dents ». L’album, plein de trouvailles sémantiques et musicales, réunit  Sylvie Dumontier, auteure-compositrice et voix fruitée de Shilvi, et Denis Larochelle, aux piano, claviers et arrangements, ainsi qu’à la réalisation. Dans les si frais chœurs d’enfants s’immiscent les deux filles du couple : Julia et Éléonore Dumontier-Larochelle. Comme ce n’est pas un disque de chants de Noël, il devrait lasser moins vite.

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La relève à 2 $

Distroboto, c’est le nom des anciennes machines distributrices de cigarettes. Louis Rastelli a décidé, en 2001, d’en recycler quelques-unes pour offrir une vitrine aux artistes de la relève. Depuis les débuts, Distroboto a vendu quelque 40 000 œuvres – art, CD, vidéo, cassette, bande dessinée, littérature –, dont le format épouse la taille d’un paquet de cigarettes. Oubliez les chocolats, les fleurs, la bouteille de vin, apportez à vos hôtes  l’œuvre d’un artiste émergent. À 2 $ l’unité, imaginez le nombre de paquets-surprises que vous pourrez offrir. Pour connaître l’emplacement des machines distributrices : distroboto.com

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Ambiances des fêtes

Sur son album d’airs de Noël (disque d’or le 5 décembre), Nadja – physique tonitruant et voix à réveiller les morts  – semble se contenir, du moins en français, comme si sa langue maternelle l’intimidait. Inutile de reprendre les sempiternels « Sainte nuit » et autres « Minuit, chrétiens » si ce n’est pas pour leur injecter du sang neuf, autre que des fioritures vocales qui relèvent plus du maniérisme que de l’émotion. Cela dit, la chanteuse se lâche véritablement en anglais et révèle sa vraie nature. Et sur scène, elle donne tout ce qu’elle a. On pourra le constater au Cabaret du Capitole de Québec du 8 au 31 décembre. 418 694-4444.

On pourra choisir de célébrer le nouvel an, à Montréal, au Théâtre Rialto (le 31 décembre, 514 770-7773) en compagnie de l’affûté Michel Pagliaro qui – ai-je bien lu ? – participera au Retour de nos idoles 2 en mai 2012 au Colisée Pepsi, à Québec. Pag aux côtés de Jean Nichol et de Joël Denis ? Passez-moi votre pétard, les gars, que j’hallucine moi aussi !

• Avec Dans le silence de la nuit, d’André Gagnon, pas de quoi giguer sous le gui ou chanter en chœur à s’en arracher la luette, mais c’est l’album tout désigné pour s’assoir devant le feu de cheminée et regarder, par les carreaux enneigés, sinon sa vie défiler, du moins les sapins illuminés. Du Rameau, du Irving Berlin, du Gagnon et une poignée de titres traditionnels : « Mon beau sapin », « Les anges dans nos campagnes », « Adeste fideles ».

• Le plus original des disques récemment parus est sans conteste Une étoile m’a dit, conte tiré d’un scénario de Gilles Carle, réactivé par Chloé Sainte-Marie et ses amis chanteurs et musiciens.

C’est l’histoire de Marie-Noëlle et de Victor aux prises avec le méchant père Noël vert, qui non seulement fait fabriquer des jouets de guerre dans ses ateliers, mais tient prisonnier le bon père Noël rouge. Inclus dans le livret, le texte ne manque ni d’humour ni de bons sentiments.

On aurait déjà été comblé d’entendre « Moi, je suis fat », par Bernard Adamus dans le rôle du vilain père Noël, et « Ce qui ne peut se taire », par Émile Proulx-Cloutier (Victor l’amoureux), qui fait ici ses débuts sur disque, mais l’album réserve d’autres moments superbes entre gigues, complaintes et chansons d’amour. Dont un « Ave Maria » chanté par Florent Vollant et Chloé Sainte-Marie en latin, en innu et en langage exploréen de Claude Gauvreau. Fallait le faire : c’est magique !

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RBO sent bon

À l’heure où un pet de travers au Bye Bye déclenche un tas de réactions nauséabondes, pourrait-on encore faire de l’humour télévisé à la Rock et Belles Oreilles ? Hum, pas sûr, hélas ! C’est pourquoi vive The Coffret (réédition de The Coffret paru en 2004 et des Bye Bye de 2006 et 2007 sortis en 2008) de RBO. Ici, la vulgarité donne le bras à la férocité, la parodie rigole avec l’éditorial. Détachés du contexte télévisuel dans lequel ils furent créés, les sketches, évidemment de force inégale, accusent parfois leur âge ou leur confection hâtive. Mais le groupe avait sa signature, sa facture, sa liberté, sa cruauté. Pour redécouvrir le talent d’imitatrice de Chantal Francke ; pour revoir Monsieur Caron (chez le docteur : hilarant), Madame Brossard (chez le disquaire : féroce) ; pour faire le plein de méchanceté. 1 118 minutes de plaisir acide, à commencer par la photo à l’intérieur du coffret sur laquelle Yves Pelletier porte sans doute un t-shirt signé « Dagnel Spécifité ».

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« Homme- femme »

T-shirts de Roy

Marc-André Roy, « chirurgien textile », par ailleurs diplômé en photographie et ébéniste, a fondé en 2007, à Québec, l’atelier Baltrakon, vêtements tordus. « J’ai décidé de créer cette petite entreprise dans le but non avoué de faire les plus beaux t-shirts au monde.» Le garçon ne manque pas d’ambition et encore moins d’humour, à lire quelques-uns des noms qu’il donne aux produits de son imagination : Crââââââbe, Procrastination, Chamotté, Éléphantasque, Funampoule, Paul Piché, etc. Chaque t-shirt coûte 30 $, et Roy vous en fait cinq pour 100 $ (+ frais d’envoi). 418 265-0133. Points de vente :

baltrakon.com

« Chamotté »

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Tous contes faits

Pour les fans des

Contes pour tous, c’est le Graal : le coffret contient la collection intégrale – 25 films totalisant à eux tous quelque 210 prix à travers le monde – et deux DVD de suppléments, dont une entrevue de Denys Héroux avec Rock Demers, producteur des Contes, de 1970 (Le martien de Noël) à 2009 (Un cargo pour l’Afrique).  La joie, empreinte d’un zeste de nostalgie, de revoir La guerre des tuques, Bach et Bottine, La grenouille et la baleine, La forteresse suspendue… Sont passés par là des réalisateurs tels André Melançon, Jean-Claude Lord, Jean Beaudry, et des inconnus qui le sont restés… De quoi occuper les enfants pendant 42 heures ! 99,95 $ (chez imavision.com)

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L’enfance de l’art

« Maman au soleil », Anik, 3 ans

Picasso a dit : «Tous les enfants sont des artistes. » C’est qu’il ne m’a pas connu, petit, quand je peinais à dessiner une pomme qui ne ressemblait pas à un tracteur. Mais là n’est pas mon propos.

Francine Robert, qui a enseigné les arts visuels pendant 35 ans, a eu l’idée  – après l’avoir testée avec les barbouillages de ses petits-enfants – d’offrir aux parents une reproduction en grand format d’un dessin de leur bout de chou.  Son affaire porte le nom moyennement heureux d’enfantill-art. À la peinture acrylique, elle reproduit l’« œuvre » originale sur une toile de grand format (ou sur un support que vous aurez pris soin de lui fournir : une porte, un panneau de contreplaqué). Le résultat a belle allure. À partir de 300 $. Pour commander : enfantill-art@hotmail.com.

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AUSSI :

L’atelier Graff propose une centaine d’œuvres d’artistes – connus ou qui espèrent le devenir – à des prix se promenant entre 100 $ et 500 $. 963, rue Rachel Est, à Montréal, 514 526-2616. Jusqu’au 22 décembre.

• À la Galerie d’este, To go ! (le français, quelle classe !) rassemble miniatures et petits formats. Le week-end, on sert du lait et des biscuits ; j’aurais préféré du vin. 1329, rue Greene, à Montréal, 514 846-1515. Jusqu’au 24 décembre.

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Un voyage à Paris avec ça ?

Créée en 2010, Belles-Sœurs, la pièce de Michel Tremblay rajeunie par le livret de René RichardCyr et la musique de Daniel Bélanger, poursuit sa tournée. [On sait que le binôme Cyr-Bélanger présentera sa relecture musicale de Sainte Carmen de la Main, du même Tremblay, au Théâtre du Nouveau Monde la saison prochaine : la rumeur dit que la musique est à tomber, et je crois la rumeur.] Avec Belles-Sœurs, l’émotion et le plaisir se sont rarement aussi bien entendus sur une scène : 15 comédiennes, 4 musiciens et des chansons puissantes.

Bien sûr, on peut (s’)offrir une représentation à la salle Albert-Rousseau, à Sainte-Foy (du 11 au 14 et du 18 au 21 janvier, 418 659-6710) ou au Monument-National, à Montréal (du 20 au 29 septembre, 514 871-2224), mais imaginez l’éberluement (le mot n’existe pas, c’est dire !) du destinataire de votre cadeau si vous lui payez un siège (mais aussi le voyage, pensez grand) au mythique Théâtre du Rond-Point, à Paris, qu’ont dirigé, de 1981 à 1991, Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault. Le théâtre est aujourd’hui géré par le très déluré Jean-Michel Ribes qui s’est engagé, le temps de son mandat, à ne présenter que des auteurs vivants. Vivants ? Les trois têtes derrière Belles-Sœurs pétillent ! Du 8 mars au 7 avril 2012.  Prix des places par Internet : entre 12 et 36 euros (+ frais de 2 euros), 01 44 95 98 21.

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