Culture

Dans les bras de Dalida

Après avoir récemment remporté le César du meilleur acteur, Niels Schneider sera bientôt de retour au grand écran, dans un film retraçant la vie de la célèbre chanteuse. 

 

Sveva Alviti et Niels Schneider sont en vedette dans le film biographique Dalida. (Photo: Films Séville)

Niels Schneider tourne davantage en Europe qu’au Québec, mais il a passé la majeure partie de sa vie à Montréal et reste très attaché à la métropole. Révélé par la lentille de Xavier Dolan (J’ai tué ma mère, Les amours imaginaires), le Franco-Québécois de 29 ans remportait en février dernier le César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans Diamant noir. Dans le très attendu biofilm Dalida, bientôt sur nos écrans, il incarne Jean Sobieski, dit «le beau Polonais», qui a partagé la vie de la star pendant quelque deux ans.

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Avant de jouer dans ce film, vous connaissiez bien Dalida? Vous aimiez ses chansons?

J’avoue un peu honteusement que je n’étais pas un fan invétéré de sa musique. Il y a quelques chansons, des reprises notamment, que j’aimais beaucoup, comme «Bang bang» ou «Quand on n’a que l’amour». Mais quand on découvre sa vie, ses blessures, forcément on écoute ses chansons avec une oreille nouvelle. J’ai l’impression d’avoir redécouvert Dalida grâce au film.

Dalida est tombée amoureuse de Jean Sobieski alors qu’elle venait tout juste d’épouser Lucien Morisse, homme de radio français qui avait lancé sa carrière. Ça vous a plu d’incarner celui pour qui la chanteuse a, en quelque sorte, risqué de tout perdre?

Oui, ça m’a plu. D’abord parce que ça a été l’un des rares amours heureux de Dalida. Sobieski est le seul de ses amants qui n’ait pas été intéressé par sa célébrité, qui n’ait pas voulu profiter de sa gloire. Je crois qu’il a été profondément blessé, d’ailleurs, qu’elle le quitte pour le rouleau compresseur que devenait sa carrière. En même temps, c’est peut-être mieux pour lui: il est l’unique survivant des hommes de cette histoire avec Orlando, le frère de Dalida! Tant d’autres ont trouvé la mort dans des circonstances affreuses.

Vous venez de remporter le César du meilleur espoir pour votre rôle dans Diamant noir. À la remise du prix, vous avez dit être ému au point d’avoir l’impression d’avoir reçu un coup sur la gueule… Qu’est-ce que symbolise pour vous ce César?

Ça génère beaucoup d’émotion. Il y a une part de rêve, forcément, quelque chose de lié à l’enfance, qui se concrétise en une fraction de seconde. Plus concrètement, ça représente une reconnaissance de mon travail par les pairs, mais aussi de celui de toute l’équipe du film: le réalisateur, Arthur Harari, les scénaristes, le monteur, qui ont également façonné le personnage que l’on voit à l’écran.

Vous êtes très sélectif quant aux films dans lesquels vous acceptez de jouer?

Je suis assez égoïste dans mes choix, j’essaie de penser d’abord au plaisir que je peux avoir à participer à une production. Je veux faire des films qui proposent une vision neuve, qui ont une signature peu commune, dans la forme ou sur le fond. C’est compliqué parce que le public veut être surpris, mais, paradoxalement, surpris dans la limite de ce à quoi il est habitué!

Le film

Pour incarner Iolanda Cristina Gigliotti, passée à l’histoire sous le nom de Dalida, la réalisatrice française Lisa Azuelos a fait confiance à Sveva Alviti, une comédienne italienne qui a dû apprendre le français pour l’occasion. Elle a bien fait: Alviti «devient» littéralement Dalida sous nos yeux, tandis que défilent les épisodes marquants d’une existence où se sont côtoyés les abîmes de la dépression autant que les sommets du succès public — elle a vendu 120 millions d’albums de son vivant. Il faut dire que sa vie a été une succession de tragédies, plusieurs des hommes avec lesquels elle a vécu ayant trouvé la mort de façon violente, notamment par suicide. Elle-même a mis fin à ses jours en 1987, à 54 ans. (En salle le 28 avril)