Culture

L’envers de l’affiche

Les jeux d’égo et de pouvoir rendent difficile la création des affiches de programmation.

Au Québec, estival rime avec festival. Et dès que le temps doux s’amène, les scènes extérieures s’élèvent dans les grandes villes nord-américaines. Coachella s’est ouvert en avril en Californie, alors que Bonnaroo, au Tennessee, s’animera au début de juin. Montréal aura son Osheaga en août, et Québec fêtera le 50e anniversaire du Festival d’été en juillet.

Pour faire leur promotion, ces festivals créent une affiche dévoilant les artistes invités. Au sommet, en grosses lettres, figurent les incontournables, puis défilent les noms des groupes dans un ordre relatif selon leur importance. Plus on va vers le bas, plus les lettres sont petites, moins les artistes représentent un pouvoir d’attraction.

Cette année, le Festival d’été de Québec n’a toutefois pas réussi à accomplir cette opération. Sa programmation anniversaire comportant cinq ou six gros noms, il a été impossible de satisfaire tous les artistes, de plus en plus exigeants. Sous des menaces d’annulation, le directeur de la programmation, Louis Bellavance, a renoncé, en mars, à produire une affiche — temporairement du moins.

C’est là une conséquence… du déclin des ventes de disques. La principale source de revenus des artistes n’est plus l’album, mais les cachets de spectacle, particulièrement élevés lors de festivals, explique Louis Bellavance. Et les artistes jouent dur : ils ont de nombreuses exigences dans leurs contrats, notamment au sujet de leur positionnement sur l’affiche. Untel veut être en haut à gauche, l’autre ne veut pas apparaître après tel musicien, et encore moins en plus petit !

La tendance n’est pas près de s’inverser, et la création des affiches continuera d’être un casse-tête, surtout pour les festivals présentant beaucoup de vedettes. Le Festival d’été de Québec a déjà tenté d’organiser les noms en forme de « bulle », et certains proposent une liste alphabétique, encore une fois au déplaisir des groupes et de leur égo. Quelle forme pourrait plaire à tous ? Le nuage ? L’étoile ? Le cube Rubik ? À suivre.

(Photo : Jim Steinfeldt / Michael Ochs Archives / Getty Images)

La manière Radiohead

Il y a 20 ans, en mai 1997, était lancé OK Computer, ce chef-d’œuvre du rock, de la musique tout court en fait. Le groupe britannique s’y réinventait, en plus de donner un gros coup de pied au rock planétaire. Même les thèmes étaient percutants, Radiohead abordant l’influence des changements technologiques sur notre façon d’interagir en tant qu’humains, entre autres choses. Le disque sortirait aujourd’hui qu’il ferait encore écarquiller les yeux.

À découvrir

Timber Timbre, Sincerely, Future Pollution

Le groupe montréalais — le chanteur Taylor Kirk est maintenant installé pour de bon dans la métropole — nous avait offert des notes suaves, rondes et chaudes sur son disque Hot Dreams, sorti en 2014. La bande est de retour avec de nouvelles sonorités, plus tendues, plus grinçantes, mais encore très stimulantes. Par ces chansons rock, Timber Timbre nous plonge dans l’ambiance nocturne d’une ville futuriste. Voici presque un film, avec un propos critique envers la société.