Culture

La partition papier est de retour

Pour répondre à la demande de leurs admirateurs, souvent déçus de la qualité des partitions trouvées sur Internet, certains artistes se font un devoir d’offrir leurs propres transcriptions sur papier. 

Klô Pelgag a répondu à la demande de ses admirateurs en publiant le recueil de partitions musicales de son dernier album. (Photo : Étienne Dufresne)

L’adage veut que les paroles s’envolent, mais que les écrits restent. Pour l’adapter à la musique, on pourrait dire que les supports musicaux changent, mais que les partitions restent.

Ils sont encore quelques artistes issus de la vaste famille de la chanson et de la musique populaire à offrir à leur public les transcriptions officielles sur papier de leurs morceaux. Et ce, même s’il y a un certain côté anachronique à la chose en cette époque de dématérialisation.

Les supports musicaux — et même les formats numériques — changent rapidement depuis une cinquantaine d’années, devenant souvent obsolètes (qui a encore son lecteur de cassettes ou de cartouches huit pistes ?). Des créateurs chérissent donc l’idée de laisser une trace plus tangible de leur travail à la postérité.

Ainsi, cet été, la chanteuse Klô Pelgag a décidé de coucher sa pop colorée et orchestrale sur papier, et de vendre le recueil des partitions de son disque L’étoile thoracique à ses inconditionnels, qui étaient nombreux à le lui demander. Selon Daniel Lafrance, de la maison d’éditions musicales Éditorial Avenue, la partition est quelque chose de concret pour l’artiste. « Et comme beaucoup n’écrivent pas la musique, ils peuvent ainsi la “voir” pour la première fois de leur vie. »

Mais la tâche n’est pas simple, souligne Klô Pelgag, ajoutant que la démarche n’a rien à voir avec l’envie d’en tirer un profit. Ce que confirme Daniel Lafrance, qui soutient que l’opération est très rarement rentable. Chez lui, seul Pierre Lapointe tire son épingle du jeu avec ses trois recueils, qui au total ont trouvé environ 6 000 preneurs.

Une visite en magasin permettra au musicien en herbe de mettre la main sur des recueils de partitions des Sœurs Boulay, de Cœur de pirate, des Trois Accords, de Stromae, d’Adele et même du dernier disque de Radiohead. Le hic, c’est qu’il y a de moins en moins de magasins de musique, et que peu d’entre eux vendent des recueils de ce genre. Même l’univers du classique, où la partition est reine, a vu une de ses institutions fermer ses portes en 2015, alors que la Frank Music Company, de New York, s’est avouée à bout de souffle.

Il existe sur Internet plusieurs sites de partitions très populaires, grâce auxquels il est possible de jouer les pièces de ses artistes favoris. Mais la qualité des transcriptions, faites à l’oreille par des apprentis, est souvent approximative. Tant qu’à laisser une trace, aussi bien qu’elle soit réglée… comme du papier à musique.

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L’arrivée de Mile Ex End Musique Montréal

La multiplication des petits festivals, évoquée dans une précédente chronique, se confirme avec l’arrivée d’un nouvel acteur dans la métropole : le Mile Ex End Musique Montréal, présenté par le collectif Mishmash (aussi propriétaire de L’actualité). La manifestation culturelle se tiendra les 2 et 3 septembre, soit la même fin de semaine que le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue et peu de temps avant POP Montréal. Mile Ex End rassemblera sous le viaduc Van Horne des artistes d’envergure, comme Patrick Watson, City and Colour, Godspeed You! Black Emperor et Cat Power. Le festival n’est pas gratuit, mais se veut plutôt familial, les moins de 12 ans pouvant entrer sans frais.