Trois questions à Alexandre Fecteau
Culture

Trois questions à Alexandre Fecteau

Le Périscope présente Hôtel-Dieu, une pièce qui aborde la souffrance au moyen d’« experts » prêts à témoigner de leur expérience.

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Remarqué pour son travail de mise en scène, Alexandre Fecteau écrit aussi des pièces d’une grande profondeur. Cet automne, il présente Hôtel-Dieu, une œuvre sur la souffrance et le deuil, bâtie à partir de témoignages de gens de son entourage, comme une chorégraphe atteinte de sclérose en plaques et une infirmière clinicienne en soins palliatifs.

C’est votre première création depuis Le NoShow, une pièce où les spectateurs devaient voter pour les comédiens qu’ils voulaient garder sur scène. Créée en 2013, elle est toujours jouée en Europe. Avez-vous l’impression d’y avoir trouvé le secret de la réussite ?

Absolument pas ! Le NoShow, c’est une rencontre réussie entre une réalité, un concept, une équipe de création et le public. Et la réponse a été magnifique. Pour moi, c’est plutôt une validation de la démarche de création : toujours chercher à faire vivre une expérience pleine de sens et qui colle à la réalité qu’on raconte.

Vous avez parlé d’amour, de drag-queens et d’argent dans vos créations précédentes. Pourquoi la souffrance et la mort pour votre grand retour ?

Par envie de créer un théâtre utile, qui répond à des carences. Et si nous en avons bien une en tant que société, c’est dans notre façon d’aborder la souffrance et la mort, la nôtre et celle des autres. Je trouve ça scandaleux d’être aussi incompétents après des milliers d’années de civilisation ! Tant qu’à rassembler 200 personnes, aussi bien que ça sème des graines, qui pourront germer et peut-être les aider à traverser des épreuves plus tard.

Après avoir fait appel à des comédiens virtuoses, vous vous entourez cette fois-ci de non-acteurs. Comment les avez-vous choisis ?

En fait, Hôtel-Dieu s’inscrit dans une démarche de théâtre d’experts. On les appelle ainsi parce qu’ils ne sont ni professionnels ni amateurs, mais plutôt experts de leur propre vécu. Ce sont tous des gens qui ont un lien fort par rapport à la souffrance ou la mort, dont les histoires m’ont touché et qui m’apparaissent prêts à témoigner de leur expérience avec le public.

IMPORTANT: En raison des travaux en cours au Théâtre Périscope, la pièce Hôtel-Dieu est repoussée au Théâtre des Gros-Becs, du 16 janvier au 3 février