Phoebe Greenberg : L'art de demain
Culture

Phoebe Greenberg : L’art de demain

C’est avec une exposition d’œuvres en réalité virtuelle que l’avant-gardiste mécène montréalaise Phoebe Greenberg célèbre l’anniversaire du Centre Phi, lieu de création et de diffusion multidisciplinaire qu’elle a fondé il y a cinq ans.

Quelle est la place de la technologie dans l’art actuel ?

Les gens ont envie de vivre des expériences, à la jonction entre la technologie et le récit. De jeunes artistes offrent des œuvres qui donnent à la fois la sensation d’être présent ici et maintenant et celle d’être transporté ailleurs grâce au casque de réalité virtuelle. Par exemple, dans l’œuvre multisensorielle Tree, on devient un arbre qui grandit. On est transporté dans la forêt tropicale, tout en ayant la sensation d’être présent dans notre corps, car on sent des vibrations sous nos pieds, de la chaleur et les odeurs de la forêt.

La réalité virtuelle rendra-t-elle désuètes des formes d’art plus statiques ?

J’ai conçu le Centre Phi pour imaginer comment la prochaine génération allait consommer de la culture. Il y a cinq ans, on était dans les courts métrages, la musique en continu. La transformation a été énorme en très peu de temps. Mais je crois que c’est humain d’avoir le désir de faire des tableaux, de travailler de manière tactile, de toucher des crayons. Cette tendance restera.

Quels artistes vous ont le plus marquée depuis la création du Centre ?

Je suis une grande fan de Nick Cave, venu présenter le film 20,000 Days on Earth et un miniconcert ; c’était magique. Il y a Arthur H, qui a enregistré l’album Soleil dedans. Il y a le chef Massimo Bottura, présent pour la série d’événements Theatre of Life sur le gaspillage alimentaire… Il y en a eu tellement !

Vous avez également une fondation consacrée à l’art contemporain, DHC/ART, dont les expositions sont gratuites depuis ses débuts, il y a 10 ans. Vous y tenez ?

C’était l’idée : rendre l’art contemporain plus accessible. J’aime bien le côté éphémère de ce que nous faisons. Plutôt que de constituer une collection, nous organisons deux fois par année de grandes expositions d’artistes internationaux que je veux faire découvrir au public.

Quel est le rôle de l’art contemporain, selon vous ?

Il y a un côté très personnel dans l’art contemporain. L’œuvre est très proche de l’artiste, et chaque artiste est très influencé par son environnement. Comme spectateurs, cela nous donne donc l’occasion de sentir humainement ce qui se passe à Pékin ou en Israël. Cela donne une conscience planétaire. Et ça permet de mieux comprendre le monde dans lequel on vit.

Mondes oniriques est présentée jusqu’au 16 décembre au Centre Phi. L’offre et Bill Viola seront présentées à partir du 5 et du 25 octobre respectivement à la fondation DHC/ART.