Trois questions à Geneviève Pettersen
Culture

Trois questions à Geneviève Pettersen

En 2014, La déesse des mouches à feu enflammait le monde littéraire de par son langage cru et l’univers réaliste qu’elle dépeignait, soit celui d’un groupe d’adolescents s’aventurant dans le sexe et la drogue à Chicoutimi. Après avoir été sollicitée par le metteur en scène Patrice Dubois, l’auteure présente cet hiver l’adaptation théâtrale de son œuvre.

Vous avez longuement hésité avant d’accepter l’offre de Patrice Dubois. Quels doutes vous habitaient ?

Je me demandais comment rendre le roman au théâtre sans décevoir les gens. Il fallait prendre le texte et le brasser pour faire résonner toute la force du livre sur scène. Patrice a proposé de travailler avec Alix Dufresne pour la mise en scène. Ç’a été l’une des rencontres artistiques les plus foudroyantes de ma vie. Alix a eu l’idée de faire venir des jeunes filles en audition pour voir ce que ça donnerait si nous faisions jouer la pièce par des adolescentes. C’est à ce moment que j’ai eu le déclic que ce texte-là pouvait être intéressant pour la scène.

Où souhaitiez-vous amener le récit pour cette seconde vie sur les planches ?

On suit la trame narrative du roman. C’est une pièce sur l’esprit de l’adolescence. Je ne veux pas trop en dire, car j’ai envie que les gens s’assoient dans la salle en ne sachant pas à quoi s’attendre. Le plus important à retenir, c’est que c’est la voix de Catherine qu’on entend, et qu’elle passera à travers les 11 jeunes filles sur scène, qui allieront leur propre voix à la sienne. C’est une pièce très physique, il y a de la danse, et la musique est importante aussi.

Quelques-uns des thèmes abordés pouvaient créer chez le lecteur du roman un certain inconfort. Ce sentiment trouvera-t-il écho sur scène ?

L’histoire de Catherine, c’est le moment où on passe de l’enfance à l’adolescence. En tant qu’adulte, c’est inconfortable, parce que c’est du domaine du très intime. Toutefois, ce sont des thèmes de la vraie vie et ce sera joué sur scène par de vraies jeunes filles. Ainsi, cet inconfort-là, qui est pour moi essentiel à l’art, y sera. Du 5 au 30 mars au Théâtre de Quat’Sous, à Montréal.