Finances personnelles

Votre équilibre budgétaire

La plupart des gens savent comment dresser un budget. C’est de le respecter qui s’avère parfois difficile. Voici comment rester dans le droit chemin.

iStockphoto.com

Le plus difficile n’est pas de préparer un plan financier, c’est de s’y tenir.

Alan MacDonald, CFP chez Richardson GMP à Ottawa et auteur de The Copperjar System, a une connaissance de première main de la difficulté qu’on peut avoir à respecter son budget. Presque tous ses clients font des infidélités à leurs bonnes résolutions dans les mois qui suivent la préparation de leur plan financier, explique-t-il. Lui-même s’avoue coupable : il a tendance à s’écarter du droit chemin tous les 18 mois environ.

« Ce genre de chose se produit tout le temps », dit-il. « Vous devez comprendre d’emblée que le processus n’ira pas sans heurt et que vous commettrez forcément des écarts de conduite. »

En règle générale, les budgets les mieux ficelés ont tendance à dérailler à l’occasion des grands événements de la vie, comme la naissance d’un enfant, une perte d’emploi ou la mort d’un proche. Mais les événements de plus petite ampleur – augmentation du taux hypothécaire ou des dépenses liées aux études, par exemple – peuvent aussi avoir des répercussions.

Lorsqu’un imprévu vient bouleverser le budget familial, constate Alan MacDonald, la plupart des gens, lui compris, ont tendance à attendre des mois avant de le redresser. « Le plus souvent, ce qui vous a poussé à vous écarter du droit chemin a entraîné une telle perturbation que vous évitez de vous attaquer au problème le plus longtemps possible, jusqu’à ce que vous preniez conscience qu’il devient urgent d’agir. »

Le rappel à l’ordre peut prendre différentes formes. Pour certains, ce sera l’accumulation des dettes sur leur marge ou leurs cartes de crédit. Pour d’autres, qui n’ont pas de dettes, le déclic se produit quand ils n’arrivent plus à atteindre leurs objectifs d’épargne. C’est le cas d’Alan MacDonald. « Je finis par remarquer qu’il y a moins d’agent. »

La première incartade est toujours la plus difficile à corriger. Il faut souvent un certain temps avant de se remettre dans le droit chemin, admet Alan MacDonald. Mais plus on a l’habitude de suivre un budget et plus on a eu l’occasion de le redresser, plus cela devient facile.

Bien qu’il arrive à tout le monde de commettre des erreurs de parcours, il y a des moyens que vous pouvez prendre pour réduire les risques que votre budget devienne inopérant.

Selon le CFP Michael Berton, de Vancouver, il est important que les gens retirent de la satisfaction de leur plan financier. Il recommande de se fixer des objectifs à court et à moyen terme, puis d’établir un échéancier. Si vous voulez finir de payer votre voiture, il vous suggérera de fixer la date à laquelle vous voulez que ce soit chose faite.

« Il faut avoir le sentiment que le plan financier fonctionne. Les gens doivent se fixer des objectifs réalistes, qu’ils pourront atteindre. S’ils voient leur progrès et que cela les encourage, ils se plieront plus volontiers aux étapes suivantes. »

Michael Berton recommande aussi de consolider ses comptes de placement. « Un de mes clients, pour citer un cas extrême, avait 10 REER. Comment peut-on s’y retrouver dans de pareilles conditions? » Non seulement il sera plus facile de garder l’œil sur votre argent s’il est tout à la même place, mais les frais de gestion seront moins élevés s’ils ne portent que sur un seul compte.

Même si un plan financier exige souvent des réductions de dépenses, il est préférable, fait valoir Alan MacDonald, de conserver ce à quoi vous tenez le plus, sinon vous n’arriverez pas à rester fidèles à vos bonnes résolutions. S’il est important pour vous de partir en vacances pendant l’été, faites-le, mais cherchez des moyens de réduire les coûts du voyage.

C’est également une bonne idée de payer vos dépenses discrétionnaires en argent comptant. Votre plan financier vous dira de combien d’argent vous disposez pour le magasinage et le divertissement. Plutôt que d’utiliser votre carte de crédit, ce qui vous empêche de savoir exactement où vous en êtes, payez tout en liquide. Si vous avez 1 000 $ à dépenser par mois, retirez 250 $ par semaine. Quand cet argent sera dépensé, il sera temps d’arrêter les dépenses.

« Rien n’est plus simple que de regarder l’épaisseur d’une pile de billets diminuer au cours de la semaine », dit Alan MacDonald, qui a lui-même réussi à réduire ses dépenses mensuelles d’environ 2 000 $ simplement en réglant ses achats comptant.

Il y a encore une chose que vous devez absolument faire : réévaluer encore et encore votre plan financier. Michael Berton essaie de rencontrer ses clients au moins trois fois par année – une fois pour procéder à un examen en profondeur et discuter d’objectifs à long terme, et deux autres fois pour vérifier que leur plan financier n’a pas besoin d’être modifié.

Les gens n’en doivent pas moins, insiste-t-il, examiner eux-mêmes leur budget tous les deux ou trois moi, et revoir au moins une fois par année le relevé de la valeur nette de leur patrimoine. Si celle-ci ne présente aucune croissance, il y a quelque chose qui cloche. Un examen s’impose également quand un imprévu a fait dérailler vos prévisions budgétaires. Il sera peut-être facile de rectifier le tir, mais parfois, prévient Michael Berton, il faudra reprendre du début toute la planification.

Il est certes frustrant de perdre le contrôle. Alan MacDonald recommande cependant de ne pas vous en faire si cela vous arrive. Veillez seulement à vous remettre dans le droit chemin le plus vite possible. « La vie nous réserve des surprises. Ayez conscience que les erreurs de parcours sont inévitables, et tâchez de les corrigez le moment venu. »