Finances personnelles

Prendre sa retraite sans fonds de pension

Monique Landry, 61 ans, devra vivre à la retraite grâce à ses épargnes personnelles et aux régimes publics. Son REER lui suffira-t-il? Devrait-elle vendre sa maison?

retraite-largeMonique Landry*, 61 ans, adore son travail dans le domaine de la publicité et veut s’y adonner le plus longtemps possible. N’empêche, si sa source de contrats venait à se tarir, elle se demande si elle pourra prendre une retraite confortable à 65 ans. «Mon REER me suffira-t-il? Devrais-je vendre ma maison? Je m’y connais peu en placements et j’aimerais y voir plus clair», dit cette Montréalaise.

Sans enfants, Monique Landry habite seule. Après avoir occupé des postes de direction, elle est à son compte depuis peu et gagne 80 000 $ par année. Elle est propriétaire d’une maison en rangée d’une valeur de 425 000 $, dont l’emprunt hypothécaire s’élève à 237 000 $. Son REER, composé de fonds communs, atteint 317 000 $, et son compte CELI, placé à 1 % d’intérêt, s’élève à 32 700 $. Elle possède aussi 63 000 $ en liquidités. Comme elle n’a pas de fonds de pension, elle devra vivre à la retraite grâce à ses épargnes personnelles et aux régimes publics, celui de la Régie des rentes du Québec (1 065 $ par mois) et la pension de la sécurité de la vieillesse (564 $ par mois).

Pour qu’elle puisse alors maintenir son rythme de vie, le planificateur Sylvain De Champlain, du groupe financier De Champlain, estime que Monique Landry aura besoin d’un revenu annuel avant impôts de 49 200 $ par année, soit 4 100 $ par mois, somme qui grimpera au rythme de l’inflation (2,5 % par an). «Son défi, c’est de ne pas épuiser son capital avant qu’elle ait atteint 90 ans, l’espérance de vie actuelle d’une personne de son âge», dit le spécialiste.

Dans ces conditions, pourra-t-elle quitter le monde du travail à 65 ans? Non, répond l’expert, qui prévoit qu’elle épuiserait alors son capital à 77 ans, ce qui est beaucoup trop tôt. Puisqu’elle adore son travail, il lui propose d’envisager la possibilité de prendre sa retraite à 68 ans, en adoptant une stratégie à trois volets.

Primo, elle doit faire croître son REER au maximum au cours des prochaines années en tirant profit de ses 150 000 $ de cotisations REER inutilisées. Pour y parvenir, elle puisera dans ses liquidités, au rythme de 20 000 $ par année, en y ajoutant ses économies annuelles de 15 000 $. «Les remboursements d’impôts générés par cette injection massive pourraient aussi être injectés dans son REER», dit Sylvain De Champlain.

Secundo, elle doit maximiser les 32 700 $ de son CELI. «Elle pourrait placer cet argent dans des fonds équilibrés, ce qui lui rapportera un rendement moyen de 5 %, libre d’impôt», explique le planificateur.

Tertio, elle doit envisager, à plus long terme, de réduire son train de vie. La solution: vendre la maison, qu’elle considère déjà comme trop grande, pour déménager dans une propriété moins coûteuse. Le gain en capital généré par cette vente constituera un coussin financier supplémentaire. «En adoptant ce plan d’action, elle parviendra ainsi à étirer son capital jusqu’à 85, 90 ans», dit Sylvain De Champlain.

* Pour des raisons de confidentialité, nous avons utilisé un pseudonyme.


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