Finances personnelles

Les Québécois, champions de l’épargne !

Le taux d’épargne des Québécois surpasse celui des Ontariens. Quelqu’un aurait-il fait une erreur de calcul ?

AVEC

(Photo: iStockphoto)

Des cancres de l’épargne, les Québécois ? Pas si l’on se fie aux dernières données de l’Institut de la statistique du Québec. En 2016, les ménages de la province ont épargné 6,2 % de leur revenu disponible, le taux le plus élevé en 10 ans. Un record qui fracasse celui observé… l’an dernier !

Sans tambour ni trompette, les Québécois accumulent de plus en plus d’argent dans leurs poches, si bien que leur taux d’épargne dépasse celui de la moyenne canadienne depuis maintenant trois ans. Ils font même mieux que les Ontariens, pourtant réputés comme étant de meilleurs épargnants. Un peu plus et on apprendrait que la Terre s’est mise à tourner à l’envers ! Que se passe-t-il donc ?

« Souvent, avec le taux d’épargne, les nuances se situent dans la définition », met en garde Pierre-Carl Michaud, professeur titulaire d’économie à HEC Montréal. Cette donnée, telle que calculée par Statistique Canada et l’Institut de la statistique du Québec, correspond au pourcentage du revenu après impôt (et transferts gouvernementaux, telle l’Allocation canadienne pour enfants) qui reste dans le portefeuille une fois toutes les factures payées. Jusque-là, tout va bien.

Là où le bât blesse, c’est qu’on ignore si le taux d’épargne… est épargné ! Est-ce que les gens utilisent cet argent pour acheter des actions ? Pour rembourser des dettes ? Pour rembourrer leur matelas ? Impossible de le savoir avec cette simple statistique.

Source: Statistique Canada

Même l’Institut de la statistique du Québec appelle à la « prudence » relativement au taux d’épargne. « On ne peut pas prendre ce chiffre et dire que les ménages épargnent 6,2 % de leur revenu, prévient l’un des économistes de l’organisation, Jean-François Fortin. Je crois toutefois que la tendance observée est conforme à la réalité ; les revenus augmentent plus vite que les dépenses, et il est logique que l’épargne s’améliore. »

Un facteur pourrait expliquer la croissance observée ces dernières années : la démographie.

« À 20 ans, on se fout de l’épargne, à 30, on n’en a pas les moyens, à 40, on fait son possible, et à 50, on se dépêche », dit en riant Yves Trudel, professeur titulaire de finances à l’Université de Sherbrooke. Ainsi, à mesure que la cohorte des baby-boomers vieillit, elle épargne davantage. Et vu son poids démographique, elle entraîne à la hausse le taux d’épargne de l’ensemble des ménages québécois. « Mais ce n’est qu’une hypothèse », s’empresse d’ajouter le professeur.

Dans tous les cas, il faudra davantage de données avant que les Québécois puissent se vanter d’être de bons épargnants. Ils peuvent toutefois se targuer d’avoir davantage d’argent au fur et à mesure qu’ils accumulent des cheveux gris !

[NDLR : Une première version de l’article mentionnait, à tort, que le taux d’épargne incluait les gains en capital, réalisés ou non. Le texte a été mis à jour afin de corriger cette erreur.]

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