Affaires et économie

Desjardins : l’ADN de la coopération

Dons et commandites, programmes de protection de l’environnement, promotion de la justice sociale : chez Desjardins, l’implication sociale, c’est dans les gènes !

Desjardins : l’ADN de la coopération
Photo : Olivier Hanigan

LAURÉATE : GRAND PRIX BILAN SOCIAL

Retrouvez tous les finalistes et les gagnants des Prix québécois de l’entreprise citoyenne 2010 >>

« Comme tout dans la vie, le Mouvement Desjardins est perfectible. Mais sommes-nous solidaires de notre milieu ? Notre action est-elle démocratique ? Tentons-nous de créer une entreprise à la fois intègre et rigoureuse dans sa gestion ? À ces questions, je réponds oui. »

Monique Leroux, présidente de Desjardins, récite son laïus d’un ton rapide et assuré. Elle peut se le permettre. Cette année, le Mouvement compte parmi les finalistes qui se disputent le Grand prix Bilan social au concours des Prix de l’entreprise citoyenne. Il va d’ail­leurs le remporter. Et ce, peu après avoir obtenu le septième rang au palmarès 2010 du magazine Corporate Knights, qui recense les entreprises canadiennes les plus responsables.

La principale coopérative financière au Canada s’engage à fond pour la collectivité. En 2008, elle a versé 80,1 millions de dollars en dons et commandites, dont une bonne partie dans les régions. Surtout, elle a créé des comités de réflexion sur différents enjeux de société. Depuis, elle multiplie les pro­grammes pour protéger l’environnement et promouvoir la justice sociale, parfois de manière originale (voir « Les 10 bons coups de Desjardins » >>).

Ses employés aiment pédaler ? Ailleurs qu’au boulot, s’entend ? À la bonne heure ! L’an dernier, Desjardins a demandé à l’organisme Vélo Québec d’évaluer la quantité et la qualité de ses supports à bicyclettes à tous ses immeubles de bureaux administratifs. Résultat : le Mouvement a ajouté des supports pour 130 vélos dans son complexe de Montréal. Et il vient de lancer un programme de transport qui invite son personnel à se déplacer sur deux roues ou à pied, sinon en autobus ou grâce au covoiturage.

Ce sont d’ailleurs des employés qui ont lancé le Défi Vélo Desjardins, une course sportive au profit des enfants cancéreux. En septembre dernier, 450 cyclistes de tous âges ont pris d’assaut le macadam à Lévis et à Brossard. La direction a décidé de les appuyer. « Qui sait où ça va nous mener ? » lance la patronne, une pointe d’enthousiasme perçant sa réserve naturelle. « Desjardins essaie de soutenir les causes pour lesquelles les gens ont envie de s’engager. »

Le plus sympa, c’est qu’avec ses 5,8 millions de membres, entreprises incluses, le Mouvement peut avoir un réel effet d’entraînement dans la société québécoise.

Cet idéal d’entraide a été mis à l’épreuve au début de l’année. Quand Haïti a tremblé, l’entreprise a aussitôt versé 300 000 dollars en aide humanitaire et collecté les dons de ses membres. Plus tard, elle a envoyé du personnel spécialisé pour aider les caisses populaires haï­tiennes de la Fédération Le Levier – un réseau indépendant du sien, qui compte une cinquantaine de succursales – à se redresser dans une économie dévastée. Ses dirigeants, employés et retraités ont fourni un million de dollars pour cette action. Monique Leroux en garde un souvenir ému.

Dans l’avenir, la coopérative compte étoffer son programme d’éducation financière. La déconfiture des marchés depuis deux ans a montré les dangers du crédit excessif, mais aussi les bienfaits d’une discipline d’épargne. « Gérer de façon responsable son petit portefeuille ne vient pas naturellement à tout le monde, surtout aux jeunes. Sans faire la morale, nous pourrions accomplir ici un travail important pour la société. » Après un siècle d’existence, le programme des caisses scolaires, mis sur pied avec succès dans 1 200 écoles primaires, pourrait subir une cure de rajeunissement, peut-être dans un univers virtuel.

Le Mouvement Desjardins se dit bien placé pour répondre aux nouvelles exigences envers les entreprises, à qui on demande d’être socialement responsables. La mission première de ses coopératives n’est-elle pas de servir leurs membres ? « Desjardins a la coopération inscrite dans son ADN. Il amène les gens à faire preuve d’initiative au profit de l’entreprise collective, pour contri­buer à la prospérité de ses membres et de la société dans laquelle ils vivent. Et cela, depuis toujours », conclut la présidente.

LES 10 BONS COUPS DE DESJARDINS >>

LES 10 BONS COUPS DE DESJARDINS

 

Voici quelques-unes des actions par lesquelles le Mouvement Desjardins s’est démarqué comme entreprise citoyenne au cours des dernières années.

 – Un « prêt écoénergétique » aide les entreprises à se tourner vers des sources d’énergie peu polluantes. Le chantier peut être financé à 100 %, le remboursement étant modulé en fonction des économies d’énergie réalisées.

 – Une subvention a permis à la Fondation David Suzuki d’ouvrir un bureau au Québec et de traduire en français son guide pratique La gestion des affaires sous un nouveau climat.

 – Un « rabais vert » réduit de 10 % la prime d’assurance des propriétaires de véhicules peu énergivores et de 15 % celle des proprios d’automobiles hybrides.

 – Les titulaires d’une carte Visa Desjardins peuvent échanger leurs boni­dollars contre des crédits compensatoires de carbone de l’organisme Planetair ou contre un don à Équiterre.

 – Le café servi sur les lieux de travail, aux sièges de Lévis et de Montréal, est certifié équitable. Par ailleurs, Développement international Desjardins vient en aide aux petits producteurs mexicains qui cultivent ce café. Ceux-ci peuvent obtenir en prêt jusqu’à 60 % de la valeur de leur récolte avant son exportation, ce qui les aide à planifier leur budget.

 – La nourriture non consommée lors des réunions de Desjardins est remise à des organismes qui luttent contre la faim.

 – Les fonds SociéTerre, créés en 2009, permettent aux épargnants de placer leur argent dans des portefeuilles d’investissement socialement responsable. En 2010, le fonds Environnement, qui en fait partie, a reçu pour la troisième année de suite le Lipper Fund Award du meilleur fonds d’actions canadiennes.

 – Les téléphones mobiles sont récupérés dans plus de 480 lieux au Québec et en Ontario. Les bénéfices tirés de la vente des matériaux qui les composent sont remis à l’organisme WWF-Canada, voué à la conservation de la nature.

 – Afin de promouvoir le relevé électronique, Desjardins a planté un arbre pour chacun de ses membres qui a renoncé à la version papier. L’objectif – planter 100 000 arbres en trois ans – a été atteint en cinq mois.

  – Une navette transporte les employés de Desjardins entre les bureaux de Lévis et de Montréal, matin et soir. En 2008, près de 16 000 personnes sont montées à bord, réduisant de 600 tonnes les gaz à effet de serre.